‹ Le Jésuite (volume 3)Chapitre 43 sur 47 · RETOUR AU GESU · texte numérisé non relu

RETOUR AU GESU

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4'humanité, brisant ces yienx. Uens, secouant ces langes usés, sortant de la lourde chrysalide pour commencer lAi monde noureau.

Mon illustre et bien-aimé maître développa cette thèse critique avec une force de logique entraînante, et nous ne doutions pas, mon ami belge et moi, qu'elle ne fît sur nos P^es du Gesù une profonde impression, s*il lui était donné de pouvoir librement se faire entendre devant eux.

Je pris ensuite la parole, et j'exposai à mes amis comment il pourrait se faire encore que cette Société puissante dont nous étions membres, au lien de s'allier, dans un acte de suprême maladresse, aux conservateurs fanatiques d'un passé pour jamais vaincu, contribuât à la sainte conciliation du monde moderne avec les grandes idées évangèliques, dont huit siècles de barbarie n'avaient été qu'une déviation malheureuse.

Dès que nous fûmes tombés d^accord sur les principes, nous n'avions qu'à nous entendre sur les moyens d'exécution.

— Père de Montgazin, dis-je à mon ami, voas êtes Fhomme de la parole : consentez-vous à vous faire, en pleine Congrégation, l'organe de l'idée nouvelle?

— J'y consens, me dit le Père.

— Vous ne vous dissimulez pas sans doute la gravité de cette démarche. Nous nous exposons à

des haines terribles. Nous attaquons dans son repaire cette vieille idée du moyen âge dont l'Ordçe se fait le conservateur depuis trois siècles. Nous avons contre nous le terrible Roothaan, ses nombreux séides, cette masse inerte et routinière qui aime le passé par fanatisme, parce que c'est le passé, laudator temporis acH se puero. Nous avons contre nous ces ennemis secrets jaloux de l'éclat que jette toute idée nouvelle sur ceux qui s'en font les apôtres. Mais nous pouvons ébranler les cœurç droits, ^ les natures éprises du vrai, et je les crois nombreuses dans le Gesù.

— Non, me dit le Père de Montgazin, non, je ne me dissimule pas le danger. Mais si vous, mon digne et noble ami, ne craignez pas de braver tous les obstacles, et je vois que vous les jugez ce qu'ils sont, pourquoi aurais-je moins de dévouement que vous pour la vérité et pour l'Église?

Il se recueillit un instant. Puis il ajouta :

— D'ailleurs, si je venais à succomber, si la main de fer du Général autocrate m'atteignait brutalement, parce que j'aurais voulu la glqire de l'Ordre autrement que lui et les siens la comprennent, je supporterais avec vous tous les maux, toutes les disgrâces.

Plus heureux que moi, vous n'auriez rien à expier. . .

Je l'interrompis :

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