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Que ces notes soient brèves et claires. L'enfant écrira tout ce qu'il a vu, fait et appris dans ses visites au Jardin scolaire.
La date de sa première visite sera inscrite, ainsi que la manière dont il aura préparé le sol, semé les graines, sarclé le terrain, etc.
Il dira les insectes nuisibles qu’il a vus, en dessinera la forme s'il le peut. Il mentionnera les outils et les instruments utilisés. Enfin il dessinera aussi le plan général (une coupe seule. nt) du jardin de l’é-ole et le plan de son jardin, Les rapports seront remis, l’époque des vacances, À l’institutrice. Les cahiers peuvent être apportés à l'exposition scolaire agrcole de septembre, quand elle a lieu, et les élèves qui ont le meilleur rapport sont récompensés.
Voici pourquoi nous demandons aux élèves de prendre note de leurs travaux, impressions et observations: c’est afin que les agriculteurs de demain deviennent des hommes d'ordre, qui raisonnent, calculent, et se demandent le “pourquoi” et le “comment”? des travaux de leur profession future,
C'est dès le bas âge qu'il importe dr commencer ce travail de formation morale.
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Témoignage éloquent en faveur du J Scolaire
De ‘‘L'Enseignement Primaire” Direction pour l'enseignement de l'Agriculture à l'école primaire
“Vous dirigez une petite école mixte composée d'élèves de six à treize aps, dans une municipalité rurale. L'école possède un jardin. Que devra étre, dans votre école, l’enseignement soit théorique soit pratique de l’agriculture et de l’horticulture ?”’
On se plaint généralement du peu de résultat obtenu jusqu'ici, dans les écoles rurales, par l’enseignement agricole. A quelle cause faut-il attribuer cet insuccès ? A mon avis, cela tient à ce que la méthode employée et le programme adopté pour cette branche d'étude, ne tiennent pas suffsamment compte du but pratique que l’on veut atteindre.
Je suis obligé de l’avouer, dans la petite école mixte que je dirige, je suis tombé dans la même faute pendant les premières années, J'ai cru qu’il suffisait de faire lire à mes élèves et de leur expliquer un manuel d'agriculture. Mais je n'ai pas tardé à m’apercevoir que je faisais fausse route. Enfin, grâce aux conseils de personnes expérimentées, voici sur quelle base j'ai établi l’enseignement agricole.
Avant d’arrêter ce qu’il faut enseigner et comment il faut l’enseigner, il est essentiel de bien déterminer le but que le maître se propose d'atteindre dans ses leçons agricoles. Ce but peut se résumer ainsi:
1° Inspirer aux élèves, dans la mesure que comporte leur âge, le goût et l'intelligence des choses agricoles.
£° Leur donner l’habitude d’observer, de raisonner les travaux qu'ils voient exécuter autour d’eux, les phénomènes naturels qui se passent sous leurs 7eux.
3° Leur inculquer l’amow de leur future profession, de la vie des champs et le désir de ne point la changer pour celle de la ville ou de l’usine.
4° Contribuer à la vulgarisation de l£ science agricole, et suriout de la science horticole, en propageant des notions utiles, en ::1mvattant les préjugés et en rectifiant les idées fausses.
5° Initier les enfants aux connaissances qui leur sont indispensables pour pouvoir lire plus tard avec fruit un livre d'agriculture, pour suivre avec fruit une conférence agricole.
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En un mot l’école doit s'occuper plutôt de l'éducation agricole que de l'instruction agricole proprement dite.
Ce but, je l’obtiendrai, j'espère, surtout par le moyen des leçons de choses, qui permettent d’habituer les enfants à regarder, à observer, à comprendre, à juger les choses, soit au moyen d’objets placés sous leurs yeux, à l’école, soit au moyen des travaux qu’ils voient en dehors de l’école. Je prends pour guide le programme de ces leçons, que j’ai soin d'étendre selon l’âge des élèves.
L'ordre des matières est réglé, autant que possible, d’après l’ordre des saisons, afin que la nature même fournisse les matériaux de ces leçons.
Pour l’automne, par exemple, je choisis la récolte des fruits et des pommes de terre, le labour, les engrais, le laitage, la fabrication du beurre et du fromage.
Il en est de même des autres saisons, je prends pour sujet les travaux ou les phénomènes propres à chaque époque de l’année, sans oublier les occupations de l’intérieur de la ferme. Pour les jeunes filles, j’insiste sur l’’ :tretien de la basse-cour et du jardin, et sur les travaux du ménage.
Le programme ainsi arrêté, voici les moyens que j’emploie pour rendre mes leçons utiles, pratiques, intéressantes, et pour préparer la voie à l’enseignement agricole proprement dit:
1° Chaque leçon est faite en mettant, autant que possible, sous les yeux des élèves, les objets dont je leur parle, ou tout au moins des gravures qui les représentent.
2° Pour cela je me sers de collections de plantes, de semences, de bois et d'échantillons de toutes sortes dont est garni le musée scolaire, organisé avec le concours des élèves.
3° J’établis des promenades dans les champs, des visites aux fermes, aux jardins bien tenus du voisinage; au cours de ces promenades, je provoque, en présence des élèves, des causeries avec les gens compétents. Ces excursions scolaires servent ainsi de thèmes à des entretiens à l’école ou à des compositions écrites.
4° J’ai soin, dans les devoirs journaliers, de faire une bonne part aux choses ar ‘“oles et de donner, par le choix des dictées, des lectures et des problème, une couleur agricole à l’enseignement.
À tout cela, j'ajoute quelques notions précises sur les meilleures méthodes de culture, des conseils pratiques sur l’économie domestique et rurale, sur l’hygiène. Je ne mets un traité d’agriculture qu'entre les mains des plus grands élèves.
Voilà pour la partie théorique. Quant à l’enseignement pratique, le jardin de l’école m'est d’un secours précieux et me sert de champ d’expérience. L’horticulture n'étant que de l’agriculture perfectionnée, je fais servir le jardin à des leçons sur la culture des légumes et des fleurs, sur la greffe et la taille des arbres; aucun élève ne quittera mon école, sans avoir (té iamiliarisé avec tous ces travaux.
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Mes élèves mettent eux-mêmes la main à l’ouvrage. Non seulement ils m’aident à cultiver et à entretenir le jardin, mais plusieurs carrés leur sont uniquement réservés. J'ai soin de leur remettre des semences, des fleurs, des plants ou des légumes à semer où à repiquer dans le jardin de leurs parents. L’émulation aidant, le jardinage devient ainsi pour les enfants une occupation instructive et fortifiante à la fois. Je suis bien récompensé de ma peue lorsque, en parcourant le village, je vois les jardins bien tenus, garnis de légumes et de fleurs provenant du jardin de l’école, de jeunes arbres greffés par la main de mes anciens élèves.
Si j'ai bien réussi, dans cette œuvre, je le dois surtout aux jeunes filles.
Aussi je dirai: “Si vous voulez que les jardins des villages soient bien tenus, inspirez aux jeunes filles le goût du jardinage, l’amour des fleurs. Vous ne sauriez leur rendre de plus grand service”. On oublie trop combien la mère de famille trouve de ressources dans son jardin: des fleurs pour orner et égayer son intérieur, des légumes, des fruits de toutes sortes pour alimenter sa table, ou dont elle venti ie superflu. La culture des fleurs, chez les villageois, offre d’autres avantages encore. Elle éveille le sentiment du beau, elle élève l’âme et lui apprend à reconnaître Dieu dans ses œuvres.
Les exercices du jardinage, dirigés avec intelligence et exécutés avec plaisir, établiront aussi entre tous les organes un équilibre salutaire, ils inspireront l’amour du travail, et seront un préservatif contre les passions naissantes. Ils ne seront pas moins favorables au développement de l’intelligence qui, par suite des rapports mystérieux du corps et de l’âme, s’exerce plus librement, lorsque nul obstable physique n’en ralentit l’essor. En un mot, l’amour du jardinage aura une heureuse influence sur la santé, sur le cœur et sur l'intelligence des jeunes filles en particulier, et des enfants en général.
Telle est la méthode à laquelle je me suis arrêtée pouril’enseignement théorique et pratique de l’agriculture et de l’horticulture. C’est d’ailleurs celle qui est recommandée par les hommes compétents dans la matière.