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seinble dans le jardîii. Là le Fère ée Moatgasin
m'apprit qu'il ne resterait que deux ans à JP^ris, et qu'après ce tempsrlà, il serait reçu comme profès des quatre vœux.
Arrivée an (?e^.
Je quittai Paris dans un véritable état d'angoisse. Je laissais ma mère malade, et bien que le médecin m'assurât qu'il n'y avait /ien de grave dans son état, je n'en avais pas moins le pressentiment, qui ne fut, hélas! que trop justifié, que je ne la reverrais plus. Je souffrais aussi beaucoup de laisser Marguerite. Ses larmes et celles de ma mère, au moment de la séparation, me brisèrent le cœur.
Malgré les reproches dont on m'avait accablé pendant les derniers mois de mon séjour à Paris, des rapports extrêmement ftrvorables du Provindal et du Père Recteur m'avaient précédé à Rome. Ces rapports, qui {^us tard me passèrent sous les yeux^ faisaient concevoir au très-révérend Générai la plus haute opinion de naoi J'étolt «lassé là parmi les sujets les plus brîUants de
PAB L*àWé ♦** 105
rOrdre, ceux surtout qui, par un dévouement aveugle et un amour sans bornes, étaient prêts à tout faire pour en procurer l'ayancenient et la glaire. Je fus accueilli avec une bienveillance marquée. C'était sous les dernières années du pontificat de Grégoire XVI. Il baissait beaucoup, et c'était le Gaetanino, autrefois son barbier et devenu plus tard son favori, qui gouvernait liiomme et TÉglise, si nous pouvons dire qu'en dehors de Faction permanente de notre Société sur les personnages dirigeants de la cour de Rome, il y ait un gouvernement de l'Église.^
Nos Pères, quand j'arrivai, étaient inquiets, très-inquiets même, de cette fin du règne ponti** ficdl. — Ils ne trouveraient jamais un homme comme Grégoire XVI, qui leur fût plus dévoué et qui parût mieux taillé pour réaliser l'idéal d'un pape, dans un malheureux siècle où tout était difficultés et luttes, afin d'établir le gouvernement de théocratie absolue rêvé par eux.
Tous ces bruits vinrent à mon oreille, dès les premiers jours de mon installation au Oesît^
Je fus frappé de la magnificence de ce palais de notre Compagnie. Il avait été élevé aux frais de Grégoire XIII, qui fut l'un de nos grands protecteurs.. L'architecture se sent encore des bonnes traditions du seizième siècle; il n'y a pas ces surcharges absurdes que j'ai trouvées plus tard dans les édifices construits par des architectes de notre Compagnie, tels, par exemple, que l'église
306 CE mxmrn
ée Saîiil4!harks à Amerg* ceMtmîle en MM •ur tes plans clonaés pat le -révérend Père Fraiçois d'Aigiiîiloii , et restaurée après rinccniie de 1718 eoue la directioii d'un autre Jéeuite, le Père Pierre fiugnena. Cest ce siyle maniéré, eemireligieux t semi-aocndaÎD^ qu'on appelle l'ardû* lecture iésuitique. Elle ne nous iiU pas hou* neur»
Le Oesit forme un carré long irréguHcr, oA le génie de l'architecte s'est donné beaucoop de j^ine pour donner de la régularité aux pièces principales.
La façade, d'environ quarante-cinq mètres de * développement, est en Iriais sur tout le corps de l'édifice. Elle est ornée de deux portes princî* pales, dont celle de gauche conduit dans un long vestibule, après lequel s'ouvre à vos yeux un magnifi'que clottre couvert présentant vingt arcades cintrées. Deux vastes escaliers terminent à droite et à gauche la première rangée des arcades, et c'est par ce cloître que quinze salles destinées aux cours ont leurs ouvertures. Cest la partie la plus belle du somptueux édifice. J'éprouvai un sentiment d'orgueil, en gravissant, pour la première fois, les marches du perron de la porte principale. La minime Société, no9ira mmima 6oeietaê{^) y tomvMt disaient nos pre-
(') Regulae cùmmunes Soe. Jêsu. Cfolonùxe Agrip*
PAR k'àmà *♦♦ 107
flûers Pires da msièni^ aiède, rmlÎM «vec la jNipftutéy el k Oesk est son QuîriBaU
Une deccHiâe ecHV allongée et trrégalière sé^ pare le» saUea et le cloitret d'un grand corp» da lagia eantenant une vingtaina de cellutea diviiéea par un long corridor. Ced aat la partie aiérH dionaie du Oesh. L*ég\m^ qui oceupe e» auriaee le quart de rédifice^ a'eat pas orientée. La façade eat au nord, s'élevant aur un perron eon-» tourné oè l'on arrive par piusieurâ marches. Cette façade est riche d'architecture, ornée de cfÀ&mieê et de pilastres d'une bonne exécution. L'église a une nef centrale formant trois travées séparées par des arcs doubleaux. Les deux bas-^tés sont recouverts de six petites coupoles. Au centre du teanssept s'élève la grande coupole, que termine un large sanctnaire en abside. La nef centrale et k chœur sont décorés de pilastres ; maie k$ bas-côtés et leurs chapelles correspondantes sont décorés de colonnes. L'édifice ^st orné avec magnificence. Deux belles sacristies sont à gauche de la grande abside; par elles on communique au clottre. La bibiiothèqae occupe l'étage an* dessus des sacristies.
Le jardin est contigu k Venise et décoré, de trois cétés, d'arcades formant un cloîtra Le ré« feitoire occu|»e le quatrième côté; et les étages supériettrs^ sur tonte l'étendue des bâtimenta, sont cofliposés de cellules»
J'ai souvent admiré l'habileté de l'ardiitecte
108 LE HBKVrn
qui, sur un espace restreint, fermé par une plaee et par trois rues, n'allant pas au delà de deux mille cinq cents mètres de superficie, a po élever une vaste église et satisfeire à toutes les conditions d*une immense communauté, comme la maison principale de notre Compagnie.
On a raison de dire que Tarchitecture est l'une des plus vives images de nos institutions. Ce qui domine au Gfesh, c'est l'ordre au miliea de l'embarras d'un terrain irrégulier. Il y a ea là une lutte contre une difficulté matérielle, où toute la puissance du pape fondateur est venue se briser.
Dans le G^e8h, tout est donné à l'apparence et à l'éclat Le cloître et l'église occupent les deux tiers du sol: deux tètes énormes sur un corps grêle. L'art n'a rien ici d'original. Vous trouverez ces pilastres, ces colonnes, ces chapiteaux, ces baies, à tous les édifices de la Rome du seizième siècle, dont le Oesh est mne copie.
Au lieu de sacrifier quelques mètres de terrain sur la place et sur la rue du levant, nos Pères ont imposé à l'architecte la rude tâche de faire des salles carrées dans un terrain à angle aigu. Ils se sont obstinés à gagner parcimonieusement un ou deux mètres dans le coin méridional de la rue du levant, ce qui fait gauchir tout le monument de ce côté. Lutte ingrate, puérile, contre des difficultés matérielles; colosse monumental par la tête, mesquin par le eorps; ri-
PAft l'abbé. *♦♦ 109
dbesse jetée aux yeux pour éblouir; toute Tap» pareuce du grand et du beau, voilà ce que dit le Oeaîi, bâti de pierre et de marbre.
Et le Gfesh fait d'hommes est- il autre chose?
Ha rectitude de vue se choquait tous les jours des anomalies de la grande construction matérielle. L'angle sud-ouest était occupé {U-éciséinent par notre- cours de théologie. Trois fenêtres régulières éclairaient la salle au couchant Mais, comme la salle était un carré long inscrit dans un angle aigu, le malheureux architecte avait été réduit à donner à sa muraille, du côté de l'angle, une épaisseur énorme qui allait diminuant au côté opposé. Il avait percé cette muraille de quatre ouvertures donnant sur la place, lesquelles* nous offraient aux regards leurs longues et inégales embrasures.
Dans les nombreuses distractions qui me venaient, durant les cours d'une science aussi aride que la théologie, je ne pouvais ôter mes yeux de ces vilaines fenêtres, et pendant que le professeur nous posait quelques-unes de ces thèses oiseuses où se complaît la scolastique, je m'établissais architecte du temps de Grégoire XIII; je régularisais par la pensée la grande façade et celle du levant; j'orientais l'églrSe, que je dirigeais dans le sens transversal du Qeaîi, et je me ménageais un large espace pour les bâtiments destinés à la famille religieuse.
Je n'en aimais pas moins ma cellule, dont
liO us iiéftomi
l'ouverture dMimit, au levant, 8«r un waisif 4e maisMis beaneonp plus Inisms que le corps et logis, toute petite qu'êHe était et tout occupée par l'embrasure de la fenêtre. Il est vrai que cette lenètre m'offrait le beau panorama ^es montagnes de la Sabine à fhorison, voilées le matis sobs de vagues brumes, mais, le soir, éclairées d'un pourpre intense, qui allait lentement s'adon^ cissant, de teinte en teinte, jusqu'au 61eu pur du ciel .des nuits de la campagne romaine.
Que j'étais fier d'être à Rome, de me dire: Dans quatre ans, je serai profès. Père de la grande Compagnie de Jésus ! Dans quatre ans, je sortirai de cette illustre retraite, avec les fonetione de Papostotat à exercer sur toute là surface du monde! Un évéque a devant lui un diocèse; j'âur» pour diocèse le globe entier; il appartient à la Owl» pagnie de Jésus, qui le sillonne de ses missionnaires, et qui porte la parole de la foi devant le public d'élite des grandes cités oomme aux pauvres sauvages océaniens!
Cependant mon terrible génie d'expérimentation et de critique m'entraînait toujours.
J'eus une véritable déception pendant les quatre ans que dura qion cours de théologie. Quatre ans de déception jour par jour, c'était dur à porter pour un enfant de la Gaule, à l'esprit incisif comme le coin d'acier enfoncé dans un fragment de tronc d'arbre.
C'était là, me disais-je, cette reine de la
scieaiee, la seienee de fiieu« la ihéologîe! /Une pareille science devait-elle se borner, sur ehaque point de doctrine, à uKe mesquine prop&êttùm qm se prouvait primb^ isecwidb, -teriib par ÏÈm- 4ure sainte, par les Pères, par les tbMogiens, et quelquefois quarA par la raison, cette paavpe raison à laquelle il était fait cette grâce d'être reçue, en valeur de preuve, après les inventions bizarres des théologiens ? Cela n'était pas possible, et cependant la triste réalité était devant moi. Homme de trente ans, religieux de la Compagnie de Jésus, à Rome, dans le Q-eèk même, au centre du catholicisme, chez des hommes qui tiennent à cœur d'avoir une réputation de savants, d'ora<teurs et d'écrivains, la théologie professée ne dé<passait pas les limites de ces leçons élémentaires où se forment les plus humbles curés de village, dans les plus obscurs séminaires de la catholicité.
Je n'en revenais pas!
Et j'eus, pendant quatre ans, à subir cette torture, à poser les plus ^ terribles prd)Ièmes, auxquels mon professeur, imperturbable comme les parois de chêne de son estrade, me répondait par les banalités écrites sur se| cahiers et que nous reproduisions sur les nôtres. Et ee prol^ semr était naturellement un des premiers de la Compagnie, une de ses lumières! Il avait un nom en Europe comme grand théologien!
Il ne s'était ilonc p«» trouvé, dans tout le
112 LB. 4é»t|TB
dix-neavièfne sîède» depuis la restauratioii de l'Ordre, un homme qui eût la première noiioD de ce . qui s'appelle science, pour dire à ces bommes, se plaçant eux-mêmes à la tête du catholicisme: — Hais votre théologie n'est qu'un misérable reste de l'empirisme barbare du moyen âge. Ce sont des éléments informes; ce n'est pas la science de la théologie.
0 mes Pères, parce que vous avez derrière vous cette phalange de scolastiques, dont le nom a rempli le seizième et le dix-septième siècle, vos Sanchez, vos Vasquez, vos Bellarmin, vos de Lugo, parmi lesquels Benoit XIV n'a pas craint de dire qu'il reconnaissait les deux flambeaux de la théologie, duo liuninarta theologtœ^ vous pensez que vous avez atteint les limites de la science! Que diriez-vous des chimistes, des physiciens, des astronomes qui enseignent dans les grandes écoles du monde civilisé, s'ils vous affirmaient qu'ils s'en tiennent à la science que formulèrent Nicolas Flamel, Galilée et Copernic? Ceux-ci ont épelé la science, et chaque année maintenant elle se crée, s'élabore par un travail sévère d'assimUation qui entasse les certitudes acquises et repousse les er» reurs un moment accréditées; pourquoi n'en serait-il pas ains^de la science qui s'appellerait légitimement la reine des sciences, puisqu'elle aurait les choses de Dieu pour objet?
Pour peu qu'on ait ouvert quelques-uns des livres des théologiens si vantés autrefois, il est
yGoOgfe
PAR l'abbé *» 113
impossible de ne pas remarquer leur extrême faiblesse, le manque absolu de profondeur dans la solution des questions les plus graves, lorsque ce n'est pas un entassement de propositions oiseuses , puériles , contradictoires , honteuses même, à ce point que, dans la somme de l'Ange de l'école, saint Thomas, il est arrivé à des théologiens de bonne foi de prendre pour vraie la proposition contradictoire à celle que soutient l'auteur.
Souillerai-je ces pages des questions d'incroyable impudeur soulevées par ces étranges théologiens, qui disséquaient l'âme humaine comme des anatomistes posent sur leur marbre les organes les plus secrets des corps, pour en découvrir la physiologie? RappêUerài-je Sanchez se demandant, sur le mystère de la fécondation divine de la Vierge par le Saint-Esprit: An virgo Mœria semen ermàit în copulattone Sancti Sptrùu8? ce que nulle langue un peu pudique n'oserait traduire aujourd'hui. Les Jésuites ont traité la morale comme les carabins manient les cadavres.
Voilà où en est la théologie du catholicisme barbare; quand s'inaugurera la théologie du catholicisme civilisé?
Je m'attendais, je l'avoue, à trouver cette salutaire réforme dans les cahiers de mes maîtres au Oeêîi. Je fus bien trompé. Je n'avais pas besoin, comme un écolier, de m'asseoir sur des bancs III 8
pendant quatre anné^; quelques mois d'élndes n^'auraient enseigaé ee qu'il y suait de passable dans. cette scolastique SHraanée; îe p«FdisuQ tenpa pirécieux à ces jeux d'enfaot, et je me dis aujourd'hui avec tristesse que la théologie sérieuse, ratiounelle, qui seule puisse recevoir le nom de science, au sein de TÉglise moderne, est eneore à inaugurer.
Les Jésuiies ne sont pas plus'avancés sur cela, dans le Oesù, que le plus médiocre séminaire de France, en Languedoc ou en Bretagne.
Mon saint et vénérable Père de Ravignan a écrit, dans son Apologie de TOrdre, que saint Ignace avait voulu des hommes qui, en tout, en histoire, en physique, on philosophie, en littérature, Gomme en théologie, ne restassent pas en arrière de leur siècle, mais pussent en suivre ou même en aider le progrès. Je suis fâché de donner un démenti à cette orgueilleuse prétention de la Société, émise par la bouche de cet illustre Père; mais, en théologie comme en philosophie, je n'ai entendu sortir de la bouche de mes maîtres, que les faibles éléments de la vieille scolastique.
Si c'est ainsi que les Jésuites entendent suivre ou. aider le progrès, leur programme est facile à remplir; mais le Père de Ravignan, dans son enthousiasme sincère, je le crois, pour l'Ordre, s'est rendu complice d'un mensonge ; il a trompé son siècle^ qui a pu croire sur parole un homme éminenL ^ l'affirme, la, philoaophie et ]a< thjéor
PAR t'iKBlJB <** 115^
logie, au Oesh^ tournent le dos au progrès. Les douze mille écrivains jésuites, invoqués en faveur de la Compagnie, ne prouvent rien sur la situation présente de la science dans son sein, pas plus que les milliers de martyrs des premiers siècles ne prouvent la sainteté de la prélature à Rome. L'Ordre a eu, au dix-septième siècle et jusqu'à sa suppression, quelques savants sérieux. Ce serait beaucoup d'en nommer huit ou dix(^). Les livres des douze mille autres, outre ceux-ci, moisissent légitimement dans nos bibliothèques. Pour ces hommes qui survivent à leur temps et qui s'appellent des penseurs, l'Ordre n'en a pas un seul. Et ce n'est qu'à ceux-ci que va la gloire.
(') LalandB cite nn nombre considérable de Jésuites astronomes. Quels étaient les sayauts parmi ces astro^ nomes? Lalande n'a-t-il pas été un peu la dupe de l'art des Jésuites à faire la réputation des leurs? Je reconnais cependant que c^est dans la physique et dans l'astronomie que l'Ordre a eu le plus d'hommes remarquables.
116 LE mOITE
L'emmaillottement.
Le commencement de la seconde année que je passai à mes études tbéologiques fut marqué, pour moi, par un événement tout à fait inattendu. Dieu m'envoya une grande joie; mais elle ne fut pas sans mélange: M. de Flaviac eut une mission à , Rome. Il y arriva au mois de février 1843, avec sa femme et ma chère petite Marguerite. Je la trouvai grandie, embellie et toujours bonne et aimante. Quant à son intelligence, cela tenait réellement du prodige, et tout le monde s'en étonnait, excepté sa mère qui, tout en parlant toujours de sa tendresse passionnée pour sa fille, était pour elle sévère jusqu'à l'injustice. La douce enfant ne se* plaignait jamais: elle adorait sa mère. Quant * au comte de Flaviac, il était très-fier de la beauté, et de l'esprit de sa fille, — je dois la nommer ainsi. — S'apercevant très-bien que sa femme ne partageait pas son enthousiasme, il avait voulu laisser Marguerite auprès de ma mère. Mais madame de Flaviac déclara qu'elle ne voulait plus vivre séparée de son enfant; et il fallut céder. Combien je regrettai, pour ma mère, de n'avoir plus ce petit ange auprès d'elle! Mais aussi
PâH l'amié ♦** 117
quel bonheur pour moi que celui de revoir Mai^ guerite!
Le vieux marquis de Flaviac avait voulu suivre ses enfants à Rome. Lui aussi s'était passionné pour Marguerite, pendant le peu de jours que les Flaviac restèrent à Marseille, avant de s'embarquer pour Rome. Il déclara que ce n'était pas à quatre-vingts ans passés qu'il pouvait se priver du bonheur de vivre auprès des êtres qui lui étaient chers. Le climat de Rome lui convenait; et il irait, disait-il, s'il le fallait, jusque sous les pôles, plutôt que de se priver un seul jour de la vue de sa chère petite-fille.
Le marquis emmena avec lui à Rome son petit-neveu âgé de dix-sept ans. Ce jeune homme, qu'on appelait le baron Gustave de Flaviac, avait perdu son père depuis un an. C'était un charmant enfant : mais son éducation laissait beaucoup à désirer. La faiblesse de sa santé avait été un obstacle à toute étude sérieuse ; et à dix-sept ans, Gustave savait lire, écrire, monter à cheval, faire des armes; rien de plus. S'il avait retenu quelques mots de sciences, de philosophie, d'histoire, il les avait appris, comme M. de Pourceaugnac avait appris les termes de droit, dans les romans qu'il avait lus. Et Dieu sait tous ceux que Gustave avait dévorés! Mais comme il était un garçon d'esprit, il finit par comprendre ce qui lui manquait, et il résolut de réparer le temps perdu. A son âge, on ne pouvait pas le mettre .dans un
^8 LE jxgurrg
cfMége. Il fiM; .décidé, en arri]^t à Rome, qu'un de nos Pères se chargerait de donner au dernier fa/éritier du nom des Flaviac une teinture suffisante de toutes les connaissances qu'un bonune Am monde doit posséder. Et comme il semblait que j'étais destiné à rencontrer partout le Père Buffin, il arriva à Rome quinze joqrs après la famille de Flaviac, et ce fut lui qui fut chargé 4e compléter l'éducation du baron Oustave, surtout au point de vue religieux, doQt son père ne s'était jamais occupé : car il était voltairien et surtout il n'aimait pas les Jésuites. Il disait souvent que, si l'on pouvait calculer tout ce que la Compagnie d^ Jésijs 9vait reçu des Flaviac depuis que saint Ignace avait eu la , malencontreuse idée f}e l'établir, on trouverait des gommes assez considérables pour con\b]er le déficit du trésor royal }fi plus obéré de l'Europe. Je ne sajs si c'était par la crainte de Toir passer un jour sa fortune personnelle dans les coffres des bons Pères qu'il s'était bâté de la dissiper; mais le fait est qu'il ne laissa à son fils qu'un beau nQpi, un titre et des dettes.
Le jeyne baron avait un cbarnfvant caractère. Il était spQnt^né, Iqyal, mais léger, imprudent, plein de fougue. C'était une de ces natures dont on peut tout attendre et tout icraindre. Son grandpncle l'aimait beaucqpp; il ayait décidé qu'il le ip^rierait avec Marguerite, et qu'ils perpétuiçraient ^ifîsi l'illus^f^e race- ^em Flaviac. :
PAB l'abbé ♦♦* llô
•Ce pp&jet souriait assez au comte de Flaviac. K2»ant à Alpfaonsine, eUe ne voulait pas entrer en lutte avec un TÎeiiiard ; mais, dans toutes les cir- •constances, elle se montrait hostile à son cousin.
Le Père RufOn, malgré les préventions que le jeune homme pouvait avoir contre les Jésuites, capta de suite la confiance de Gustave; et la plus grande intimité s'établit entre le maître et le disciple.
J'arrivai au terme de mes études ihéologiques. Certes elles n'avaient pas fait de moi un savant; «lies m'avaient seulement appris que la théologie pouvait être une magnifique chose, si les Jésuites ou le clergé séculier avaient des hommes qui en devf^draienrles créateurs.
Tous mes examens avaient été subis, et il ne m'avait pas été difficile d'acquérir le petit bagage scolastique avec lequel je pouvais briller à ces examens. Je m'étais occupé de langues orientales, de droit canonique, — lequel n'existe plus, dans la pratique du catholicisme moderne, que pour mémoire, — et d'histoire ecclésiastique. Bien que les livres qui servaient à ce dernier cours fussent écrits au point de vue exclusif des doctrines ultramontaines, ils avaient pourtant jeté dans mon esprit quelques rayons de lumière. Les exagérations me faisaient tenir sur mes gardes, et, dans ce qae ces livres me disaient, je devinais souvent ee qu'ils voulaient cacher. Lorsqu'il me fut permis de puiser mes connaissances historiques à des
120 UE JÉStlITB
sources moins suspectes, j'aurais pu quelquefois éprouver un sentiment d'orgueil en reconnaissant que mes intuitions avaient presque toujours été justes. Mais mes plus douces heures avaient été consacrées à l'étude des livres saints; bonne distraction aux niaiseries du reste, dont l'enseignement m'était fait d'une manière pitoyable..
J'allais être ordonné prêtre, et je commencerais ma troisième probation en rentrant pendant une année entière au noviciat, afin que là, de nouveau étranger à toute étude et à toute relation du dehors, je me retrempasse, dans la retraite et le silence, aux sources les plus pures de la vie de la foi et de l'amour.
Telle a été la pensée du . fondateQr de l'Ordre, et je la trouvai pleine de sagesse.
Mais, avant de m'ensevelir une dernière fois dans ces exercices de l'ascétisme, je voulus me rendre un compte sévère de moinnême : savoir si je pouvais, en conscience, faire une profession qui succéderait immédiatement à ma dernière année d'épreuves.
On a vu déjà mes doutes, mes luttes intérieures. Peu à peu la savante combinaison de l'Ordre avait passé sous mes yeux, à peu près comme l'œuvre de l'architecte du OesÎL, que j'avais trouvée boiteuse et manquée. En serait-il de même de l'œuvre de saint Ignace, ou plutôt de ces hommes qui, après saint Ignace, ont été les fondateurs plus sérieux et plus pratiques de l'Ordre?
PAK l'abbé *^ 121
Je YOHhis consacrer un grand mois, tout en suivant le cours monotone des autres études, à la question capitale pour moi : ce que je devais penser intimement de l'Ordre.
Je repris les Constitutions, Vlnatihttum Socie^ tatia Jeau^ les Begidœ communes, l'Examen, les Ratio et Inatitutio atuàiorwm. Je sortis de leur recoin mes cruels antagonistes MM. Michelet et Quînet. Le neveu du marquis de Flaviac me prêta le Jésuite moderne de Gioberti, en me disant que j'aurais fort à faire si j'entreprenais d'y répondre. Je pris, dans notre bibliothèque, ^Apologie de V Institut des Jésuites par Cérutti (^), le livre plus récent du Père de Ravignan, De rMxùtence et de V Institut des Jésuites (^), et quelques autres apologistes de l'Ordre.
On comprend avec quelle ardeur je me mis à ce travail; et je me rends aujourd'hui cette justice que je le fis avec une aussi froide impartialité que si, le lendemain de mon enquête, j'eusse • dû comparaître devant le Juge suprême.
J'appréciai à leur juste valeur les accusations des anciens parlementaires, qui ont rejeté sur nous seuls la culpabilité d'avoir enseigné les doctrines les plus subversives. Quand nos Pères du seizième siècle soutinrent la théorie du régicide, ils n'étaient pas les seuls. Us parlaient comme saint
(») Trois vol. ln-12, 1762.
(•) Un vol. gr. in-18, Paris.
122 ^E JÉsciiTc
Thomas, q<ài affirmait, dam ime théorie spéciale, 4iu'il est permis de tuer un tyran; les théologiens dominicains et franciscains avaient teira le même langage. Pendant la Ligue, la Sorboane, les curés de Paris, qui n'étaient pas Jésuites, ne s'étaient pas gênés sur cett« belle théorie; et, chose inconcevable, en plein dix-neuvième siècle, le théologien Bouvier, qui depuis est devenu évêque d« Mans, et qui est mort il y a bien peu d'anoées, a enseigné la même doctrine dans sa titéologie classique, qu'ont adoptée beaucoup de séminaires.
On a donc été injuste en nous chargeant seuls de ce grand grief de la doctrine du régicide. Cette doctrine, en opposition formelle avec le précepte du Décalogue: Non occidea^ est une des aberrations de la scolastique barbare du moyen âge. Nos théologie n^ont copié saint Thomas et les autres, et cet enseignement n'est pas, comme nos ennemis se sont efforcés de le faire croire, personnel à la Compagnie de Jésus. Elle a eu le tort de le ramasser, et de le laisser propager par plus de soixante de nos écrivains.
Dans son livre, le Père de Ravignan dit que notre Général Aquaviva défendit de discuter la thèse du régicide et qu'il supprima le fameux livre de notre Père Mariana De Èege. A la vérité, le Père de Ravignan ne nous dit pas si la doctrine fut solennellement condamnée et par le général Aquaviva et par nos théologiens modernes. Non, on s'est borné à défendre de la discuter. J'aifirais
PA» l'a»»é ♦♦♦ 128
y<m\n quelque chose de plus. Mais tous les ordres religieux, et surtout le nôtre, fie croient info iUiUes<; et déclarer franchemeiit qu'Us ont erré est un acte de loyauté qui coûterait trop à l'orgueil monacal.
Quoi qu'il en soit, si les Jésuites avaient été de près ou de loin complices des attentats de Cbâtel et de Ravaillac; s'il étaient accourus en armes pour repousser Henri lY qui, assiégeant Paris, en 1590, éiait parvenu à pénétrer dans le faubourg Saint- Jacques où était Imir collège de Clermont, je voyais là les mœurs violentes, la politique passionnée du seizième siècle. Un ordre, après deux cents ans, ne répond pas des excès de sies premiers membres. Des individus s'égarent; il n'y a pas, il ne peut y avoir de société, — et c'est Yoltaire qui parle, — „qui ait un dessein formé de corrompre les mœurs des hommes ;" et ?i les Jésuites comme le veut l'arrêt de suppression de la Compagnie en 1763, avaient enseigné en tout temps et persévéra mment, avec l'apr probation de leurs Supérieurs et Généraux, la simoiûe, le blasphème, le sacrilège, la magie et le maléfice, etc., l'impudicité, le parjure, etc., le vol, le parricide, l'homicide, le suicide et le ré-r gicide, ce n'était pas assez d'une suppression, il eût f^]lu les détruire comme des bétes féroces.
Ces attaques violentes tombaient devant ma froide raison, et cela, par leur violence même.
Touiefois je me posais autrement la question.
Lorsque l'Ordre avait été fondé, pouvant preor^
dre telle direction, tel esprit qu'il lui plairait, était-ii vrai que, par calcul, pour flatter les papes alors tout-puissants, pour obtenir d'eux d'immenses privilèges qui sont allés jusqu'à sqjustraire rOrdre à la juridiction de l'épiscopat, afin de le soumettre uniquement au souverain Pontife, les Jésuites ont adopté la théorie de l'absolutisme théocratique, ne voyant de pouvoir, dans la société humaine, que celui du Pape destiné à régner sur les rois et sur les peuples?
L'histoire m'avait fait, sur ce problème., d'étranges révélations. Et ne devais-je pas croire que le véritable esprit du corps aujourd'hui, comme au temps où il se posait en adversaire d'Henri IV. par cette raison seule qu'il était un roi hérétique, était de soutenir la théorie de l'absolutisme théocratique, destructeur des sociétés civiles?
Ni Cérutti, ni mon digne Père de Ravignan, ni mes autres apologistes ne me répondaient clairement sur cela.
Cependant je ne voulus pas me prononcer sur cette question, pourtant capitale à mes yeux. Daus un an, je devais être profès; je verrais mieux l'action générale exercée par notre Société; j'en saisirais mieux l'esprit.
Il me répugnait de me prononcer alors: je réservai donc ce point grave.
Je continuai ma curieuse enquête,
M. Michelet médisait: „Les familles artificielles, les ordres monastiques, n'ont été féconds qu'au-
PAR L*AtBÉ ♦♦♦ 125
tmt qu'ils ont laissé quelque chose au libre dé- ▼eloppement de riudividu. L'ordre des Jésuites a voulu aller plus loin; il a prétendu saisir l'individu tout entier, le former par ïéducatian^ le dominer par la prédication , le gouverner dans ses moindres actes par la direction.'*^
M. Michelet avait-il raison?
Il me citait cette imprudente apologie de Cerutti: „De même qu'on emmaillotte les membres de l'enfant dans le berceau pour leur donner une juste proportion, il faut, dès sa première jeunasse, emmaillotter , pour ainsi dire, sa volonté, pour qu'elle conserve , dans; tout - le reste de sa vie, une heureuse et salutaire souplesse (^)/'
Les progrès de la science hygiénique ont fait justice de remmailiottement de l'enfant, tel qu'il se pratiquait naguère. On a reconnu que, bien loin de donner une juste proportion aux membres du pauvre petit être, soumis à la torture d'une compression absolue, il ne pouvait que les déformer. Il en est de même de la compression morale; et de l'homme ainsi compris, emmaillotte dès l'enfance, soumis aux volontés du prêtre, comme le bâton dans la main, comme le cadavre qu'on tourne et retourne, il ne devrait sortir qu'un être étiolé et misérable; on y chercherait vainement l'homme libre et fort,^ l'homme même avant le perfectionnement de l'Évangile, l'homme capable
<») Apologie, p. 880.
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d^ reiBj^ir BoUemeat sa destisécv faoere eu paêi fortia.
Je me demasdai alors:
La théorie jésuidque, en organisant av^c tant d'habileté le corps religieux, en façonnant avec tant d'art les rouages qui le composent, par lesquels il se meut, n'a-t-elle pas dépassé les liMtes du vrai? Ëj. une compression si savante, mais si absorbante de la volonté humaine, n'est-elle pas un suicide volontaire, imposé à chacun des membres qu'elle reçoit dans son sein; oomme il y aurait un suicide, pour une société civile tout entière, dont chaque membre consentirait à accepter, sur tous ses actes, la domination exclusive d'un Père spirituel, maître de ses pensées, de ses naouvemehts, de sa virf?
Je me fis enfin cette question plus terrible encore:
Avec le succès supposé d'un tel système, la société humaine serait-elle possible? Et ne seraitil pas vrai que le seul roi, le seul dominateur du corps et de l'âme serait, non plus ce Pape régnant spirituellement mais nominalement à Roine, non plus les rois, les chefs de nations, les hauts magistrats du peuple, commandant extérieurement au monde, mais bien une corporation intelligente et habile, dirigeant ces peuples, dirigeant les rois, les chefs de nations, dirigeant oe Pape lui-même?
Un tel projet serait d'une inconcevable bar- .diesse, son exécution d'un grandieae effirayanL
PAR all'AB» *♦* i2l
Mâia le militât fioal aiMiutirait matkéinatiqueliiai^ à la mort de rindividu lib»é, àe la «nation libi^e^ de rbumanité lihre. €a setaili Lb) graod, réternel emmailbltement sur la< terre.. Lfiiomme seraki ramené au. berceau et à ees stupides lisières qui le serrefil;^ eomme les bandelettes d^ la inomie. égyptienne, sous le plaisant prétexte de Cérutti^ „de lui donmer une juste proportion, et de lui* conserver pour toute la vie: une heureuse et sar lutaire souplesse/'
Malheur! malheur! mille fois malheur à l'humanité, si elle consentait à se soumettre à cette, hygiène contre nature ! Il ne faudrait pas inscrire sur le fronton des monuments des grands peupies: Libevtéy mais: EmmaUlottemenL Ce ne serait pas un drapeau qui devrait flotter sur leurs cimes, comme symbole d'un multiple développemefit des forces humaines sous le souffle de la^ liberté, mais la lanière qui accouple les bœufs/ peur le travail de la servitude.
A ces agitations pénibles de mon esprit, se. joignait une douleur d'un autre genre. Les lettres. que je recevais de Paris m'apprenaient que lar santé de ma mère s'altérait de plus en plus. £lle avait espéré qu'on me permettrait de revenir au-' prés d'elle avant mon ordination; il n'en fut pas ainsi. Je fus ordonné prêtre, et il me^ fallut,, selon les règlements, commencer ma troisième probation et rentrer pour cela au noviciat, et reno&fier. enoope. une fois. à. toute» étude, ài toute :
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relation au dehors. On me donnait l'espoir qu'après que mes vœux de profès auraient été prononcés, il me serait permis de reyoir ma mère. Hélas! cet espoir ne devait pas se réaliser!
J'étais entré au noviciat depuis huit jours, lorsque le Père Rosaven, un des assistants da Père Général, me fit appeler pour une communication importante: il était chargé de m'apprendre la mort de ma mèrel
Ce fut pour moi un coup terrible. Hais le révérend Père, après quelques phrases banales sur la résignation avec laquelle un religieux - doit recevoir, de la 'main de Dieu, les coups les plus terribles pour la nature, aborda la seule question importante aux yeux d'un véritable Jésuite, en me disant:
— Vous êtes religieux; vous avez fait vœu de pauvreté;' mais ce sont des vœux simples dont vos supérieurs pourraient vous délier. Vous êtes encore libre avant vos grands vœux. Quelle est votre pensée sur votre succession? Le Père Provincial de la province de Paris m'envoie, au cas où vous voudriez persévérer dans l'Ordre, une procuration régulière à signer par vous, afin de vous éviter tous les embarras d'une succession, au moment où vous rentrez au noviciat pour votre troisième probation.
Voyez, réfléchissez devant Dieu.
Et, mettant doucement le papier devant moi, il semblait me dire: Il serait mieux de signer.
PAR L'Amà^i^^** 129
'€e- caiiD6 ghMial'eh m'apprenànt la foneste nouvelle, cette cupidité^ non pas de sa part, le éigfie hoinme, mais pour cet Ordre à qui allaient arriver quelques dentaines de miHe^francs de plus, me firent mal.'
Toulefoia mon parti était pris.
— Mon Père, lui dis-je, je n'ai pas à réfléchir; je signe. J'aurai plus de temps pour penser à ma mère.
Il n'y eut rien de plus, rien de moins poiir cette succession, qui s'est élevée, je l'ai su plus tard, à seize cent, quatre- vingt mille francs^ On ne m'en parla pkis^ je n'en parlai jamais. L'hétel de Sainte^Maure, au faubourg Saint-Germain, fut vendu; les belles terres en Seine-et-Marne, en Beauce, en Poitou, furent vendues. J'étais venu au inonde dans la plus haute condition de fortune; je devais passer plus tard, silencieux, devant le berceau de mon enfance, acheté par un étranger. Et quand j'allai à ***, il n'y eut plus à moi que deux tombes, celle de mon père et celle de mon frère. Les Jésuites n'avaient pas pris la peine de faire transporter, selon son désir souvent exprimé devant moi, les restes encore tièdes de ma pauvre mère auprès de son époux et de son fils, sous prétexte que, dans le testament de ma mère, il n'était pas fait mention de cette volonté. Us trouvèrent plus expéditif et moins eoûteux de les déposer au cimetière du MoBt^Parnasse^ où pourtajpt ils lui firent donner, III 9