‹ Le Jésuite (volume 3)Chapitre 34 sur 47 · RÉACTION A ROME, SITUATION NOUVELLE S6S · texte numérisé non relu

RÉACTION A ROME, SITUATION NOUVELLE S6S

cBUBer intimemeot avec lui, en prenant des précaiH lions extrêmes. Je le vis lever ses yeux du ciel, et me dire avec la naïveté d'un dévof vulgaire : o Ah ! si h colère de Dieu venait à tomber sur la sainte Compare, nos péchés en seraient la cause, et je ne sais pas pourquoi mes supérieurs m'y suppoav tent- » Je n'eus plus qu'à gémir sur cette mort intellectuelle dei'honune le plus éminent de l'Ordre, qu'on avait enseveli dans les pratiques minutieuses de l'austérité, et qui se perdait dans ses scrupules de conscience. 11 ne pouvait plus songer à l'avenir de l'Ordre.

Le moment approchait où la Suisse en feu, grâce aux excitations fanatiques de nos Pères, allait voir la fin d'une guerre civile de tout point déplorable. Les Jésuites de Paris, plus emportés qu'ailleurs dans l'Ordre par les idées de mysticisme, attendaient un miracle du ciel pour le triomphe du Sunderbund. J'assistai bientôt à la dernière déception de notre ordre sur les succès de sa politique retardataire.

C'était en novembre 1847. Luceme, le cheflieu et le dernier asile du Sunderbund, investi par soixante mille hommes de troupes disciplinées et audacieuses contre quinze mille catholiques attendant que les anges les délivrassent, et que les prophéties des extatiques, stylées parles Jésuites, eussent leur accomplissement. Lucerne tomba, au

grand étonnement de nos Pères. Le corps diplomatique, et en particulier l'envoyé français, favorisa leur sortie de la Suisse. Ils purent s'échapper, honteux de cette malheureuse campagne qui sera dans l'histoire le déshonneur de notre ordre, s'il est vrai que l'excitation à la guerre civile par des honunes dont la mission est de prêcher la paix, soit le plus inexcusable des crimes. ^

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