‹ Le Jésuite (volume 3)Chapitre 17 sur 47 · TESTAMENT AV AKTICVLO MORTIS · texte numérisé non relu

TESTAMENT AV AKTICVLO MORTIS

— Donnez -nous des nouvelles de Texcellent marquis de Flaviac, dit le Père Rosaven.

— Le marquis n'en a pas pour deux heures, dit le Père Ruffin ; depuis midi il a perdu compléte-

I ment connaissance.

Et, s'ad'ressant au Général, il ajouta :

— Il était temps d'agir, la déclaration a produit reflFet que j'en attendais. Tout va bien.

Le Général ne répondit que par un sourire de satisfaction.

— Le marquis, dit le Père Procureur, a-t-il dans son testament fait quelques dispositions en faveur de notre Société ?

— Oui, oui, cher Père, le marquis a fait tout ce qu'il devait faire.

Je demandai la permission d'aller chez le marquis de Flaviac. Elle me fut accordée.

En arrivant je trouvai le vieillard aux prises avec les affres de la mort ! Une sueur glacée baignait son front. Je lui pris la main; il tourna son regard vers moi : un éclair se fit dans l'intelligence ; il me reconnut.

— Père de Sainte-Maure, me dit-il d'une voix faible, faites retirer tout le monde.

Les personnes qui étaient là, et au nombre des-

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quelles se trouvaient qoelques-nns de nos Pères, sortirent.

— Vous saviez, me dît alors le marquis, que Marguerite, ma chère Marguerite (et une larme roula lentement sur la joue dii vieillard), n'était pas ma petite^le ? ^ *

"— 0 ciel ! qui vous a dit cela ?

— Le Père Ruffin !... Marguerite est née ea Italie.,, le 8 avril... Vous y étiez. Cette sainte femme F*élicité j était aussi... elle me Ta dit. Alphonsine m'a trompé... Le Général savait tout... et le Pérc Ruffin aussi... Si Gustave s'était bien conduit, le mariage avec Marguerite sa serait fait, et jamais je n'aurais connu ce triste secret. Le Père Rufifm me l'a bien dit, Gustave était mon héritier. S'il ne se fût pas rendu indigne...

La parole du vieillard était saccadée et tremblante, mais ses idées, quoique avec peine, s'enchaînaient les unes aux autres, et je devinais tout.

— Gustave est bien moins coupable que vous ne le pensez ; il a été victime d'une trame odieuse. Je vous jure qu'il mérite votre pardon et votre tendresse.

Les yeux du vieillard s'agrandirent démesurément; il me sembla voir le suprême effort qu'il faisait pour rappeler la vie qui s'éteignait*

TESTAMENT 1K AMTtOJW MORTIS \91

— JuFezHDNR, me dit41, que vous êtes sftr âe ce

que vous avancez.

— Je vous le jure devant Kea î

— Alors moi aussi je suis trahi f Écoutez-moi.

Et il contiBiia :

— Alphonsine n'avait pas d'^enfants. Gustave, disait-on, ne devait pas vivre. On me fît promettre alors que, si je ne laissais pas d'héritiers, je donnerais ma fortune à TOrdre, cet Ordre auquel j'étais affilié. Plus tard Dieu me donna Marguerite et il r«adit la santé à mon neveu. Jevouhtîs marier ensemble ce» cbers enfants ; mais on a calomnié mon neveu et je Tai banni. Et ce matin le Père Ruffm m'a dit :

a — Vous ne devez pas, vous ne pouvez pas laisser votre fortune à votre neveu, à un impie. Alors elle doit appartenir à TOrdre : vous Favez promis. Celle que vous croyez être votre héritière n*est point votre petite-fille. »

— Et, continua le vieillard, dont les forées s'épuisaient, et une fcHïime est venue. . .Félicité Morbinî. . . une sainte... Elle ma fout dit... le Père Ruffin avait nne lettre signée de ma keDc^fîBe : c'est une prOTve... H» la tiennent par là. Le notaire est venu. J'ai tout donné, tout, jusqu'aux meubles de ce palais... Ils n'ont pu vouhi que je laissasse

même une pension à Gustave. Et vous dites qu'il y â une trahison ?

— Oui, je vous le jure ! Dieu vous rend des forces, profitez-en pour réparer ce que vous avez fait. Je vais envoyer Antoine chercher un notaire.

— Oui, oui, je veux laisser ma fortune à Gustave. Vous lui direz, à ce cher enfant, que je le bénis en mourant... Il épousera Marguerite; car, voyezvous, s'écria le vieillard avec un sanglot, Marguerite, ma petite Marguerite, je ne puis m'empêcher de Taîmer.

Je donnai l'ordre d'aller chercher le notaire. Le vieillard s'affaiblissait de plus en plus.

La porte de la chambre s'ouvrit brusquement, et je vis paraître le révérend Père Ruffin.

Le mourant l'aperçut debout au pied de son lit : il étendit les bras comme pour le repoysser ; mais la dernière lueur d'intelligence s'effaça. Le marquis de Flaviac murmura quelques paroles sans suite.

— Marguerite, Gustave, je les bénis... Les monstres, ils m'ont enlevé Marguerite ... Je veux donner tout mon bien aux Jésuites, je l'ai promis au Père Ruffin... Non, non, pas aux Jésuites, à Gustave. Le Père de Sainte-Maure m'a juré qu'il était innocent, et je...

Dans ce moment le notaire entra.

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