‹ Le jésuite (volume 2)Chapitre 29 sur 35 · TITRE IV · texte numérisé non relu

TITRE IV

„AnT. 1" . — Si quelque Père du haut grade devient un traître et est découvert être un rebelle et un fauteur de discorde dans la Société, qu'il soit retranché de son sein. ,

„AaT. 2. -^ Il sera jugé par le tribunal secret, où siégeront, sous la pr^idence du Général, 8iz Pères du haut grade dési^iés-^ar le sort.

PAB I. AMB ••* (H

hAuT. 8. — La ■Mtence ne tan ]pn)iMiioée qii'i l'uiMBiautà des «uffragn des six ¥ér& juges et du révérend Père Généra).

„Abt. 4. — Le rondsmné seni renfermé par la main des appariteurs dans son cachot(')."

J'avais écoulé ave« une aniiété' fiévreuM I» lecture de ce Code dracooien. Et cepen^t, je dnts le dire,, malgré ma conïictîon qw j'afais dans Rooltiaan un ennemi implacable, trop tiabilei pour mal choisir ses acolyLes dans cet acte de hideuse vengeance, tel est l'instinct qui portc^ l'homme à espérer, que je cherchai dans ces articles s'il n'y avait pas, pour moi, quelque chance, de salul.

Dans un inslant'rapide qui ne se mesurerait pas, il me vint celte pensée que, le vote de coodamnalion devant se faire à l'unanimité des voix, et le choix des six juges ayant été fait par le sort, peut-être un seul de ces vieillards, en pré-.^ sence du cachot béant qui allait dévorer dans de

(') 1' SI qola BnpBrîoris giadùg Palet fuerit ttadltor, inqaa bïqu Societatle lebsUis ac faiitor diaoordiœ tepaïU-

2" Secretior tribunal Judlcet yn„M mW bbi aeieant Patrea goperiorU p«dûg a aon» irtiKO»*^- ^n»lA»o» Prœracto. y "

OB» LE jéMJlfK'

IdrtafM, Qne «MkiéfVieetjusqne^là faofeerabie4 anroî» un iiioii?enMti<dè cémpMtttotir et d^ manderait, au lieu àë Ma pritoO' perpétuelle, mon etpubioii de la Compagniiei

Je pensai aussitôt à Tun de ces Fères^ le dernier placé à la gauche du Générai: c'était le Père MazMMielH, ateo qui j'evais en Teptretieii pleia d'intérêt' que j'ei rapporté déjà, et qui m'avait tMjours lémaiipié tant d'amitié. I) y. eut utf monMntioù une lueur dVspérance se fit en mei:

-^ Celui-là sera ton sauveur! Son o^ur ne seira pas fermé à la pitié!

i^rès la< lecture chi titre de la loi crimnieilf, le* Général avait averti les six juges qu'ils devraient tout haut exprimer leur vote; que la condamDatîon au cachot serait celle-ci: P^ea^/ que Texpulsion' de l'Ordre serait le mot: Expellaturl qWB^l'acquittemenf. se pronbnceraif: Inèans^l

Ftis, s'étant recueilli:

— ' Pères, dit-il, nous avons à remplir aujourdliut'un bien douloureux devoir. Devant Tinsurrection organisée au milieu du Oesîi, par les obligations de ma charge j'ai dû songer à sauver rOrdré. J^iai été énergique. Je dois Têlre jusqu'au bout. Vous savez que nos Constitutions secrètes me donnent droit de vie et de mort sur tous les sujets de TOrdre. N'appartenant plus à ia société civile, il était juste que les grands coupables, > quand il' j eu aurait dans les ordres* religieux;* ftÉBsem juttieiaMas d'uD tribunal qui se-

PAR ifA«ik *** 8»

S»iiràff dd^ OèVjf^ M mèmbtfit i^té1Aé»'eimfp^ IM préT&ricatètn*». Noos ivé» Msous eft ceitt* qtié fMrâtiqaer le A^oit dM îtrtmdfikéB' ecdésiaBttqires,' toajMirsr mainteno dans l'^Égl&^e et revendiqué p^ ^esi dieffa dans ces derniek*s fôaip8(^). Notre ol^ are; dotant trois sièdesO, a eu roecasién pliH sieurs fois d'exercer ce droit de haute jtiètîefe', ëî

(^) HuB^tard, .œtte tkéode fatTeprodaite datas tes Étete romains. Les évêques, réunis en concile à Loreto, en 1856y| décidèrent qu'on doiineiait à l'inquisition romaine le droit de ptinir le blasphème, l'inobservance des fêtes, la viola* tion des jotiTS maigres,' été., etc. L'ëdit rappelle que, ^tiU v«Bt l«s eirconstances et {les* temps, rexcommtântcatioii^ la prison^ t'amende, le fouet, Vexil, la mort, ont été les peines dont on frappait les coupables; et il ajoute que „Von ne dérogera point à ce qui est toujours en vigueur à ce sujet.'*

(') „Le8 Supérieurs peuvent commettre de grandes fautes satts qu'on touche seulement à leur' robe. Un ProvtnciiU ou un Recteur fera des choseff défendues, persécuiii tera ses subordonnés, bâtira, démolira sans raison ni prudence, dissipera les Mers ; on ne lui infligera d'autre cbàtiment que de lut Ôter sa chatge au bout de quelque^ années. Pourrait-on citer un seul Sopérieu* qui ait éttf ch&tl6 pour de tels actes? Pour moi, je n'en connai» p»*»»

«C'est une chose déplorable de ^«^ ^^î^\ ^^^ .^*v choses légères, les bons soient persécutés et même mie (U mort, tandis que les méchants son* -çatâionnéft-, c^est que^ ciBs derniers se font craindre, tanA»^ Wtiti e«t cettôti que Iw autres n'opposeront aucune ïiu *^ ^tice «^ ^« *^^^^ a A^, 0» pourrait apporter de cea ^^^ti-m^^^ '^^^7!^%^ des exemples UirRentablea,^' {M^\Jrl^^^^ dé/auta a. goiwertiemen^ de la compû^^K^ jf^ J^RV», ^^^ De la Justice. - Imprim A ^^^^^1^ J^ «sv ^«^

9é u ^tanTE

^ ooupable ira reposer avec les Datban et le& Abiron, qui sont tombés sous le coup légitime de nos sages lois de préserTation et de défense. Ud érdre comme le nôtre» désarmé devant l'esprit de révolte, ne subsisterait pas six mois. Il faut que l'autorité porte le glaive pour que les méchante tremblent.

Il va vous être lu l'acte d'acc^isation rédigé par l'un de nous, qui a suivi jour par jour le coupable, depuis que, par une aveugle confiance, je rélevai à la dignité de Père du haut grade. Vous aurez à juger si les faits qu'il relatera, el dont il a été le témoin, constituent ce crime de haute trahison dont j'accuse devant vous Henri de Sainte-Maure.

Il se tut et s'assit.

Le Père Ruffin prit la parole, et d'un ton grave, mais où ne se trahissait aucune émotion, ii lut un papier où était raconté, avec une exactitude de détails dont je fus atterré, tout ce que j'avais fait depuis que m'était venu à la pensée le grand projet de réforme. Cet homme m'avait suivi partout; il m'avait aussi fait espionner, par la comtesse de Flaviac, par des domestiques subornés dans la maison de ma cousine, à Paris, où mon Mémorandum avait été composé, il avait tout su. Il s'était procuré là un lambeau de mon manuscrit, petit fragment écrit au crayon, que j'ai/ais ensuite placé dans le manuscrit, sans au-

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