PRATIQUE DU JÉSUITISME
Flaviac revint à Paris avec sa fille. Je me présentai à son hôtel aussitôt que j'eus appris son arrivée. Je ne vis pas Marguerite : sa mère l'avait déjà placée au Sacré-Cœur.
Je fus peu surpris de cette mesure, et je dirai plus, je ne regrettai pas que madame de Flaviac l'eût prise. Je pensai que Marguerite serait peutêtre mieux au couvent qu'auprès d'une mère qui ne l'aimait pas. D'ailleurs, en ma qualité de Père Jésuite, les portes du Sacré-Cœur m'étaient ouvertes. Je pourrais voir là Marguerite, bien plus librement qu'en présence de sa mère.
Je prêchai le Carême et l'Avent à Paris, et j'aurais peut-être éprouvé quelque orgueil de mes succès d'orateur, si je n'avais pas su avec quels procédés de charlatanisme on l'avait préparé. J'ai vu réussir de la sorte des orateurs si médiocres !
Il y avait à peine un an que j'étais à Paris que je reçus l'ordre de retourner à Rome.
Je partis immédiatement.
En arrivant à Rome, le Père Général me dit que, par une faveur tout exceptionnelle, j'étais admis au rang de profès des quatre vœux. Et après une retraite de dix jours, pendant laquelle je refis les exercices de saint Ignace, j'ajoutai à mes trois vœux celui d'obéissance au Souverain Pontife.