PREMIÈRE PARTIE
J'aperçus dans la nuit des gestes de mains blanches; Le son sacré de l'heure à mon front bas courut; Les feuillages pieux écartèrent leurs branches.
Et dans l'air encor trouble une forme apparut.
Une forme apparut sous la pâle ramée;
Et la grande nuit bleue au loin se soulevant
S'épanouit au front de la forme innommée.
Les étoiles des cieux dispersèrent au vent,
Dans leurs yeux éblouis qu'elle achevait d'édore^
L'ombre du dernier rêve aux derniers yeux rêvant;
Les nuages légers qui voltigeaient encore^ En un essaim neigeux fuyant à son entom% S'envolèrent perdus à la nocturne aurore;
LE lARDIN SECRET
Et le soir étoile tout /palpitant d; amour. Autour du front héni roulant haut sa marée, Ruissela pur et hlanc comme une aube du jour.
Partout alors, partout, dans la claire vêprée,
Les voix qui se taisaient sur terre ou dans les deux
Coururent au devant de la Vierge espérée.
Tous les mots inconnus qui dormaient en tous lieux. Du fond de leur silence ouvrant soudain leurs ailes, S'éveillèrent ensemble avec un cri joyeux.
J'entendis le soupir effrayé des gazelles,
Mêlé dans la forêt pour prier et bénir
A la voix des lions qui rugissaient vers elles.
Pour chanter sa venue en Vécoutant venir,
La biche au fond des bois bramait avec la louve,
Les tigres et les daims voulaient se réunir.
Tous les oiseaux, celui qui va, celui qui couve. Jetant leur note aiguë en furieux élans. Semblaient voir apparaître un ami qu'on retrouve;