DEUXIÈME PARTIE
Et tous les êtres, l'aigle envolé, le lion Bondissant, le reptile, à travers le feuillage^ Tournoyaient d'allégresse en un grand tourbillon.
Puis toutj je me rappelle, a fui sous un nuage; Je n'ai plus vu que l'ombre en mon regard terni. Alors l'aube éveillée a touché mon visage.
Et j'ai vu sous l'aurore un champ de sable uni. Une plaine au sol ras, déserte et continue, Jusqu'à l'horizon pâle et jusqu'à l'infini.
C'était la même terre, et je l'ai reconnue.
Où le tigre en les bois passait auprès du daim;
C'était la même terre, à présent morte et nue.
Et maintenant ici je m' apparais soudain.
D'où venu? Je ne sais. Depuis cjfuand? Je l'ignore.
Je m'apparais ici dans un vivant jardin.
Mais je sais bien que c'est la même terre encore Où la forêt nocturne a tout à coup sombré. Où sur le sable aride a descendu l'aurore;
Et je respire au vent du lieu remémore,
Comme un parfum qui reste au mur des chambres closes.
Un arôme ici même autrefois respiré.
Une présence antique est dans toutes les choses; Une âme aimée ici sous les arbres anciens Flotte encore au milieu des jasmins et des roses.
0 terre et deux! C'est toi! C'est toi! Je me souviens! Toi cherchée en tous lieux et toujours implorée! Ici mes doigts tremblants ont effleuré les tiens;
Et le soir a souri quand je fai i^encontrée, 0 mon Amie, ô Voyageuse au lent essor. Hôtesse au front serein de la forêt sacrée!
Puis ici même, à Vaube, en un mourant décor. Je fai revue ici, pâle, inerte et gisante; Pâle au sable infini je fai revue encor.
Et maintenant aussi n'es-tu pas là présente?
Je ne f aperçois plus dans les arbres en fleur;
Mais quel doigt merveilleux, sinon le tien, les ente?