‹ Le jésuite (volume 2)Chapitre 30 sur 35 · PAU. ««.'MME · texte numérisé non relu

PAU. ««.'MME

In» dKUÉgetMMi qucr iewt m trois iinota ip«ig«it>

C'élaîl là. la ppèoe é9 «9iMrklioa eoptr^ in<M^ Le Para Riilfia la fit passer sous te9 yeu^ dfifli sis ijuges. BooUiasil. 1» pirit, et appeilsqt Vand^ Fiïèrea, il la lui nupit poMr qii'^Ua me fût ,pr^

Je la Ngar4air atliSiiliveineBit»

— Reconnaissez- VOUS là votre écriture?

^^ Oui, je la rosAnoais»

nom ;pas Jiesfdui de oontijRuer lafdibaitn CwiMr» noce e^Mfîéatfiti,

La PërsitRufBR, aprèa avoir ainsi QoasMté, fN^r oaÉle pièce )proba£ita et par paon Qyeuj qiier J'étais l'auteur du libelle qui avait nûa imMn\ la ffe^ incrimina Tacte de révolte psr Isqu^, pcofltant de Fabsenca dtt Irài-cé^vén^iid Général, j'avais changé Tune des salles de. ostte sainte inaisoA en un club révolutionnaire et proiM^quéJes sajets de rOpdra ft la. révolta, osa. préiFu par l'artida 1^ du titre rv, qui vianail 4'é\M 1».

Il se tût

Le président aa leffia^

Ttr Jlanri de Sainte!^ MsHra, qu'avajzn^otis à dire pour votre défense?

J'avais compris, pendant la le.olture de l'acte dUaouaatien^. qua. mon^aort était UKà ûeMMoca}>le- Baenti lifsi^idiaooura, et jlavaia an .assats 4a. fqr^

8d le jaBunra

d^àme pour me maintenir, sans tombor dans un abattement indigne d'un chrétien et d'un homme de eœur/un discours que Je pouvais faire n'eût été qu'un prolongement à cette scène honteuse et n'eût rien changé aux dispositions de mes juges. Une seule parole peut-être pouvait me sauver. Je dis cette parole d'une voix légèrement tremblante, malgré un effort suprême pour me dominer.

— Mes Pères, je suis coupable, devant vous, par les faits. Je ne le suis pas, devant Dieu, et devant ma conscience. Je prends la suprême Justice à témoin que, par ces actes en apparence très-répréhensibles, j'avais l'intention de travailler au salut de TOrdre. Ne voyez en ce moment que mes intentions.

Roothaan reprit:

— Vous avez entendu, mes Pères?

Les six répondirent:

— Oui, Révérence.

» Se levant alors, et tenant à la main son bonnet carré, il s'adressa au Père qui était à sa droite:

— Père, quelle est votre sentence?

Celui-ci se leva, et s'inclinant vers le (vénérai,

il dit d'une voix ferme:

— Pereatl

Se retournant vers le Père placé à sa gauche, Rootbaan fit la même demaiide. Celui-cii s'incii* nant à son tour, dit d'un Um de voix higiibre:

PAR h-àÊMi *f* 67

— PérecÊt!

Le troisième, le quatrième, le dnqniéme Père avaient successivement répondu par le terriUe: J^ereatl

Restait le bon Père Mazzonelli, ce doux et sage vieillard, de la bouche duquel j'avais recueilli des paroles qui avaient eu sur mes opi* nions au sujet du Oesh une puissante influence. Celui-là pouvait me sauver. Obi je Tacc^iais avec une volupté suprême, cet arrêt d'expulsion qui m*eût arraché aux horribles tortures du cachot] perpétuel. *

Le doux vieillard se leva. Son visage, qui fut éclairé en ce moment par la lampe placée sur la table, me sembla s'illuminer, cpmme s'il eût dit: Cette loi cruelle me donne le droit de le sauver. Il jeta sur moi un regard qui me parut d'une suavité angélique, et, s'inclinant vers le Général, sa voix faible et tremblante prononça mon arrêt de mort.

— PereatI

Lui aussi était sans pitié!

Je sentis mes jambes faiblir.

Roothaan s'en aperçut ^

— Soutenez-le et exécutez la sentence.

J'éprouvai dans le moment un horrible serrement à la poitrine. Je me sentis tout à coop comme une insensibilité stnpide, et je me serais presque demandé: Est-ce bien moi qui vais être jelé dans cette basse-foise?

Puis il se fit une réaction sabîte. Je pensai à k liberté. Obi la liberté, elle vient de Dieu! et c'est le premier des biens! Le eachot, c'est la mort Qui peut quitter la vie sans le regret amer de la toîr finir atant 1-âge, arant cette heure où l'Ame, ayant besoin d'un repos meilleur, aspire au^ joies inceniiues d'une ai^re patrie?

ie pensai à Marguerite, que je ne devais plus ivmr. Mon Dieu! ce fut bien là ma véritable mort Biecme séparai amora ntin^sf

Déjà k Cerbère du Gksh, le vigoureux Trons» tevérin, se préparait à me* renfermer dans FaQreaa

rachat^

Je vis le Père MazKonelti se lever et s'iaolmer yan k Père Général.

— * S'il voulait recevoir< Fahsolution dès à pré-

Très-bien! Père; je ae m^y oppose pas.

"Voulez^vous le confesser î

— Volontiers.

Le Père Mazzonelli prit son escabeau, alla se placer dans un recoin dq k salie de -la Webme, fit une courte prière. ' et d'assi^., formant seul le tribunal de k miséricorde,*apfés celui de Fioàl)Iacable veageanœ. 6'était singuttev: il y avait là di» sublime et idei>llMNr^ible,uBe scène 'digne du tcpips des ^autenéa^fé et de l'âge iglDrjeui des «a«^ taoombes»

. «r-*. ¥ous, pouves tous «Hnfe^ry Henirî ^de Sainte-Maure, dit d'une aaia 'asiB|llétBBienl<dalBie

le Père ftoothaan. Vous n'êtes plm Ji «mst vous appartenez à la justice H« Oieut

île me lemii

Je «faancdais e«c«re.

— Co&duisez-le «i Père BiaaMBetli, dil-il A l'appariteur.

Cette parole me fit honte et me réveiUaL Je marchai drait à l'angle obscur de la. salle où se tenait le confesseur sitenctsus^ Je tombai à genouxv

— Père, lui dis-je, je Vous pardoiae. Cart TOUS qui me luei! Totre vsix était pour moi un falul. Voas avez été barbare. Mais je suis «faïéti<en et Dieu me fait la grâce de n'avoir pas dans le cœur un seul sentiment de hainei

— Mon enfant, tous n'avez rien à Itae pardonner: je Tons sauVel

70 LB iBSOITB

Je ne lemL

Qu'allait-il se passer?

Un des appariteurs, le Cerbère, me saisissant Tigoureusement, et cependant avec une mesure de prudence et de respect dont je sus gré à un tel homme, me traîna par cinq ou six escaliers abruptes au fond du cachot

Et le silence dernier se fit

Je pus compter les pas des Pères qui sortirent et gagnèrent le vestibule. J'entendis un ordre donné par le Général.

— Vous m'apporterez les clefs, quand vous viendrez me dire le Benedtcamua Domino.

— Oui, révérence.

Je l'entendis sortir seul.

II resta deux hommes dans la salle.

Le froid humide de cette basse-fosse m'avait saisi* J'avais passé par tant d'impressions émouvantes depuis une heure que je sentais la vie s'affaiblir en moi; mes extrémités se prenaient; le sang afQuait avec une telle force au cœur, qu'il me fallait y porter la main comme pour le retenir et empêcher qu'il ne se brisât Puis le vertige me prenait, et quelque chose me disait que le cerveau allait être, dans quelques instants, impuissant aux fonctions de la pensée. La mort approchait

— Mais nous avons oublié, dit le petit Frère au grand et gros Transtevérin. (1 faut lui descendre la cruche d'eau , son petit pain.

72 tE WKOTI

— Ahl iwn aMi; froid «t nm aniez pei mon ami Vincenzo? Je n'ai pas ttop diaad^ nloj màiâ je n'ai pab petir.

Voyons, dites-moi tfne dniser cfOyék-ymtft qt 1è très^Révérond Séii mbiHt^naM bien refidû dai sa chambre?

•^ Certainement, Pra MàrcO, eertainement;! tnais à l'œuvre 1 finissons-^en I sortons de ce vilain | tatéau.

— Tu as les defs?

— Oui, les iroilà.

-^ Nous sommes seule et bien seuls?

— Oui, bien seuls» sauf ce pauvre Père, qui élaîl certainement l'homme le nûeuat élevé et le plus affable de tout le Oesîi.

— Et tu voudrais le hisser là-bas?

— Sans doute, Fra Marco ! S'il n'en sort que lorsque ie Ten tirerai, il y restera longtemps.

— Hais c'est un homme! c'est ton frère.

— Mon frère, non! Ah! oui... mon frère m Jésus^-Christ.

— Misérable! je te dis que c'est un bomune, ton frère, tout à fait ton frère.

— Oh! va pour cela, Fra Marco. Oui, notre mainte religion nous l'enseigne; je ne veux pas vous contredire. Mais après? je n'y comprends rien. Voulez- vous passer la ttuit ici? Voyons! «fu'on en fifiisee, ou bien demain je suerai obligé ^ raconter au Père Général votre négiigenof}.

Cest terrible ici notre r^Iftl Biùs il fiint tout direi

Ce dialogue étrange m'avait leHement iDtrigOé que l'oi^nismc, tMmblé tMt h l'h«ur« et menaçant de se fcrieér par «m crise derni^a , reprit feOB équilibre. Je ne fus plus oblige de porter ma main à mon front et à mon cOBur.

Puis j'entindîg ced:

— Vincenzo, as-tu du cœur?

— Et MH, j'ai du oœor: je sma RMoain comme toi.

•>" Ah! bien, noue aitons sauver cet boifimel '— Abl MaAma miat pIntAt mourir moiniiuel Et la sainte idiassanGe?

— Qu'à cela ne tienne. Écoute! mais écoute Uen, Vlncenrol Tout à l'heure tu étais preBs4, et je ne l'étais pas. Maintenant je le suis beaucoup. Tu vois cette longue et fine lame? Tu la vois ? . . . Prends ta lampe et regarde-Ia bien . . . Elle va te labourer les enlraillea . . . et c'est Ion cadavre qui ira dormir en paix là-baa. Cela te va-t-il ?

Le pauvre Frère tremblant rép(rt»dit'.

— Pas le moins du monde.

— Si cela ne te va pas , toi ^s m'aider a STOver ce digne homme. Xy\ enVenàsl noua fermerons la porte , tu pren4v. « tes ricfa- "^^ ^'^^ dormir, et je roe charge rt»* <-c!Mi-

— Ah I malfaenri Et ^V *!* '4 toô^ «•* •= fesaer?

74 LB JMXTB

Que dirai-^T

— Rien. Dieu, pour cette bonne action, te doDoera «on Paradis.

— Mats je suis perdu! damné!

-^ Écoate; la reÛgion ne commande-t-ene pas de garder un secret, de ne pas violer un serment!

— Certainement!

— £h bien! Vincenxo, je vais te mettre la conscience à l'aîse.

A genoux, Vineenzo!... A genoux! te dis-je. Vois-tu ce couteau? A genoux!

J'entendis cet homme tomber à genoux sur le froid pavé, probablement plus mort que vif.

• — Jure-moi, par Dieu, par la Madone, par ton saint patron, par ta bonne part du Paradiâ, par ta mère, Yincenzo! par ta mère, que jamais tu ne trahiras ce secret

Jure! jure! ou tu es mort

— Eh bien! oui, Fra Marco, je le jure!

— Tu es Romain-, j*ai foi dans ta parole..* Mais si tu me trahissais, regarde-la cette lame..> regarde-la bien!

Frappe là! Tu es un homme! C'est bien. Tirons maintenant de là ce pauvre Père.

Et, se faisant éclairer par Vineenzo, il ^^^ me prendre par la main et m'aider à gravir, eDr core tout tremblant, Tescalier de mon cachot

J'étais dans la saète.

— Père, buvez à la cruche: cela vous rendra la force!

PAM va

J'en anifl beaain. mi

78 iB duAim

— Adieu, mooMllir'ée Sàînki Mwire» tke dit Marcb. Nous nous t^i&ttùtmi àikz dormir en }poix chts ces bravés géub. Mais vous quitterez Rome demain.

On me fit relever ma robe de Jésuite. On m'eiiveloppa «l'tm ampte mantfiau* On aie mit un «hapeau sur la tel».

■^ Coui*a^e! me dirent les amis de Harrco.

Nous suivîmes queliffûé^ tlies étroites et détoat^néeè. Nous arrivâmes devant une maison de ttlodeste apparence. On ouvrit bientôt une porle basse qui se referma sur nous.

— Ah! enfin vous êtes libre!

Tout fins que sont les Jésuites, ils avaient trouvé plus fins qu'ewK. Marco, le Cerbère fanatique du Père Roothaan, n'était dans le Gesù ni plus ni moins qu'un agent de la loge transtevérine. Il avait eu l'habileté de s'emparer si bien de l'esprit de la Révérence, qu'il n'y avait rien de grave à exécuter par les mains d'un serviteur dévoué qui ne fût confié au Frère Marco.

Cekii-ci n'avail; eu que deux choses à faire croire au soupçonneux vieillard: l'une , qu'il ne croyait pas possible de sauver sa pauvre âme s'il n'avait pas k bonheur de finir ses jours au Oesh; l'autre, qu'en sa qualité de Traâatevérin , appartenant de père en fils au (7erà, sur un signe de sa Hévàrenoe, il tordrak le eou au diable, ne tremblerait pas devant un Pape et serait de force,

si teb étofem lee^ordrit, 4'9llBr jowr ita'CMteMi» daaa l« «orrasse d'un carAnat.

Uii homme de ce dévouement était précistix, et le gaillard, depuis prés de trois ans, jouissait de la confiance entière de Roothaan.

Cependant ce n'était pas par le Général qu'il avait su d'abord la terrible affaire qui allait se passer dans la salie de la Wehme, mais par l'hon- ' Déte Père Hazzouelli avec lequel il avait combiné les moyens de me sauver, «t qui setrf avait pu lui procurer la clef pour sortir la nuit par la porte dérohée.

Le jomr même je partais pour laFrance, muni d'uK pasB^-port que I'ur (b>E chefs de la lage^Htappartenait b la police roimtne, et qui avait mis-' si»a du comké patriotique de pourvoir ii ma sû-^ reté, était allé prendre sur Hn umo supposé è' l'«ptbaEsade franfaise.

Harco etie pauvre Vinœmo, cpti tren^laitra-* coP« de frayeur, el qui aurait très -bien pu w» remplacer dans (««aebol du 6&sît pour crime da> hauMe Irahison, étaient conduits, par un -autre, agent dtt comité , à 1» frontière des Ëtats de tTg^lts», près de Pérouce,

iPétais arrive sans danger k Ovbilelll^ aa> AeHi de te àyatia pontificale, dV)i» V^ m* T«ndU *' Liwarne, et de là «» Fp»h„o . v»'' ^ Wtow*'

7& L8 jnom

fM le «Père èi 8aîiile*-liaiire était deveila un ré* ▼olatîonoaire et qu'il était serti de la compagnie de Jésue.

Non gintl

S'il voua arrivait par hasard, l'hiver, quand tout le Paris mondain est encore plongé dans le sommeil, de vous perdre dans le noble faubourg, vers ks huit heures du matin, et de suivre la rue de Grenelle-Saint-Germain, vers sa jonction avec la rue de la Chaise , vous pourriez apercevoir un petit vieillard, délicat et maigre, enveloppé d'une longue douillette noire. Vous le verriez tourner vers la rue de*** et sonner à la porte des Sœurs de ***, où il dit la messe chaque matin.

Si, dans la saison de la villégiature, vous passiez auprès du château de***, à deux lieues de T***, et qu'un vieillard se montrât à vous vers le soir, se promenant sous les larges iilleuls dont est ombragé le vieux manoir où il trouve une hospitalité généreuse, la ruine vivante qui vous apparaîtrait, Je prêtre qui cherche à se préparer devant Dieu à rendre compte, bienidt, d'une vie ■'•ibeiireusenient ioïKile à eeux qu'il a voulu sau-

PAU X'^ȃ :^* 7ff

ver, ce soiîtmre qui brate les freMw-.niatMee'de' Paris pour alkr ee reeneîlltr i au pied de Tautel,' cet amant. pasttODoé de la nature qui. change en: temple y ou il prie et adore mieux, la voûte de YO'dure des beaux tilleuls de'^*'^, ce vaincu d« temps V ce proscrit d'une Société folle et enthousiaste qui rêve la domination du monde, cet homme, c'est moi.

J'ai attendu quinze ans avant de publier ces mémoires. Les convenances le demandaient; lé respect pour le saint vieillard qui m'avait sauvé et que je ne devais pas exposer à la vindicte du Qe9^ me l'imposait rigoureusement A cette heure, je suis le dernier de ceux de l'Ordre qui furent présents à un drame que Ton croirait emprunté aux aiinales des époques les plus barbares. Rootbaan a un successeur; lé Père Mazzonelli n'esta plus* S'il restait un seul des autres vi^llards' qui furent mes juges, il ne lirait point ces pages. Je puis donc, sur la terre de la Ûberté, tout dire maintenant.

Quant à l'immense majorité des Pères de la Compagnie de Jésus, il est tout simple qu'ils regardent comme l'invention d'un romancier ce qui est raconté dans ce livre. Ils argueront de faux les documents que^ je produis ; ils affirmeront que rien de ce haut grade n'existe dans la Société. Us le diront avec bonne foi. »

Je les laisse à leur illusion. Beaucoup d'entre eux sont des hommes très-honoraUes ; quelques-

ou LK JESCm Mtt L ISK *"

ndi ami 4» aMaU yrUres. fit coiuïmierart à ohert^m le bien, od suiiaat fear oonaeieBOL 8eu)*ment il* Boro^ été, mbs l'avoir jam«B qu, les m»* tpomenu da l'aEsoiûatifla k plu» envahissante, f»t là méac la plus dangepeuse à FliDBiafliti, qui a» Mil limvée dans let aonalee du mMide. Ils am' rast ofifert cet étrange pbiaaiaèae aao& kquel a» s'expliqueraient pas les sympathies et les baissa paniaDoées qu'on leur port«, d'hommes, indiridueUsmeat hùœétei et voulant le bien, coopénuat, eo nison du pUn oaehé qu'ils réBlisent sans le oianallrs, à l'assernaflemest défiaitif de tout* UbADlé tw la terre.

Que Dieu pardonae à ses bommes pour kur bonne foil

C^e le nondo nouveaa «aohe bien qu'il a k aostenir, comrdcea agents fanatisée d'ime puissanm occulte et iatrutable, sa lutle suprême pour- le tmmghe de la liberté!

PAK vidOR oBAinnii* 85.

On attribue généralement à Louis XI Vinsêitution des postes en France. Avant lui» il y eut pourtant deux tentatives qu'il faut citer pour oiémoire. Ainsi Charleniagne avait établi des lignes de poste dans son vaste empire, mais cette insti* tution parait ne lui avoir pas survécu. Sous Louis X« rUniversité obtint, par un édit de l'année ldl$, le droit d'entretenir, dans chaque diocèse, des mes^ sagers chargés du transport des lettres et des vèr tements de ses agents, écoliers et suppôts; mais, l'organisation de ces messagers ne pouvait évidemment offrir à nos provinces que des moyens de communication bornés et précaires, et on peut dire qu'un service régulier ne fut véritablement constitué que par Louiis XI, dans son édit du 14 juin 1464, daté de DouUens.

Cet édit est remarquable à plus d'un titre. Il fut pourtant vivement attaqué, particulièrement par les moines. On cite la réponse du prédicateur Maillard qui, ayant blâmé le roi publiquement, fut menacé d'être jeté à la rivière: „I1 en est le maître, mais dites-lui que je serai plus tôt en paradis par eau qu'il n'y arrivera par ses chevaux de poste.^' Quoi qu'il en soit, le plan de l'institution nouvelle est conçu aVec une sagesse

et une préYoyance admirables; toutes les mesares de détail sont habilement coordonnées poar assurer la bonne exécution de TensemUe, et cette organisation est restée lé base et le modèle de toutes les administrations postales que nous voyons fcMMionâor aojourd'bai. Ce qui assura surtout le succès de la noofelle mesure, c'est que Louis XI se garda bien d*imiter Auguste et les autres empereurs, qui aTaient toujours fait peser sur le peuple les frais d'entretien des coureurs el des oheTam. Comprenant, malgré son avarice ^ que ce système ouvrait la porte aux exactions, et transformait en odieux fl^au ce qui pouvait être nn bienfMt pour tous, il aima mieux faire porter ces dépAfises sur les revenus de la couronne, etTez-. périence lui donna raison. Certaines dépenses sont préférables à des économies mal entendues.

Louis XI n'avait eu surtout en vue que la prompte expédition des affaires royales, mais Fin* Bovation était trop avantageuse pour que tout le monde ne voulût pas en profiter et, bientôt, moyennant une taxe-, les particuliers purent employer les chevaux du roi pour fiaire leurs voyages et ses courriers pour expédier leurs lettres.

En 1697, un édft d'Henri lY organisa le service des relais, mais il fut abrogé dès l'an 1602: du reste cette mesure concernait spécialement les voyages par les chevaux de poste, et nous voulons Xioiis occuper surtout des lettrés.

Jnsqu'À cette époque, le prix de port était

ix.« d'ans Btuùwa.arUtnint «>■>• pai* '^ "'ftUr-. reuc» eiut-tnêmes, soit p<u- les oEfici«r« des postes, ihargés de les remettra aus destinataires. Hatit in X€23, aou« t'admiaislrstioD fie M. d'Alhwru, qui eut le titre de conlrilleur général des poslef et relais de FrsDce de 1614 jt 1629, une grut4* aniélwratioD fut iotrodoite dans le service. Aux esla£«tes ou courriers extraordinaires qui, auparavant, étaient expédiés pour le service du roi et souvent à l'improviste, ODsubsLitua, sur les prin* cipaks routes du royaume, des courriers ordinairea , partant et arrivant à jour fixe, une fois et menât deux fois par semaine. En même temps on décJda que, pendant les sept mois de la beUe saison, les courriers devraient faire, nuit et jour, une poste par heure, et pendant les cinq mus d'Iiiver on leur accorda le délai d'uœ heure et demie. Cette innovation, même dans les limites où elle étaï, restreinte, entrains des dépenses coosidérables, mais elle fournit l'occasion d'établir le premier tarif légal qui ait été appliqué à la taxe des lettres: il fut publié dans le règlement du 16 octobre 1627. Dans le principe, une lettre de Paris à Ljron ne coûtait que deux sous, mais ce prix fut bientôt augmenté. Le système nouveau lut réglé pir quelques décisions ultérieures relatives à la niture des objets susceptibles d'être envoyés, au transport des article^ d'argent, à la fran-

8Q L> SniTTCE nu POSTES

ment de H. d'Alméras opéra ane rirolntioti ajHtale : grlce i )a taie fixe, f institalion des poftes. qui JnB<pi'alor8 ' n'avait été qu'une charge îss« kMirde poor le Trésor, prit place parmi les régie flosncières et ne tarda pas à devenir une source importante de retenus.

ni

Dans le principe pourtant, l'exploitation le fui ni' heureuse ni habile. Sullf, en créant les relais par l'éphémère édit de 1597, en avait sdernié l'eiploilation pour une somme de 335,004 écu& qui lui furent remboursés k la mort de Henri IV par son "successeur, H. d'Alméras. Celui-:i vit sa ehar^ supprimén, le 31 décembre 1629 par \t cardinal de RichsMeu, qiii mit à sa place t'ois surintendants généraux, désignés pour exercer alternativement et qui durent verser 350,000 livres. Depuis celle époque, jusqu'en 1663, sous n'essayerons point de mentionner la multitide d'édits contradictoires qui se succédèrent, sais prétexte de réformer les abus, mais en réalité parce que le trésor obéré chercbait des ressources dans la création de nouveau x offices.

PàM VICTOR duimN. 89

général des postes; il mit fin à toi» cm détor- 'dres, en 1672, en conférant, pour ciiiq années, à j Lazare Patin, moyennant 1,200,000 livres par an, j? Texploitation des postes et messageries de la France l'entière. Des arrangements furent pris avec les intéressés pour les rembourser du prix de lears - cbai*ges; et, pour faire cesser le privilège que rUniversité possédait depuis le règne de Louis X, on lui assura, sur la ferme des postes, une rente annuelle de 300,000 livres, qu'elle toucha jusqu'en 1789.

Dès lors, le service des postes se développa plus rapidement. Les lignes de poste qui, depuis l'institution des courriers ordinaires, n'étaient desservis qu'une fois par semaine, eurent deux et parfois trois services. Il y eut même, dès cette époque, des courriers quotidiens entre Paris et la pronace de Flandre. Toutefois, Tadministration des postes laissait encore beaucoup à désirer lorsqu'écJata la révolution. La ferme des postes produisait alors (1788) douze millions.

De 1789 à 1814, les postes prirent un développement extraordinaire, dû surtout à la force des circonstances et qui, malgré les efforts du gouvernement, fut sans profit pour le Trésor et sans avantage direct pour le pays. Les affaire*' extérieures ne laissaient guère le temps de ^' cuper du perfectionnement des moyens ô^ munîcation à rintérieur. i e service p pait seulement è la suite jl^ woi^ ^^

90 L% «dCINB OU PQ91SS

U fm0cm d» leurs opir«tiefi9. Ce fui le beau teiQfW des i^tes militatrtt, dont la créaiion reiDQOle à Louis XIV, et surloui peadaiii les der< nièMS années de rËmfMre, l'Europe entière étail traversée, dans tous le» sens» par des lignes d'eslaCettes firangaises qui s'étendaient de Cadix à Moscou.

En 1815, tes communications postales dans rintéfienr de la France n'étaient guère plus fréquentes qu'au commencement du 18** siècle, et un grand nombre de villes importantes, possédant des bureaux de poste, ne jouissaient pas d'un service quotidien. L'administration songeait à combler ces lacunes: elle venait de remettre de l'ordre dans ses affaires et de se réorganiser. En IddS, elle se déciaa , enfin, quoique cela imposât au Trésor une cbargB annuelle de 3,500,000 fr., à assurer des courriers quotidiens à toutes les villes pourvues d'établissements de poste. Elle n'eut pas à s'en repentir: celte nouvelle dépense fut couverte en moins d'une année tant par Taugmentation du nombre des lettres que par celle des voyageurs transportés par les malles* postes.

Toutefois, le mal était grand encore. D'abord la nouvelle mesure ne profitait qu'aux villes pourvues de bureaux de poste; de plus, même dans ces villes, lorsque la population agglomérée ne dépassait pas 4,000 habitants, l'administration ne se chargeait point de remettre les lettres au

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