LE JSSOITB
Salon Yaiii, je ns &m$ pa$ un abbS^ tnam un montre de la SocUté cUê gmê de lettres.
Je crois Ueo ràsuoMr Uu dans, toute kor énergie, les griefs pour lesquels tous loe faîtes figurer parmi les libres penseurs.
Or quelle ne serait pas la surprise des lecteurs du Maudit et de la Beltgieuse, qui tous auraient cru sur jparole, lorsqu'ils liraient des pages dans lesquelles pas une allusion ménie ne blesse la pudeur, où tout est foi, dévouenient^ sacrifice, où les héros sont purs autant que des anges, comme Julio, dans le Maudit, ou reviennent courageusement à la vertu, en présence des tentations les plus séduisantes, comme Loubaire, dans la Religieuee,
Ajoutons que je suis resté scrupuleusement, et par conviction, dans la donnée cathoHque; et, je le demande, où sont donc les grandes insaltes à Dieu et à la conscience?
Il est vrai, puisque ces livres sont des romans, ils mettent en drame les théories qu'ils veulent rendre populaires, ou qu'As veulent combattre. Quand Molière créa son Misanthrope^ son Avare, son Taréufe, il prit dans la natore quelques types d'avareS) de misanthropes, d'bypocrîtes ; il ne diffama pas pour cela tête et tels honnêtes gens. À voiro OMopte, il n'y aurait pas de soèn» dramatique possible; vos honnêtes gens ie recon-
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métraient porlool, «t cmniieiit, ccHDHie vow, à It diffinnation.
4îi^ai4« flût à» pbiB, à part le géak, que Molière cImis se» pièeM innortelks? J'ai choisi mm types; mais j'ai groapé aatour de duiean d'«ix 4M]t ce qw pourait les ocwpléter, ea faire l'idéal ifoe je voalais effiir à la verge do ridicule. £t voici que vous aliea praidre eee coBoeptioDs de l'art pour des portrsôtst II y a un. certaia Falot, un certaÎD dom Leereux, un certain évèqae Bigot Yovs croyaz don« que j'ai si bien peint mes henmes d'après nature, qu'on n'ait piua qif à dédkier le nom de cbacun d'eux?
Quel est dora Lecreux? ^
— C'est bien sinple, direz -tous. C'est dom***
— Âh I malheiureux ! Vraiment, il y aurait on ratigieux, en France, auquel coDTiendrait, trar pour trait, l'image que j'ai faite de cet amUtieu éconduit qui a voidu absolument de la crosse Tant pis pour dom ***, s'il se reconnaft là : von lui faites plus d'injure que moi. J'ai peint m idéal, et il se trouve que dom *** a, selon voue, joué le rôle flûsérable de mon dom Lecreux: qm de nous denx diffame dom'^**, vous ou moi? «*
— Mais, l'évéque Btgut, sous le connais^ sons!
— Pas possible! il y aurait un cerbère de répisoopal français aœsi violent, ausH tenace, aaasi «asufeux que omb Kgot? Et voos le oeo*
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oansaiT VcMMDt je n'en revieM fm. Tanl fis encore pour ce révérendisgîme évéque. (7esl tous qitt attadies son nom au porlrak de fantMsie que j'ai esqniaaé. Vous ditea que c'eat Mgr Tévéqne de ^*. Et voilé que d'autres ont la maiaÂ'eaBe de nontiBier Mgr P... évéque d'A..« auquel, je le jure devant Dieu^ je n'ai jamais pensé.
Vous voyez que mes masques se trouveraient convenir à beaucoup de visages. Vous êtes bien peu respectueux pour nos évéques.
Je gagerais que Vous avez raisonné de la même manière pour Falot Celui-là est un des types les plus étranges qui aient pu être crayonliés de noti*e temps. J'aime assez ce Falot. Il est original, rageur, vrai malandrin de l'Église, tout taillé pour porter la tiare laïque, en égrenant ses chapelets, vrai Jésuite à faire marcher les Jésuites, mauvais coucheur en littérature, s'il en fîit, ayant toutefois la verve du quart d'heure, au demeurant, un fort jouteur.
Vous me dites:
— A qui ferez-vous croire que ce Falot n'est pas un personnage réel? Mais je le connais intimement ce Falot; mais il est moulé sur nature. Et quand vous lui faites jouer son rôle, je saissi bien mon homme par cœur, qu'il me semble le regarder passant devant mes yeux, comme devant un miroir.
Monsieur Veuiilot, piviiez garde: il ne fout pas tant pénétrer les choses ici-bas. Amrîes-vaus
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la pffèiMMion de%ao«lMnr ^'it y a «Mre Fatot at votre OMn plus d'un autre rapport que celui de k rine? Vous aeries imprudent Cent deoc voua qui allez dénicher là Totre image, qui prenec Tamère Tolupté de tous regarder dana ce por^ trait, portrait qui n'eat paa toujour» beau, bien que l'idéal de mon livre ne aeit pas, à coup aàr, un maliioiiiiéte bomme. Je n'ai paa auaai oial<traité mon Falot que tous Vêwez fait de Greluche, des deux Navet, de Babouin, etc«, etc. Mais franchement je voua dirai, à mon tour, que voua voua êtes imposé un rude martyre, en voua reoonnaiaaant dans Falot Le pauvre Labre ne aouf^ frait que sous ses haillons. Voua vous ètea donné la torture d'un homme qui se déchire le cœur de ses propres mains.
Pauvre monsieur VeuiUot! je vous croyais plus de résignation chrétienne! Cela vous a donc foit bien du mal? Ah! plume cruelle, voilà de tes ravages! tu as fait au cœur de M. Yeuillot une étemelle blessure!
Je m'explique encore votre extrême sensibilité à l'endroit de Falot; mais de quel droit osez- vous me dire que j'ai insulté, des hommes „parce que je savais très-bien que ceux que j'attaquais ne donnent pas ^e coups de bâton ?'^
Je soutiens que je n'ai inanité personne dans mea lirrea. J'ai attaqué dea doctrine» daage* ronaea; c'était mon droit» je ne l'ai pas dépasaé^
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Mai» vraittHit cVmI . de fdfcaaipriey quMl oi §teak poaé cooime Toas «d inulteor publie, d< venir parier aiasi. Es(-«e que, par hasard, quand vom aval insulié jadi3 tant d'hontiétes libres penseurs, da ces librês penseurs, selon vaus, capables de tout, vaus aurieae reçu quelques coupa de oanna? Cela ne peut pas être. Cflt* enfin, si tous aviez eea auMrs souveairs ée vatre première œuvre, vous n'iriez pas, SMlgré la fargeur de vos épaules, recommencer centre eux un second libelle; et vous voilà bien forcé de oonvenir qae les libres penseurs ne sont pas plus ca^aÛes d'utt guet-apens que Falot et autres, que ▼««$
Î rétendez reconuaitre dans le Mcmdit et dans I BeUgiemêê.
Si les libres penseurs se permettaient de donner des leçons de ce genre aux foUiculairea qui les insultent, vous pourriez avoir un compte sérieux à régler avec mon bonorabla éditeur. Nv craignez rien, mousieur: s'il vous rencontrait uu soir dans les rues de Paris, disant votre chapelef, il ne s'abaisserait pas à lever sa canne sur vous, il vous dirait: — Vous m'avez traité, dans votre article, en termes qu'on ne se pardonne pas dans le monde entre gens qui se respectent; mais, quoique libre penseur, je ne vous tirerai pas les oreilles. Je suis tolérant devant vos injufos; ne vous l«rguez donc pas de ee que vous et les vdirea n'allez pas provoquer les romanciers quî vous mettent en soène* D y a longteuips
que k» libres pmmùn yom doBMnt FeMupk 4» Ja modération*
Tods dites enfin, monsiear, que je ne suid point un abbé, mais bien un membre de la So^^ ciété des gens de lettres.
Je pourrais être l'un et l'autre. Mais j'affirme que je n'ai point l'honneiir da fair^i partie de la Société de« gens da lettre», et que je u'ai point usurpé un titre en prenant celui d'abbé.
Au reate, monsieur, tous les connaissez bien peu ces hommes du monde lettré, en supposant que, pour être lus, ils vont s'affubler du bonnet sacerdotal. M. Louis Ulbach a relancé vigoureusement les Tôtres, quand ils lui ont prêté ce dégiiisement. Outre que c'eût été une mauvaise action, un homme de sa valeur n'a pas besoin d'avoir recours à ces misérables subterfuges. VHofmne noir lui-même a-t-il paru aVec le titre d'abbé? Le griffonneur de ces très-mauvaises pages nVt-tl pas voulu y attacher son nom?
Hé! monsieur, si cela n'engageait pas sa conscience, un abbé, pour être lu, renoncerait à son titre, et prendrait celui de membre de la Société des gens de lettres!
En mo supposant un meinbre de la Société d^s gens d« Lettres, d^uisé en abbé pour un motif de spéculation, vous vous ét^a trompé lourdement Ce titre d'abbé a été si pçu la (Cjwse du
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«yoeèt de mes M¥re8^ qu'il tous est facile de faire une expérience personnelle. Vous été» bim convaincu de votre valeur d'écrivain; eh bien! publiez, n'importe chez quel éditeur» un roman, frère de votre Honnête Femme, et, comme le premier, fortement épicé de gaillardises; gardez, comme je l'ai fait, un anonyme absolu; signez seulement: Par l'abbé ***; et je vous fsis la ga> geure qu'il ne s'en vendra pas cinq cents exemplaires.
Comprenez-vous la force de l'argument?
Mais mon nom, monsieur Veuiliot, eût donné à mes romans un retentissement plus grand encore. Et s'ils ont été accueillis du public, c'est qu'ils frappaient juste. Le monde de notre époque, inquiet des extravagances de Tidée théocratique, menacé de ses envahissements souterrains, de ses provocations de toutes les heures, a vu, dans mes livres, la grande Secte démasquée, flagellée, et cela par une maiu courageuse appartenant au sacerdoce lui-même. Le monde s'est trouvé fort de ces révélations venant d'un homme qui n'était pas un ennemi, mais un hardi réformateur. Voilà mon histoire, et voilà ce que^vous nosez avouer.
Votre article, contre moi, dans la suite de vos Libres Penseurs, vous fei*a, comme écrivain et comme chef de la Secte, un tort immense ; et voici comment..
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VoQs êtes là écrÎTain médiocre, Tieux lion aux ongles usés, tous répétant d'une manière misérable» et épuisant ce vocabulaire de mots mdl odorants dont vous avez toujours assaisonné vos écrits. Je vous ai porté malheur: vous faites une pauvre rentrée dans la publicité lîtté* raire.
De plus on voit, à toutes les lignes, que vous n'êtes pas sincère, que vous écrivez pour les besoins de la Secte, que vous ne croyez pas un mot de ce que vous écrivez, que vous savez pertÎDemment que Chose, — c'est votre style, — est bien une personnalité de l'Église, assez habile de la plume pour que vous ne le confondiez pas avec le premier Chose venu qui vend sa conscience à un éditeur, en échange de quelques misérables billets de banque. Vous savez comme moi-même que je n'ai pa.s vendu ma conscience, que j'écris de conviction, de foi, de sentiment intime et douloureux des plaies de TÉglise, à laquelle votre fougueux appui a été si fatal. Vous savez cela, parce que cela s'échappe de tontes les pages de mes livres, parce qu'il n'y a pas eu un seul de tant de milliers de lecteurs de ces livres, qui ne se soit dit, s'il a été de bonne foi: Toifà un écrivain profondément convaincu.
Dès lors votre attaque violente dans le fond, grossière dans les termes, uniquement piquante d'inteotioD» Q'est |dus, pour le monde qui possède im grand semirneBl de justke, qu'iMie ré*
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friNfu» «ttcieih dtai cM de parti ^m sr Mmye
Oui, mondienr Temllot, met livres, sotts la fô^me tégère de foroiin, om fait un mil liorribfe à totre Secte; ils l'oot montrée à nu; ils Tont fait voir haineuse, mesquine, personnelle, jouant un rôle, dépourvue absolument de grandeur, de plan dans Tavenir, attachée à la lettre pharisaîque, faisant mille fois plus de mal à TÉglise et à la papauté, par ses procédés incroyables de polémique, que ne lui en firent jamais ses adrersaires les plus acharnés. Ceci est senti, démon*tré, mis en scène, à toutes les pages des famenœ romans I La déconsidération est tellement atta^ cfaée maintenant à cette Secte, que nul de ses chefs les plus avoués, vous le premier, n'avez osé vous mêler aux séances de l'assemblée de Malines, où vous saviez à Tavance que vos doctrines n'auraient pas la majorité, où il aurait fallu vous effacer devant ces honnnes qui se sont dé> cidés à rompre avec vous, tant vous meniez rapidement le catholicisme à sa ruine.
Je m'explique dono très*bien que vous ayez oooire le Maudit et contre la Édigieute une haine implacable. Ces livres-jà vous tuent.
MaiB IIb> ne tnenC que votre école, enteUdez- Its ' bien. Us ne feront jamais d'incroyants. Nal après tfB nvnir lus no sentira la -foi afliiUie' dams soa «nàr; mtk-^ mxâiffrmAT^t ^0«tMéti« mteoi
fonii»M>nt OQ adffre Jl».Mf# w eii^it et (B» T#nlé* Ce ne sont fm les bviwft coame les orioM qni oat produit les 8oliiaive»; cm Mit «eni d* la Sede dant ieous été» L'Ame. Yousaves fiût tant de l^nûtf tant débité d'exAiwagaDoea^ au non da rÉglise, que ces hommes ont cru que Youa édaa l'Église, que vous aviez le droil de j)ar]er en son nom; et ils se sont éloignés d'elle avec horreur. Je le comprends. Mes livres serviront peut-être à dissiper leurs illusions ; et seuls vous serez responsables de leur erreur.
Que direz'>*voiis maintiMiant du Jéëuitet Qu'il est ausai de quelque membre de la Société des gens de lettres? que je diffave d'houoétes gens?
Yoiis dhree cela; mais il sera prouvé que je rends toute justice auat vertus privées des membres de la Compagnie de Jésus, que j'attaque seulement son plan dangereux d'influence sur le monde, la voie fatale où elle s'est engagée, en se plaçant dans un antagonisme violent arec toutes les aspirations de la société moderne. Comme j*aî Âgvalé la Secte coupable qui a perdu le cadnèMsisnie, j'ai aigiudé l'Ondm retigieax qui «eut reaanalîtaier son ancieni»* puiflcwce^ en reproBlmt b sodété fMff la haae, ei «i voulant q«'eMe m^ moaob an atvemanift daFaneieii régnoey pou» que lui-même dirige, de. nouveau, laa .roHjwtéS' et les W9tA^i^^> .
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dénmiBlntloii |Mir les frottées que peol wmiel un éeritaîii qui se n^pede. LHire à tous d faire encore ée m frère du Mandù et de â ÈeUgmue un litre inftme. Vous serez danl ▼otre r^le: moi je sern dans la logîqae et danl la raison.
Terminons cette lettre, monsieur Veuillot Ji ne TOUS soumettrai plus qu'une considération.
Comment se fait-il que, — à part les injurej adressées à mon éditeur sur l'envoi des proâpecj tus qui annonçaient le Maudit et la Religieuse, ^ j'aie reçu des contrées les plus éloignées, d'hommei et de femmes pour lesquels je suis complète^ ment un inconnu, des lettres où Ton rend tout^ justice à la pensée qui a dicté mes livres, ai courage que j'ai eu d'attaquer la Secte, au ser vice immense que par là j'ai rendu à l'Eglise 1 Ck)mment se fait-il qu'il y ait des prêtées, àe\ membres même des ordres religieux, assez sévère ment traités dans mes livres, qui aient touIi s'unir à ce concert d'éloges?
Quia obligé ces eq^rits cultivés, occupés dei hautes questions sodales et religieuses, leurs \MeeA le prouvent, à veuir m'offrir un imaMMgc — ftt^ ue peut être suspect, s'ils n'eussent pas eu te oonvietion de Tbonorabilité de l'écriwa et de l'iaMnettse portée de l'œuvre?
J'ai à me prononcer entre leur jugement et le vètre. ?oub êtes l'homme dont le» idées sont
FAft ilàjmk *** 4»
le plor atti^piéeft 4aiift êês lifrts. Bitt iMt de simi^es spectateurs des luttes du sièele. NatnreUa-' rnenl iwa ^e% pour moi, partial, axtréiaefiient partial, comme le sont tous nos ennemis. Mes lecteurs, au contraire, par là m^e qu'il leur est impossible de me connaître, sont à mes yeux dans les conditions de l'impartialité la plus absolue.
Pou?ez-vous me blâmer d'accepter leur jugement sur mes livres, de préférence \au vôtre?
Je pourrais joindre à ma lettre quelques-uns de ces jugements poftés sur mes deux premiers livres; et vous me diriez si j'ai dû soupçonner d'ane complaisance coupable des lecteurs qui, n'ayant rien à ménager avec moi, ne me devaient que [a vérité.
Je désire même, dans l'impossibilité où je suis de répondre au grand nombre de lettres de cr genre qui me sont adressées, profiter de cet écr pour remercier publiquement le monde intelligei de ses cbaudes sympathies.
Adieu, monsieur Veuillot, nous sommes au. deux pèles de l'idée religieuse. Vous la voulez avec tout le despotisme, avec celui qui écrasera le phis l'âme humaine; je la veux avec toute la liberté, avec celle qui lui donnera des aîies d'or pour s'élever jusqu'à Dieu. Je ne vous convertirai point à la liberté; vous ne me ferez point descendre à aimer le despotisme, dont j'ai,