VI
18 LE iÉ^tfe
votre fatuité, votre outrecuidance ^ont insupportables?
— Je ne comprends rien à l'état où ycms êtes, me dit Gustave; et je ne sais pourquoi voiii semblez, dans ce moment, prendre plutôt Tintérét du fanatisme de madame ide Plavfac <jue celui de Marguerite. Comment! je suis fat, outrecuidant, parce que j'interprète en ma faveur les propres expressions de Marguerite? Cet obstaci'insurmontable qui nous sépare, n'est-ce pas iâ yolonté.de sa mère? Si vous étiez un laïque, je dirais: , C'est vous ou moi qu'elle aime.
— Moi! dis-je. , ,
— Oui, vous! Malgré la distance ^d'àge je le reconnais, si vous étiez un homme du monde, vous pourriez être un rival dangereux.
Ces dernières paroles semblèrent avoir fai: cesser la torpeur de Marguerite.
Gustave ajouta:
— Savez-vous quô vous feriez naître en moi d'étranges idées?
Marguerite alors sembla faire un effort puissant sur elle-même; elle s'aiiança de quelques pas vers son coilsin, et, iui tendc(nt sa main,' elie lui dit:
— Vous avez bien compris 'ma lettre , Gustave ; je vous aime , et si iha iiière Vedt consentir.:..
Dans ce^ihôménl, Marguerite me régarda, et dans ce" rèjî'ard- il ' y ' Wâit Une ' iîiithfeiise*'a6ulctir
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ît toute ui\f révélation. La malheureuse enfant l'acûeya pas ; elle tomba sans connaissance. Gusâve la porta sur un canapé, et tira avec force m cordon de sonnette pour appeler du secours.
— Madame, dit le Père de Montgazin à madame deFlaviac, vous ne pouvez refuser de consentir au mariage de votre fille.
— Jamais ! dit la comtesse, jamais je n'y consentirai, j
Une femme entra dans le salon. Cette femme, c'était Félicité Horbi^i.
— «Madame Loreau est sortie, dit-elle; mais si on a besoin de quelque chose, je suis là pour la remplacer.
Nous entourions le canapé sur lequel Marguerite était toujours sans connaissance, et madame de Plaviac n'avait pas vu entrer Félicité, mais elle reconnut sa voix. Ses traits se crispèrent encore une fois par la colère, et se tournant vers la Morbini , elle lui dit :
. — Misérable! comment êtes- vous ici?
— Madame Loreau est ma tante, dit Félicité, gui, cette fois, n'avait nullement des allures mystiques.
— Eh! sans doute, dit la comtesse, à qui la rage faisait perdre toute mesure et toute prudence; vous êtes sa complice et celle de madame Fleury, une hypocrite comme ^ vous!
— Doucement, madame, dit la Horbini; vous oubliez, ce me semble, à qui vous parlez?
— Pas un mol de plusl m'écriai>je: sortez!
— Laissez*moi donc parler, dit Félicité, qai arrivée au paroxysme de sa colère , ne se modérait pas plus que ne l'avait fait madame de Flaviac Vous croyez que je me laisserai outrager par madame sans me venger? Vous ne me connaissez guère.
— Vous venger! dît madame de Flaviac; serait-ce des bienfaits dont je tous ai accablée?
— Bienfaits intéressés, madame. D'ailleurs, je suis assez ricbe à présent pour vous rendre vos dons; j'aime mieux tout perdre et faire à votre orgueil une blessure mortelle; et puisque M. ^' Flaviac, je le connais, je l'ai vu à Rome, veu: épouser votre fille, il ne sera pas fâché de savoir qu'on a caché la naissance de cette belle demoiselle pendant six semaines. Que le Père de Sainte- Maure me démente, s'il l'ose! D'ailleurs j'ai des preuves , et je les produirai , si l'on m'y force ei si l'on me supprime ma pension. Qu'on ne ni'iosuite plus, et tout se sera passé en famille.
A cette déclaration, le Père de Montgazin jeta un cri de surprise. Ses doutes étaient enfin changés en certitude. C'était bien sa fille qui était là et je vis le moment où il allait la prendre dan? ses bras et dire: Ma fille! C'est ma fille!
— 0 mon cher Père! lui dis- je, soyez fort
contre yoas-même comme je le suis, moi, contre une douleur que tous seul comprendrez! Sortez de cette maison! vous pourrez revoir votre fille, et moi je ne la re verrai plus.
Le Père de Montgazin me serra la main d'une façon convulsive, jet jetant un dernier regard sur Marguerite, qui commençait à revenir à elle, il me dit: — A ce soir! — et il sortit Félicité se retira en même temps. Gustave, tout absorbé qu'il était par l'état de Marguerite, n'avait pas perdu un mot de la scène qui venait de se passer.
— Ma<)ame, dit -il à la comtesse, croyez que je suis incapable de me servir, contre vous, des révélations qui viennent d'être faites ici. Votre fille n'a rien entendu, et je vous jure que ma femme ignorera toujours les fautes de sa mère. Marguerite vous a avoué qu'elle m'aimait. Vous ne pouvez plus me la refuser.
L'orgueil de madame deFlaviac était terrassé: elle comprit qu'il fallait céder ; elle s'approcha de sa fille, et prenant la main de Marguerite, elle la mit dans celle de Gustave.
Je suivais du regard cette scène étrange se passant dans ce lieu, dans de telles circonstances, avec de tels hommes. Tous mes rêves d'amour pur, de joies idéales auprès de cet ange s'évanouissaient. Par une inconcevable fatalité je la jetais dans les bras d'un homme qu'elle n'aimait pas. Je devinais tout.
Le. lendemaîn, et ce fut le dernier jour dû je revis Marguerite, elle me remit cette lettre:
„Vous l'avez compris, mon ami, c'était vous ({ue i'alteais ! . . . Mod sort est maintenant fiié. L'acte insensé de Gustave est venu briser toutes mes espérances. Cher Sainte - Maure, nos cœurs s'entendaient: vous m'aviez élevée jusqu'à vous. En vous, ^e trouvais tout: le frère, l'ami, le maître, l'amant Ma vie, dans l'avenir, devait se former de toutes les jouissances que peuvent donner les affections les plus pures. Dieu n'a pas voulu (}ue ^et idéal se réalisât pour moi sur la terre. Peut-être même n'est-il pas réalisable ! . . .
„Mon ami, nous lie devons plus n'oiis revoir: vous le compriBuez comme moi. Mais laissez-moi vous parler de vôtre avenir^ Il me senoble que vous poursuivez, au milieu de ces hommes de la famille de Saint-Ignace, un but impossible. Vous m'avez appris à juger ces institutions d'un autre âge. Comment, avec les lumières que vous avez là -dessus, entreprenez - vous de ressusciter ce^ morts qui se drapent avec orgueil dans leur suaire? Cher Sainte - Maure , croyez -en mes pressenlinients: vous Vous perdrez et vous ne les sauverez pas.
„Ne soyez pas trop malheureux dû coup qui nous frappe. Je vous sais fort par la foi en Dieu- Celle -Jà nous eût gardés purs dans notre sainte liaison de cœur ; elle nous consolera dans le dou-
3ureux sacrifice que le respect d'un époux et les onvenances du monde nous imposent.
„ Adieu! Il y a une partie où les cœurs blessés se retrouvent, comme les rayons purs. qui se •éfléchissent sur les immenses glaciers, et qui renontent vers leur soleil. C'est là que vous reversez votre Marguerite. Adieu! adieu!"
Il y a des heures ou la Providence a pitié des cœurs qui se brisent; pour moi elle sembla inflexible. Je n-eus même pas la consolation d'épancher ma douleur dans le sein du seul ami qui pouvait y compatir. Après la fatale scène dont j'ai fait le récit, le Père de Montgazin, en rentrant à la maison de la rue des jPosjtes, y reçut Tordre de repartir immédiatement pour Lyon. Je restai seul!
J'envoyai pour dernier souvenir à Marguerite une petite croix d'ébène que j'avais toujours portée sur ma poitrine depuis mon enfance.
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BetoQT au Oeeh.
Dès le Ô juillet 1849, Tannée française victorieuse avait renversé à Rome le gouvernement républicain, et le pouvoir pontifical était représenté par une commission de trois cardinaux. Un de leurs premiers actes avait été d'écrire à notre Général que nos Pères pouvaient en toute sécurité revenir au Oeah.
On devine quelle volupté éprouva le très-Révérend de rentrer le premier, en véritable maître, dans cette Rome qu'il avait quittée en disant:.,, Je pars; le Pape partira bientôt!*'
Il est certain que Rootbaan et le grand protecteur de rOrdre, le cardinal Lambruschini, avaient mené avec une habileté extrême toute la contrerévolution.
Tout s'était groupé autour de ces deux hommes. Ils avaient gagné à leur cause le plus jeune des cardinaux, Antonelli, destiné à jouer un rôle immense après le retour de Pie IX, et qui était devenu à Gaête l'homme de confiance du Pape.
Roothaan triomphait.
Son entrée à Rome; huit mois avant le retour de Pie IX de Gaête , fut autrement acclamée
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que celle de ce malheureux pontife, deyant revenir sous la malédiction de tous les patriotes, qui voyaient en lui un traître à la liberté, et du parti absolutiste, qui lui tenait rancune de ses velléités libérales.
Tout le Transtevère occupait, la place du Oe^. Nos clients étaient là, se livrant à ces manifestations bruyantes qui sont dans le goût de la population romaine. Les fanatiques criaient, dans la foule, — que la Madone avait fait un miracle pour les Pères ; — que nous étions les vrais sauveurs de Rome; — que notre départ avait été le précurseur infaillible de la chute du SantCaatmo Padre\ — que les Papes ne pouvaient rien faire sans nous; et autres fadaises de ce genre.
Des mères portaient leurs gros et gras nourrissons sur leurs épaules, pour qu'ils vissent le très-révérend Père, au moment où il allait gravir les larges escaliers du Qe^,
— Celui-là, disaient-elles, est le Pape noir, le véritable Pape. Le Pape blanc n'est rien à Rome sans le Pape noire. Ewiva il Papa nerol
La terreur suit toujours des maîtres irrités qui rentrent de l'exil. Elle régna longtemps au Oesh, Toutes les correspondances des différentes nations parlaient de l'action secrète que le Mémorandum avait exercée sur le plus grand nombre des esprits. L'idée de liberté et de réforme, quand on étouffait partout la liberté, semblait s'inoculer au sein de la grande Compagnie. De toutes parts
36 LE jé$mTE
on demandait au trè^-révérend Général de ^ montrer énergiquenient , de tou( fair^ pour remonter à la source du compM, et d^ p^unir les cou* pables, de manière à intimider pour jamais les audacieux qui oseraient soulever, à Tav^nir, ces odieuses questions.
La Congrégation dite des Procureur^, qui se réunit à Rome tous les trois ans auprès du Général, pour l'éclairer sur les besoins de la Compagnie et conserver runiou des esprits et des cœurs, devait avoir lieu en 1850.
Pour prouver que les révolutions ne peuvent rien sur la granule Société, que les ampires passent mais qu'elle ne passe pas, et que, forte autant que la papauté elle-même, elle doit .leoir régulièrement ses assises, un décret daté de Rome, et signé par le Général, convoqua la Congrégation des Procureurs pour la fin de janvier.
Mes rapports avec le Général pendant son séjour en France avaient achevé de me poser visà-vis de nos Pères.
Dans un ordre où tous s'observent, on avait compris que je devais être un des personnages influents, dans le conseil suprême, à Rome. Nos Pères de la province de Paris Qoe nommèrent leur Procureur à la Congrégation qui allait se tenir auprès du Général, réunion qui prenait une importance spéciale des circonstances politiques.
Pour être juste envers nos Pères français, je dois dire qu'ils pensaient, par rhonqeuf de cette
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dépiitatîon, récompenser le zèle que J'avais mis ^ faciliter la réouverture de nos maisons sous te gouvernement de la République ; le Père de Rav . . . et moi, tious avions été les agents actifs de ce grand acte, qui était une prise de possession hardie d'un ordre malheureusement ennemi de la liberté nioderne, au milieu d'une nation confiante, et cette fois largement hospitalière.
Les autres députés des provinces du nord de l'Europe vinrent me joindre à Paris, d'où nous partîmes pour Marseille. Nous devions prendre le paquebot pour Civitîi-Vecchia. J'eus la joie de trouver à Marseille, parmi les autres procureurs, mon bon et aimable Père de Montgazin. C'était la province de Lyon qui le députait à Rome.
Il me sembla voir dans cette heureuse coïncidence une volonté du ciel qui m'amenait une force nouvelle pour l'œuvre de la réforme de l'Ordre. Montgazin était orateur plus que moi; son âge, le nom qu'il avait ^comme prédicateur, l'énergie de son caractère en faisaient un homme providentiel à qui allait incomber la difticile tâche de proposer les immenses changements indispensables à la prospérité de l'Ordre et à son exisr tence même dans l'avenir.
N'était-ce pas lui qui m'en avait suggéré l'idée première? A lui devait revenir le périlleux honneuir d'en démontrer l'urgence, dût-il succombe»devant la formidable opposition du Général et
ses adeptes, épris des vieilles idées et adorateurs passionnés de Tabsolutisme.
Le député de la province de Belgique, avec lequel j'entretenais depuis longtemps une correspondance secrète, à Taide de chiffres convenus entre nous, était un des plus chauds adhérents à mes idées de réforme.
Nous avions près de deux journées de repos à Marseille, avant le départ du paquebot pour Civita-Vecchia. Nous nous concertâmes ensemble, et prétextant, vis-à-vis des autres Pères, le désir d'un pèlerinage à la Sainte-Baume, nous partîmes pour cette solitude.
Nous nous procurâmes une forte calèche et de vigoureux chevaux de poste, des Jésuites ont le droit de voyager en grands seigneurs, et, en quelques heures, nous franchîmes les cinq mortelles lieues provençales qui nous séparaient de la célèbre grotte. Nous donnâmes quelques minutes à peine à la dévotion et à la curiosité.
Nous avions une journée splendide, comme seul le Midi peut en offrir dans cette saison où le ciel a ses chaudes teintes, et la nature son manteau à demi brûlé par les longs soleils de l'été. Rien n'est grave et solennel comme les montagnes de la Provence, si fortement colorées, qu'elles semblent toujours des masses de matière incandescente sorties récemment de la fournaise.
En sortant de la Sainte-Baume, nous allâmes nous asseoir sur un des redans de la montagne.
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Une pelouse desséchée nous servait de tapis; d'é* normes roches rouges et dorées s'avançaient sur nos têtes, comme les dais sculptés qui forment le haut des niches des cathédrales. Nous allions tenir le concile du progrès, ayant en face de nous, au delà du hassin bleuâtre de la Méditerranée qui s'étendait à perte de vue sous nos pieds, cette Rome où une réaction violente rétablissait, au moment même, le vieux régime du gouvernement sacerdotal et laissait le Uesb, recommencer les errements de sa politique rétrograde.
La tentative était hardie. N'était-elle pas folle? Mous ne le crûmes pas alors.
Je ne reproduirai pas ici ce long entretien, où nous étudiâmes, sous tous ses points de vue, la situation religieuse; où nous classâmes méthodiquement les aberrations dans lesquelles s'était perdu le vieux régime. Comment nous étions arrivés, depuis la suprématie absorbante des pontifes romains sur tout l'Occident catholique que Grégoire Vil inaugura au onzième siècle, à une rapide et peut-être incurable décadence ; le monde chrétien oriental se détachant de Rome, en raison du système autocratique des Papes; la Réforme Tenant, au seizième siècle, enlever à la juridiction des chefs de la catholicité les races germaniques, Scandinaves et anglo-saxones : tous ces faits, d'une portée immense, passèrent devant nous; tous ils nous disaient une terrible parole: le catholicisme se meurt par les fautes de la papauté. Les exi-
gences des pontifes romains, leur oppressiqn systématique de toute idée autonomique dans les ^gUses, leur plan évident de .faire de chaque évéque un simple vicaire révocable, (ei^u squs la férule, leur obstination à vouloir que toute parole formulée dans l'ordre religieux, philosophique, moral, social, soit jugée par eux, tout cela constituait une théorie tellement envahissante de toutes les forces de l'humanité, que. deux choses oous paraissaient devoir infailliblement se produire: ou rabsorptjion déOnitive de toute liberté de Tâme humaine dans le pontificat romain, de telle sorte qu'il n'y eût plus une pensée, un acte qui pût se produire en dehors du placet des agents de Rome, ou la scission dernière de l'humanité, brisant ces viçux liens, secouant ces langes usés, sortant de la lourde chrysalide pour commencçr ifn , oio^de nouveau.
Mon illustre et bien-aimé maître développa cette thèse critique avec une force de . logique entraînante, et nous ne doutions pas, mon ami belge et moi, qu'elle ne fît sur nos Pères . du Oesh une profonde impression, s'il lui était do.9né de pouvoir librement se faire entendre devant eux.
Je pris ensuite la parole, et j'exposai à mes ,amis comment il pourrait se faire encore que cette. Société puissante dont nous étions membres, au lieu de s'allier, dans un acte de suprême maladresse, aux conservateurs fanatiques d'un passé pour jamais vaincu, cpntribuâl^ à la, saiqte copci-
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liafion da iilondë moderne aTec les ^andes aidées évangéliques, dont huit siècles de barbarie n'avaient été qa'trne déviation 'mi3»(heut«eU8e.
Dès que nous fûmes tombés d'aecond sur les principes, nous n'avions ^qu'à ^nous entendre sur les moyens d'éxéicutidn.
— 'Père de Montgazin , dis- je à moti ami, 'vous êtes rhomnàe de ia parole: conséotez-vous à vous faire, en pleine Congrégation, Forgene de ridée nouvelle?
— J'y consens, me dit le Père.
— Vous ne vous dissimuiez pas sans doute la gravité de cette démarche. Nous nous exposons à des haines terribles. Nous -attaquons dans son repaire cette vieille idée du -moyen âge dont l'Ordre -^e fait 'le* conservateur depuis trois-siècles. Nous avons dontre nous le terrible Robtbaan, ses nômbt^eùx séides, cette masse inerte et routinière qui àfime le passé' par fanatisme, parce que c'est le passé, lauÂator tetnports attiee puero. Naas avons c<mtre nous ces enneims secrets jaloux :de Fédat que jette* toute idée nouvelle sur ceux qui s'en font les apôtres. Mans noui» ixmvons ébranler les coéiirs droits, les nalures éprises» du vrai,: et je les croîs ( nombreuses' dans le Oesii,
— Non, me dit le Père de Jtfonrgazin, non, je ne me disiâimule pas le 'danger. *Mais si vous, mon digne et Aoble ami, ne > craignez pas de braver tous 'tes' obsffa^les, et > Je * vois que • vous * les jugez' ce qu'îls''^ut,< 'pourquoi' aurais'^je) moins^ide
dé?oiieinent que vous pour la vérité et pour r Église?
U se recueillit un instant. Puis il ajouta:
— D'ailleurs, si je venais à succomber, si la main de fer du Général autocrate m'atteignait brutalement, parce que j'aurais voulu la gloire de l'Ordre autrement que lui et les siens la comprennent, je supporterais avec vous tous les maux, toutes les disgrâces.
Plus heureux que moi, vous n'auriez rien à expier...
Je l'inrerrompis:
— Silence! de grâce, mon maître chéri! disje à voix basse.
Il continua:
. — Soyons, à l'heure dernière, les soldats de la vérité! Nous ne pouvons pas être au-dessous de ces héros qui gravèrent, de la pointe de leurs glaives, sur le rocher des Thermopyles, ces immortelles paroles: ^Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à ses lois.''
D'ailleurs, que peuvent nous faire ces hommes? S'ils en venaient à nous rejeter du Oes^, notre parole aurait contre eux un retentissement immense dans le monde. Us ne feront pas ceUe faute: ils seraient vaincus.
Nous nous distribuâmes les rôles; nous prévîmes toutes les hypothèses. La grande parole de h'bérté allait éclater comme la foudre, à la première séance de la Congrégation. Nous vou-
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lions surprendre Roothaan, profiter de nos intelligences et nous servir de notre ascendant sur les autres députés, avant que le rusé vieillard eût pris le temps ou de les effrayer, ou de les gagner à la théorie réactionnaire.
Il fallait tout sauver ou tout perdre par un coup hardi.
Déjà le soleil s'inclinait dans les molles vapeurs qui dorent, vers le soir, l'horizon méditerranéen et qui ont fourni aux poètes leurs gracieuses images. Nous franchissions, par la pensée, l'espace qu^ nous allions parcourir le lendemain. L'avenir était à nous, soit par un triomphe sur l'élément indomptable des vieilles théories jésuitiques, soit par une chute glorieuse qui ferait de nous, en dehors du Oesîb^ des martyrs de l'idée nouvelle, de hardis apôtres de l'avenir.
Nous nous jurâmes fidélité et constance dans l'oeuvre rénovatrice.
Le surlendemain nous arrivions à Civita-Yecchia, où flottaient près l'un^ de l'autre le drapeau français et le drapeau pontifical. Les mauvaises voitures du pays nous prirent et nous amenèrent à Rome.