‹ Le jésuiteChapitre 3 sur 32 · SUITE DES LIBRES PENSEURS · texte numérisé non relu

SUITE DES LIBRES PENSEURS

Le Mcndôy en annonçanl ToBuvre nouvelle de M. Louis Veudlot, a donùé pour spedmen du style de ce spirituel écriyaÎQ l^article qui attaque l'auteur du Maudit et de la Religieuse.

Cher monsieur Veuillot,

Que TOUS êtes donc aimable de nous apprendre, par un écrit public, que vous êtes encore dans le inonde! Yraiment, je tous croyais au fond de quelque bonne et douce moinerie, mort à toutes les choses de la terre, et vous délectant à réciter pieusement votre chapelet Cela vous va si bien, que je me figure toujours votre illustre personnage, dans cette attitude si humble, marmottant

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ses Ave sur les trottoirs, comme on peut wns rencontrer à la brune.

Et voilà que vous donnez une suite â vos Libres penseurs!

C'est bien hardi.

Yous aviez tant d'esprit autrefois, qu'il vous faut une dose assez fort d'audace, pour oser croire que odiB qui vous reste est à la bauteur d'un livre à sensation.

Yous vous êtes décidé cependant. Que Dieu vous soit en aide!

Je vais vous étonner, cher monsieur Yeuiltot, mais je vous dirai que moi, si amoureux de toutes les exentricités qui tombent de votre plume, je ne lirai pas votre Suite des Libres p^fMêwrs»

Fotirquoi donc? Serait-ce parce que j'y suis attaqué?

Pas le moins du mondé. Cest parce que j'y suis mal attaqué.

Comment! vous n'avez que cela à dire contre l'auteur du Maudit et de la Religteusef Mais c'est pitié, monsieur Yeuillot, c'est pitié!

Yous avez lu ces deux romans, et vous corn*mettez l'étrange erreur de me prêter l'idée „de diffemer le clergé pour diffamer la reïgîon.

Yisilà qui est fort!

Hs sont loin, monsieur, les jours où vous éties une puisisance; où votre parole, tout indiibée de la sève de la virflM, imprimait un stigmate et

PAR h'^ÊÊÉ ^^ 2&

c9lrrodaft un nom, eotome to feu. Vous ne ram pk» celle sAve, et oonne le ne«K Priani réfugié près de Tautd, ?ou8 m jetée qu'une flèdie trem* Maate, tdum imidle.

Je vene eusse redeuté alore. Je ne ▼oudrakpas aller à la poelérité, avec les rades coo^ de T«rges qm j'eusse reçus de tous dans les Libres pemewrs. U m'est indifférent aujourd'hoî que» veos me jetiez de grosses injures, dans cetta queue de petites satires oà voue serez méciienV quand il faudrait être iociaif, et vulgaire quand Û faudrait être plaisant /

Hélas! monsieur Yemllot, le mefw dMmior TOUS a fin. Vous laissez cela aux plus jeunes, à oeux qui font eneore ce beau rêve d'idéal qui s'est terminé poiHr vous dans les visions de Marie» d'Agréda et de sœur Bmmerick Perdu, noyé dans ce monde mystique, où l'on croit à toutes ks' folles qui ont des taches aux mains et au côté gauche, et où l'on se figure que Dieu parle pap des images de la Yierge, en^ lui faisant rouler dé«* Totement les yeux, „doucement agiter le sein,^^ que pouvez-vous nous dire msuntenant de sérieux et de vrai?

Jugez-en par mon exemple.

Comne tous les hommes du sacerdoce qui ont vu, avec douleur , la décadence effrayante où se traîne le Catholicisme, qui surtout ont étudié de près l'infioenoe néfaste que voire écok exerce, sur l'É^te» écele qui est constituée, dqiuis vingt

S6 tJE jiflPn'B.

an», en une secte dominuliice et b«liiQiiS0, rçut* kirt diriger le amide^ omiDie les Jésuites o&l k prélentioB de^ k taira et de l'Église et du. Pifie lui-même, j'ai dû chercher à dévoiler le dMigtf de rinflnence de votre écok, et à montrer Tabime où court rafiidement le Catholicisme.

Je pouvais remplir cette tâche difficile par des éorits de Cormes diverses: livres de polemiquey articks de journaux, dkcusaioiis de toutes sortes. Avant moi, d'autres l'ont essayé; et j'ai vu que eeUe guerre de plume ne les a pas menés loin. Ils signalaient les tendances de votre parti, ils rdevaient, avec plus ou moins de force, quelquesuns de vos paradoxes; mais la Secte qm s'appelle ,4égion," se riait de ses escarmouches isolées dont elle ressentait à peine les blessures.

Déddé à entrer dans la lutte après eux, je ooBçus un plan plus hardi. Je songeai aux masses et k la fcHrme littéraire qui va le mieux aux masses, le roman. Le Maudit et la KeUgieuse parurent

Coupable vous-même de certains romans, entre autres de rJSofmête Femme^ vous ne pouvez pas me faire un crime d'avoir eu recours à ce gaire littéraire.

J'ai été net, vigoureux, incisif. J'ai tourné et retourné le scalpel dans les blessures que je faisak. Sans pitié poui: vos folks doctrines je les ai étakes avec leurs nudités honteuses, je les ai fait toucher du doigt; et le cri d'immense dou-

PAR L'âttW *« «

leur poitesé* ptr les vdtres, «t qmi je ?out ai ar^ ndié à ▼009-niéne, m'« proqfé qiie J-ams pm* fondement sondé la plaie dn Catlielicisnie^ et qw favais fraisé juste.

Mais, Bibnmnr, de ces attaqaes ardentes contre votre dangereuse coterie il y a km, ioiBiensé^ ■ent loin, à ce qne tous Tonlez bien appet«r «ne attaque contre la religion. Il serait étrango que j'eusse pour but de diffiimer la reHgioi^ eooune vous le dites, et qu'en- même temps, je ne m'attaquasse qu'aux doctrines qui la défigurei^ qa'aux hommes qui la font détester. A-t-on pour but de désbonor«r une œuTre d'art, lorsqu'on so plaint du grossier badigeon dont on l'a recoureite^ aux âges de barbarie, lorsqu'on se met à Peravre pour enlever ce badigeon honteux? Il est érident, pour tous ceux qui ont lu mes liires, que mon bat est précisément de sauvegarder l'muvre di* nne dans l'Église, en cherchant à la dégager des saperfétations humaines.

Que je me trompe dans cette pensée, qu'elle Mit ou non exécutable, que Fœuvre doive marcher telle qu'elle est, — c'est votre théorie, avec son cortège d'institutions nées aux vieux âges, ou se transformer, en s'assimilant le monde moderne, ce qne je pense, et ce que pensent avec moi bon nombre, de hautes et de belles intelligences, U n'en reste pas moins que vous me calomnies sciemment, en appelant „infâme'^ l'œuvre conra* pose oà je cherche à démontrer, pour le d>ris-

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