‹ Le jésuite (volume 2)Chapitre 21 sur 35 · III · texte numérisé non relu

III

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y^^ croie h VImmaeuUe Ooneepiion de k bienheiwreuae Vierge Mariée*

Et Ton signait cette belle profession de foi. Pas un élève ne refusait de signer.

Pour l'Assomption, nous avions une autre cérémonie fort singulière. Une boîte en or, en forme de cœur, était placée sur Tautel de la sainte Vierge. On appelait les élèves par classe. Chacun d'eux arrivait avec une petite bande de papier roulée, sur laquelle il avait inscrit la demande de quelque faveur qu'il voulait obtenir de la sainte Vierge. Il déposait dans la boite ce singulier bulletin. On fermait alors le cœur, et on laissait à la sainte Vierge le temps nécessaire pour prendre connaissance des pétitions qui lui étâiefli adressées. Alors on retirait les billets ; une autre classe était appelée, et Ton recommençait ainsi pour toutes les classes.

Il y avait dans cette cérémonie un double but* frapper l'imagination des enfants et connaître leurs pensées les plus intimes. Pour moi, je ne demandais à la sainte Vierge qu'une seule chose^ c'était de m'obtenir la grâce d'être un jour Jésuite. Si la sainte Vierge ne lisait pas m^^ billet, les Pères le lisaient, et c'était pour eux la même cbose.

Partout où se trouvent des Jésuites, il ^^ trouve des Congrégations. Notre Ordre a établi la plus grande partie de oelies qui existent Les

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DominicaiDs, les Cannes, etc., rivalisent pour cela avec eux; mais ils n'ont pas, pour l'organisation de ces petites sociétés secrètes, la même habileté que les Pères Jésuites. Nous avions aussi des Congrégations dans nos collèges. Les deux principales étaient celle des Saints-Anges et celle de la Sainte- Vierge. On était d'abord admis dans la première; de celle-là on passait dans la seconde. Là, à l'imitation du grand saint Ignace, on peut se faire recevoir chevalier de Marie, Tout cela amène une multiplicité de pratiques religieuses qui prennent un temps considérable et ne produisent aucun bien réel pour l'âme. On confond toujours, dans nos maisons, la vie dévote avec la vie chrétienne. Aussi qu*arrive-t-il? C'est que, pour les trois quarts des jeunes gens élevés par nous, la vie dévote disparaît presque aussitôt après la sortie du collège, et qu'elle n'est pas remplacée par la vie chrétienne. On abandonne les scapulaires, les médailles, les Congrégationsy toutes les petites pratiques dévotieuses, et la foi s'en va avec elles; et cela parce qu'on a oublié d'imprégner ces jeunes cœurs de la moralité de l'Évangile, et que la parole du Christ est celle qu'on leur fait le moins entendre et comprendre. Mais, en revanche, il est impossible de s'imaginer ce qui se racontait, à Saint-Acbeul et à Brugelette, de pieuses et incroyables légendes, de miracles médiocrement constatés, de nûiiseries débitées par des hommes qui se croyaient àef

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homnieB sérieux, à des jeaftes gens (Mréts à rentrer dans le monde et devaat connaître toute autre chose que les rêveries àe Marie Alacoque, et les progrès de la dévotiou au Sacré-Cœur ioventée par ks Jésuites.

A qui ressemblait

Ma mère, pour se rapprocher de moi, avait quitté Paris avec d'autant moins de regret que sa chère Alphonsine n'y était plus. Le comte de Flaviac avait été envoyé, comme ambassadeur, dans une principauté allemande assez importante. Selon toutes ies probabilités, il devait y rester plusieurs années; il avait emmené sa femme avec lui.

Nous étions au commencement- du. printemps d0 1836. Marguerite allait accomplir sa troisième année; et elle était encore à Pouzzoles, chez sa nourrice Francesca. Madame de Flaviac, sous différents prétextes, la santé de l'enfant, Tincertitude de la position de son mari, et par conséquent de la sienne, avait retardé le moment de reprendre sa fille avec elle. Ma mère s'en étouoait; elle fut encore plus jsurprise en recevant

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de H... une lettre de ia comtesse, qu'elle me communiqua.

„...Au milieu du tourbillon dans lequel je vis, disait-elle, il me reste à peine assez de temps pour remplir mes devoirs religieux et les obligations des différentes œuvres de charitér «t de piété auxquelles je me suis associée ici, ou que j'ai contribué à établir, entre autres celle du Rosaire vivant^ qui était à M... tout à fait inconnue. La femme du prince héréditaire est très-pieuse et toute dévouée a nos bons Pères «Jésuites. Elle m'a prise en grande affection, et par elle je sais bien des choses qui pourront en temps et lieu leur être utiles. Vous comprenez qu'avec les exigences de la représentation, il me reste bien peu d'instants de libres. Je renonce donc au projet de faire venir nia fille auprès de moi. Il me serait impossible de m'occuper d'elle; il me faudrait la confier à une bonne anglaise ou allemande, et plus tard à une gouvernante. Je crois que, dans l'intérêt de celte enfant, il y a quelque chose de mieux à faire ; mais, avant de prendre un parti définitif, je désire vous consulter.

„Mon projet serait de prier le Père Provincial de Naples de faire conduire ma fille à Paris par * cette sainte femme qui nous a tant édifiées à Pouzzoles. On mettrait Marguerite en pension chez les dames du Sacré-Cœur. Elles feront peut-être iMen quelques difficultés pour prendre une enfant

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aussi jeune; on objectera les règlements; mais je ferai les sacrifices nécessaires, et, nous ne l'ignorons pas, ma chère marquise, dans ces pieuses maisons, certaines difficultés ne sont jamais qae des questions d'argept. D'ailleurs je ferai agir le Provincial de Paris, et même, s'il le faut, le ré- Térend Père général.

„Je serai heureuse de savoir ma fille au Sacré-Cœur. Vous le savez, j'ai fait un vœu, et, bien que vous m'ayez accusée d'imprudence, je l'ai renouvelé plusieurs fois. J'ai consulté des théologiens là-dessus, ils ne sont pas de votre avis. On trouve. dans la sainte Écriture et dans la Vie des Saint^^ un grand nombre d'exemples de vœux semblables, et Dieu les a toujours bénis. Voilà ce que les ^lu^ savants religieux d'Italie, de France et d'Allemagne m'ont assuré. En mettant ma fille entre les mains des religieuses, j'aplanis peut-être la plus grande partie des difficultés que je pourrais rencontrer un jour. Cependant, comme il me semble que vousf avez, vous aussi, des droits sur Marguerite, je ne veux rien décider sans votre approbation. Je ne vous cacherai pas que mon mari était d'abord très -opposé à mes projets; mais je l'ai amené à penser comme moi. Le vœu, bien entendu, il l'ignore absolument"

L'idée de mettre au couvent une enfant de trois ans parut jrès - bizarre à ma mère. Elle commençait à perdre de ses illusions sur madame

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de FlaYÎac. Après avoir la cette lettre, elle me dit:

— Tu m'as toujours paru assez mal disposé pour ÂlphoDsine, et je t'en voulais presque de ne pas partager mon enthousiasme pour elle. Je me consolais en disant qu'après tout cela n'était nullement néccessaire. £h bien! je ne la juge plus aussi favorablement; c'est une étrange créature, et je me demande jusqu'à quel point elle est sincère dans les sentiments ^religieux dont elle fait parade.

Je savais là-dessus bien des choses, mais je n'avais pas le droit d'éclairer ma mère. Je lui demandai quel était ce vœu dont la comtesse lui parlait.

— Ce vœu est encore une folie de cette imagination sans règle et sans frein.

Et ma mère ajouta, après avoir hésité quelques instants :

— Je puis te raconter cela; car Alphonsine ne me Ta pas coufié sous le sceau du secret. Cependant je ne le dirais pas à une autre qu'à toi. Sache donc que cette folle créature a voué sa fille à la vie religieuse.

— Et le motif de cette oblation ?

— Ce motif serait un scrupule de délicatesse qu'on doit respecter Cette pauvre petite n'appartient pas aux Flaviac. Cependant, si la date de sa naissance était exactement connue, le code serait encore pour elle. U y a, aux lois générales de 1^

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nslure, des eieeptioM Imuresy et, s'O m'était permis de te raconter la malheureuse histoire d'ÂlpbonsÎDe, tu Terrais qu'il peut encore lui rester im doute en faveur de la légitimité de sa tilk».

Je feignis de tousser pour avoir un prétcxtf de détourner la tête. Je sentais, malgré moi, tit sourire errer sur mes lèvres. Quel beaa roman madame de Fia via c avait-elle pu faire à ma mère? Je pense qu'en femme de tête, elle avait prévu d'avance toutes les éventualités de sa position, et qu'elle avait une histoire prête pour chacant d'elles.

— Quoi qu'il en soit, continua ma mère, iâ délicatesse même devait interdire un semblaW^ vœu. Engager ainsi Tavenir de sa fille, c'est de h folie. Tu vois que je lui avais déjà fait des représentations, et tu vois ce qu'elle y répond. Veuxtu que je dise toute ma pensée? Je crois qu'il n'y a pas d'extravagance , en matière religieuse, que les dévots ne puissent justifier ou établir, à l'aide d^n texte de la Bible 5u d'un argumeiU théologique.

— Je n'ai pas encore fait ma théologie, et je ne puis rien vous dire de précis là-dessos; mais, d'après le peu que j'en sais» vous pourriez bien avoir raison.

; ^— J'ai ri^ondu aux scrapules d'Aiphomin^

en lui prouvant que sa fortune avait compléte- ~^iA rdMwé celie des Flaviad. On peut parler

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ohiffres avec k eomtêsse ; die a, pour les aftiirea, une tête organisée comme celle du procureur le plus retors. Son mari et son beau-père ont compris cela, et, dès la première année de son mariage, ils lui ont abandonné la direction de leuns affaires. Ils se sont peut-être trop mis par^'là dans sa dépendance; mais il faut conrenir que, sans elle, ils étaient ruinés. Elle a yraiment lait des merveilles. Il y avait là un gonffre que personne ne soupçonnait; elle a entrepris de com«bler ce gouffre, et elle y a réussi. Elle est atfsare par caractère, fastueuse par orgueil; tout a été concilié. Elle s'est jetée dans des spéculations qui lui paraissaient avoir de Tavenir; son coup d'œil ne Ta pas trompée. Les Flaviac sont plus riches à présent qu'ils ne Font jamais été. Mais, au fait, leur fortune est plus celle d'Alphonsine que la leur, et ses scrupules à cet égard me paraissent mal fondés. D'ailleurs, nos lois assurent à sa fille et sa possession d'état et la fortune de sa famille; nul n'a le droit de s'insurgpr contre la loi.

Ma mère, après ^y avoir réfléchi, s'avisa de proposer à Alphonsine de se charger de Marguerite. A la marquise de Sainte-Maure on ne poBvait pas offrir une pension; et ma mère connaissait alors assez madame de Flaviac, pour savoir qu'auprès d'elle, cette question, si secondaire qu'elle fût^ avait poarlant son importance.

Ma mère me communiqua cette iéée; je l'ar

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prouvai dialeiireuseoiait J'étais fou de joie à la pensée de revoir celte chère petite créature.

Madame de Flaviac accepta Tofire avec ^^ connaissance. On écrivit en Italie, et le 3 mai 1856, Marguerite nous arriva, conduite par h béate Félicité Horbini, qui me parut avoir fait encore des progrès, non dans la vie spirituelle^ mais dans les démonstrations hypocrites.

Elle annonça à ma mère qu'elle ne retournerait pas en Italie. Son intention était de se fixer à Paris. Là il y avait beaucoup de bien à f^irt Elle reunirait des femmes du peuple; on formerait une pieuse congrégation. La sainte \ierge lui avait inspiré cette pensée; elle lui avait même manifesté. clairement sa volonté à cet égard, elle révérend Provincial de Naples lui avait assuré que cette manifestation était surnaturelle.

Tout cela fut débité avec une voix contenoe, flùtée, cadencée en notes presque plaintives, avec accompagnement de pieux soupirs et de Tegaràs jetés vers le ciel. Ma mère écoutai^ toutes ces belles choses assez froidement

Tout à coup la dévote se tourna vers moi^^ me disant:

— Si le révérend Père de Sainte-Maure per* mettait que je lui 6sse connaître l'état intérieor de mon âme, je serais bien heureuse de le preB" dre pour guide dans la vie spirituelle. Le révérend Père provincial de Napks m'a bien dit ([^ *e ne saurais fiiire un meiUeur choix.

Et la béate Félicité débita son compliment à mon adresse, avec toutes sortes de petites mines gracieuses, qui auraient pu amuser quelqu'un ayant moins que moi une* horreur instinctive de toutes les simagrées des fausses dévotes.

— Madame, lui dis-je très-sèchement et en la regardant bien en face, je ne suis que le Frère de Sainte-Maure; je ne suis pas encore dans le sacerdoce, et je n'ai nul droit de m'occuper de révélations et de vie intérieure. Je désire, pour vous et pour moi, que Dieu, qui seul peut pénétrer dans cette vie-là, ne trouve dans nos cœurs que des intentions droites et pures.

Félicité devint pourpre de colère; mais elle se contint, et me dit de son air le plus séraphique:

— Âh ! Dieu le sait bien, mes intentions sont droites. Je désire marcher toujours dans la voie qu'il me tracera, fût-ce celle des humiliations et des souffrances.

— Qu'il en soit ainsi, madame! lai dis-je, et je sortis.

Félicité offrit à ma mère de rester quelque temps à Brugelette, pour habituer Marguerite à sa nouvelle résidence. Ma mère refusa cette offre de manière à ce que cette femme n'insistât pas. On la paya généreusement, et elle partit pour Paris.

Je ne revis pas Marguerite sans émotion. Quoi! c'était-là ce petit être si délicat , si faible^

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que yavMB porté dans mes bras à la bonne Vmeeacal A présent je Toyais devant moi une kUf pelke fille de trois at» passés, qni balbutiait, <1( kl plus douce voix dn monder, quelques mots iti^ liens. Elle était timide, même un peu sauvage: et elle se hâtait de cacher son joli visage rose t:, blanc avec les boucles de sa magnifique cbeTelure, aussitôt qu'elle apercevait une figure nouvelle.

Chose étrange ! je fus la seule personne (j^ ne lui inspira pas ce sentiment de crainte.

Elle était sur les genoux de ma mère qu3>^ je la vis pour la première fois. Je la pris etjf l'emportai dans le jardin. Elle ne pleura pa^* mais elle passa ses deux petits bras autovr^ mon cou, et elle appuya sa tête sur mon épaA sans rien dire.

Je m'assis sur un banc de gazon. Je Toulais élre seul pour bien examiner Marguerite. Je craignais tant qu'elle ressemblât à sa mère! ^^^ non, ce n'était pas le souvenir d'Âlpbonsine qu^ cette jolie tête d'ange me rappelait. Madame ^ Flaviac avait les cheveux et les yeux noirs; ^^e était brune; ses cheveux étaient plantés très-bas; ses traits, tout en lui composant une physionoini^ piquante, manquaient de régularité. Marguerite avait une peau d'une finesse et d'une hhnchta^ incomparables, et, sous les belles boucles de ^ dievekire blonde, on trouvait un front largement «iessiAé, dont la pensée semblait déjà avoir pris

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^dâflecaii»!. Se» yeux» d'ua Ueu Xoncé, éteieot doux et i»élancoliquie&, comioe les y-eux de celui que j'ainaais le pkis au monde aprè» Ma iiièr»eu Oui, c'était biei^ lui que je retrotuvais daiiB -cette enfaut!

Je l'avais placée debout devant moi; je tenais fies deux petites mains dans les miennes ; et je lu considérais, avec une attention dont elle paraifisaii frappée. Emu par tous les souvenirs 4|u'elle me rappelait, je ne pus retenir mes larmes.

Marguerite vit ces larmes; elle grimpa sur

mes genoux, et, passant ses deux petits bras au*

tour de mon cou, elle me dit:

— Pourquoi pleures-tu? Est-ce que Félicité

t'a grondé? Elle est méchante, Félicité. Je vciax I retourner avec Francesca.

Et, au souvenir de sa chère nourrice, Mar*

guérite, à son tour, se mit à pleurer. Je ne son<^

geai plus qu'à la consoler. Je lui donnai dea

bonbons, et bientôt je vis le sourire sur ses jo*>

lies lèvres.

Quand il me fallut retourner à Brugelette,

elle m'avait pris dans une telle tendresse qu'elle

voulait absolument me suivre.

Le Père Recteur du collège de Brugelette était

un excellent homme. Son intelligence n'était pas

très-remarquable, mais il avait du bon sens, de \ la droiture dans l'esprit^ Il possédait toutes les

venus d'un religieux, sans en' avoir les dé£auta» ! sauf Hu seul, celui d'attirer À Ja maison qtt!il di~

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rifueait le plus de dons possible. Mais il était ausâ délieat que peut Tétre un quêteur, et, en cela, il devait encore être rangé parmi les exceptions. Ma mère, qui connaissait son faible, s'en servaii pour qu'il me permit de passer auprès d'elle tooi le temps que me laissaient les labeurs du professorat Notre maison de Brugelette est bien pauvre, disait le Révérend à ma mère, nous aurions besoin d'ornements pour célébrer les fèi& de Pâques; les nôtres ne sont vraiment pas codvenables, et certes la sacrée Congrégation des rites y trouverait beaucoup à redire; mais nos ressources sont si restreintes!

Et, la veille de Pâques, le Recteur recevait de la part de madame la marquise de Sainte-Maure^ des ornements en drap d'or, richement brodés, provenant des manufactures de Lyon. Une autre fois, c'était un ostensoir, une lampe, etc., ^^ Comment refuser à une personne aussi généreuse le bonheur de voir son fils presque tous les jours? Je n'avais même pas besoin de demander la permission d'aller chez ma mère ; le Recteur était le premier à m'y engager.

Marguerite avait atteint sa sixième année. J'avais suivi le travail si intéressant de Védosioa de son intelligence; j'avais aidé à son développement: c'était moi qui lui avais appris à lire; j^ lui avais donné toutes les notions préliraioaires des études qu'elle devait faire plus tard. Ma mère et moi, nous admirions la pénétration singulière

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le re8{H4t de cette enfant, son aptitude vraioient itonnante à comprendre ce qu'on lui enseignait. Qaelquefois ma mère me reprochait, et je me -eprochais à moi-même, de demander trop à ma i^hère élève; mais, après y avoir réfléchi, nous étions bien forcés de convenir que son intelligence allait toujours au delà de l'enseignement reçu. Nous ne faisions en quelque sorte que la suivre et la guider. Marguerite était vraiment une enfant extraordinaire. Son esprit était sérieux. Elle riait rarement, mais son sourire, fin et spirituel, avait quelque chose de ravissant. Sa sensibilité était excessive, elle ne vivait vraiment que par le cœur, et elle avait pour ma mère et pour moi un attachement passionné. Quant à moi, j'étais fou de Marguerite.

Ma mère écrivait souvent à la comtesse de Flaviac, pour lui donner des nouvelles de. sa fille. La comtesse répondait assez exactement maïs avec une indifférence sur les progrès de Marguerite, sur ce qu'on lui racontait de l'esprit et du cœur de cette enfant si merveilleusement douée, dont ma mère était révoltée. Aussi son enthousiasme pour madame de Flaviac était tout à fait tombé: elle ne pouvait lui pardonner de n'avoir pas un cœur de mère.

Le temps de ma régence fut une des époques les plus heureuses de ma vie. J'aimais le professorat; je voyais presque tous les jours ma mère et Marguerite; et à part les peines d'esprit dont

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je parierai |iliu tard, el que foubikis toujours auprès des deux êtres qui m'étaient si chers, ii me semblait que Dieu me donnait autant de bonheur que le cœur de l'homme peut en contenir. Je sentais que le mien a?ait été créé pour les félicités douces et calmes, et je n'en désirais pas d'autres.

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