‹ Le jésuite (volume 2)Chapitre 13 sur 35 · PAK · texte numérisé non relu

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L'ABBÉ *** ▲htbob du Kàmat sr db la bblwiivii.

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ntANCTORT l/M., CHEZ R. BAIST, LIBRAfflE-ËOITBOiL

(Suite.)

Et le Père riait naïvement.

— J'ai vu keaneoop de choaes, coDliim-l^îK On a beau, dire! tout est changé autour de BOUS. A des hommes noui^aux de noiiyelles méUiodesl Un peu de réfiU^xidn m'a appris cela» Je ne suis maintenant qu'un paurre vieillard. Notre trè^révérend fait bien de se mo^ier de moi ; mais je sais ce que je sais. D feudra bien en venir là, voyez- vous! 11 faudra bien changer; et le êint ëicrU mmU^ aut non smt^ est plutôt d'un entêté que d'un sage.

Pomr TOUS, bon petit Père, rassurez-veus! Mus d'iôr abattu, contrîl; et humilié. Vous n'avez pis ¥olé le trésor de ta Irès-saînte madone de Lorette?

*— ©h! non, Père.

— Vous n'avez pas joué du couteau, comme on le fait si gaiement au Transtevere?

— Pas le moins du monde.

— Vous n'avez pas la prétention d'emporter dans votre poche le dôme de Michel-Ange?

— Encore moins!

— Eh bieni vous avez été édifiant, doux et sage. Ne vous tourmentez de rien. Vous nous quitterez, dans deux ou trois m<ns, pour aller en France 9 vous livrer à la prédication; c'est du moins ce que j'entends dire que l'on veut faire de vous. Secouez donc bien la poussière de nos classes; débarrassez - vous des langes du Qesh, Oubliez! oubliez! Vous prendrez l'air des champs; comme l'enfant que l'on sort du maillot, vos membres retrouveront de l'élasticité; au lieu du bâton desséché, vous serez l'arbre jeune et vigoureux qui poussera feuilles et donnera fleurs et fruits; au lieu du cadavre, vous serez l'âme vivante et libre qui fera le bien.

Croyez-en un pauvre homme qui touche à sa fin, et qui fait peut-être en ce moment la dernière bonne action de sa vie; laissez la purgor tivej et PtUumtnatwe, et Punitive dans les bouquins de notre vieux Père saint Ignace, et allez à Dieu avec la simplicité du cœur. J'ai eu les mêmes ennuis que vous, pendant ces longues années de probation et d'exercice. Une fois profès, je fus envoyé dans l'une de nos maisons ^ j'avais ma tâche de chaque jour. Je me mis k cette

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tâclm comme aurait fait Thumble curé ayant charge d'âmes. de quelques pauvres villageois. J'oobiiai tous les beaux procédés de perfection easeignés dans nos livres mystiques et dans nos retraites. Et j'eus la paix. Imitez moi!

Adieu, mon bon petit Père, je vais faire ma sieste. Je garde pieusement ce dernier re^te d'huile qui se trouve au fond de ma lampe, et j'attends avec calme de paraître devant Dieu, qui est si bon.

Le vieillard me quitta, et je dois dire que cette conformité singulière d'appréciations, sur lesquelles je m'étais fait de si grands tourments de conscience, servit immensément à me remettre dans le calmé.

Ainsi finit la période la plus violente de la crise.

J'eus une convalescence spirituelle assez longue. On n'est pas soumis à des secousses aussi terribles sans que toutes les forces morales ne subissent de vives atteintes. Dieu sans doute eut pitié de son enfant; mes craintes les plus vives s'étaient calmées. Après tout, si j'avais été coupable, même bien coupable, j'en avais fait l'aveu sincère.

Cela me suffit pour le moment Je trouvai le remède dans ces mêmes pensées religieuses que j'avais exagérées, et où j'avais trouvé me& U>rtures.

Peu à peu l'intelligence, qui avait été absente de mon cerveau vide, se remit à sa place et re-

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éi?mt nrine. Je puft suivre, pour cooiplèter Ékwi muée de probaCîon, les fameux exerdees de saint Igiuiee, et etoire que la purgative, Vttkbrninàtive et runàive de notre glorieux Père sentsieat un peu trop les catégories d'Aristote et pas as^sles larges données de rÊvangiie, te» penseï^ |K)ur eéà cocDmetIre une faute morteUe. Là tempête êd dissipa; d'autres seUtimentB vinrent faire nnè èrrersioii ami obsessroos fatigantes qui am^nt manqué engloutir ma faible raison dans im der^ ttier naufrage, le fus appelé à pnonaiicer mes grands vwuXf à élrè pnrfès*

Pra/tique d« jésliitîsme^

Lorsque j'étais entré dans k sacerdoee, i« thrè ée Fête de Sàinte-MaUre atait renplaèé tê\m de Frère ^ que les Jésuites porténl tant qû'âs ne srat pas dans les ordres sacrés» Mais }è ti'en élass f9i moins éans «are position inférieure* A partir du Jour dé »a profeasiimv tout changea autour de moi. J'étais définitivement Père Jésuite» Jia A», dès ôë noHent, tndÉé d'é^l i égai^ et je pus jDuîr d'une plds grande iibertéi

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Ob 1<9 âedne, sa^m peine, la pre«uar usagi que je fis de cette liberté fut d'aÛer roip Har^ guérite. Elle avait alors près die 4louza ans. Ce a'ôlail plus u&e /snfant, ee n'étail pas encore unt âdoleeeeate; eila était dans son âge de tr^nsÂtiûii, Ella avait beaucoup grandi, et cette cr^^issanoi trop rapide l'avait fsttiguée; sen teint étajt pâle, son sourire était doux et trisle, et, sur ses beaux traite, oq voyait la traoe d'une souffrance secrète, Marguerite n'était pas heureuse! Je m'a^ perçus de la ^ntrainte qu'elle s'imposait pour ne pas manifester sd joie en me revoyante Son prermier «KMiveinent avait été d'aceourir vers «pi el de se jeter, comme autrefois, dans rues bras. Un r£gand révère de la comtesse la retint, «et moi-: même je compris qu'une aimée avait suffi pour changer ma tendre familiarité avec r«nfant, »n la délicate réserve q.iie je devais m'imposer avec la jeutie fille* Cela me fit éprouver une tristesse que je qualifiai ide puérilité. Mais jie ne pouvais m'empêcher de regretter le temps où Marguerite me tvtoyait, et où, la tenant sur mes genoux, je jouais, comme un enfant que j'étais moi-même, avec les boucles de sa belle chevelure blonde et je lui assurais, ce qui la faisiait rire aqx éclalâ, chose bien rare chez elle, que j'allais manger ses jolies petites mains à force de les baiser. Belles années de son enfance et de ma jeunesse, avee quelle rapidité vous étiez- vous éjcoulées! Un nouvel anienir s'ouvrait pour Marguerite et fM>iir inoî.

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Elle entrait dans la jeanesse, moi dans Tàge mûr. Quel serait cet avenir?

Le vieux marquis de Flaviac me parut trèsaffaissé. Toutefois ses facultés intellectuelles n'étaient pas altérées. Il était toujours idolâtre de Marguerite; mais, un jour que nous étions seuls, fil se plaignit de son neveu; celui-ci n'était pas ce qu'il désirait qu'il fût

— Cependant, ajoutait-il, tout espoir n'est pas perdu; il aime l'étude. Le Père Ruffin, qui, à la vérité, est pour lui d'une faiblesse extrême, m'assure, qu'il fait des progrès dans les sciences. Plus tard il épouser^ sa cousine; et auprès de cet ange qu'il aime déjà, mais qu'il ne peut encore aimer que comme on aime une enfant, il se convertira, je l'espère. Mon cher Sainte-Maure, continua le vieillard, l'éducation première de Gustave a été bien mauvaise. Son père n'avait pas de religion. Âh! s'il eût voulu me croire, s'il eût voulu confier son fils aux bons Pères! Quelle différence!

Au reste, j'ai plus d'un sujet de peine. Ma belle-fille c'est jetée dans la plus haute dévotion. Elle regrette à présent de n'avoir pas suivi le penchant qui, dit-elle, la poussait dans sa jeunesse vers le clottre: elle cherche à se persuader que Marguerite a la vocation religieuse, et elle voudrait le persuader à cette enfant J'ai été averti de cela par le Père: Ruffin.

— Par le Père Ruffin? dis-je un peu sur-

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pris; il ne croit donc pas, lui, à la vocation de Marguerite?

— Pas le moins du monde. Il est tout à fait dans mes idées. Bien qu'il soit, vous le savez, d'une naissance très-obscure, les Ruffin, je crois, dit le marquis, avec un dédaigneux mouvement de lèvres, n'appartiennent même pas à cette bourgeoisie qui a la prétention de s'égaler à nous. Son grand-pere et son père étaient quelque chose comme des ouvriers ou des marchands au détail, de petites gens, comme on disait de man temps. Hais, dans votre Compagnie, on apprend à connaître les besoins de la société. On doit y maintenir ce qui reste de la hiérarchie sociale que les révolutionnaires ont voulu détruire. Et pour cela il faut que les grandes familles ne s'éteignent pas. Et voilà pourquoi le Père RufGn a compris qu'un mariage entre ma chère petite fille et mon endiablé de neveu qui, je l'espère, deviendra sage, est une chose nécessaire. Au reste, et j'ai suivi en cela le conseil du Père Ruffin, j'ai vendu tout ce qui me restait de propriétés; ma fortune est en portefeuille. Je me plais à Rome, et je veux y mourir. J'ai dit ' clairement à ma bellefille que, si Marguerite se faisait religieuse, je donnerais toute ma fortune à mon neveu. Après tout, c'est un Flaviac, et le nom se perpétuera par lui. Mais j'ai dit aussi à M. le baron Gustave que, s'il faisait de nouvelles folies, il n'aurait jamais un sou de moi. Et de cette manière-là, dit

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le vieux marquis en se froUaot les mains, je les tiens tous les deux.

— Mais vous avez aussi, lui dis-je, l'^pui de M. le comte de Flaviac.

— Faible appui, mon cher Père; mon fils est dominé par sa femme. Absorbé qu'il est par les soucis de la politique, il s'occupe fort peu de ce qui se passe chez lui; et, bien qu'il aime beaucoup sa fille, il la laisserait sacrifier. Non, non, mon appui, c'est le Père RufSa!

Cette conversation me doniui beaucoup à réfléchir. Je me défiais du rôle que le Père Buffin jouait dans l'intérieur de cette famille. Je l'avais vu, à Paris, dans une grande intimité avec la comtesse de Flaviac, pendant les ^eux^ mois qu'elle était restée chez ma mère. A Rome, celte inti*mité était toujours la même. La comtesse me paraissait être tout à -fait sous sa direction ; et cependant le marquis le croyait plus dans ses intérêts que dans ceux de sa belle-fille. Tout cela était étrange!

Quant au jeune baron, cette année, que j'avais passée sans le voir, avait aussi amené en lui de grands changements; sa santé s'était encore fortifiée, et il était vrai que le Père Ruffîn lui avait inspiré un goût sérieux pour l'étude. Mais son étourderie, son amour pour le plaisir étaient les mêmes. Il se plaisait médiocrement à Rome.

— Que faire dans une ville, me disait-il, où les théâtres, sous le prétexte 4|ue Toa e^t dans

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TA vent, dans le Carême, etc., sont presque tou*< J4Mtf« fermés? Ma foi, ajoutait^il en riant, il faut bien passer sea soirées et un peu de ses nuits à jouer ou à toute autre chose. Et depuis un an que je ne vous ai vu, jVii fait plus de dettes que je ne devais m'en permettre avec le naince patri* moine que mon père m'a laissé. Je ne sais com* ment cela se fait, mais mon oncle finit toujours par apprendre mes folies de jeune homme. Je crois que ma cousine me fait espionner; elle me hait avec cette ardeur que les dévotes seules sa-* vent mettre dans la haine. Quoi qu'il en soit, après chaque équipée de ma part, mon grand* oncle fait demander le Père Ruffin, et il se plaint à lui de son coquin de neveu. Le plus souvent le Père lui fait entendre raison; mais, lorsque le cas est grave et que je «uis appelé à comparaître moi-même devant mon juge, le Père Ruffîn me dit tout bas de quoi il s'agit , et je sais alors ce que je dois répondre.

Vraiment, continuait le baron, je n'aurais ja« mais cru pouvoir aimer autant les Jésuites, Je vous prenais tous pour des esprits moroses, dominateurs; mais ai n'en est pas ainsi. Vous, je vous connais par Marguerite, je sais combien vous êtes i)on, lof al, généreux; et quant au Père Ruffin, dont je me défiais d'abord, car je lui trouvais un singulier regard, je vois à présent oombien j'étais injuste. S'il n'avait pas calmé vingt fois l'irritation de mon cher oncle, qui s'in-

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digne de ce que je ne sjiiis pas un petit saint, après avoir eu, le Père Rufîin me i'a dit lui-même, une jeunesse bien autrement orageuse que la mienne, il y a longtemps que le respectable vieillard m'aurait dit: — Touchez là, mon neveu, vous n'aurez jamais ma petite-fille. — Et, cette sentence, qui serait son appel, me rendrait trèsmalheureux. Je ne suis pas amoureux d'une enfant de douze ans; mais cette enfant, on comprend tout ce qu'elle sera un jour, et, dans quatre ou cinq ans, j'en serai amoureux fou. Je la vois dans l'avenir, et cette douce image a été pour moi le préservatif de bien des folies. Et sa mère qui veut en faire une religieuse! Conçoiton cela? Je vous assure qu'elle est jalouse de sa fille. Elle prévoit le moment où il faudrait la produire dans le monde, éclatante de beauté et de fraîcheur; et pour éviter les comparaisons, elle veut la mettre au couvent. Heureusement le Père Ruffin est là, et il possède assez d'empire sur la comtesse pour la faire, en temps et lieu, changer d'avis.

11 résulta pour moi de cette conversation que le Père Ruffin possédait la confiance de tout le monde, sauf pourtant celle de Marguerite, qui éprouvait pour lui un éloignement invincible. Je croyais à la clairvoyance de Tenfaut; mais que pouvais-je faire? Il ne m'était pas possible de donner les raisons sérieuses de mes préventions contre le

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Pére RafBn; mais j'étais convaincu qu'il était un liypocrite.

Un mois après ma profession, je reçus l'ordre de partir pour Paris.

Avec la théorie de l'indifférence proposée comme l'idéal dans les livres ascétiques des Jésuites, ilâ n'en ont pas moins le bon sens d'étudier les aptitudes capitales des sujets qu'ils forment; et, sans s'embarrasser si la pratique de leur ordre est la négation permanente de ces belles règles métaphysiques qui doivent les gouverner, ils ne font pas la maladresse de proposer pour leurs grandes chaires en Paris leurs sujets médiocres, leurs plus lourds dissertateurs, et de confier l'enseignement des mathématiques à ceux de leurs Pères dont la science se borne à distinguer un parallélogramme d'un carré. La petite indiscrétion du vieux Père Mazzonelli m'avait appris qu'on me destinait à la chaire ; et ce serait à Paris, dans la ville qui distribue la gloire, qu'on ferait ma re* nommée d'orateur. Je pouvais compter, pour cela, sur l'habileté reconnue de mes confrères. Cela m'occupa peu ; mais je ressentis un véritable plaisir à penser que je suivrais une carrière selon mes goûts, celle dans laquelle, comme la plus brillante de toutes, nos Pères se jettent avec fureur. Je compris plus tard que ces petits saints, si bien détachés des choses de ce monde, si bien prêts, placés qu'ils sont dans les deux plateaux de la balance, à dire avec le Père de Ravignan:

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— mQu'od Bie 4ioDna um elisie de sepliètne au collège, la surveillance d'un dortoir; les^ourdies ka barbares ou chez tes peuple» civiliâés; le confessionnal, la chaire, les reoborche^ studieuses, tout est pour h Jésuite d'une égale indifférence ;*'

— n'accueillaieiit jamais a¥ec murmure ce petit mioi des supérieurs: -^ Père un tel, vous irez prêcher le Carême prochain à... préparez- vou^, *-^ Nul n'est fâché que tout s'arnange de {dbniére à le bire monter sur ce trône que la religion a élevé à Téloqueace, dût-il jr poser ta&tbian que mal.

Pendant le temps que je restai eocore à Roaie« après ma profession, le révérend Père Général, les assistants et tous les Pères du Oeêîi furent pour moi d'une amabilité par&ite, et ne me parlaient que comme à un égal, à un homme mûr. Il y avait encore chez moi bien de la timidité, bien de l'embarras ; surtout, devant te très-révérend Père, Je me sentais un inférieur, et il gran-* dissait de toute la hauteur de sa dignité dans l'Ordre. Je ne me préoccupais pas d'avoir à lui obéir. II pouvait m'envoyer où il voulait. Obéissant comme la paille devant le souffle, je ne regrettais rien de mes volontés. Je sentais toujours en moi le pauvre Qovice, l'homme en qui, par calcul, on a comprimé les trop fortes aspirations, la trop puissante énergie. Je trouvais plutdi en moi mon enfance continuée artifîcieUement jusqu'il ma ti^ente-quatfième année, que fes libres allures de la viràité.

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Oh ûl*ô€ait en rm d« moule où j Vais été cem-* primé si longtemps ; je sentais encoro tout le poiife de mes lisières.

U Ifie Mhut du temjfMs pour essayer mes for-^ l»8w La vîe iMyuvelfee, ki liberté, cette franche nourrice qui alimente fortement ceui qu'on lui li-' ?re, mes relations arec lo monde, mes grates enqdois^ Thabitude de la parole, finirent par ef' &cer les dernières meurtrissures laissées sur rame par ces dix-sept ans de servitude/ Je me trouvai homfliie.

Je portis font Paris.

ie reçus de nos Pérès l'accueil le phis chahRlreux» Le Provincial étok rempli d'égards pour tooi ; ^ je m'aperçus qu'on avait déjà habilement préparé mon sucoès comme prédicateur.

Je n'étais pas rentré dans cette viile« que j'aimais pourtant, sans un affreux serrement de cœur : je ne devais plus y retrouver tna mère. Et pendant longtemps je n^eus pas le courage de passer devant Phôtel qui ai^it appartenu aux Sainte^ Mante*

J'étais è Paris depuis quinte jours, lors^'une leitrts Venue de Rome m'apprit la mort du comte de Flaviac. Je regrettai cet excellent homme, bien que je l'eusse peu connu ; mais c'était un protecteur pour Marguerite.

Six semaines après cet événement, madame de Flaviac revint à Paris avec sa fille. Je me présentai à son hôtel aussitôt que j'eus appris son ar-

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rÎTée. Je ne vis pas Marguerite: sa mère l'avait déjà placée au Sacré-Cœur.

Je fus peu surpris de cette mesure, et je dirai plus, je ne regrettai pas que madame de Fiaviac l'eût prise. Je pensais que Marguerite serait peut-être mieux au couvent qu'auprès d'une mère qui ne l'aimait pas. D'ailleurs en ma qualité de Père Jésuite, les portes du Sacré-Cœur m'étaient ouvertes. Je pourrais voir là Marguerite, bien plus librement qu'en présence de sa mère.

Je préchai le Carême et l'A vent à Paris, et j'aurais peut-être éprouvé quelque orgueil de mes succès d'orateur, si je n'avais pas su avec quels procédés de charlatanisme on l'avait préparé. J'ai vu réussir de la sorte des orateurs si médiocres!

11 y avait à peine un an que j'étais à Paris que je reçus l'ordre de retourner à Rome.

Je partis immédiatement

En arrivant à Rome, le Père Général me dit que par une faveur tout exceptionnelle, j'étais admis au rang de profès des quatre vœux. Et après une retraite de dix jours, pendant laquelle je refis les exercices de saint Ignace, j'ajoutai à mes trois vœux celui d'obéissance au Souverain Pontife.

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