‹ Le Jésuite (volume 3)Chapitre 18 sur 47 · TESTAMENT !N ARTICULO MORTIS · texte numérisé non relu

TESTAMENT !N ARTICULO MORTIS

Le marquis de Flaviac avait rendu son âme à Dieu.

Je restai consterné.

— Je crois, me dit le Père Ruffin avec son méchant et sombre sourire, que je suis arrivé à temps pour empêcher un acte très-préjudiciable aux intérêts de la Compagnie.

— Et moi, Père Ruffin, lui dis-je, je suis arrivé trop tard pour empêcher un de ces actes d'inique spoliation qui attirent sur TOrdre la malédiction du Dieu de toute justice et de toute vérité.

Le soir convenu, je me rendis à la chambre du Général pour prendre ses dernières instructions. J'étais loin de soupçonner leur importance.

— Mon ami, me dit-il, une révolution se prépare eri France ; et cette révolution est prochaine. Elle menace personnellement Louis-Phihppe. Ce prince a perdu toute popularité. Il n'a pour lui que ses fonctionnaires, armée nombreuse en France, mais qu'on ne voit jamais se battre pour le pouvoir qui la paye. Louis-Philippe tombera donc devant la lassitude de la nation et devant l'énergie de ses adversaires.

Il y a, en France, trois partis qui convoitent l'héritage. Les uns, les légitimistes, veulent replacer le comte de Chambord sur le trône de ses aïeux.

UNE BISSMIN SECRÈTE 191

C'est ia vieille oionardiîe. Les antres, démocrates, lèvent ia république ; les derniers voudraient res-

Uurer la monarefaie des Napoléons.

Quels sont ks horames de ces trois partis? Nous ^ms dû les peser.

Les pitts impétueux, les plus ardents, ceux qui ont le plus d'action sur les masses sSùi les républicains. Us paivent réussir ; mais lair oeuvre durejrait-elie?

La légitimité aurait pour elle Télément eonser- "rateur de la nation ; elle est même populaire dans le Midi ei dans l'Ouest, Pour peu qu'elle eût quelque diance de succès, les partisans du pouvoir artud se rallieraient à die. L'homme qulls ont élevé une fois tombé, ils comprendraient qu'on peut revenir à un principe, mais qu'on ne refait pas une contrefaçon ; et la royauté quasi légitime est-elle autre dhose? Mais les légitimistes aurontils l'énergie d'un coup de main pour s'imposer le lendemain de l'insurrecticHi p(^ulaire qui renversera fe troue des d'Orléans?

Un prince intelligent, résolu, ayant foi, dit-on, dans son étoile, appuyé par les souvenirs encore vivaces de k gloire de son oncle, attend aussi son heure pour s'offrir à la nation comme un chef actif et dévoué.

Sur quoi peut compter cet autre prétendant?

Chez vous, race singulière, passant daas une

heure aux opinions extrêmes, tout est possible. Nous avons donc supputé longuement ce que nous pouvons attendre de chacun de ces partis pour la restauration de notre ordre en France.

Nous savons par des affîdés que, si jamais le prince Louis-Napoléon arrivait au pouvoir, il aurait un très'large programme. Dominant tous lès partis, il ne connaîtrait pas les mesquines frayeurs qui excitent contre nous les dépositaires des lois. Il nous laisserait librement nous établir en France,^ par le seul principe qu'il a puisé en Angleterre, en x\mérique, en Suisse, et qui se trouve à toutes les pages de ses écrits, que Tidée napoléonienne n'est possible qu'à la condition de n'inspirer de défiance à aucun intérêt, afin d'être soutenue par tous.

La Société de Jésus n'a donc rien à redouter de lui, et nous Sommes parfaitement renseignés.

— D'ailleurs, lui dis-je^ mon Père, le prince , Napoléon est, à coup sûr, de tous les prétendants le moins sérieux. On peut lui accorder un certain mérite; ses écrits indiquent, dit-on, un penseur; mais la folie de ses deux tentatives peut faire suspecter à bon droit son jugement.

— Père de Sainte-Maure, quand une tentative échoue, on voit toutes les causes qui Tout fait échouer, on ne voit jamais celles qui auraient pu la faire réussir. Les audacieux manquent quelquefois leur but; les timides ne l'atteignent jamais.

Mais si je sais à quoi m'en tenir de ce côté, il n'en est pas de même de celui des légitimistes et des républicains.

La magistrature française, monarchiste par instinct et par tradition, nous est profondément hostile. Nous l'avons vu sous ce pauvre Charles X. Ce fut elle, et non pas ce roi honnête homme, qui nous proscrivit. Elle aurait, sous une autre restauration, la même influence.

Nous avons donc nos précautions à prendre de ce côté, et des engagements à réclamer de la part du légitime héritier des Bourbons.

La démocratie nous hait. Elle sait quels principes de stabilité et d'ordre nous prêchons partout. Elle a trop de pénétration, elle est trop bien renseignée sur toutes choses pour ignorer que, dans la situation actuelle de la politique européenne, nos intérêts nous commandent de nous attacher aux monarchies, .surtout à celles qui, dévouées au principe de l'absolutisme, mettraient partout un frein à la liberté de penser, comprimeraient la presse et prêteraient à l'Eglise l'appui de la force, ce qui est la grande mission, le devoir même de l'autorité publique.

Mais les démocrates sont renfermés dans le cercle d'une contradiction. Ils vont renverser Louis- Philippe au nom de la liberté; seront-ils bien

venus à faire, le lendemain, du despotisme, et à nous fermer l'entrée de la France?

Nous avons donc à espérer de leurs principes une protection contre leur haine. En France, pays de logique, on leur rirait au nez si, après avoir proclamé la liberté et l'égalité, ils allaient imposer une servitude exceptionnelle à quelques pauvres Jésuites. Ils ne voudront pas se donner le ridicule de l'ostracisme contre nous seuls.

Vous êtes trop intelligent, Père de Sainte-Maure, pour ne pas comprendre la position; et, par votre qualité de Français, vous la voyez mieux que personne. C'est donc vous qui allez représenter la Compagnie auprès des deux grands partis que nous redoutons, presque également, et dont pourtant nous appelons l'avènement au pouvoir, afin d'arriver avec eux.

Père de Sainte-Maure, continua-t-il avec un sourire qui ne manquait pas de malice, savez-vous combien il y a de sortes de diplomates?

— Non, mon très-révérend Père.

— Il y en a de deux sortes : les diplomates roués et les diplomates bonshommes. J'ai eu recours, depuis que je suis Général, aux roués et aux bonshommes, et j'ai vu par expérience que lés bonshommes se trouvaient les plus fins et les plus habiles, parce qu'on les soupçonnait moins.

Vous vous rendez bien cette justice que vous n'avez rien du roué?

— Certainement, très-révérend Père.

— Eh bien ! vous serez notre diplomate bon» homme. C'est une grande habileté, pour un n^ociateur, de savoir ne pas paraître habile.

Vbid maintenant vos instructions.

En quittant Rome, vous vous rendrez à Venise. Vous direz partout que vous teniez beaucoup à voir Venise, le dôme de Saint-Marc et le pont des Soupirs. Vous ferez le grand connaisseur en tableaux, en architecture; vous courrez les marchands d'antiquailles, vous marchanderez tout, vous n'achèterez rien. C'est là votre passe-port pour aller librement par tout Venise, en complète sécurité. Le bric-à-brac sert à beaucoup de choses.

Vous irez chez M. le comte de ***, le confident intime de monseigneur le comte de Chambord. Vous lui remettrez ce pli, qui lui apprendra qui vous êtes et qu'il peut négocier pleinement avec vous, comme mandataire ofificiel de l'Ordre. Le pli ne contient rien de plus.

Vous demanderez alors à M. le comte de vous entendre un jour, et vous prendrez rendez-vous avec lui.

Retenez bien la substance de votre négociation.

Les Jésuites ont été joués sous Tancienne monarchie; ils ont été trahis, humiliés • C'est assez! Ils peuvent aujourd'hui aider puissamment, par leur influence, une restauration, ils y travaillent avec le zèle et l'activité qu'on leur connaît ; mais ils veulent avoir de monseigneur le comte de Chambord, que vous appellerez toujours , dans vos entretiens, le roi Henri V, une promesse formelle d'être solennellement rétablis et de prendre leur place, comme la royauté elle-même, dans le pacte fondamental de la monarchie restaurée. Votre dernière parole sera :

Si Sa Majesté ne se sent pas la force de prendre cet engagement, nous chercherons un autre appui.

Vous direz cela beaucoup moins nettement, mais avec la simphcité habituelle de votre langage. Je mets ici votre instruction résumée en quelques mots.

Vous m'écrirez, de Venise, une lettre chiffrée qui me rendra compte de l'accueil que le prétendant bourbonnien aura fait à nos ouvertures.

Il faut que vous sachiez que les gouvernements monarchiques de l'Europe, qu'on a appelés d'ancien régime, mollissent beaucoup. Tous sont jaloux les uns des autres. Tous comptent, pour grandir, sur l'abaissement de leurs voisins. La catholique Autriche elle-même rêve d'agrandir sa puissance

en Italie aux dépens des États pontificaux. Il s'ensuit qu'il n'y a pas d'accord, si ce n'est cet accord bans^l de la diplomatie, qui est un pitoyable échange de politesses. Maaimœ res discordiâ dilor buntur.

Si les rois de l'Europe nous comprenaient, nous serions le lien puissant de la grande famille monarchique. Nous remplacerions efficacement cette diplomatie usée, qui n'inspire que des défiances, parce qu'elle n'a de Ifeise que les intérêts les plus exclusifs de chaque gouvernement. Nous, Jésuites, qui sommes de toutes les nations, qui les aimons toutes, et qui n'appartenons à aucune, nous serions l'amphictyonie permanente du monde occidental.

Ce serait un acheminement merveilleux à notre grande doctrine de la théocratie. Nous accoutumerions peu à peu les rois à l'idée de reconnaître la suzeraineté pacifique du sacerdoce. Père de Sainte-Maure, ce jour-là l'Ordre serait le maître du monde !

Maintenant, dans le cas d'un échec auprès du représentant de la maison de Bourbon, voici vos instructions pour Paris :

Vous irez rue de Provence, n* 23, chez M. ***, c'est l'agent accrédité du comité secret démocratique, dont les ramifications s'étendent dans toute la France. Nous avons fait préparer les voies. Je puis

VOUS affinner que vous serez admirablement reçu.

Vous remettrez ce pli qui vous accrédite auprès du comité. Je vais résumer aussi vos instructions auprès de ces messieurs de la République.

— Ce sera là surtout le cas d'être un diplomate bonhomme, mon révérend Père.

— Certainement. Ces hommes-là, en raison de& préventions qu'ils ont contre nous, sont presque toujours les plus faciles à prendre. U nous supposent tant de finesse, que des allures simples, naturelles, naïves, s'il est possible, les jettent hors de toutes leurs idées reçues. Les Jésuites, disentils, ne sont pas si forts que nous le pensions. Or, le jour où tous douteront de notre force, nous les tiendrons. Pourvu que nous réussissions, que nous Emporte de n'avoir pas paru les plus habiles ?

En attendant, soyez très-poli pour la République ; die est quelquefois difficile et quinteuse. U vous faudra là plus de prudence qu'avec la Majesté bourbonnienne en exil.

Votre demande en notre nom est celle-ci : Pouvons-nous avoir la parole des chefs de la Révolution que nous aurons liberté pleine, absolue, de nous établir en France, d'y fonder des collèges, des noviciats, etc.? A ce titre, nous promettons de mettre, dès cette heure, une sourdine à nôtre propagande en. Europe en faveur des idées

-Qîonarchiques. Nous ne ferons pas de républicanisme actuellement, cela nous trahirait et ne prendrait pas; mais nous continuerons une guerre secx*ète et implacable contre Louis-Philippe. La qiiestion de la liberté de renseignement sera le lïisix^teau avec lequel nous aiderons aux démolisse \ii-s de cette royauté chancelante.

IN'ous ferons même plus. Nous avons à Paris un put>liciste à la plume acerbe, dont Tinfluence est gi^stnde sur les catholiques, et par qui jure Tépiscc>p>sit français, qu'il encense avec une rude babi- J^t^^ Cet homme, M. **, est à nous, tout à nous. ^^ mous doit sa fortune, un riche mariage; nous le sei*^V"ons puissamment ici auprès de Sa Sainteté, et sc>XDL journal est en définitive, grâce à nous, dans tc>vi-"te l'Europe, Je moniteur officiel de la catholicité ^ C'est un théocrate ardent; il nous aime, et il a t> «soin de nous. Il comprend que la Société ^e ^^Xis est encore plus utile à l'Eglise que Tépisco- P^-"t , dont il ne ménage pas, dans ses lettres in- ^'■^■^^^^cs avec moi, la mollesse, Tambition, les timiixtés, le double jeu. Il est convaincu que nous LS plus dans l'Église que ces braves évêques, ^OIi3^l»y2^^g^Pg^ il est vrai, de la doctrine, mais

^^^ïJ:\s puissants que nous à la faire accepter et à

^^ ï^épandre. M. ** sait aussi que les Jésuites sont

les ç^ius fermes soutiens de la papauté, dont il est

i\i\-Xnêjjj0 le défenseur ardent. Est-ce intérêt? est-

LE JÉSDITE

ce conviction? La chose a été mise en doute. Moi, je le crois sincère. Le Pape à venir, — et Tentretien du Père Ventura avec vous me le ferait redouter, — peut tomber dans quelque piège, et ce chaud polémiste sait très-bien que seuls nous pourrions ici tout sauver. Sûrs complètement de cet homme, nous le mettrons au service des républicains. La prudence lui commandera pendant quelque temps mille réserves; mais, au lendemain de l'insurrection, il la proclamera sainte, libératrice, providentielle. Il tonnera contre les misérables royautés de l'Europe; il les présentera chancelantes, envahies par le flot populaire. Il étourdira, par cette énergie de langage, Tépiscopat peut-être hésitant. Il obtiendra mieux qu'une neutralité, et la révolution nouvelle, au lieu de se faire, comme celle de 1830, aux cris de : A bas le prêtre ! trouvera les chefs de l'Église prêts à bénir les arbres de la liberté.

Voilà, Père, ce que vous pourrez promettre au comité démocratique de Paris, et nous tiendrons parole. Vous ne mentirez pas aux hommes de la démocratie en disant que, par reconnaissance, nous sommes plutôt portés vers les institutions républicaines, qui nous ont toujours offert l'asile de la liberté, que vers les monarchies, qui nous ont brutalement expulsés et ont forcé les Papes à nous dissoudre.

Vous me répondrez, par lettres chiffrées, sur les résultats que vous aurez obtenus. Prenez là votre temps ; on ne prévoit pas que, de deux ou trois ans, le mouvement des esprits soit assez fort pour amener la révolution. Mais, en faisant Toffre de notre appoint, nous pouvons espérer des promesses sérieuses du parti que nous aurons énergiquement soutenu.

Puis, soit dit entre nous, une fois rentrés en France et nos collèges établis, que la République subsiste ou non, que nous importe? Nous tenons très-peu aux formes gouvernementales, pourvu que notre chère Société s'étende, se raffermisse, devienne prochainement maîtresse. Monarchie ou République, nous acceptons tout ; seulement nous devons régner sur elles.

Le Père Roothaan me donna ensuite des instructions plus délicates au sujet des Pères de aos maisons de France. Accoutumé déjà à ce rôle dans la Société, malgré mes répugnances, je ne vis pas encore que l'espionnage se déguisait sous le nom de mission donné à mes fonctions nouvelles, ou du moins s'y attachait forcément par l'esprit de l'Ordre, et me les rendait de la sorte pénibles et humihantes. Mais mon obéissance devait être aveugle; je devais renoncer à mon propre jugement. Nos Constitutions le veulent ainsi.

J'avais hâte de quitter Rome.

PREMIERE NEGOaATION

Je me rendis à Venise par Florence, Bologne, Ferrare. Je séjournai deux jours à Bologne, conformément à mes instructions ; et là, en quelques heures, je pus me convaincre de la vérité de ce que m'avait dit le Père Ventura, que les Légations n'attendaient qu'un signal pour secouer le joug. J'écrivis de là au Père Roothaan une lettre chiffrée qui lui faisait connaître l'état des esprits, avec quelques détails particuliers qui devaient l'intéresser.

Je me mis, à Venise, à mon métier de fureteur d'antiquailles, qui déguisait ma mission d'ambassadeur de la Société de Jésus auprès du petit-fils de Charles X.

Ce ne fut pas sans un battement de cœur que j'arrivai auprès du comte de ***• Quand j'eus pré-

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sente mon pli, et que le comte en eut pris connaissance, il me dit les choses les plus aimables ; il me rappela des liens de Camille entre les *** et les Sainte-Maure. Cet accueil si naturel et si courtois me mit à l'aise; j'en avais besoin.

Il s'empressa de me donner le rendez-vous que je lui demandais; il eut même la gracieuseté de me dire que, si Je désirais traiter moi-même direcment avec Sa Majesté de l'aflaire dont j'étais chargé, il demanderait une audience particulière, où je serais sûr de trouver de la part de Sa Majesté la bienveillance la plus complète à laquelle mon nom seul, sans parler de mon habit et de ma mission de la part du Général de l'Ordre, me donnerail tous les droits. Je refusai cet honneur; mais je remerciai cordialement le comte d'un accueil qui me faisait prévoir un plein succès dans ma négociation. Il me tendit cordialement la main et je sortis.

Je le trouvai le lendemain aussi affable et aussi bon pour moi qu'à notre première entrevue. Il me fit tous les honneurs du palais qu'il occupait à peu de distance de celui du comte de Chambord. C'était un des plus vieux palais de Venise, celui dont l'architecture était la plus originale ; il était décoré de fresques et de peintures très-remarquables. Le mobilier même n'avait pas été changé, et il avait été vendu avec le palais par quelque fa-

mille vénitienne déchue de sa puissance. Je contemplais avec tristesse ces débris d'une grandeur bien oubliée, et je songeais qu'il y avait aussi un somptueux hôtel à Paris dont je ne toucherais plus le seuil et qui avait été mon berceau.

Le comte me mena dans un cabinet retiré, où je lui exposai ma mission. Comme il m'avait mis parfeitement à Taise, je fus en réalité le diplomate bonhomme ; il fut ravi et me dit avec un sourire d'une finesse que je n'oubherai de ma vie :

— Votre révérend Général se connaît en négociateurs.

Il me demanda deux jours pour me rendre la réponse de Sa Majesté.

J'attendais cette réponse avec quelque anxiété. Je ne me déguisais pas que je venais traiter d'égal à égal avec un prince qui, exilé, n'avait rien à me dire parce qu'il n'était rien, mais qui, dans l'hypothèse d'une restauration, serait tout et n'aurait pas de loi à subir. Le Père Roothaan avait-il compris cela? Je l'ignore; mais, au moment où le comte prit la parole pour me rendre les idées du comte de Chambord, un je ne sais quoi de tout français me fit pressentir la réponse.

— Sa Majesté témoignait à l'Ordre tout entier des Jésuites, et en particulier à son très-révérend Père Général, sa haute estime et sa profonde vé-

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