LE /ÉIVITE
d'une pâleur livide, ses trails éuient boirieversés, et dans ce' momeal' sa ressemblance avec le Père de MoDt^asin était telte que noB malheureux amèi en fut luirméaie fi^pé, et les vagues soupçons' qu'il avait conçus dans le temps devim^eiit pour lui presque une certitude. U dit à Gustave:
— Qu'a.vez-vous fait! et pourquoi m'avez- vous amené ici sans me donner une espiicatioii ?
En revoyant^ après tant d'années, le Père: de Montgazia, madame deFlaviac ne se tiH>uMa pas; mais elle jeta sur sa fille un regard tellemeol chargé de haine que la pauvre enfant en fut effrayée; elle s'approcha de sa -mère et lui dit:
— Je vous proteste, maman, que je ne suis pour rien dans tout ce qui s'est passé!
— Jo' le crois, répondit brusqu^nent la comtesse; aussi n'est-ce pas à vous que je veux de*mander une explication.
Et s'adressant à Gustave, elle lui dit:
— C'est à vous, monsieur, que je dois demander compte du guet-apens dont ma fiUe etmoi nous sommes les victimes.
Gustave de Flaviae ne paraissait pas le moins* du monde embarrassé* de sa position. Sa physionomie • était calme, mais quelque, peu akière; et JQ< fus frappé, plus que je ne l'avais jamais été, de la distinction de cette belle et noble figure.
— Madame, dit-il froidement à> la comtesse, en vous demandant . de venir ici avec le Père de Sainte-Maure, et en piûantle Père de Mimlgann^
PAR., I4'aJNNÉ *** 15
dpjat la réputation,, à coup, sûr, ne^peultTous être inconnue, de nK'accoinp9gner, .j'9i, touIu: yous don-^ ner, ainsi qu'à Mairguarite, de8f.gsiffaiUs de* la pureté: dç. mes intentions. Vou» estimez ces deio/ Pièces, je les; estime et j§ les aime; ils serons jurgçSv si vous le voulez tuen, entré naii6«
— ÂlorSy, monsieur, disrje à Gustave, je you& demanderai, comme Ta fait madame de Fla^iaoy' comment Marguerite sei trouve ici?
— C'est très-^mple, cher Pèrel Madame de. Fiaviac et sa..fiUe ne doiventrelles pas. entrer- au < S^cré-^Cœur demain?
-r- Oui.
— Vous comprenez que, n'ayant appris cela qu'hier,, il m'a fallu improviser le moyen d'avoir une explication immédiate. Si j'avais attendu, il m'eût été difficile d'arriver jusqu'à Marguerite* Les sQBurs converses ne sont peut-être pas si fa* ciles à gagner que madame Fleury. Je menaçais > autrefois de mettre le feu au couvent où l'on renfermerait Marguerite; j'ai voulu . employer, ua. moyen un peu moins violent
— Mais enfin, lui dis-jq, où voulezrVou«ea. venir?
•^ Oui, monsieur, dit la comtesse, répondezau Père de Sainte-Maure, que* nous sachions, enfin le but de la comédie qui se joue ioi.
— Marguerite, dit Gustave d'une voix énme, pardonnez-moi de trahir: votre secreld II le. faut daj(is.:Votr.e. iutérét.et dans le.mien»^
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— Un secret! s'écria la comtesse. Ha fille a un secret, et tous le connaissez?
— Oui, madame, je le connais. Je sais que Marguerite a une profonde répugnance pour la vie religieuse. Je sais de pflus... Et jetant un regard de pidé sur Marguerite, qui s'appuyait sur le dossier du fauteuil où sa mère était assise, il ajouta :
— Ne tremblez pas, Marguerite; votre secret n'est pas un de ceux dont on ait à rougir. Vous
. l'avez confié à un frère, pardonnez-lui de le trahir. Je vous aime, Marguerite, et je ne crois pas être trop présomptueux en vous disant: Vous aussi, vous m'aimez.
En entendant ces paroles, j'éprouvai la plus vive impression de douleur, de colère, de jalousie, qu'un homme puisse ressentir. Ce fut quelque chose de rapide comme un choc électrique. Il n'y eut plus pour moi d'incertitude: j'aimais Marguerite, et je ressentais pour cet homme, qui se prétendait aimé d'elle, une haine féroce. Je me précipitai sur lui, l'oeil en feu, les lèvres écumantes, et je lui dis:
— Marguerite vous aime! Osez donc répéter cette calomnie!
Le Père de Montgazin, s'approchant de moi, ne dit tout bas:
— Calknez-vous, malheureux! vous vous perdez et vous tuez Marguerite!
En effet. Marguerite était pâle et immobile.
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comme si la vie eût été sur le point de lui échapper. Quant à Gustave, un peu surpris de mes paroles, il me dit avec le calme qui ne l'avait pas abandonné:
— Père de Sainte- Maure, voici ce que Marguerite m'a écrit; lisez!
Et je lus à haute voix:
„Yous voulez, Gustave, toute la vérité telle qu'une sœur peut et doit la dire à un frère! Je me fais religieuse pour plaire à ma mère, pour en être aimée; voilà ma réponse à votre première question. Vous voulez savoir si mon cœur est libre: non, il ne Test pas; mais un obstacle invincible me sépare de celui que j'aime. Laissezmoi donc suivre ma destinée: elle ne sera peutêtre pas complètement déshéritée de bonheur.** ~
— Voyons, chère Marguerite, dit Gustave en prenant la main glacée de sa cousine, dites-le hautement: n'est-ce pas moi que vous aimez? Votre grand-père ne voulait-il pas cette union? Ne l'a-t-il pas voulue au moment suprême, où, désabusé, ne croyant plus aux calomnies d'un Jésuite indigne, il exprimait encore une fois ce désir qui fut celui de toute sa vie? Le Père de Sainte-Maure était présent. Vous ne connaissez que moi, vous avez toujours vécu dans une espèce de claustration. Qui pourriez- vous aimer?
— Et de quel droit, monsieur, m'écriai-je, interrogez-vous ainsi Marguerite? Savez- vous que