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Peodaiit les deux mois de s^our à Paris, rattachement du comle pour Hargoerite ne ik que s'accroître ; mais comme si, en effet, la woa du sang se fût fak entendre aa cœur de l'eofaat, Marguerite recerait avec reconnaisMioe et une grâce charmante les caresses du comte, nais toutes ses effusîoiis de tendresse étaient poiar sa mère. Et pourtant madame de Flavîac n'aimait pas sa ille, mais elle jouait la comédie de l'amour maternel , assez pour donner le change à ceux qui n'avaient pas un intérêt pressant à l'observer. Les légers défauts de l'enfant étaient exagérés par la comtesse d'une- manière odieuse, et ses qualités les plus charmantes étaient transformées *en défauts, le tout en invoquaat ks idées de religion et surtout de dévotion dont il avait plu à la comtesse de s'affubler. Et vraiment Je ne pouvais quelquefois contenir un mouvemeot d'impatience en l'entendaiTt établir des théories de perfection chrétienne au sujet d'une enfant de sept ans. C'étaient tous tes jours de nouveaux griefs. — L'intelligence si développée de Marguerite était un malheur; elle commençait «déjà à «n avoir de l'orgueil. Sa sensibilité était un danger, et son institutrice ne cherchait pas à lui faire comprendre que Dieu seul doit èUe 9t\mé d'un amour exclusif — Et, quand madame de Flaviac avait gardé Marguerite dans aa chambre ou à l'église pendant des heures entières, en lui imposant des lectures pieuses
et A^ntensinablaB ;ro8aires, ifii amrait à la )mih vre petite de bMller un peu^ sa mère s'kicKr gnait» et Iqi ûnpoaak, comine expiation de cette faate « grave, de nour^lies prières à réciter. Et, sur mon observation q»*^le prenait un mauvais moyen pour donner à sa fiilte des senti* ments religieux, madame de Flaviae me répondait avec beaueoiiip de sécheresse, que ma mère et moi nous répétions sans cesse, et même très*imprudemment, devant Marguerite, que son in* teiiige&ce était plus développée à sept ans que celle de bien des jeunes filles de douze et de quatorze ans, et qu'il ne fallait pas s'étonner qu'elle exigeât plus de sa fille que d'un enfant ordinaire. Elle ajoutait à cela quelques phrases de sensiblerie maternelle; elles abusaient parfois ma «ère. Elle accusait alors la méthode d'éducation de la comtesse^ et elle justifiait son cœur. Quant à Marguerite, la sévérité de sa mère n'altérait en rien l'amour passionné qu'elle avait pour elle; il semblait même qu'elle l'en aimait davantage , et j'étais presque jaloux de cette affection.
Le Père Ruffin, depuis l'arrivée de madam'e de Flaviae, s'était introduit xhes ma mère; il avait avec la comtesse de longues conférences, li m^arriva aussi de rencontrer Félicité Morbini k Thôtel de Sainte-Maure; elle venait pour voir la comtesse, qui ne tarissait pas en éloges sur la sainteté de cette femme. ÉII9
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«▼ait des réTékitions, elle prophétÎMit, et le Père Ruffin, disait la comtesse, si pieux, si éclairé, si prudent, assurait que Félidté était arrivée à un degré éminent de perfection.
Une fois je rencontrai dans un corridor de Thôtel le Père Ruffin et la béate; ils sortaient de l'appartement de la comtesse de Flaviac, et ils causaient ensemble avec beaucoup d'animatioa Le bruit de mes pas, assourdis par les tapis, ne les avait pas avertis de mon arrivée, et je m'aperçus bien que le Père Ruffin tenait une des mains de Félicité. La manière dont il considérait cette femme, dont la beauté, bien qu'ayant dépassé quelque peu la maturité, avait encore de l'éclat, ne me parut pas très-séraphique. Je rejetai bien vite toute mauvaise pensée de mon esprit. Je fis quelques pas en arrière, je toussai fortement, et, en arrivant auprès des deux mystiques, je les saluai; les deux mains s'étaient séparées ; mais Félicité me parut avoir le teint plus coloré qu'à l'ordinaire.
Monsieur et madame de Flaviac, après deux mois et demi de séjour à Paris, retournèrent à leur résidence. Nous eûmes beaucoup de peine, ma mère et moi, à consoler Marguerite.
Après le départ de la comtesse, le Père Ruffin contimia de venir à l'hôtel; ma mère, qu'il savait adroitement flatter , le voyait avec plaisir.
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ïkmx Qiow atpnl la fin de ma prediière unn née de théologie, les supérieurs, qui jusque*li avaient été d'une extrême. bienveilfaMioe pour moi, devii3rent tout à coup d'une sévérité extrême. De concert avec son institutrice, je composais toutes les semaines un petit cours d études pour Marguerite, et je le lui remettais, le jour destiné à ma visite hebdomadaire à l'hôtel de Sainte-r Maure. Selon nos usages monastiques, la porte de ma cellule ne devait jamais fermer à clef. Pendant mon absence, on la visita, et on trouva dans mon bureau un travail commencé pour ma chère enfant Je fus rudement repris: — C'était, disait-ôn, une perte de temps, cela m'empêchait de me livrer à mes études théologiques. — Bref, on m'ordonna de rester un mois sans aller voir ma mère; et quelque temps après, je reçus l'ordre de partir pour Rome: c'était là que je devais achever ma théologie. Ma mère fut au désespoir de cette décision. Elle était au début d'une cruelle maladie qui exigeait des soins assidus dirigés par les hommes de l'art II lui était impossible de me suivre à Rome. Elle parla au Provincial; et celui-ci, pour la rassurer, lui promit que mon exil ne serait pas long. Moi, je savais bien le contraire; mais il fallait obéir.
La ^iUe de mon départ, j'étais dans le salon 4e ma mèr», seul année Maa*g'uerite, quand Imé
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à coop It porte s'éofrit et je m panlltte le Kre de Montgasin.
^^ VouSf dber Père, loi dis*jey toob icil -^ Ouf, mon cher enfont, moUMéme. El je (Serais bien heureux d'élre revenir à Paris, si vous eussiez dû y rester; ttianf je sais déjà que VOUS partez demain. On m'a dit, à la rue des Postes, que vous étiez *chez votre mère aujour^ d'hui, et désirant vous voir sans contraîoté et sans témoins, je suis venu id.
Pendant que le Père me parlait, Marguerite le considérait avec une extrême attention qui n'échappait point à mon cher maftre. Il me prit laî main et me dit:
— Mon cher Sainte-Maure, quelle est cette enfant?
— La fille de madame de Flaviac
— Quel ftge a*trelle?
— Bientôt hiût ans.
-* EHe est née en Italie, n'est-ce pas?
— Oui.
— C*est bien cela, on me Pavait dit... Pourvoi ne m*en avez- vous jamais parlé?
— Vous savez qu'il est un nom que vous m'aviez défendu de tracer dans mes lettres.
■^ Oui, vous ave2 raiétnl £t povrtantl Mais ttt».^. Je 00 dois pat voos questioner davantage... Croiriez-vous que c'est le Père Roffin qui
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n^a. appris ^/am fOtrQ mire «rail avec dk In iHt de madaoM de^ Flaviac?
'fit le Fêre éë Montgaeiir, qtd ayait attiré vers lui la petite fille, la regardait avec un trooble ex-* tréme; ses yeux se remplissaient de larmes.
£t, se levant tout à coup brusquement, il me dit:
— Sainte-Maure, ne me dites rien... Sans doute vous ne savez pas... Elle ne sait peutêtre pas elle-même... Mais cette enfant! Mon Dieu! qu'elle est belle et comme l'intelligence rayonne déjà sûr ce jeune front!... De grâce, mon ami, continuez dans vos lettres à ne tracer jamais un nom que je maudirais si je n'étais chrétien et prêtre... Oui, je le maudirais, car je ne suis pas sûr*de ne pas aimer encore celle qui le porte. Mais, cher Sainte-Maure, parlez-moi, parlez- moi souvent de cet ange qui est là ,.. Je sais déjà qu'un des reproches qu'on vous a faits est d'avoir donné trop de temps à l'éducation de cette pauvre enfant!... Sans doute je me trompe... Cela n'est pas... Et pourtant comme mon cœur s'est ému en la voyant!
£t le Père de Montgazin sortit, pour ae tb* m^re un peu de Témolion qu'il avait éprouvée. En rentrant, il trouva dans le salon ma mère el Marguerite; il caressa beaucoup l'enfiEuat Le Père Ruffîn enlra^ et, pour nous soustraire à son re* fard inquisitaiir^ nous allâmes noua promener a&r •