‹ Le jésuiteChapitre 2 sur 32 · PRI^AGE · texte numérisé non relu

PRI^AGE

àm% mes liyres, m'eût réponds arec un peu de eette même loyauté.

J'ai cherché rainement, dans les journaux et dans les revues de cette école, une page de discussion sérieuse et calme arec moi. EUe a tommencé, quand parut le Maudit^ par lancer dans le public religieux un petit livre, répandu à profusion, pour apprendre au monde que j'étais un prêtre interdit, nourri par les aumônes des presbytères parisiens, et de plus un maladroit à qui un célèbre banquier de Paris, en lutte naguère avec les tribunaux, et dont la fortune était comprise, avait acheté, pour une misérable somme, son manuscrit, afin d'en faire une spéculation et de relever ainsi ses finances. L'invention n'était pas riche, et peu de crédules même l'ont adoptée.

Elle a changé de tactique à l'apparition de la Rdigieuse. Je ne suis plus un prêtre mendiant, un prêtre interdit. Le Monde, ce grand organe de ce que j'ai appelé la Secte, a mieux trouvé que cela. Par la plume de son chroniqueur de la littérature et des théâtres. M* Yenet, le Monde déclarait que la Rdigieuae était l'oeuvre d'un des principaux feuiUetODisles de la presse parisienne, Pha^ rèê, rélégant chroniqueur de P IndêpeTèdance bdge. Voilà le compère du célèbre banquier qui n'est phis qu'un abbé imaginaire, et M. Venet s'irrite qu'on Imse planer des soupçons sur des prètrieg respectables. ,,Nous allions innocemment, dit-il.

où Pon nous coodiriBatt^ L'ionocent, en eitot, fatigiié de faire enquête sur une douzaine d'abbéi pseudonymes, s'est décidé à nommer M. Louis Dlbach. Oui, telle est l'opinion que M. Venet feuilletoniste a de M. Louis lllbach feuilletoniste» M. Louis Ulbach, sous le nom de Phares, aurait fait un éloge chaleureux de son propre roman, se serait couronné lui-même dans les colonnes de rindépendance belge et du Temps; il aurait parié du livre comme d'une œuvre capitale; Técrivain eût paru à ses yeux un penseur, une in*telligence d'élite, et lui, M. Louis Ulbach, eAt été l'auteur de ce beau livre, l'écrivain de valeur qui en avait conçu l'idée! C'est un peu fort! Et quelle notion, bon Dieu! a M< Venet, et peuvent avoir ses confrères dans le Monde ^ du respect que se doit un écrivain, de trouver possible qu'il aille ainsi, sans vergogne, se vanter lui-même! Est-ce M. Venet, quand il écrit des livres, qui chante la gloire de M. Venet?

Voilà donc le chroniqueur sommé par M. Venet, s'il n'est pas l'auteur de la ReUgieuaey „de livrer le nom du coupable dans les quarante-huit heures, sous peine d'encourir le reproche de n'avoir aucune espèce de loyalisme.** Et comment messieurs de la littérature, qui sont tous soMdaires, ignoreraient-ils ce nom? „IIs savent tous les secrets de la d^lomatie ee de la politique , et ils ne pourraient découvrir le nom d'un individu ^i écrite presque sens» leurs yeux», ma gros livre! ^i lit

flaque jour les é^reurts j^tidast m seuMintsl (ftti partage son aecret a?Ée un atelier typogra* phiifûe, de» comiaîs,. des garçons de bureau^ sans conpter les redations camaradières dont ne daurait se passer rhomaie qui va à l'encre ?*'

Oeyant ecftte sonoaation en règle de riiuissier littéraire de la Secte, M. Louis Ulbacb n'atait pkiSi sauf le délai de quarante-huit heures, qu'à se nommer ou qu'à nommer l'abbé aux trois étoiles.

Yoici quelle a été sa réponse dans le feuilleton du Temps:

„J'invite les confrères qui me dénonçaient aux fureurs de l'Église, et j'invite les sacristains qui me dénonçaient au parquet, à choisir désormais une autre victime: la vérité me contraîfit à refuser la ^ire Saicile du joli petit martyre que Ton m'offrait.

„Je ne suis point l'abbé '^^** ; je n'ai pas écrit un mot du Maudit, je n'ai pas même achevé la lecture de la Religieuse , dont j'ignorais la première ligne avant la publication; et, s'il faut tout dire enfin, Je suis aussi désappointé que tout le public à l'endroît de la penonnalité de l'auteur. Je crois cependant avec fermeté qu'il est prêtre, et je l'estime pour son courage et sa sincérité* Quant à son nom, je ne le cberche même pas: & s'appeUe la Conscience et la Justice.''

Cette dernière parole, qui semble s'écfaaMer, oemme «ne inapîration4 du cœur loyal de M. LÔois Ulbacb, pourrait à eUe seule compenser les atta-

^8 bjûneoscs de la Seete^ Mous pmleroBa» pour cet éerivain dîstûEigiié el pour les autres organes de la critique littéraire qui oDt accueilli notre (mxfie avec bienreîUaace, le souTenir d'une douce et me gratitude.

^e pouvant pas écrire à chacun d'eui pwur teur dire mon merci bien sincère, je ks prie de prendre ces lignes, qui leur seront persooneUe* meut envoyées de nia part, conmne parole cordiale de reconnaisfiance.

Us ne se sont pas livrés à la honteuse in^uilition des hommes de la Secte, pour connaître le nom d'un prêtre obligé de cacher ses hardiesses sous le voile de l'anonyme; ils l'ont salué comme un homme de cwiviction et de cœur; et, à la place des étoiles qui cachaient son nom, par une délicate attention qui les honore, ils ont inscrit un douhle nom qui &it maintenant sa gkûre:

Conscience et Justice!

Merci à eux tous. Us ont bien vu que l'impérieuse conviction où je suis que de tristes sectaires jettent l'Église dans un abime m'a seule forcé à entreprendre ces bvres hanbs, destinés à flétrir le système dangereux de ces hommes plus malheureux que coupables dans leur fanatismo* Et M. Louis Dlhaoh était l'interprète intelMgeot de l'opinion générale, quand il disait des hommes de )a Seele : „Gn prêtre les embarrasse, cela se con^ çoit, un prêtre révélant avec doucenr et avee dou** leur les misères de l'Église !^'

12 PRBFACE.

Mes lecteurs devraient croire qu'après la dénégation si franche et si loyale de M. Louis Ulbacfa sur la paternité dé la Beligieuse, le Mande a courtoisement déclaré qn*il se tenait pour satisfait. Nullement! M. Venet est venu ergoter d'une manière misérable, dire que cette dénégation ne lui suffisait pas, et qu'il était plus facile de nier que de donner des preuves.

Digne fin de ce petit dibai littéraire, où la Secte, comme toujours, a étalé de la haine, de grossières injures et son mauvais style, je devrais ajouter une mauvaise foi complète. Qu'on en juge.

II m'avait fallu une raison prépondérante, capitale, pour m'imposer l'anonyme. Quoique, depuis trois siècles, les Jésuites, tant prônés par la Secte, eussent fréquemment publié leurs livres de discussion avec ce nom seul : „Par un Père de la Compagnie de Jésus,^* et qu'on ne se soit jamais avisé pour cela de les taxer de lâcheté et d'hypocrisie, cette raison, que tout cœur honnête comprendra, était le désir ardent de ne pas voir briser ma carrière sacerdotale. Le prêtre qui monte à l'autel, qui dirige les âmes, qui porte dans la chaire la grande parole évangélique, éprouverait une protonde douleur de se redrer du sanctuaire et d'interrompre son modeste mais fructueux apostolat dans le monde, au miUeu des bibles et des pauvres.

P&ÉFACB. 13

Eh bien! Toici ce que la Secte a vu dans cette parole ^briser ma carrière sacerdotale^:

„0 pères de la libre pensée, à quel degré d'abjection yos successeurs et yos fils sont*ib descendus! Ds n'éprouvent d'autre crainte que celle de voir leur marmite renversée. — Quand les prêtres Julio -et Loubaire courent au martyre, dans le Maudà et la Religieuse y l'auteur, qui se dit pourtant le héros de ces livres, court... à la caisse.''

Cela peut se lire dans la Revue au Monde Catholique y où le Monde puise fréquemment Cest ainsi que ces hommes comprennent le prêtre; son sacerdoce qu'il aime, c'est sa marmite qu'il regrette, et sa caisse où ne tomberaient pas les quelques sous du budget des cultes. J'ai bonté pour ces hommes I

La Secte fanatique se trouve donc maintenant en face de deux affirmations cimtradîctoires. J'étais d'abord un prêtre, un pauvre diable, vendant sa plume, pour quelques centaines de francs, à un banquier juif à demi ruiné. Je suis maintenant l'un des principaux feuilletonistes de la presse parisienne.

La Secte est aussi sûre de Tune que de l'autre de ces deux assertions. Franchement, elle n'a pas été habile dans ses recherches. Voyez ce qu'elle écrit par la plume d'un M. Chauvelot dans la Revue du Monde Catholique:

„Le loup libre penseur, aveuglé par son pre-

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sucoès, s'est trahi de la première à la dernière page de son It^re. Pour ma part , je n'avais pas lu trente lignes de la Religieuse que je ma suis écrié: Non! non! l'auteur qui a vidé ici son âme tout entière n'est point un prêtre dtfroqué, mais bien un libre penseur enfroqué/'

Certes voilà qui est de bon goût, et M. Ghauvelot, pour la pénétration, ne le cède en rien à M. Yenet. 11 est peut-être plus amusant; et nos lecteurs, heureusement peu habitués au style de la Secte, ne m'en voudront pas trop si j'ajoute encore cette citation:

„0n dit qu'avec un os fossile, l'illustre Cuvier devinait la nature et les proportions de la béte à laquelle cet os avait appartenu. Ici dans ces volumes (c'est paquets que je devrais dire), que j'ai sous les yeux, je trouve non*seulement un signe isolé, mais tous les caractères réunis et tranchés d'un philosophe humanitaire, doublé d'un romancier de bas étage, et m'est avis qu'avec un peu de bonne volonté, jointe à la connaissance parfaite que je possède de la carte philosophico-dramatioo^progressivo^humanitaire, je pourrais aisément lever le masque grossier sous lequel le véritable auteur essaye de se cacher, et, si je ne le nomme pas, il s'en faut de bien peu/*

Quel habile homme que ce M. Chauvelot! Ce Cuvi^ littéraire, en me tâlant les os, me prouvera que je ne suis pas prêtre, mais bien un libre penseur maçonnique. ^^ , X'aotour de la

BeUgtéuM oovre «rec boidienr toutes la» oilaraetM de la libre pensée. -^ Dans ses livres, Jésus^Christ, malgré quelques éqwvoques qui ne trompent personne, y est ostensiblement et bruyamment nié, nié tout entier, sa divinîté, son oduvre, ses dogmes et son Église/^ «<— Enfin, toujours dV près M. Cbauvelot, qui possède si Uen sa carte philosopbico - dramatico •< progressivo * hunianitaire, „on y trouve le circulus de M. Pierre Leroux, ia métempsycose du père Enfantin, le naturalisme de MM. Taine et Micbelet, et partout un rationalisme sans rtiison.'^

Tout cela, évidemment, selon Cuvier-Cbauvelot, n'est pas d'un prêtre, mais d'un maçon.

Il n'y a pas à répondre à ces excenirieilés calomnieuses dont le seul énoncé est la réfutation. Seulement je tiens à faire comprendre qu'elles ont un but: détourner sérieusement l'opinion du monde catholique de l'idée que le Maudit et la Religieuse soient l'oeuTre d'un prêtre. C'est la tactique du moment et le mot d'ordre du parti. Il est évident pour moi qoe j'ai frappé la Secte au ctBur; que, dans sa rage, elle ne sait qui trouver pour lui jeter toutes ses colères; qu'elle fait de la stratégie pour tromper les siens sur la valeur morale et la portée de mes écrits. Hais rien de tout cela ne réussit. C'est surtout dans les presbytères qu'à son grand désespoir ces écrits sont arrivés. Et les rapports de la Secte , parvemis de tous Ws diocèses, confirmant

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Taction puiMante de» deux ouvrages publiés, nonseulement sur le clergé des campagnes, accusé de lire peu, mais encore sur celui des villes et sur l'entourage même des palais épiscopaux. |

Je n'espère pas moins de ce nouveau livre : le Jéauùe. Inutile de dire que les personnages q[ue je mets en scène sont fictifs, et que le fond , du drame est de pure invention. Mais ce qui est .| vrai , ce sont les faits et les idées qui sont la ^ substance même du livre.

Je déclare, devant Dieu, que je ne suis animé , d'aucun sentiment de haine contre lin seul membre de la Compagnie de Jésus. Ceux que j'ai connus m'ont paru individuellement honorables; parnai eux se trouvent des hommes de quelque savoir, i et certainement beaucoup d'entre eux ont des vertus. Je n'ai jamais eu à me plaindre ni d'un i Jésuite en particulier ni de l'Ordre lui*-même. i Aussi me suis-je trouvé beaucoup plus fort en écrivant ce livre. Ce n'était pas ma cause, c'était celle de l'Église, du clergé secondaire, de l'esprit moderne de liberté et de progrès, que j'avais à Venger contre leur esprit de domination absolue et d'absorbante théocratie.

Seulement il est démontré pour moi que leur association, union hybride du clergé séculier et du moine, par sa constitution même d'ordre ini-> litant, par son ambitieuse prétention d'être le centre de l'Église, afin de distribuer le mouvement aux corps hiérarchiques, sans en excepter

k i>a]pi«lé eUft^mtee, et au graad «oiys de V£glùe enseignée, «$l ras«»€iatÎ0& k fdue dangereste qui ait pu être fonnée dans le meade modenia; qu'elle &it» par 9on Bj^slème, par soa impétiifliue ardeur, iniuie par le talent et la vertm de ses membres, un mal profond à l'Église, dont elle dÎTÎse les forces et qu'elle assimile à une exploitation humaine; qu'il y a intérêt, nécessité, pour l'Église, de dissoudre un codPps qui, disséminé sur la surface du globe, comoie une tai^e agesee d'affaires, la bk dérier nécessairement de ses voies pacifiques, et la change en une institutioa belliqueuse destinée, pour la plus grande gleûe de Dieu, à troubler la paix de tous tes peuple^; qu'enfin il y « urgeiice, pour toutes les nalietts civilisées, à» se protéger, par tous ks moyens légaux, cealre une corporation dont renseignement est, au fond, œtte faremche théocratie, destructive de toute liberté humaine, devant^ à une beure prochaine, faire régner visiblement un seul roi «ar la terre, le Bape, ou plutôt, sons ce m«i vénéré, la seide CoB^>agnie de Jésus.

Le denûer roi de Naples, père de François II, ne pensait pas autrement Au mcwoent m 4es Jésuites commencèrent, il y a qudqiMs «MMes, leur puhUi)ation théoemtiqoe ia OmUia Gciâi(h U'oa^ Û se hàU de eignifi^ aux révérend* Pères qu'ils eussent à cesser l!enseignemeDt de pareilles Uiéories, jugées par lai incompatibles avec la sûreté de sa feonronne. Us durent {transporter leurs I s

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bureaux à Rome; et plus tard un pauTre r^îgieux fat impitoyaUement exilée pour le seul crime d'ai/^r lu et conserré, quelques jours, dans sa cellule, un numéro du journal des Jésuites. Ce feiit a été raconté par le journal P Univers.

En France, nous n'avons pas à prendre les précautions excessives et odieusement arbitraires * du roi napolitain. Nous sommes assez forts pour avoir peu à redouter la , publication d'une revue comme la OivUta Oaitohca; mais je n'ose pas dire que nos institutions libérales soient assez robustes pour ne pas éprouver, à la longue, de perturbation par l'action délétère d'une société vouée à l'enseignement, douée d'une activité extrême, dont le but dernier est l'absorption de toutes les forces sociales dans l'omnipotenGe de la royauté spirituelle et temporelle des pontifes romains.

Je crois avoir fait toucher du ddgt, dans ce livre, combien a été maladroite la Compagnie de Jésus lorsque, rétablie par les papes, elle n'a pas compris qu'un ordre nouveau s'inaugurait dans le monde, et que sa première condition de durée, comme la grandeur (dt la sainteté de la tâche qu'elle pouvait remplir dans cette sodété, fondée sur de nouvelles bases, consistait à s'assimiler les principes nouveaux, à marcher avec le siècle, à être de son temps «^ de son pays, au lieu de s'imposer la lutte colossale et abrarde de faire

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ncnlor rbumanité Ters les institiaioDs que réta Grégoire YII, en plein moyen âge, et que le mond^ moderne repoussera avec une implacable horreur. Que les Jésuites aient conçu cette folle idée, qu'ils la pour^ivent avec des efforts inouïs et une persistance digne d'une meilleure cause, on le Terra dans ce . livre. Qu'ils marchent ainsi à ooe lutte dernière et inévitable, en achevant, par leurs imprudences, de réveiller les soupçons de ceux qui les supportent encore par respect pour la liberté, c'est ce qu'il n'est pas difficile de condore aujourd'hui, pensée que j'ai dû peu développer, parce que j'ai voulu la laisser à l'intelligence et à la logique de mes lecteurs. On ne peut pas faire un défi éternel à la vérité, à la raison, à la force expansive du progrès, sans que cette vérité nous dévoile, sans que cette raison Aous arrête, sans que cette force nous écrase.

Pendant que les hommes de la Secte voyaient dans le, Maudit et dans Ut Rdtgieuae des livres sortis de l'enfei:, d'autres critiques leur reprochaient de se renfermer trop étroitement dans l'orthodoxie, et de ne pousser la hardiesse qu'aux limites du gallicanisme. „Nous pouvons, dit l'un d'eux dans l'un des grands organes de la presse parisienne, rassurer les fidèles que la réputation du Maudit éloignerait de la Religieuae. Ce dernier travail est orthodoxe, et l'on peut, sans crainte d'y Rencontrer le poison de l'hérésie, en faire sa kctare et son profit.'' On comprend ma réponse.

Je Iresie ddnis Tôtihodôxie, âuftottt psttce qèe ^tk c^victions sokit orthodoxes, €i ifie j'ai dû mè respecter, même au milieu des éearts que sém^ blaît tolérer le romaii; mais fy reste encore, et c^est ce que mon illustre critique Va pas entrevu, parce que la sainte cause du progrès dans PÉglfsë, que je ne sépare pas, comme il le suppose fettiS'sèment, du progrès de l'humanité, eût été" cota»promise par une profession de foi hétérodoxe.

On aurait demandé avec raison au prétré, auteur du Maudit et de la Beltgtèuse, et se jetant hors des barrières du symbole, pourquoi, ^ennemi de TÉglise, il viendrait se dire, dans son sein, un réformateur pacifique^ un transformateur? Les Veuillot, les Venet et les Chauvelot euèsèfiit été forts contre moi. C'est précîsémetot cette orthodoxie rigoureuse qui est leur désespoir. Ifi» peuvent rugir, me jeter leurs injures, et les phrs grossières encore; ils peuvent, pour troiftpet les niais de la "Secte, qui ne manquent pas dé lès croire sûr parole, avancer ^ute j'attaque le Christ, sa loi, son Église ; ce qu'ils ne peuvent pas pfo^ dttire, c'est un passage enseignant, d'une manièfre formelle, et intentionnellement, une grave «rrcfcn* dogmatique.

Qu'on y prenne garde 1 si le christidrnisme est divin, il sera un jour définitivement la grande teligîon de rhumanîté. Est-ce mieux servir la cause du progrès, de procéder par des tiégatîbtis du dogme, iiui n'ètft pas avec elles leur force de

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démoostraUoD, que de préparer, pour la libre pensée comme pour la foi elle-même, le terrain de la conciliation dans l'avenir? S*il restait quelque chose de mes livres, ce serait surtout mon courage à repousser la négation, trop rigoureuse, que fait notre siède du symbole chrétien, en même temps que d'affirmer, avec énergie, pour rÉglise, le besoin de 'sortir du rigorisme de la lettre, afin d'attirer à elle les esprits élevés qui se font, des croyances nécessaires à l'homme, me compréheùsion moins étroite et moins formaliste.

Ici je serai compris des hommes de bonne foi dans le camp de la libre pensée. Ds seraieot bien inconséquents d'imiter le refus de conciliation qu'ils reprochent si justement au sacerdoce officiel £t feraient-ils autre chose, s'ils repoussaient les hommes de l'orthodoxie, qui veulent leur tendre loyalement la main, sans renier, jusqu'à bonne preuve du contraire, ce qu'ils croient divin et impérissable dans leur symbole?

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