‹ Le jésuite (volume 2)Chapitre 10 sur 35 · II · texte numérisé non relu

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Je ne répondis pas. Et quand la comtesse revint, je refusai de me rendre au parloir.

Dix jours après, on raconta chez les Pères que la comtesse de Flaviac, dans une excursion sur la montagne, avait couru un grand danger dont son adresse et son sang-froid Tavaient miraculeusement sauvé. Le lendemain, ajoutaît-on, elle avait passé la plus grande partie de la matinée dans notre église, et Ton avait remarqué son attitude profondément recueillie. De plus, ellç avait envoyé pour notre chapelle de la Vierge un magnifique cadeau estimé par le Père Ruffin environ quatre à cinq mille francs; et vous saurez, mon cher Saint-Maure, que nous avons des Pères qui, en estimation de bijoux et d'étoffes précieuses, en remontreraient au plus fin commissaire-priseur.

Le lendemain, la grande nouvelle du jour fut celle-ci: la comtesse de Flaviac avait fait demander le Père ministre, et elle était restée deux heures à son confessionnal.

Il serait difficile de s'imaginer tous les petits commérages qui se font dans les maisons religieuses; rimportance qu'on attache à savoir que madame une telle s'est confessée au Père un tel; que tel personnage haut placé a dit un mot bienveillant pour les Jésuites.

Je n'ai jamais aimé ces conversations; mais cette fois elles m'intéressaient, et il me sembla même remarquer quelques sourires, quelques re-

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fards échangés. On semblait s'apercevoir de Tat** ', teDtJoQ que je prétais à ces bruits du monde, qui franchissaient le seuil de notre retraite.

Le lendemain, mon cher enfant, et ici la voix du Père de Montgazin devint presque tremblante, le lendemain , j'étais à ma table de travail , étudiant les Pères de l'Église et suivant, avec une curiosité plein d'intérêt, l'épanouissement et les transformations de l'idée religieuse, depuis le Christ JQsqa'à nous.

On frappa doucement à ma porte.

Je crus que c'était un de nos Pères et je dis :

— Entrez!

Ma porte s'ouvrit, et je vis paraître un jeune en^t qui cachait son visage avec son mouchoir.

— Que voulez-vous, mon ami? lui dis-je.

— Je veux vous voir, me répondit-on d'une voix sonore et vibrante que je connaissais trop bien. «

Et, découvrant son visage, Âlphonsine me dit:

— C'est moi!

Je restai éperdu.

— 0 mon Dieu! lui dis-je, comment pouvez-vous avoir commis une semblable imprudence?

— Je ne commets jamais d'imprudence. Quand je fais une démarche, j'en calcule d'avance toutes les probabilités. Ne craignez rien!

— Mais si l'on vous surprenait ici?

— On ne me surprendra pas. Et me surpren^

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drait-dli, on ne me recMnattrait pas. Ne simb-j^ pas bien déguisée? Voyez done« pes le moindre embarras, pas la plua légère gaucherie dans Fattilude^ Je ne parais pas avoir plus de douze ou quatorze ans.

Et Âlphonsine s'était approchée de rmî; un rayon de soleil, passant à travers mes volets à demi fermés, à cause de la chaleur, Téciairait d'une vive lumière: elle m'apparaissait là comme une vision fantastique et enchanteresse. Son béret rouge, sous lequel elle avait enroulé ses beaux cheveux noirs, lui donna un air de mutinerie juvénile, et son sourire me disait assez qu'elle jouissait de la surprise qu'elle me cavsait.

— Me trouvez-vous bien ainsi? me dit*elle.

— Voua savez bien que je ne puis approuver un semblable déguisement II ne peut étiî^ à mes yeux, qu'une suprême inconvenance.

— Je n'avais que ce moyen de parvenir jusqu'à vous, puisque les femmes n'entrent pas dans l'intérieur de cette maison.

— Et pourquoi vous obstiner à me voir?

— Pour vous dire que je vous hais, me ditelle avec des yeux enflammés de colère.

— Vous me haïssez, Alphonsine! Vouft ai-^je donc donné des motifs de haine? En rompant des relations doublement coupables, n'ai-je pas mis tous les ménagements que TafTection la plus tendre a pu me suggérer? Ne l'avez-vous pas reooQfu vous-même? N'avez^vous pas accepté la

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tmàom qfaà nom étaât feite? Ne snis^je pai celsi de nous dem qai a le pivs souffert? Vous m'aret oublié pendant un an, et vous me revenez avec des paroles de colère» Efa quoi! dans votre âne n'y a-t-ii donc pas de place pour les sentiments paisibles et doux? et vous sentez-vous le cruel besoin de briser et de fouler aux pieds ce que TOUS aves aimé?

— Ëh iMen! oui; mon coeur ne peut contenir ^e Famour ou la haine. Elt je crois ce dernier sentioieiit plus fort que le premier. Quoi qu'il en soit, je vous ai aimé, et dans ce moment je TOUS aime peut-être encore. J'ai voulu* sincèreiDent rompre notre liaison: je pressentais la sa-^ tiété; il fallait briser le vase avant d'avoir extrait ^ ^riière gotitte du parfum qu'il contenait La dernière aspiration de mon amour devait être un ^upir de regret et non un bâillement d'ennui» ^6 savais que vous m'échapperiez tôt ou tard, et >1 ne me convenait pas d'être abandonnée. Voilà pourqaoi j'accueillis bien la pieuse homélie que TOUS m'envoyâtes de Rome. Elle répondait à un ^soin de mon esprit: elle avait de Tactualilé» ^otts vouliez cesser toute correspondance entre ^<Hi8-, cela, je ne le permis pas; il n'entrait pas ^Q8 mes idées d'abdiquer aussi vite tout empire sur vous.

J'ai cbarché à m'étourdir, à vivre indifférente, 3 aimer encore. Je ne vous raconterai pas mes ^^pérances et mes déceptions. Le f»t est qu^

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la flamme àe k passion était usée; elle ne jetai^ plus que de faibles lueurs, et je n'ai trouvé perH sfHine qui me parût digne de la rallumer : j'ai pu a?oir des fantaisies, je n'ai pas eu d'amour.

Enivrée d'hommages, et au milieu de l'agitation et des splendeurs qui composent la vie d'unel femme de mon rang et de ma position, j'ai sentîl l'ennui me dévorer. L'ennui, c'est la mort Mon médecin m'a envoyée ici. J'étais bien éloignée de croire que je vous y rencontrerais. L'impression que vous éprouvâtes en me revoyant me prouva que mon souvenir n'était pas éteint dans votre cœur, et je m'avouai que vous aviez été le seul sentiment vrai de ma vie. Mais vous avez été dur pour moi; vous avez refusé de me recevoir. Vous avez blessé mon cœur et mon orgueil : la haine a remplacé l'amour. Un accident dont les suites auraient pu m'étre fatales, vous en avez peut-être entendu parler, donna tout à coup une autre direction à mes idées. Vous le savez, je suis croyante et, peut--étre encore plus, superstitieuse. J'ai vu dans vos refus, dans le danger que j'avais couru, un avertissement du ciel, et j'ai pris tout à coup la détermination de commencer, à vingt-huit ans, la vie sérieuse et chrétienne que je me promettais bien de mener plus tard.

— Oh! merci !. dis-je en pressant les deux mains de la comtesse dans les miennes, merci d'être venue me dire cela!

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— Vraiment! ce qae je vous dis vous rend heureux ?

— Oui, bien beureux. C'est la paix, pour vous et pour moi, que cette résolution nous donne.

^— Non, ce ne sera pas la paix pour vousl Sachez donc que je suis venue ici avec- mille sentiments contradictoires. Je ne sais si c'est raversion ou l'amour qui m'a poussée à prendre ce déguisement, et si c'est pour vous dire: — Tu ro'as repoussée et je me suis vengé; — ou bien: — Je t'aime toujours, mais malgré moi je suis ton mauvais génie. Je t'ai trahi, je t'ai perdu!

— Que voulez-vous dire, Alphonsine?

— Je veux dire que le Père ministre, auquel je me suis confessée hier, sachant que celui que je m'accusais d'avmr trop aimé appartenait à la ^mpagnie, m'a fait une obligation de conscience de le nommer.

— Et vous m'avez nommé au Père ministre T

— Oui. Vous le savez, mes résolutions sont toujours complètes. Je venais de dire à cet homme: — Dirigez-moi dans la voie nouvelle où je veux entrer. — Il a commandé, j'ai dû obéir, le me vengeais de votre indifférence en obéissant, et alors cela me semblait doux.

— Sans doute il vous a demandé, dans l'intérêt de l'Ordre, l'autorisation de se servir de ce secret ?

— n me l'a deiaiandée, et je la lui ai donnée*

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^— Cesl pour me dire cela que tous êtes venue ici?

'^ Otti, c'est pour yoim dire cela.

"-- Eh bien I que Dieu voua pardonne le mal que vous m'avez fait ! A présent laissez-moi. . Puissiez* vous être sincère dans votre retour à la vertu ! La haine est pourtant une mauvaise voie pour arriver à Dieu. La seule grâce que je vous demande, pour prix des douleurs dont vous m'avez direuvé , c'est de ne plus chercher à me revoir. Que nos destinées s'accomplissent, et qu'elles soient à jamais séparées! Nous pouvions , par un sacrilice douloureux mais volontaire, renoncer à notre amour et en conserver le souvenir à la fois amer et doux, vous ne Tavez pas voulu. Le soufQe de votre haine a fi^ri tout ce qui pouvait survivre aux orages de la passion. Encore une fois je vous pardonne!

— Mais moi, je ne me pardonne pas, me dit Alphonsine d'une voix étouffée. J'ai été entraînée par je ne sais quel vertige. Moi vous hafr, grand Dieu... vous haïr! vous, mon seul, nwn unique amour ! . . .

Et cette femme, mon cher Sainte^Maure, se roula à mes pieds, comme en proie à un affreux délire. Cette femme inonda mes mains de larmes; elle fut suhlime d'éloquence douloureuse et passionnée. Le vertige aussi s'emparait de mot. Tout cet amour comprimé faisait battre mon cœur avec violence. Cette feoime qui venait de

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■e ÈnbÏT, âewiB dénoncer, je n'eus pas fa fores de h repovsser de mm èras. Encore me fois je fos à eHei

¥4Ni6 «e pisindresi, non cher Sainte-Maure, et, je le bjhs, vous ne me Diéprieerez pas. Mais combien je me trouvai méprisable à mes propres yêax! Revenu k moi-même, après le départ ds madaaie de Flaviac, je' rappelai dans mes pensés toutes les phases de ce fatal et coupable amour. Il se & des lueurs dans mon intelligence ; et pour la première fois peut-être, je m'avouai qu'Alphon-* sine ne «'avait jamais aimé. Je n'avais été, dans sa vie, qu'un caprice, qu'une difficulté vaincue. Cet amour d'un religieux lui avait paru avoir une saveur, nn piquant que celui d'un homme du monde ne pouvait lui offrir. Un homme du monde, que pouvait-il lui sacriOer? L'amour d'une autre femme! Mais triompher de Dieu, savoir que cette âme à jamais troublée ne chercherait le repos qu'au pied même de l'avtel profané, que Dieu seul prendrait ^a place laissée vide: c'était là le triomphe rêvé par l'orgueil de madame de Flaviac. C'était encore l'orgueil qui l'avait conduite dans ma cellule pour ressaisir sa proie. Elle ne voulait pas lui permettre de briser elle-même ses liens. Le lendemain je reçus d'elle cette lettre: „A présent, tout est fini entre nous! Outrez- "Bm si vous le pouvez, de ne chercherai plus à ^0118 revoir. Quels qu'aient été les entraînements ^^ nstre dernière entrevue, je persiste dans- ma

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résolutîoB. Je trouve bon» à viDgi-hnit ans, de me poser en femme aérieuse. Il aurait toujours fallu en venir là, dans quelques années. Alors ce rôle eût été forcé. Pour bien le remplir, il faut l'accepter volontairement U y a dans les familles de Flaviac et de Salméron des traditions religieuses auxquelles je dois rester fidMe. On nous a reproché d'avoir abandonné notre drapeau politique; je vais relever plus haut que jaoïais notre drapeau religieux. A la cour des Tuileries, cela commence à devenir d'assez bon goût, et ceux de notre monde qui s'obstinent à bouder la royauté de Juillet et ses adhérents se rapprocheront de nous sur le terrain du catholicisme. Je vois loin dans l'avenir; il faut se préparer des rentrées, et se conduire de manière à ne jamais se trouver dans les impossibles, en face d'événements imprévus. Je deviens ambitieuse. Cette passion s'accorde à merveille avec la dévotion, et je sauvegarderai à la fois les intérêts du temps et ceux de l'éternité. J'établirai ma réputation sur des bases solides. La coquetterie ou l'amour, auraient pu 'la compromettre. L'amour, pourquoi le regretterais-je? il n'a été pour moi qu'une curiosité de l'esprit, un excès d'imagination; il ne m'a pas donné assez de bonheur pour en avoir même des remords.

„yous le voyez, je vous parle avec franchise. Je n'ai été, envers vous, ni fausse ni perfide: je me monte si bien la tète, dans certaines ciroon--

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slanoeS) que j'iprome tout ce que je parais éprou-* Ter. J'aurais touIu pouvoir aimer autrement: il parait que ce n'est pas dans ma nature. Vous svez en, de ce cœur- de glace et de cette tète volcanisée, tout ce qu'ils pouvaient donner. J'ai eu des moments d'iUusion: votre affection alors me paraissait nécessaire. Le hasard nous a rapprochés; je vous ai trouvé plus indépendant de moi que je ne le voulais. Vous refusâtes de me recevoir, de m'écrire. Mon orgueil fut froissé; et je ressentis la haine, sentiment bien autrement âpre et énergique que l'amour. Je n'ai pas voulu cîore mon passé et entrer dans une voie nouvelle, sans ressaisir l'empire que j'avais eu jadis sur îous. Peut-être ai-je été plus loin que je ne voulais aller. En vous voyant si beau, si doux, si calme, après ce que vous pouviez appeler ma trahison, je me suis sentie prise d'une pitié pro- ^oBde pour tout le mal que je vous ai fait dans le passé, pour tout celui que la découverte de aotre fatal secret peut vous faire dans l'avenir. Si je TOUS ai aimé d'un amour sincère, c'est dans ce moment: mes larmes n'ont pas été feintes.

„Vous m'avez toujours aimée avec votre cœur; je vous ai aimé avec ma tête; vous êtes donc le seul à plaindre. D'après mes aveux, vous n'aurez pas à vous reprocher d'avoir troublé ma vie ; elle a été ce que je voulais qu'elle fût: il en sera toujours ainsi. Oubliez-moi, cette fois, c'est bien flineèreoieat que je renonce à vous.

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,,le retourne à Paris. Mon betu-^père étont à Marsetlie, je descendrai à Fhétel de madame | de Sainie^Maure ; je oe peux pas mieux me placer, pour devenir bientôt toute confite en dévotion. Au reste, vous le savez, j'aime madame de Sainte- Maure, et elle raffiE»le de moi. On dit que son fils est le plus joli petit Jésuite que l'on paisse voir. Espérons qu^l ne renoontrera pas, sur sa noote, une femme pour l'aimer trop ou pas asses/^

Cette lettre, mon cher Sainte-Maure, fit tomber (ouïes mes illusions. Croyez-le bien, ma plus grande douleur n'est pas d'avoir été trahi, dénoncé par cette femme, d'avoir été abandonné \ par die avec cette indifiërence railleuse, mais de la^ voir enfin telle qu'elle est, d'être obligé de Hi'avouer que les doutes que j'ai conçus tant de fois sur son cœur et sur son caractère sont Coudés. Avoir aimé un être indigne de soi est la plus amère des humiliations.

Le jour même de mon entrelien avec madame de Flaviac, j'allai trouver le Père ministre. Il fut excessivement surpris de me voir aborder une | question si délicate. Je dois lui rendre justice: cet homme, qui avait toujours été raaWeîHant pour | HK)i, changea tout à coup. U avait appris mon secret au tribunal de la pénitence; il avait fait usage, pour l'arracher à madame de Flaviac, d'uae règ^ de théologie aussi absurde qu'ignoble, et qui est en vigueur dans la plupart des diocèses: c'est celle qui exige que k ipnitre ppéfaricateur

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soit oonmié par sa complice; Fabsolution n'esl qu'à ce prix. Le prêtre, bien entendu, est dénoncé immédiatement à ses supérieurs. Le Père ministre usa de la connaissance qu'il avait acquise, atec une certaine délicatesse.

•^ Vous savez, me dit*il, que, bien qu'il puisse m'en coûter, je suis obligé d'avertir le Père Supériear et notre Père Général. Je le ferai avec tous les égards que l'on doit à un homme de votre caractère. Vous êtes tombé comme David, vous vous relèverez comme lui; et l'Ordre pourra toujours 80 glorifier de vous avoir eu pour fils.

Ce matin, mon cher enfant, le Père Supérieur m'a fait appeler. J'ai compris que les Pères Rutfin et Vermont avaient parlé; leur, dénonciation ayant été prévenue est restée sans effet. J'ai reçu l'ordre de me -rendre à Lyon. On m'y envoie comme Père ministre. Je ne m'attendais pas à cela.

— Le Général, m'a dit le Supérieur, veut ^OQs relever à vos propres yeux, en vous donnant nne marque de confiance. Le Père de Montgazin ne devait pas être traité comme un bomme ordinaire. Tout est oublié.

Vous le voyez, je n'ai pas à me plaindre de mes supérieurs. Depuis 1828, nos maisons ont Pfu d'importance, et hes fonctions de Père mimstre seront une sinécure ; mais, . comme prêtre soumis à Tordipaire, je prêcherai dans le diocèse ^ Lyon et dans les diocèses voisins. Je vais me Il u

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remettre avec courage à Taccomplissement de la tâche que je me suis imposée. Après avoir fait la cruelle expérience des faiblesses humaines, je serai peut-être plus apte à les guérir.

Nous allons nous séparer; mais nos cœurs resteront unis; ils tendront vers le même but: faire le plus de bien possible. Réfléchissez beaucoup avant de vous engager définitivement dans l'Ordre. Mon existence a été trop troublée pour qu'il me soit possible d'avoir, sur lui, des doaoées parfaitement justes. Dans ce moment, je ne veux pas, je ne dots pas juger ceux qui veulent bien m'absoudre. Avant tout, il faut me réhabiliter à mes yeux et aux leurs ; il me faut redevenir fort, maître de moi-même. Alors j'aurai le droit d'examiner si la voie que nous suivons est bien la voie droite enseignée par le Christ.

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