‹ Le jardin secret, poèmeChapitre 25 sur 29 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Je suivrai sur ma route à travers les instants

Les apparitions des formes passagères;

J'iraiy forme apparue^ en les lieux et les temps.

Les voix m'ont appelé , vaines ou mensongères. Hors du silence de moyi âme, à pas errants, Je m'en irai parmi les âmes étrangères.

J'irai. La terre est large et les chemins sont grands. Déjà Vair est sur moi lourd d'haleines impures; Un nuage épaissi monte aux deux transparents.

Je sens autour de moi, dans les vapeurs obscures. Parmi les souffles chauds des baisers féminins, Flotter tous les relents de toutes nos souillures.

C'est l'air empoisonné de nos âcres venins,

L'air qui fume à nos toits en brumes incertaines.

Et voici se dresser les toits géants ou nains.

Voici les toits brumeux où fument nos haleines : Théâtres^ clochers fins, maisons, palais sculptés. Voici les toits surgir en les cités humaines.

Et voici tous ensemble, à chaque pas heurtés,

Mêlant leurs bruits, mêlant leurs voix, mêlant leurs traces,

Voici les hommes las qui viennent aux cites :

Ceux-ci ceignant Vêpée ou bouclant les cuirasses; Ceux-là, le rire aux yeux, les colliers d/ or aux cous. Regardant les blés croître et pulluler les races;

Les uns lents et siffleurs en les sentiers de houx

Près des lourds chariots lourds de froments et d'orges;

D'autres disant des mots mystérieux et doux;

D'autres battant le fer et Vairain dans les forges. Ou surgissant, les yeux troublés sous les front noirs, De la terre profonde où l'air manque à leurs gorges;

D'autres penchés dans l'ombre ou dresses aux comptoirs. Leurs doigts fiévreux tendus au son vibrant des sommes; D'autres suivant un astre au firmament des soirs;

D'autres pareils à nous en tous lieux où nous sommes...

Voici les hommes las faisant leurs actions...

Et le vent souffle aux deux sur les œuvres des hommes.

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