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pendml 8eise mt^ fl^ftccom^nitHi dans quelques ] mois? En sanrm-js phis sur cette chose, piiortant si simple: >,Aiine Dieu et aime l'homme en lui faisant du bien/' après cette autre retraite, quoique plus rigoureuse, que durant les seiie belles années où j'avais voulu Dieu dans la smiplieité de mon cœur?
Je ne le pensais pas.
Ce que la méthode artificielle avait fait ea moi, pendant seize ans, me paraissait insignifiant, nul, radicalement nul. A part quelques connaissances littéraires, scientifiques et théologîques, que je ne pouvais avoir lorsque je me jetais, avec un enthousiasme passionné, dans mon premier noviciat, avec un peu plus d'aptitude à me rendre compte de ma conscience, à me servir de ma raison, j'étais exactement le même.
Hélas! au flambeau de cette froide et impartiale raison, j'étais moins grand et moins fort que le jour où je me sentais l'énergie de repousser les entraînements du monde, et où je révais les grandes choses de l'apostolat Le ressort de l'âme, sa grande énergie native, sa puissance qui brise des résistances terribles, la volbnté soumise à seize années d'obéissance passive, au procédé énervant du (anqtuzm ao cadaver ^ ne se sentait presque ■>)ius. Obéir, oui! Obéir toujours! Obéir, que ce ût sage ou non, excepté ce qui eât été, d'une aanfére trop évidente, contraire au dictameii le Jus grossier de la conseienoe; hypothèse qu'on
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WÊf doit pas fiire et qui serait même rendue îm^> pasaHrle par cette recommandation de la réglé, de ,,ne jamais 'eiaroiner le commandement/' Ainsi ce qae Ton semble tous laisser de liberté, d'exa-' nien au sujet des ordres que vous pouvez rece- Toir de ves supérieurs, vous est bientôt retiré: vous êtes un cadavre, rien qu'un cadavre; vous ne devez être que cela. Obéir, je m'en sentais bien capable; mais ce)a suffirait-il?
Et fallait-il dix-sept ans d'escrime pour comprendre la raison de l'obéissance? Le jeune pâtre qu'on arrache aux versants des Cévennes ou du Cantal, une foi mis en ligne dans un peloton, sait à merveille qu'il faut obéir; l'instinct de son métier, l'honneur de son corps, lui apprennent que la désobéissance devant l'ennemi compromettrait son salut, celui de toute l'armée; il ne faut lui dire cela qu'une seule fois, et il se le tient pour dit.
L'adolescent Jésuite aurait-il la tète plus dure que le pètre apprenti soldat?
Je me disais toutes ces choses ; et ne trouvant que le vide au dedans de moi-même, je me demandais si cet insuccès profond de la méthode artificielle expérimentée sur moi venait de ma faute ou de la méthode elle-même. J'avais conscience d'avoir dépensé, depuis seize ans, toute la docilité que Dieu avait mise dans mon âme. Nulle résistance donc du côté de la volonté. Ma vie avait été pure; et dans ees terribles retraites
4eiDieuiet aoaii.giiTrawitirahfraflr. éCeinal, je^ae»-tMi cepQBdwti, qiioîf Mi'ii. n'y' aili neai dai pim dftr lanl.Biiett,, qtie mU». vie <séfttdstcé€t loin dui mondei* UMit eivpïoyée aur tKMrail* et< à. la pratû|Be. dft l*obéiaaani)e«. anait été oonfomna^ à< cas commani^r mmts q«!ili a) gravés dans natre ooenn. Ja rV wa pas £rii;le mal,, il eal vraii, panae qmi ja> n'avais pas été vm eOi. fiiaet du mal ; mai ▼«ptli avait- été une. vert» négattirev mais.» tallercprfelle était; j'avais ma bonae; voimité au, fend du* aœyft. BQur. la rendre, ua peu méritoire»*
Devant Dieu., ce n'était donc paa nia favla: c'était, imputsaance- da. la méthode aoiiftiieUe à kqucile j'avaifi été soumis. Elle éftaiir arrivée,, aprèsc Uaà. de combinaisonsi savatttaa^,. apffè8^ irai» périodes successives d'épreuves dunani seise années^ à former ce soldai passif, débonsairQ, ua peu initié aux connaissances humaines, sachant sujjrne. îaur. par jour, les exencicea aaoéticpies, étranger au monde, ae Tafant apeirçu «pue* par k. monda niioroscopiqiM d>un eoUége,. ^ devant fournir dans un an\ un membne de plus ài la ailîoa baillante des Jésuites.
Tant de: travail poup » poui Hoêcùur ridir a/iua mu8^
Si Xe me fiMae trouvé dans la dispoattioDi d'ea*- ^it où j'avais été bien des fois, quand, des doiate» anriblea sur l'Ordre, venaûeiit. m'aeaailUir,^ jo> na »e f«aae paa> laûsé abattife par eeux-cL. Mais 1»
■Mt dei mai m^i aiiait. fût «n aïoii inioi rétitioa Hihftec Tùut était. d»Mgé. Ltfig6eBi|p8 ooMfpnift née , la sensibilité: s'était, réveillée ; eii» vnk fini iaos tout, mon élkre der terribles raiiragea. Sîi.jci l'eusse: pastbeaucoupi pleuré^ je^ fiusse devenurfoub ZcB: laïunes sbùuàBUte». m& sBUi?éreiii; mai» il n'en resta une bumeur soBdÉre,. une ejLaltalioia ie dHrreau dont je ne me] suia. Fftfidu comptai que )iiisieup8 mois, après, qjuaod cette; erise, comntf autea les. situatioDS violeiites^ vinti à. ae* calmes.
EKlast!. je la fî& cette école dit cœur: àckala zfeciûe. Pendant ifje nos- Pères me croyaient ibsoii>é dana les.pIusebauCes coolemplâtions, atyanti pris mon vol dans les régions mystiques m l^âma i^: se donner les ébats du. divin amour avec le bien» aimé, j'imposais à mon cœur les toetuce» de» [a luUe désespérée contre, moi-même.
D'afiEreux scrupules, lc« souffrances- lès pluft cruelles qui se puissent concevoir ici-basi dam l'être moral , et qui sont des soufff anoea det ré- ^BOHffé&.y vinrent m'assombrjr. Au lieu de ces jéductions.aerieines:, de eest sa^si et placideSi api- [MPécsations sup moi-même- et suv l'Ondre^ qui ne» ne troublaient pas,, qmi me doonaieni. auu con-* Iraire ceabte jcde pure de l'intelligence à saiair en» toutes, choses le vrai^ je trouvai le cfaao&dea Bontradietions, le dénhii^ment de la eoBscienoe^ l'enfer, tout; renier du. remordss.
li y eut sans, dente dei l^égurement dansi r paavBsi i»i8oii«
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Je tombai un tnoméot dans cette conriction horrible que Dieu me cbàtiait, que j'avais cédé aai obeessîoDs de Tespnt du mal, que l'orgueil m'avait perdu, qu'à l'exemple d'Eve j'avais écouté les suggestions du serpent infernal. Je me crus déjà jugé sur la terre, abandonné de la grâce, parce que j'avais abusé d'elle.
Toutes les phrases retentissantes des prédicateurs, dans nos retraites, vinrent avec l'éclat du tonnerre frapper mon oreille, comme si, pécheur révolté» je me fusse tenu, dressé orgueilleusement devant leur chaire, et que, tout à coup terrassé, j'eusse été forcé de dire: Oui, je suis un misérable, un abandonné de Dieu!
Et comme il y a, dans ces affreux moments de désespoir, une logique terrible, telle que celle qui porte les tous, avec une lucidité effrayante, au suicide, je cherchai la cause de mon égarement fatal.
Je la trouvai!...
C'était cet affreux petit livre de MM. Michelet et Quinet, que j'avais lu par une curiosité indigne d'un religieux. Plus de doute! Dès ce jour l'esprit du mal s'était emparé de moi. J'avais jugé!... ô crime! j'avais jugé mon ordre! mon ordre approuvé par la plus haute autorité qui soit dans le monde, celle des Souverains Pontifes! J'avais jugé des règles trouvées admirables par tant de saints résuites, les lumières de l'Ordre. Je m'étais fait ilus sage que ces sages, j'avais condamné ces
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sainUt ces papes» TÉglise, Dieu lai^méne parhiit par ses Pontifeslll
Inde prima maii lobes. C'était ainsi que le mal était entré dans mon âme.
Au moment où ces agitations indicibles de mon cerveau m'assaillaient avec le plus de fureur, j'étais déjà vers la moitié de ma dernière année de Probation. La douleur morale avait atteint ses limites; je n'y tenais plus.
Les hommes du monde qui liront ces pages auront de la peine à comprendre cet état violent de l'âme que je viens de décrire. Ils ne sauraient avoir la moindre idée des aberrations de tout genre, que peuvent développer quelques mois de solitude absolue quand on se livre tout entier à la vie ascétique.
J'allai trouver. mon Père spirituel. Je lui dis que je craignais d'avoir profané toutes les grâces, d'avoir menti à l'Esprit -Saint, en cachant un péché grave. Je lui demandai de faire une confession générale qui me permit de réparer, en moi, l'innocence perdue par tant d'années coupables, par tant de sacrements indignement reçus.
Mon directeur était un saint homme, mais il se renfermait dans un cercle d'idées assez étroit; il ne vit pas qu'il avait devant lui un cerveau exalté, un demi-fou. Il prit tout cela naïvement à la lettre. Il chercha à me consoler; il me dit qu'il allait remercier Dieu, avec moi, de m'avoir éclairé, de m'avoir montré les turpitudes de mon
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«if a«rir>4èèhiré le «voHe qsi '«le eenâhafl ilV btme où j'allais me jeter. Saas-^aiicmi'âmite ee «pécM gme, «caché dans mes «otffBssions , était à ses yeux quelque fMie ^botiteme, une sortie «e* «rèle 4a 'Ùesky «pour satisfaire la paBsie« des le -ne sais ee que Viaiagîna le bon Pè«e, il me reçut comme renfaiit prodigue , et ^dans son erreur, il me le donna pour 'exempte. Il me dit que le père de famille n'avait* pas i^epoussé le fèvme oaupable, quoiqu'il eût mangé toute sa iiTtWBe îavec des femmes débauchées, cimn ntêPêtricSma, Je savais à peine '^e que c'était qu^une isnme débauchée; je l'écoutais ébahi.
J^élais évidemment, à ses ^eux, quelque grand •coupable.
Nous mimes notre temps, selon l'usage, à ce iiettMement général des pensées, des paroles, des «actions de -la vie d'un pauvre >rechis qui, dès l'âge éa dix tans, avait 'été sous la discipline la plus ^gilante.
Quand j'y réfléchis à tiette heure, 'la «eu)e fante peut-être sérieuse de cette vie d'innocent, était qudque surprise des sens, quand ils se révoltent avec trop d^mpétoosité contre la loi de la continence. Je n^avais pas commis de péchés graves, parce que j'étais dans l'impossibilité d'en oom* mettre.
J'aconsai ma 'faute devoir lu MM. Michelet, tîninetet Gioberti. A -mes yeux, c'était mon plus ^grand cnme. iLe digne > homme, 'qui après 'tout
ïïviàUiéa MHS, o«n|ivk ^itiiii'^e «ise ^pMvé »ii%ii ^tait .'{MB ma ibitn (grave, que fe m^élMB 'mMité »(li bète et qu'il se ir^it«inon(we ià >4iiMi MMlr«it; >«t Lout fier, «|Nrè8 m^'avwr bmmomip cikné, ffi<ai6»'dh quUl fweHait tott -sur lui; et 'ne donnant l'abso- Lution, U aMa probarbiemeflt dire ^an 31? Beum, pour rancrrcier <Diea^d^a¥(nr'isau^ mi'Gteêk quekpn faoiT«ble<0ou81upe qu^il an^it ^ soupçonner «ebei ce jeune ^i^etjte Sainte-Maure.
lUb autre adoucissement me; lut donné daw mes > inquiétudes 'de conscience.
Ma oelàitle n'était fns trè»<éloignée de e^lle du • Père Mazsonelli, un des petriarohes de l'Ordre, qai en arvait sai^i toutes les dignités jusqu^'à célie d'assistant du révérend Père ^Général de laCon»pagnie. 'Citait Tun des plus âgés de tous les Jésftites:ûl «était septuagénaire. iOn le^Téttérait ànm \e>Q0ah^ comme un saint. Il>m*arrivait souvent de i l'aider è descendre l'escalier du'preraier étage, qui ecraduisait de sa chambre -au réfectoire. Le ëigiie -Ranime, youlant faire le jeune, comme 'tous ies tTÎeiUards, tenait à suivre, jusqu'au bout, 'les exercices de la maison. U m'avait pris 'en grande tendresse, et'il se plaisait à converser avec moi.
'Un jour quil me vit passer auprès de hii, 'il me trouva les traits encore si bouleversés «qfrtl devina qu'il y avait en moi de la douleur; et ayant, «vec Texpépienoe de l'homme qui a -vécu et qui a oonmi beaucoup de plaies de Pâme, amené -doucement la'oottvepsationsar l'Oi'dre, sur
Im éfffWives 4fâ WMfMUt Mutent d'«De damtarar tioB tjN»p iMifiie, avant la profesaioa dermère, il m'çQtraliia peu à peu à lui avouer que j'atais beaiaoowp aauffert depuis (|uelqae tem^
— Ohl mon boa petit Père (c'est ainsi qu'il m'appelait), vous ne m'apprenez riea J'ai passé par là, et nous y avons passé tous. Voyez-vous, quand on a fait nos Constitutions et nos règles, il y a bientôt trois cents ans, les hommes n'étaient pas d'esprit sensible et de chair cooame nous, ils étaient de marbre et d'acier. U fallait dompter ces hommes comme on enchaîne les bêles féroces, comme on les prive d'aliments, comme on les fait trembler sous la verge, pour les soumettre à notre volonté.
Ce régime n'est plus supportable pour nous, natures toutes domptées, peut-être même trop privées des ressorts énergiques qui portent aux grandes vertus. U faudrait prendre la méthode opposée, et, au lieu de combattre en nous une exubérance de forces que nous n'avons pas, nous soumettre à un régime d'air libre, d'alimentation Kiorale, qui nous rendit plus forts, vec'trop £h» lui répondis-je, c'est vous, l'un de lenoe. Je k <ini me parlez ainsi ! £t nos règles si paro'e qne ^^ toute la sainteté de nos fondateurs! mettre. ! l>ah! ils étaient de leur temps, ils
J'accns^nt pour leur temps. Pouvaient-ils de- Qvinet et 0tre? Voulez-vous mettre dans la cage f^rand criafnux agneau comme le lion féroce?
P4B l'abbé *** ' 146
Je m sais comment ces sjmides oiots tombèrent de mes lèvres avec une telle apparence de bonbomie; je me trouvai le visage d'une telle piatàdîté, que le soupçonneux vîeilbrd, qui s'était si longtemps exercé à d«viner autour de lui les pensées secrètes, honteux presque d'avoir eu sur moi l'apparence d'un soupçon, prit un air calme et doux, e{ me dit, uniquement pour continuer la conversation :
— Celte provocation de l'esprît révolutionnaire n'ira pas loin chez nous, que je pense.
J'étais trop beurnux d'en être quitte à si bon marché, pour retenir mon redoutable interlocuteur sur un terrain aussi difficile. Je gardai un silence respectueux et humble.
Le Général mit l'entretien sur le compte de M.**, le célèbre rédacteur de VUnivera, qui s'était empressé de lui faire visite.
— Cet homme est d'une incroyable hardiesse, me dit-il. En vérité, il ne recule devant nen 11 nous a sauvés par son pathos révolutionnaire
Et il ajouta:
-^ Hais prenons garde! Nous aurions bientôt en lui un maitre.
— Votre Paternité a une connaissance profonde des hommes, lui répondis-je viné celui-là.'
Un sourire vint sur les lèi rend, à ce comphment banal qui 1 assez piquant alors, en raison <'
146 LE JÊSRDTTB BAE l'iBBB ***
liqedle je ctvjûe avoir OGhifpé aux inveatigatioiu de aoa regard.
Il quitta Paris, fiemblanC conraincu foeje D'é- Uâs pour rien dans le plan însurrectiaiiDd que contenait k MemotaMdmn.