X. d* Renart, 448a
' Faictes vostre broche endurcir
Que ne rebourse en nostre onvraige.
Ahc. th,fr. t. II, p. 9).
f II rebroussa la rivière du Tybre dedans la galère capitainesse du roy Perseus. » Amyot. P. jEmile, ço. — f Entre autres y fut tué ung nommé Jacques de Metz, homme très hardi et vaillant gentilhomme, qui ne voulut oncques tourner le dos à ses ennemis, ne rebourser, • Bibi. de VEc, des chartes, iv« série, t. II, p. 559.
Reboursy adj., hérissé, reproduit purement et simplement le bas-latin rebursus. t Ma femme sera preude... non mie armée, rebousse ne ecervelée >• Rab. II, 62.
Boileau écrivait à Brossette le 2 décembre 1706 : f Je me suis ressouvenu que vous sériés peut-estre bien aise de sçavoir le sujet de la dispute que j'eus avec Sa M^ . Je vous dirai donc que c^cstoit à propos du mot de rebrousser chemin, que le Roy pretendoit mauvais, et que je
maincenois bon par Taucoricé de cous nos meilleurs auteurs qui s'en escoienc servis, ec encre aucres Vaugelas ec d*Ablancourc. Tous les courcisans qui escoienc là m'abandonnèrenc, ec M. Racine couc le premier. Cependanc, je demeure encore dans mon sencimenc, ec je le soutiendrai encore hardimenc concre vous, qui avés la mine de n'escre pas de mon avis, ec de m^ abandonner comme cous les aucres. 1 De quoi Brossetce se défendaic, avouanc que le moc écaic aucorisé par un usage général ec que quem penès arbitrium est et vis et norma loquendi» On voie, par les exemples que j'ai cicés, auxquels on eue pu ajouter, d'après Moncaigne, la Sacire Ménippée ec Pélisson, que le moc avait, dans la langue, d'aucres garants encore que Vaugelas ec Perroc d'Ablancourc.
RESPONS, part. pi. Cachés. Moc de l'ancienne langue.
. • • Que lors faisons La fée ans arques respons,
BaU. m.
€ Fuc crié de par le roy à son de crompe que couc homme ou femme qui sçauroienc aucuns cenans la partie du comce d'£rminacq, respons oumuchiez, le nunchassent au prevost. » Lefebvre de Saint- Remy. Hist, de Ch, VI,
De reponere^ repoinre, La Curne.
L'ancien cexce gochique donne :
La fée les arques vous respons.
Le vers, dans cette leçon, est trop long de deux syllabes. L'imprimeur a probablemenc ajoucé vous parce qu'il ne comprenaic pas. Si respons appartenait au verbe
48o LE JARGON DU XV« SIÈCLE.
répondre, reponere^ il serait gouverné par la fée et Vs rait inexplicable comme la phrase elle-même,
Nii pitié s'est réponse pour mi.
Poés. ayint 1300, tp. L& Cuim.
f Reponrcj maladie i « dans la Chron. de Saint-Denis. Dom Bouquet, III, 225. Repontement^ secrétemenc Dnd. 199. Et reposement. Monscrelet, I, 250. — Repomm, caché. Eust. Deschamps, f<* 1 32. — Repos, caché. Eusc Desch, f<> 382.
En tel trou preniez-vons repos*
La vraie leçon est repost, pardclpe passé de reponre.
■ Quand Solehadins vit que sa première eschiele desconfisoit, manda son agaîst que il avoit repost. « Mem. de Reims, % 43. — ff Comme le suppliant eust par manière furtive et en repost pris et emporté. 1 Tr. desCh. JJ. 161, p. 285, an 1407. — Ou enterré.
Li ocis devaient les ondes Dessaisis de commun respont*
G. GuuRT, f^ 101.
Repomdaus, jeu de cache-cache.
Jniens nous au Roj qui ne ment...
Et aassi ans adeviniaus,
A l'avainne et ans reponniaus,
Fkoiuakt. VBsp, ëm, y. ii6b
♦ RETRALLER, v. réf. Se retirer, rétrograder.
Et retralle[ se le bîxooart saînce.
BflU.DC.
VOCABULAIRE ANALYTÎQUE. 481
Voici un mot très intéressant.
On pourrait croire, d'après le sens, qu'il présenterait une formation hybride de rétro avec aller.
Mais le poitevin conserve le verbe se traler^ qui paraît identique avec se r etr aller j sauf l'apocope de re, et qui a le sens de se mettre de côté, se retirer à l'écart ; retrahere. Nous avons aussi le substantif traille^ lang. tralio^ latin nagulay dont l'ancienne orthographe est nécessairement iralle^ et le verbe trailler^ anc. orthographe traller^ dont retraller est l'inverse. Une traille est un filet abandonné au cours de l'eau, un bac, ou la corde du bac, ou le câble d'un puits à roue. Trailler, c'est tirer le filet, mettre en mouvement le bac ou la traille. Retrailler^ c'est faire rétrograder ces divers engins.
Traille vient de tragula (lat. et ital.), qui lui-même rire son origine de trahere. Je ne puis souscrire à l'opinion de Littré qu'il y faille voir une contraction de tiraille et de tirailler^ traille est plus prés du radical que tiraille; ensuite, tiraille ^ subst., n'existe pas, et Littré lui-même n'en allègue pas un seul exemple.
Tr ailes ^ jambes. Le vieux français t r aller ^ aller, courir.
Raison a sui\rre c'est traiter,
Trisiiuif V. 1488.
Tragtda pour traha, herse, Varron. • C'est tout à fait, comme forme, le français traille ^ pont volant. 1 Diez. Intr, à la gramm. des langues rom. p. 30.
Trawlingy trawler, pêche et pécheur au filet. Discours du professeur Huxley à la Société des arts de Londres, le 10 mai 1882, sur le système des pêches anglaises.
48a LE JARGON DU XV* SIÈCLE.
RIFFAULT, subst. m. Le poc-au-feu; tout mecs cuit et brûlant.
Où gitrement on macquilloit riffault.
Bail. IX.
Les anciens livres de Jargon donnent rijfe et ruffis pour feu (rijle est une faute), riffer et riffoder ou riffauder, pour cuire ou brûler. Par conséquent, le riffauh est la chose riffée^ c'est-à-dire cuite, comme le briffault est la chose briffée^ le giffault la chose giffée^ etc.
Un paragraphe du Jargon d'Oll. Chereau spécifie les ruffei ou riffodei t feignant avoir eu de la peine à sauver leurs mions (enfants) du riffe qui ruffoit leur creux (maison) I. C'étaient les faux incendiés.
« Rufe^ le feu. — Abbaye rufante, un four. » Vie généreuse.
Mettons le riffie, ami, dans toutes leurs maisons.
Chanson sociallst* dt mai i8;i.
Bouchet explique riffe^ du feu, riffauder^ se chauffer. I, 130.
« Les marquises du grand Coesre et des cagoux ont soin d'allumer le riffe et de faire ri/oder la criole. • Jar^ gon réformé. — ■ Le marmouset riffode^ le pot bout. Ibid. — Rifoder^ cuire ou brûler. » Ibid.
Le fourbesque ruffo^ rouge, d'où arrufare, chauffer, brûler et cuire, est entièrement latin, puisque ruffo et arntfare reproduisent purement et simplement le latin rufus et rufare du latin.
Il ne faut pas confondre riffe et riffer avec rifie et rijier (v. infrà Rijier)^ de sens et d'origine tout à fait différents.
Cependant, d'après Littré, on donnerait dans quelques provinces le nom de rajle à une maladie éruptive de la vache, qui se nomme aussi échauboulure, rave ou feu.
Malgré son apparence jargonnesque, le mot ri/jii/ appartient à la langue générale; le poitevin nomme le radis rifauty C'est-à-dire brûlant, acre à la bouche ; dans le centre de la France, riffage signifie âpreté; cette comparaison explique la synonymie, fournie par Littré, de rave avec échauboulure et feu. Riffort. aujourd'hui raifort : ■ Riffort^ qu'on appelle au même païs rave. > Triomphes de la noble dame^ f» 117.
RIFLER, V. actif. Au propre, limer; par extension écorcher ; au figuré piller, voler.
Pour rifier
Et placquer
Les angelz de mal tous rons.
Bail. m.
Comment avez-vous tout riffié Sans mettre an lopin en réserve ?
Act, dit Apôtui.
Ces deux feront bien leurs devoirs De bien riffier quoy qai aveingne.
EusT. Dbschamfs.
Espouseray pour ri^^r et pyer.
Critim, p. 230.
■ Si se trenchièrent, si cume fud lur usages de cultels et ri fièrent la charn jesque il furent sanglenz. • Rois^ P» 3 17* — t Les deux chevaliers de leurs glaives se vont tourner et les coups s'en vont à néant en rifiant parmy les escus. »
Perceforest, — • Le plat païs fut tout rijlé^ couru et mangé. > Froissart, 1. III.
A tout propos (les femmes) Sans nal repos Sont demandantes...
Mais ravissantes, Rif fiantes,
GuiLL. Alexis. Bl, des f. awumrs.
Ri fier ^ qui sigaifie limer, raboter avec le riflard ou le rifioir^ subsiste en ce sens dans le langage des tonneliers ; en anglais, to ri fie a précisé sa signification technologique au sens de rayer un oucil ; rified guns sont des canons rayés ; le corps des rifiemen est armé de rifies ou carabines rayées.
Au moyen âge, rifie était chez nous tour à tour substantif et adjectif, au sens de pilleur et de pillerie par écorchure :
Un rifle qu'on nomme sergent.
EUST. DeSCBAMPt.
Maistre Mathiea de Hocheprune, Recepveiir de riffle pecune.
CoaUILLAKT, I, 62.
Rifle^ dans Topinion des étymologistes, est une forme de rafle qui aurait son radical dans le rapere du latin.
Ai/Iea donné rifiis dans Froissart {Panth. lin, I, p. 457), et Rifiart est un nom de sergent comique dans les Mystères, comme rifle dans le texte précité d'Eustache Deschamps.
Riflartj sergent, c Vint incontinent à la notice du sup. pliant, qu'il y avoit deux riflars en Tostel de Bonnet qui avoient un mandement pour les prendre au corps. > Tr. des Ch. JJ. 187, p. 295, an 1457.
Trois choses sont de qaoy je ne faiz compte... Un rifie que Ton nomme bon sergent.
Qui jusqu'au lit va tout exécutant.
EusT. Descu. fo 231.
* RIFLERIE, subst. f. Volerie, pillerie.
Mestant à jus la riffierie Des angelz et leurs assosez.
Bail. V.
ROASTRE ou ROUASTRE, subst. m. aliàs roart, rouardj rouart^ rouhart^ rohastre^ rouastre , rouhastre, — Le bourreau, celui qui roue, et par extension les archers et gens de police, ou leur chef, probablement le prévôt des maréchaux.
Luez au bec, que roastre ne passe.
Bail. VII.
Anges bossus, rouastres et staricles.
Bail VIII
Le roastres et ses subiecti Me mirent aux coffres massis...
Si le rouastres et ses anges Nous trovoit à la gourde pie...
Prends toi bien garde du roastre Et des anges.. .
Mais du ravaut du grand rouart Fusse ta effle facit fouillouse.
Vie de S, Christophe.
Rouardsj archers des prévôts des maréchaux. Miroir des Françoisj 5* partie, p. 539. — Roùas^ les archers. Jarg, réj\^ rouïrij le prévôt de la maréchaussée. — Rouarti^ bourreau, carnifex^ Lacombe. — Rouartier^ le prévôt des
maréchaussées de France qui fait pendre et rouer les scélérats, ibid.; prévôt des maréchaux. Nicoc et Monec; prevosc de campagne. Oudin. — i Rouhard, qui a l'habitude de rouer ». Cocgrave.
t Aultres avons ouy sus Tinstant que Atropos leurs couppoic le fillet de vie, soy griefvement complaignans et lamentans de ce que Pantagruel les tenoit à la guorge. Mais (las) ce n'estoit mie Pantagruel. Il ne feut oncques rouan ; c'estoit Pantagruelion faisant office de hart. » Rabelais, II, 235.
I Comme, les escholiers à Thoulouse qui à la survenue du rouard se mettent tous sur luy, combien que auparavant ils s'entrebatissent. • Eutrapel, p. 217.
Un texte législatif définit avec une précision féroce la besogne que le louastre ou rouart devait accomplir sur les patients :
I Les bras leur seront brisez et rompuz en deux endroicts tant hault que bas, avec les reins, jambes et cuisses, et mis sur une roue haulte, plantée et enlevée, le visage tourné vers le ciel, où ils demeureront vivans pour y faire pénitence tant et si longuement qu'il plaira à nostre setgneur les y laisser, et mors jusques à ce qu'il en soit ordonné par justice. » Ord. de François I*', de Paris, janvier 1534-5.
Sur la roue de torture ou garuche^ voy. plus haut Jarte.
f Rotario, it. Soldat armé légèrement. 1 N. Duez.
Ce sont sacres et rouaulx...
Si ce n'étoient les rouîns.
Chut, argotf du xvt* ûède.
RONT, subst. m. C'esc le mot de la langue ordinaire.
dans Tacception ancienne de ronde, en rond^ c'est-à-dire en compagnie.
Quidant au ront faire aux gremes la moue.
Bail. X.
C'est-à-dire pensant ou craignant de faire la moue au gibet dans la ronde des pendus.
Soissante ans vesquit touz entiers, Et vint filz ot de vint moUîers, Et trente filles en roont,
Rom, de Brut, v. IS77>
i Je suis tout saoul ; je danserois bien un rond, > Cotgrave.
Cela n'aurait pas besoin d'explication s^il me fallait prévenir le lecteur qu'il n'y a pas à s'occuper ici du sens de ront dans certains exemples de Jargon fournis par d'autres textes que celui de Villon, par exemple les suivants :
Et entonne ce ront au creux.
Mut, du V. Test,
Le ront est pelé et tondu.
Vu de S, Christophe,
Ront signifie un sol ou une pièce de douie sols dans ce premier exemple, dans Bouchet, III, 130, et dans le Jargon réformé^ et chapeau dans le second.
ROUGE, adj. Malin, traître, artificieux.
Benards, vous estes rouges gueux.
Bail. IV.
Rouges goujons, fargez, embabilles.
Bail. VIII.
Les plus rouges y sont gruppez.
Franches repius.
Bref les plus rouges y sont prisi
Bl. des faulces amours.
Les plus rouges y sont prins.
L'Amaut rendu cordelier.
V. aussi VAinsné fils delà fortune, Mém. de l'Ac. des inscript, t. VIII.
Au pas d'armes de 1449, Louis de Beauvau portait un heaume orné d'un panache rouge ^ son cheval harnaché de rouge^ un écu rouge^ et en lettres d*or t les plus rouges y sont pris 1 .
Car souvent les plus rouges gueux Y sont surprins. . .
G. Paris. CXXVII* chanson.
ROUPIEUX, adjectif. Qui a la roupie au nez.
Poussez de la quille et brouez, Car tost vous série; roupieux...
Voz ans nen soient rouppieux.
Bail. V.
Car qui est grup il est tout roupieulx.
Bail. \TI.
Il devient sec et froit, baveux et roupieux.
Coi. ie J. de Meung, t. iSx.
Et quant il le vit si breneux, Il s'en alla tout roupieux»
Rfp. framehes.
Pour ce qu'ils sont en yver roupieux.
EusT. Desch. fo 249.
Paix ! roupieux. Paix ! paresseux.
Fare* dt la pipée.
Cet adjeccif vient de la roupie qui pend au nez :
Meuz vaut rubye par b Ke ne feet rupie par p ; Se bourse eust taunt de rubies Cume le nées ad de rupies, Riche seroy.
Walter de Bibeles'VOKTB. Ms. Br. Mus.
Roupieux est pris dans le Jargon au sens du nez qui s'allonge comme à ceux qui ont la roupie. J'y entrevois un jeu de mot sur la roue^ c'est-à-dire le dernier supplice; si vous êtes pris, vous serez roupieux^ c'est-à-dire mis à la roue.
Bas-latin ropida^ roupie. Ropidus^ roupious. Du Cange. On connaît les Grandes et récréatives prognostications,,. par M. Astrophile le roupieux, Paris, Martin, in-8® (xvi" siècle) -
♦RUBIEUX, adjectif.
Voz ans nen soient rubieux.
Bail. V.
Quatre hypothèses pour ce seul mot : i* il est peut-être identique à roupieux qui précède; 2** il peut dériver du latin ruher; rubieux voudrait dire rougissant, couleur de rubis; y on le peut dériver du languedocien roub^ un tronc d'arbre; rubieux serait alors la qualification propre de
ceux qui meurent branchés, c'est-à-dire accrochés à une potence; 4° rubieux peut avoir été écrit pour ruvieux. forme de Tadjectif rouvieux^ qui signifie, en termes de vétérinaire, atteint de la gale à la naissance de Tencolure ; autre figure qui convient aux pendus. L'adjectif est ancien; on le trouve employé, pour galeux, dans un texte du XIV* siècle : t II (mon cheval) a les quatre piez rouviaus, » Machault, p. 80.
Cinquième hypothèse : cf. ruba et rubare^ ital. pillage et piller. N. Duez. Rubare est synonyme de robarcj voler, du bas-latin. Du Cànge.
Rubye pour roupie.
RUER, V. actif. Jeter, frapper, lancer, pousser, abattre, etc., du latin ruere^ pousser, lancer, renverser; tous ces sens se trouvent dans un passage de Térence : t Ceteros ruerenij agereniy raperem^ tunderem^ prosternèrent, » Adelphesj III, 2, 2r. Cest un des vieux mots de la langue.
Gaillieurs faitz en piperie Pour ruer les ninars au foing.
Bail. II.
Pour mer Et enterver.
Bail. lU.
Rue^ des feuilles cinq ou six.
Bail. VI.
Et rue^ deux coups ou trois Aux gallois.
Bail. IIL
Nous ruons, bâtons, rebatons.
yu ii s. Cbf%st«poe.
• Pois ruèrent Absalon en une grant fosse de celé lande, et jetèrent pierres sur lui. » Rois^ p. 187.
Et Ji vilains qai vint après Leva la hache quant vint prés.
Son coup rua de grant aîr.
Renart, ▼. 2073.
RUFFLE, subst. m. Vent d'orage.
Ou vous aurez o le ruffle en la joue.
Bail. X.
Le sens indique que le rufflâj c'est le vent, la rafale ; si * vous êtes pendu, vous aurez le vent sur la joue. L'examen philologique vérifie cet aperçu à priori. Le mot ruffle est anglais ; Palsgrave donne le verbe to ruffle dans le sens de plier (du linge ou des étoffes), froncer, froisser, ce qui est identiquement le verbe languedocien rufa^ froncer, rider.
f Un gons que rufabo lou naz •, cité par Lacombe, c'est-à-dire un chien qui fronçait le nez.
Les dictionnaires modernes dédoublent cette signification : I** to ruffle, v. actif, froncer, froisser, chiffonner, déranger, inquiéter, etc. • 2® to ruffle, v. n. s'agiter, devenir orageux. Le substantif rt^ffle conserve le double sens : 1° chose plissée, spécialement manchette; 2^ désordre, tumulte. En combinant le sens du verbe anglais avec son substantif, on conclut que le ri^ffle c'est le plissement de l'air, qui se trouble, se ride, et produit le vent d'orage.
L'allemand a rûffel, qui nous renvoie à riffel, et nous retombons dans les origines et le sens primitif de riffler (voyez ce mot), qui signifie plisser et rayer.
4pa LE JARGON DU XV' SIÈCLE.
RUMATIN, subsc. m. Romarin?
Adragaerent de guoble maint crnpaalt.
De rumatin et puis mol sacre gras.
B«n. XL
Infiniment probable qu'il faut lire rumarin pour roma* rin. Cet aromate, que les Italiens emploient encore comme condiment du riz, et dont Tinfusion est très excitante, passait chez nos ancêtres pour aphrodisiaque.
D'autre part, reumaticus signifie humide dans le texte bas-latin, i qui locus valde reumaticus fuie •. S. ApoUin. ap. Du Cange. — t Laquelle église qui est très froide, rumatique et malseine. » Tr. des Ch. JJ. 189, p- 412, an 1460. Le rumatin serait simplement un liquide, ce qui convient d'ailleurs au passage ci-dessus.
Enfin, on trouve çà et là rumat^ brûlé; ruman^ brûlé; rumat, julienne^ herbe de Sainte-Barbe, plante vulnéraire.
* RURIE, subst. Coup, atteinte.
La giffle gardez de rurie.