‹ Le Jésuite (volume 3)Chapitre 36 sur 47 · VVNIVERS ET LES JÉSUITES · texte numérisé non relu

VVNIVERS ET LES JÉSUITES

à ce^ habiletés d'éloges qui exercent sur certains hommes une influence merveilleuse. Je vantai

le bien que sa plume lious faisait depuis si longtemps. Pouvait-il interrompre ce dévouement?

Le jour même, le publiciste de VUnivers me ridait ma visite.

— Mais vous êtes trop bon, lui dis-je, de venir me voir dans des moments si graves. Je ne tenais pas...

— Oh ! mon Père, mais c'était un bonheur pour moi... Je vous apporte un article qui va paraître. Je suis venu le soumettre à votre approbation. J'espère qu'il entrera dans le cadre des sages idées que vous développiez ce matin.

Et sortant un papier, il me lut les lignes suivantes, qu'il venait d'écrire avec sa verve habituelle :

« Dieu parle par la voix des événements : la « révolution de 1848 est une notification de la Pro- « vidence. Ce ne sont pas les conspirations qui « peuvent de la sorte bouleverser, de fond en com- « ble et en si peu de temps, les sociétés humaines. « Une conspiration qui réussit allume instantané- « ment là guerre <ûvile. Le principe attaqué et ren- « versé par surprise cherche immédiatement à se « défendre. Qui songe aujourd'hui à défendre la « monarchie? Qui peut y songer? La France croyait

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a encore être monarchique, et elle était déjà répu- « blicaine. La monarchie succombe sous le poids a de ses fautes. Elle meurt de gangrène sénile. Elle « attend à peine qu'on lui dise : Nous ne voulons « pas de toi , va-t'en ! Le coup n'est plus néces- « saire, le geste suffit. »

Je l'interrompis :

— Mais, monsieur, c*est très-énergique, tout <îela. J'aurais demandé moins. Vous donnez là, pour nous, des gages magnifiques à la Révokition. Les hommes de la République vont être ravis. Vous nous sauvez !

Il reprit avec un sourire :

— Mais l'article est fait pour cela.

Je le priai de continuer.

« Un instinct plus fort que les armées crie en « Europe que Fère des couronnes est finie , et que a la volonté des peuples n'est pas à la merci d'une « bataiDe. 11 peut y avoir quelque temps encore « quelques hommes sur le trône ; il n'y a plus de ce dynasties. La démocratie s'avance de tous les <i côtés, à la fois puissante, irrésistible, victorieuse, « par l'enthousiasme et l'effroi qu'elle inspire.

« Sans doute la démocratie triomphera. C'est « Pie IX qui porte la doctrine de l'humanité ; ce <c n'est pas le czar, et ce n'est pas davantage Ro-

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