Aftff. PEg, Sorb. LXI, c
Ont li troi la mer rapassée.
G. GUIAKT, f^ X08.
Prince, ne m'en pois aller, Sans donbte de rapasser En ces montaignes cruels.
EusT. Dbscb. f^ 273.
f Et rappasserent toutes les montagnes de Roncevaux, et tout au long du pays des Basques, 1 Froissart, II, m, 87. Voyez aussi Mantellier, II, 192.
RASUREZ, impér. de rasurer^ pour rassurer.
Rasure^ tous en droguerie Et faierte.
Bail. m.
Je n'ai pas rencontré d'autre exemple où rasurer fut employé pour rassurer; mais on a écrit asurer pour assu^ refj ce qui suffit au cas présent.
Li qnens Rollanz mie ne s'asoûnt,
RoUnd, CVm.
Quant la saison da donz temps ^asewre.
Cova» p. 125.
Rasurer signifie raturer dans le Gr. Coût, de F. IV, 548.
RAVAULT, subst. m. Perche, bâton; c'est le mot usuel de l'ancienne langue, employé ici au sens de ligne à pécher le poisson.
Tmye maris sans avancer ropoulu
Bail. XI.
47tf LE JARGON DU XV« SIÈCLE.
c'est-à-dire qu'on mangea du poisson de mer sans avoir eu la peine de le prendre à la ligne. Cf. dans les Franches repues y c la manière donc ils eurent du poisson « .
Bellot a ses deux filles grosses ;
Quel descharger d'une massue
Et d'ung ravault sur leurs endosses ?
Coq. L isi.
Mais du ravault du grand ronart.
VU de S. Christ.
Raveau, c. de chasse. Grandes perches garnies de branches pour battre les oiseaux dans la chasse aux flambeaux.— Ra?el ou raveau^ perche, t Qui veult prendre les I coulons raviers à cesce raiz, le cems est en yver, quand c ils descendent à terre pour mangier la fayne et comment f elle cueille contre le trait, pour mettre au ravel de la • fainne. i Mod. f> 83.
■ Ravai'oj it. Sorte d'arme à long fust. i N. Duez.
Rave, s. f. Terme de pêche : se dit des œufs de morue. Rave de poissons ; appât pour les sardines et maquereaux. Syn. de rogue. Littré. On pourrait admettre que k ravauli du Jargon dérivât de rave pour appât, sans modifier le sens de l'exemple fourni par la ballade XI.
REBECQUER (se), réfl. Détourner le bec, éviter, se défier (v« Bec ci-dessus).
Rebecque^ vous de la montjoje.
Bail. m.
Signifie dans le langage ordinaire f se défendre du bec »y en italien ribeccare^ rimbeccare. Littré signale l'accep-
tlon genevoise t être antipathique, dégoûter f , qui se rapproche du sens employé dans le Jargon.
Rebecquer [se)^ répliquer, résister. Nicot. — Rebequeur. Qui rebecque, riposte. Monet.
REBIGNERet REBINER, v. a. (Le second est la prononciation réelle du premier.) i'' Examiner, 2» admonester, 3* repousser rudement.
Se gruppez estes descarieuz, Rebigne^ tost ces enterveui.
B«ll. I.
Jonchenrs jonchans en joncherie, Rebigne^ bien oii joncherez.
Bail. V.
Je veulz rebigner le gaultier Et par signes admonester Oe mignonnement le traicter.
Mir. an tu/ans ingratt.
Les trois sens distincts qui correspondent aux trois exemples ci-dessus se déduisent du sens propre de rebiner j itératif de bigner ou biner (voyez ce mot), qui est faire un rebinagej c^est-à-dire de donner un troisième labour, une troisième façon à la terre, f On fouit la vigne devant le premier jour de may, on bine devant la Magdeleine, et on rebine devant vendange. > Coût. gén. 1. 1*', p. 884. Au figuré, rebiner c'est refaire, reprendre, corriger. « Donner tel poids à vos mœurs qu'il ny ait rien à elles à rebiner, 1 Lettres de Pasquier, t. III, p. 252.
Rebiner j poitevin. 1^ Repousser de la même souche, et, au figuré, recommencer la même chose ; 2* se re^mber, se révolter.
Rebiner a signifié a se rétracter devant le juge •. Lacombe, Nicot.
RebirUe, reprise.
Par trois rehùUtê me prist Et a chacune fois m'assist.
Uz, 7118, t» 2xa.
REBOURCER, v. n. Forme ancienne et r^uiiére de rebrousser,
Rebaurce{ toas quoy qae l'on vous en dye.
B4U. vu.
Que da col jusqu'au haterel Li a reboisée la pel.