‹ Le jardin secret, poèmeChapitre 21 sur 29 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

J'entends son cœur sacré qui bat sous ton sein calme, 0 Nature immortelle où son être est brisé, 0 toi qui me l'as prise, 6 Nature, ô Mère aime.

Elle est là qui m'entoure, et son souffle est posé Sur ma tête, et mon front religieux se penche; Une douceur descend sur mon cœur apaisé.

Et je ne songe plus de haine et de revanche.

Mais sur le tertre vert je regarde attendri

Le beau rosier qui croit fleuri de neige blanche.

J'ai vu le blanc rosier que la Morte a nourri;

Et je n'ai pu frapper sur l'odieux arbuste

Un seul brin d'une branche au feuillage fleuri.

Oui, le rosier cruel a pris la chair auguste; Chaque bourgeon qui point semble verser un pleur; Chaque racine aiguë au corps souffrant s'incruste.

Mais le rosier sanglant, le rosier de malheur,

Qui la porte en lambeaux au long de chaque branche,

La rend sous chaque feuille épanouie en fleur.

Elle est là qui m'entoure, insaisissable et blanche; Elle est là qui m'entoure et me tient en arrêt, Dans les buissons du tertre enlaces de pervenche.

Elle est là dans Vété. Silence! Elle apparaît! Elle revient à moi sans parole et sans geste, Telle qu'elle est venue au soir en la forêt!

Et béni soit l'été cjui l'évoque et l'atteste. L'été qui la ramène en triomphant retour, Sous V éblouissement de la clarté céleste!

Béni soit le rosier qui refleurit au jour.

Dans toute sa splendeur et dans toute sa grâce,

Ce noble front fragile élu par mon amour!

Silence! Elle apparaît! Je l'entrevois qui jjasse! Et je me suis courbé vers le saint rosier blanc; Et je me siiis courbé, penchant ma tête basse.

Alors, genoux ployés, respectueux et lent,

J'ai cueilli sur l'arbuste une fleur fraîche éclosc ;

J'ai respiré V arôme au calice tremblant.

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