Û9 LE JI«SO|T
iKHia» je i^'eatdonne pa^ipimpr sa am à. malheureose Société, rentrée si miraculeuflenievl en France.
,,Priez Dieu, ma digne et r espectsMe amîe...
„R<MUNBT, S. S:
^MoBtronge, U août 1626.''
Le bon vieillard ne devait se tromper que de quelques mois sur la date de la catastrophe.
Ka vooation.
Je m'étais senti de tout temps une vocation prononcée pour Tétat sacerdotal; mais, soit itorpressions personnelles que j'avais éprouvées à chacune des vacances que j'avais passées dans ma famille, soit influence des idées qui dominaient chez nos Pères à Saint-Acbeul, j'avais une grande répulsioA pour le clergé séculier. Ces prêtres de paroisse, comme on les appelait ches nous, me paraissaient, dans. TÉgUse, des êtres tout à fût secondaires, trq[» absorbés dans les labeurs du ministère pour pouvoir jamais s'élever à une grande sainteté. A voir la différence que ma mèrer dûBt
k fiéêk tonte rempiié cPne infinité 4e ppAti^n défotiaasas, — ce qui étsit alors pou? moi ri<léalde la piété, — mettait entre le Père Romanet . et le Goré de sa paroisse , les égards pleins ée déférence qu'elle prodiguait au Jésuite et la poli* tesse exacte, mais un peu hautaine qu'dle ac^ cordait à l'antre, je ne pouvais douter que lo mérite ^un révérend Père ne fût trè»-supérieur* à alnî d'un simple prêtre.
Je n'entendais autour de imoi, à Saînt*Acheul, que des railleries sur ces pauvres prêtres de» dergé séculier; on supposait à peine qu'ils fussent prêtres; et j'entendis répéter mille fois, pendant le temps que je passai au collège, cet axiome que' je m'avisai bien tard de mettre en doute: „I1 n'y a de boi» prêtres que les Jésuites/'
Ce mot amer, qui était une odieuse flétrissure pour tout le clergé de la catholicité, chatouillait la vanité sans bornes des Jésuites. Je l'ai entendu prononcer bi^fi des fois devant eux, sans que leur ptdeor se soit révoltée, et je ne les ai jamais^ TUS imposer un silence décent à ceux qui se ren^ daient eoupd)les de cette flatterie, plus méprisante encore pour le reste des prêtres qu'honorable pour rOrdre. Quand, plus tard, j'ai pu réfléchir à ee peu de vergogne, j'en fus blessé pour l'Église, qoe je mets aujourd'hui au-dessus d'une corpo^* ration, quelle qu'elle soit, qui est en nombre in^ fime dans son; seiui Ce qui me prouva que les* iéwdte» se crojaienl sérieusement les uniipiesF
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prétr», €'«ftt que, durant tout ie tetnpt 4e mon édiieatioBy je ne les ai jamais vos conseiller à un ^des jeimes hommes qui témoignaient un désir quelconque d'être prêtres, d'entrer dans un séminaire diocésain. Ils les savaient si bien circon* venir qu'ils les dirigeaient tous vers leurs noviciats. C'était un temps où beaucoup de diocèses de France avaient une véritable pénurie de prêtres. Eh bien! ceux de leurs élèves qui, à la fin de leurs études, allaient au séminaire, le faisaient, ou à l'insu des Pères, ou sans les consulter.
Encore aujourd'hui, au moment où je mets en ordre mes souvenirs, je sais qu'il ne sort pas de prêtres des nombreux collèges de Jésuites répandus dans toutes les provinces. Et cependant certains diocèses, soit par la mort, soit par la retraite de beaucoup de prêtres, ont de la peine à remplir les postes demeurés vacants.
11 faut cependant leur rendre toute justice: ils ne cherchaient pas à influencer les vocations. L'expérience sans doute leur avait appris qu'on réussit mal par ce procédé. Ils pouvaient croire que l'éclat dont ils s'entouraient, le rôle brillant qu'ils paraissaient jouer, comme le corps délite du catholicisme, les cérémonies pompeuses qu'ît» prodiguaient dans le cuite, leurs livres si habilement écrits pour faire converger, sur eux-mêmes et sur leur ordre, un sentiment de perpétuelle vénération, seraient plus puissants que Tappel foit, au nom des besoins de l'Église, par le clergé sé-
I PAR i/^mi ♦^ Ut
culier. En cela, ils ne &'étaie«t pas trompés. P«iir ma part, j'aUeste qu'ils ne me parièreni Jamais de me faire prêtre jel d'entrer dans leur ordre;, mais mon amour pour eux était si ardent, si excessif^ qu'au moment où il fallut me décider sur ma yecation, je n'eus que cette pensée: Dans quelques mois, j'entrerai au noviciat des bons Pères.
Nous étions en septembre 1828. Mon père, ma mère, mon frère et |poi, nous passions les vacances dans une de nos terres de SeiQe*et*Marne. Le cbâteau de ^^'^^ à quatre lieues de Melun, était l'babitation favorite de mon père pendant Tété. Comme c'est là que j'ai eu chaque année les seules jouissances de la vie de famille que je paisse me rappeler, ce séjour se représente à moi avec tous ses charmes. C'est un vieux château du temps de Henri IV, bâti dans une riante vallée qu'arrose une petite rivière, l'un des affluents de la Seine. La vallée est ombreuse; et, dans le baut, ses beaux arbres touchent à ceux de la magnifique forél de Fontainebleau. Le château, bâti à la mode du temps, était entouré d'eau de toutes parts. De vastes et belles servitudes, construites plus loin, donnaient à l'habitation un air princier dont j'étais assez fier dans ma petite importance de jeune vicomte. Je vois de là la grande diapelle qui servait d'église au village. Mon père, qui avait parcouru les beaux, parcs de l'Angleterre, fit de *** une merveille. 11 distri-
lia tB lÉNJITK
bna le» arbrei en inaBsib, flt dtepamttrë tontes lei ddturefl autour du cbàteau et éteidk la pekuae jusqu'aux vastes prafdes, qu'il peupla de gracieux bouquets de verdure. Des ponts rusH tiqnes serraient à traverser la rivière sinueuse, au ddà de laquelle le regard allait se perdre dans un bois de magnifiques arlHres verts. C'est là que mon frère et moi nous prenions, enfants, nos joyeux ébats. Le futur diplomate, dont mon père s'était beaucoup occupé, sortait cbaque année de son collège, plus diable que jamais, et mettait à l'épreuve toute la patience de ce digne père. Je vous l'avais bien prédit, — c'était le mot de ma mère, — quand il se plaignait à elle de ce ter^* rible aîné, qu'il ne pouvait fixer à rien et qui ne révMt que les plaisirs les plus extravagants. Évidemment, mieux façonné par les Jésuites, j'étais un ange pour ma mère. Cela ne m'empècbait pas de faire, avec monsieur l'afné, une foule d'escapades que nous déguisions avec une incroyable habileté. Dans ce métier-là, c'était moi qui étais le diplomate, et celui qu'on appelait le mauvais sujet était toujours sur le point, dans sa brusque franchise, de tout avouer; mais je tenais bon, et, sans mentir précisément, je trouvais toujours quelque subterfuge, et nous échappions ainsi à des punitions bien méritées.
Ce beau séjour, que je ne me rappelle qu'avec délices^ ne porta pas bonheur à notre famiUe:
PAU L'ABBÉ *** 113
pep d'années aprèa^ mes joies d'àdolesçeitt furent
cruellement attristées.
Mon frère était devenu un jeune homme des plus charmants. Il avait dix-huit ans, et depuis deux ans il se livrait sérieusement à l'étude.
Notre père ne s'était pas trompé dans ses plans d'éducation. Il y avait entre mon frère, élevé pour être un homme du monde, et moi, une différence qui était toute à son honneur. Il me surpassait en connaissances, en netteté d'idées, en droiture de caractère. U avait cette fleur de loyauté et de franchise qui donne tant de charme à l'adolescence et qui fait ensuite les âmes bien trempées. Tout cela s'était développé dans un milieu où les natures n'ont d'autre gêne que la discipline du collège, gêne peu pénible en réalité, parce que tous s'y soumettent et qu'elle est la condition de toute réunion d'hommes.
En comparant plus tard cette éducation à celle que j'avais reçue à Saint-Âcheul, j'ai très^bien vu que les habitudes de vie monastique, imposées à de jeunes hommes, ne servent ni à donner le véritable sentiment religieux ni à former des natures viriles. U n'est pas bon pour l'adolescent d'être trop tenu par la lisière, d'être enlacé dans les mailles épaisses des routines de la dévotion. J'ai rencontré plus tard, dans le monde, de mes condisciples de Saint-Âcheul, qui m'ont avoué n'être plus allés à la messe, avoir ab^indonné la I 8
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fessions et de messes (^).
' Les Jésuites ne sont pas plus expérimentés sur cria "que les plus vulgaires éducateurs, qui croient sauver Tadoleseence en lui mettant en main un chapelet ou un livre de prières.
Ce qu'aucune éducation ne change, pas plus les maisons des Jésuites que les collèges de TÛniversité, ce sont les goûts d'instinc^. Mon frère était terrible pour aimer le mouvement, la chasse, les chevaux, le bruit de toute espèce. Il tenait de sa vieille race Thumeur batailleuse, et s'il avati pu, comme un baron du dixième siècle, réunir autour de lui ses vassaux, il aurait courti^. à tout hasard les aventures. Il était habile à manier Tarme blanche; il adorait les chevtiux. Pour iui, prendre le fier coursier, le saisir à poii, sans rien qu'un simple filet pour le conduire, c'était la joie suprême.
Un jour de nos vacances, qu'il faisait une de ces fortes chaleurs d'automne, si favorables à la maturité du raisin, j'étais sous un énorme sureau, aux grappes noires et pourprées, qui était né dans le mur même du revêtement de bassin tlont
(') ^Combien pensez-vous que, sur les Jeuties g«îiB qui sortent de Saint- Aeheul, U y en ait qui ^persévèrent. „c'e6t-à-dire qui fassent leurs pâques la première année? Un sur trente. Les vingt-neuf autres deviennent pires que tout ce* qui sort des écoles.'^ (CorrespdndiuiCd dd LamennaiB, 18 mars 1826.)
PAU Vàmû *♦♦ ' 116
le château était entouré. É'arbre noaeux s?att isrgement étendu ses branches sar la pelovse du parc et sur Peau dormante, où elles se reflétaient Uzarrement J'étais seul. Je lisais un de ces H* ▼res de la poésie moderne, qui ne pénètrent jamais dans les edléges des Pères, et qui n'ont que phis d'attrait pour l'adolescence. J'avais enh tendu parier des admirables Méditations de Lamartine; je les lisais. Ai>je besoin de dire que je pleurais en les lisant?
Tout à coup ^entendis des cris broyants. Mon frère sortait des écuries sur un de nos jeunes chevaux, à peine dompté; et, selon st. manie, il était à poil. Le valet d'écurie criait ('le tontes ses forces: «r- Mon Dieu! mon Dieu! il «efera tuer! — Mon frère riait aux éclats, en ll'app^nt imbécile!
La béte, retenue par un simple filet, se Mit à «uivre tous ses caprices et à emporter ie jemio cavalier dans l'une des allées sablées et', tortueuses dn parc. De loin en loin, je les voyais par les échappées qui donnaient vue sur le château, et mon ciail inquiet suivait tous leurs mouvements. Mon frère paraissait maître du jeunci cheval. Mais, bientôt, j'entendis du bruit près 'de moi; c'était la bête furieuse et éeumante, qui revenait vers son écurie dans un galop effréné. Je me levai aussitôt pour chercher à arrêter le dieval, au moins pour le détourner du chemin que je lui voyais prendre. -Hélas! je ne fis que luitm^ph^er
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plus de frayeur. Il bondit prte de moi et, comme s*iJ eût voulu se débarrasser d'un; aiguillon qui lui eût labouré le flanc, je. le vis, dans un mouvement rapide, se rapprocher de Tarbre que je venais de quitter et dont le tronc noueux formait comme un poteau élevé. Vainement mon frère, qui vit le danger, se serra contre le coursier: il fut saisi par la jambe, et le cheval, profitant du moment où mon frère cherchait ^ se dégager, se cabra et lança le malheureux jeune homme sur le parapet du bassin et de là dans le bassin luimême. Mon frère jeta un cri de détresse qui se perdit dans les noires eaux où il disparut
Je ne savais pas nager: le large bassin était très-profond. Je n'écoutai quc^mon cœur; je me jetai dans l'eau, espérant avoir pied quelque temps et pouvoir atteindre mon frère. Il me semblait qu'il y avait peu de distance de l'endroit où je l'avais vu disparaître, au bord du bassin près duquel je me eramponnais à quelques longues touffes d-iris. Mais je n'avais pour moi que mon courage. Le bord glissant ne put me soutenir. Je poussai un cri de suprême désespoir et je disparus moi-même.
Que se passa- t-il? Je l'ignore. Il dut se faire un silence lugubre. Ce silence, succédant au cri que j'avais poussé, nous sauva. Ma mère était au salon. Un pressentiment terrible la saisit. — Mon ami, dit-elle à mon père, j'ai entendu un cri«.. Où sont nos enfants?... Ahl mon Dieu 1...
i»AB l'amib ♦♦♦ HT
Elle se leva. Mon père se précipita du eM eè le cri s'était fait entendre. Il arriva sur les pdoases; noos n'étions pas là. Le cheval fougueux arrivait dans ce moment, la bouche écu* mante et tout eilisiré, à son écurie. — Il y a eu nn malheur, s'écria le valet. — On nous avait ms il n'y avait pas cinq minutes. ;.Mon mouchoir, le livre de poésies étaient là, sur la pelouse, auprès de l'arbre fatal.
Qu'étions-no'us devenus?
Mon père suivit son instinct. Ce livre, ce mouchoir furent pour lui une révélation.
— Ils sont dans le bassin! s'écria-t-il.
Mon père se jette à l'eau; les nombreux domestiques font comme lui. Ma mère, à genoux 8or la pelouse, demande à Dieu de lui rendre ses enfants.
Bientôt on retire de l'eau deux corps inanimés.
Je ne gardai qu'un seul souvenir du moment où je sentis que je perdais pied et que le gouffre m'attirait à lui. Quelque chose de dur, comme une main de fer, m'avait saisi par les deux jambes. C'était mon frère qui se débattait dans un suprême effort Je m'étais évanoui après une horrible suffocation.
Quand on nous retira de l'eau, nous formions un groupe étrange. Mon frère me tenait si fortement enlacé, et il était lui-même dans un état de ri^ité telle, qu'on eut bien de la peine à le
tl8 lE JW0IT6
détacher de aioL On nous porta dans nos lits. Tous les soins les plus intelligeuts nous farettt prodiguée Je revins biienlôt à la ?ie. Mon pre~ uàw mot, mon premier regard fur^t pour ma mère; eJie me serra sur son coBur avec amour; ifiais mon^ frère était toujours là, pâle, défigané; et mes malheureux parents étaient encore fous de^ désespoir. Ce ne fut que longtemps après qu'on sentit quelques battements au cœur de mon frère. Il était tombé tout en sueur dans cette eau noire et glaciale, que je vois encore en écriyan^ ces lignes et don£ le souvenir me fait trembler. Il fut pourtant rendu à la vie.
(te espéra que cet accident n'aurait de suite, pas plus pour l'un que pour l'autre de nous deux; mais, tandis que j'étais fier et alerte trois ou quatre jours après, il n'en fut pas de même pour mon pauvre frère. Une fièvre terrible le saisit Une fluxion de poitrine se déclara. Il guérit pourtant. On revint à Paris après les vacances. Mais cet adolescent, admirable de beauté et de force, n'était plus qu'un squelette. Dans les premiers jours de février 1828, pendant que je faisais mes dernières années d'humanités, une grande lettre, timbrée de noir, adressée au Père Recteur, le chargeait de m'apprendre la triste nouvelle que j'avais perdu ce frère bien-aimé.
Ce fut la première grande douleur d'une vie où il y a eu tant d'autres douleurs.
Je fus longtemps à me remettre de 6e pro--
PA* L'AUBE *** n»
n'ayant encore, dans ce monde, donné bm larr geoaent de mon cœur iqu'à ma mère et à ce frère que j'adoraift» il y eut un vide aiTreia ea 190^ et ie compris le mal que les affections terrestre^ me feraient un jour, si je n'échappais pas ^ monde, nourri que j'étais de l'idée stupide que toute affection vive est un vol fait à Dieu.
Ce funeste accident me raffermit encore dans ma vocation.
Les Pères, je le vis bien, furent atterrés ep apprenant la mort de mon frère. Us fondaient sur moi de grandes, espérances. Je- sus plus tard qu'il entrait dans Jleur système de recruteur 1^ plus possible dans les f^iaailles aristocratiques, a^ d'ajouter l'édat du nom à celui de l'Ordre. Og s'attendait, d'un jour à l'autre, que mon père me retirerait et me placerait dans une école univewr taire, où je pourrais, devenu son unique héritier, prendre des goûts du monde.
Fidèles à leur système, ils ne me dirent pai un mot, ne firent pas une allusion qui pût dér voiler leurs craintes. Seulement je vis bien qu'ils redoublaient d'attentions pour moi. Comme, penr dant toutes mes études, j'avais constamment sa* tisfait mes maîtres, cette espèce de distinction dans les soins et la bienveillance, surtout à ua moment où ma santé était altérée par suite de ma profonde douleur, ne cboqua personne paripi mes caodisfiiplea. J'étais l'un des plus ayaucél
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èâm mes homanîtés : elles allaient fifur dam ^«^ qiiea mois.
Ce fat alors que mon cœur, surexcité par la perte de mon frère, se porta de vive aflbction vers l'un de nos Pères, arrivé récemment à Sainf- Acheul. Les Jésuites, qui ne négligeaient rien^ le mirent peu à peu en relations intimes avec moi. C'était le Père de Montgazin.
Ils avaient évidemment leur but.
La Société de Jésus accueille dans son sein trois sortes d'hommes: des hommes riches, bien qu'ils n'aient ni naissance ni talent; des hommes de naissance, sans talent ni fortune; des hommes de talent, sans fortune ni naissance. Elle aime les premiers, comme fournissant ce puissant le* vier avec lequel on remue le monde, l'or. Ces Pères garnissent les caisses de la Société. Ce sont d'honnêtes commanditaires de la grande agence religieuse. Us ont fourni leur appoint; ils aiment la Société comme leur chose, comme le domaine temporel qu'ils ont aidé à acquérir. Un Ordre pauvre ne ferait rien. Ignace de Loyola, qui était un saint, avait établi son Ordre sur les bases d'un dénûroent absolu des richesses de ce monde; et, dans les Constitutions, approuvées successivement par les Papes, l'Ordre est classé parmi les ordres mendiants. Tout cela a 'duré l'âge héroïque de la fondation. Les successeurs du saint, Laynez, Aqua~ viva, comprirent que la vie pauvre, détachée, souffrante, au sein d'un ordre qui attendrait k
PAI l'aȎ *** 121
pitMiee de son ieDdemaÎB des aaindnes de la eha«> rite, ferait petite figore au milieu du siècle. Aussi s'enpressèrent^ils de laisser, comme lettre morte, l'article des CoBstitalions qui défend de posséder, et firest-ite tous leurs efforts pour assurer à rOrdre la prépoudérance que donne la richesse. Je reviendrai sur cette révélation curieuse qui prouve que l'esprit primitif de la fondation de lillustre saint Ignace ne put lui survivre, et que l'Ordre, pour être militant, eut besoin de ce qui &it partout le nerf de la guerre.
Les Jésintes modernes cachent, avec le plus grand soin, cette déviation radicale de leur instittttion primitive. Et le Père de Ravignan, dans son petit livre apologétique, tout en défendant le tanquam ac cadaver, s'est bien gardé d'appren* dre an dix-nenvième siècle que les Jésuites ne devaient attendre le pain du jbur que de la Providence. Il y aurait eu dans le monde un long éclat de rire sur ces pauvres gens qui possèdent eo portefeuille des millions.
Après les hommes riches, la Société recherche les hommes de naissance. Nous avons beau avancer en civilisation, nous prisons toujours forte* ment ceux qui tiennent aux grandes familles. Et les Jésuites sont encore trop peu chrétiens pour estimer l'âme humaine à son unique valeur. €'é* tait bon peut-être au temps de saint Ignace.^
Cependant la Société a compris que ni la richesse ni la nussance n'étaient la grande force
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motrice des obo«0s: cette foroe^ c^t le tajyoM: mem agiiut tndem: c«lle^i 8eu)e raiDve la ino^d^* Elle a donc largement ootivoité lea hoiDHiea de parole, les hommes de science, les bommes d'érudition. Et comBie eUe avait, d'autre part, ses riches et ses grands, elle n'a pas ^igé qut ks hommes d'esprit arrivassent chez elle avec d'autre bagage que leur valeur intellectuelle. Le Père de Hontgaein, qui a été, dans la Société, mon ami de cœur, réunissait deux de ces avantages si recherchés par les Jésuites. C'était le fils cadet d'une des plus anciennes familles du midi de la France, et c'était un esprit d'élite, une de ce9 intelligences aux aptitudes très-diverses, mais maaquant un peu de profondeur. C'est peut-être, de tous les Jésuites français, celui en qui j'ai trouvé le mérite le plus incontestable et que la Société, accoutumée à surfaire les siens, n'a jamais trop vanté.
Le Père de Montgaein était très-sensible: il lui avait fallu lutter, dans la Société, contre cette grande puissance de l'âme humaine, inutile, , dangereuse même dans les ordres religieux. Il avait retiré de ce triomphe sur lui-même une habitude de mélancoh'e qui, de prime abord, en faisait un homme séduisant Aussi était-il adoré des tièves de Saint- Acheul; et on pouvait le regarder comme un des hommes destinés à arriver, un jour, aux premières charges de l'Ordre. J'ai toiy^^tirs cru, depuis que je connais l'osprit de la* Société, qu'il
PAB l'abbé *♦♦ 128
m'unît été doBBé par iea Ptees pour me gagner k tu; et je dois les- féUcil^ xle oexhoà^ car il prit sur moi un empire absolu, uniquem^it par 1 affection vive qu'il m'inspira. Celui qu'on aima est hifintét un idéal. Je ne w rien de beau et de bon au monde que le Père de Montgazis. Ja sentais avec lai, je vivais de kii Les Pères andem Irionaphé. £n moins de six semaines, mes dé* terioinatioQs, peut-étkre encore chancelantes, foreat définitivement arrêtées: j'étais Jésuite.
vn
Soène terrible avec vote mère.
J'ayais près de dix-buit ans: mes humanités étaient finies. Saint-Acheui ne pouvait plus m'offrir de cours que ja dusse suivre encore. Mon confesseur, qui savait, par le Père de Montgazin, ee qui se passait en moi, ne me parla plus comme à un jeune homme qui allait courir les dangers da monde; mais, prenant un ton prophétique:
— Mon enfant, me dit-il, vous êtes appelé de Dieu à autre chose^ qu'à la vie vulgaire, dans ce siècle. Votre âme pure, votre simplicité de cœur, votre ardeur pour le bien voua assignant
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une Tocation plus parfaite. SorCei des Toies bat» tues! N'allez pas Toas traîner dans les chemim souillés du monde. Dieu vous appelle; soyez à Dieu!
Je n'étais plus un homme, en sortant de ce dernier entretien avec le prêtre qui m'avait dirigé dès mon amvée au collège des Pères. J'eus un Moment de ces entraînements extatiques, de ces aspirations ardentes vers l'idëal, qu'on ne comprend guère qu'en se transportant, par le souvenir, à ses dix-buit ans. Il me sembla que ce n'était pas un prêtre, pas même un ange, mais Dieu lui-même qui, tout à coup, sans préparation à cette parole révélatrice, venait me dire: Le siècle ne peut être rien pour toi; tu dois entrer dans la vie religieuse!
Mon excellente mère vint me chercher au collège; et, le jour de la distribution des prix, je lui donnai, en déposant sur ses genoux mes lauriers classiques, les dernières joies qu'elle devait éprouver de ce fils unique qu'elle aimait jusqu'à l'idolâtrie.
Mes mémoires intimes seraient trop longs si je devais raconter, avec quelque détail, ce qui se passa entre elle et moi. A mon arrivée à Paris je ne trouvai pas mon père. Il était dans notre terre de Seine-et-Marne. Et ma mère me dit: comme n*y attachant aucune importance: — Ton père, depuis quelque tenl&ps, n'est pas bien. Les médecins lui ont conseillé de quitter ***, où il se
PAU L'jMi ♦^ 185
eonsiune de douleur, au tomemt de la perte de ton pauvre frère. Noua n'avons pu l'arracher de là. J'ai bien des peines; mais tu seras ma coDsolation...
Je dois seulement raconter l'unique scène qui 8e passa entre nous deux, au sujet de Tétai que j'allais prendre.
Dès les premières paroles que nous échangeâmes, ma mère et moi, au sujet de mon avenir, je vis que j'aurais à soutenir, de sa part, une opposition formidable. Autant je l'avais vue, autrefois, trouver très-bon que son cadet s'eflaçàt, qu'entrant dans le sacerdoce il laissât au frère aine la grande fortune des Sainte-Maure, autant, devant ce fils devenu l'ainé à son tour, je la vis trembler qu'une résolution invincible lui ravit l'espoir de voir se continuer notre race.
Après des paroles habilement dites, mais qui tombaient sans force sur mes fougueuses obstinations, je vis que la patience commençait à lui échapper. Elle cessa de me parler sur le ton insinuant qu'elle avait pris d'abord, et je ne fus pas peu étonné de l'entendre me dire:
— Vous ne comprenez donc pas? Vous êtes le dernier rejeton des Sainte-Maure: l'honneur, la conscience vous commandent de ne pas laisser s'éteindre cette famille illustre. •
— Oh 1 ma mère ; mais je n'ai nullement ridée du mariage, je vous assure. J'ai une idée absolument contraire.
13( X6 lé^mtE
-^ Serjei^ow de eet jeunes gens qui ne sa* vent que oontrisler leurs parents par leur désobéissance?
— Yous obéir ferait toute ma joie, en ce gai ne toucherait pas ma conscience; mais vous n'avez là aucun droit Vous ne pouvez pas faire que j'aie le goût du mariage, lorsque je trouve en moi un entraînement invincible vers le cloître.
Ce mot parut tomber sur elle comme un éclat de foudre.
— Vous êtes fou! reprit-elle en cherchant à se dominer. Oui, nous connaissons cela. A dixhuit ans, toutes les jeunes filles de grande maison, au Sacré-Cœur, veulent être religieuses, tous les élèves des Jésuites veulent entrer au noviciat Cela n'empêche pas, ajouta*t-elle avec un solaire qu'elle composa pour le besoin de la cause, qu'on les marie bel et bien les uns avec les autres, et qu'ils ne témoignent pas trop de regret d'avoir obéi à leurs parents, plus sages qu'eux. Les révérends Pères réussissent encore mieux à cela qu'à leur donner la vocation.
— Je puis, ma mère, vous affirmer devant Dieu que les Jésuites n'ont jamais dit un mot pour m'attirer dans leur Ordre.
— Ah! je le crois bien» ils sont trop fins pour cela; mais je vous aurais bien vite con- Tsincu du contraire, si je* pouvais voos faare cer* taines révélations.
— Je M Vous demande pas cela, ma mèi^ J'ai mefi con?ielions; je n'en cherche pas d'antres^
— Pauvre innocent! Tous ne les ooimaisBet pas, tes bons Pères I
Ces paroles me blessèrent
~- Mais c'est yeus qui m'avez appris à les aimer, les bons Pères; vous qui me les présen* tiez comme l'idéal religieux. Âves-vous changé d'avis, ma mère, que vous puissiez m'accuser de erédalité à leur égard? C'est sur votre parole alors que je me serais trompé.
Elle vit qu'elle était allée trop loin.
— Je ne dis pas qu'ils ne soient pas de bons prêtres; mais je sais pertinemment qu'ils etissent été enchantés de vous garder pour eux. Et je vous avoue que c'était là un de mes chagrins.
— Ma mère, vous m'étonnez à votre toun Soyez franche! En me mettant chez eux, étiez- Teos fôchée qu'ils m'inspirassent des idées de re^ ooncement au monde ? Ma mère, répondez'-moil
Cetle interrogation ne la trouva pas préparée à me répondre. Elle se recueillît et me dit assez doucement :
— Mon Dieu! mon fils, non, si telle eût été la volonté de Dieu.
Elle se perdait.
— Ah ! cfoand vous aviez un §ls à qui étaient i^ervées toutes les spiendeurs de votre posi^oB dans le monde, vous n'étiez pas fâchée de me Voir renoncer à la beUe part de l'héritage de la
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Amille, pour que cet éclat de fortune fût plus grand encore; voue trouviez alors ma vocation belle et légitime... Ma mère, rappelez vos souvenirs. Vous m'avez dit vingt fois que rien n'était plus beau, dans les grandes familles, que de voir les cadets renoncer au monde pour se dévouer au sacerdoce.
— Cela est vrai.
— Et ce n'est plus vrai aujourd'hui?
— Non, mon fils, vous ne vous appartenez plus.
— Cest bien singulier, mère, que je ne m'appartienne plus, et que j'appartienne à cet être idéal appelé une race, lequel je doive perpétuer malgré mes répugnances I
Je vis ma mère s'irriter. Je touchais là une corde sensible.
— Puisque vous avez si peu d'honneur, que vous savez si peu ce qu'est une race, allez, avec vos goûts de roture! Je vous salue, monsieur.
Elle garda un profond silence; moi-même je ne dis plus rien. Je voulus prendre sa main et la baiser; elle retira sa main. Je sortis de sa chambre, sous son regard hautain de grande dame que j'avais blessée dans son orgueil le plus indestructible.
Retiré dans ma chambre, je m'abandonnai à tous les sentiments, souvent contradictoires, qui devaient naître en moi après une telle scène.
— Ahl oui, ma vocation pour le sacerdoce
PAR L'iàlWÉ *♦♦ • 129
était une belle diose, quand j'élâ^is le cadet ie$ Sainle-lf aure ! J'aurais vivement blessé ma mère 6i, ,à Fâge de vingt-cinq ans. Je lui eusse dit: Ma mère, j'ai un amour passionné pour mademoiselle ^*; veuillez demander sa main à M. le marquis son père. Et, aujourd'hui, parce qu'up affreux malheur me rend fils unique, ma vocation religieuse est une désobéissance, je devrais avoir le goût du mariage! Pourquoi ne pas me sacri^ fier? Est ce métier si difficile que de donner un ou deux descendants aux Sainte-Maure? Voué à l'autel il y a six mois , il faut que je renonce à tous les ffêves de mon adolescence, pour me mettre à accepter une héritière qu'on aura ch(H&ie et avec laquelle j'aurai la tâche d'empêcher mon nom de s'éteindre; c'est un peu fort! Et j'ai, de la peine à croire que je n'aie été mis sur la terjnç que .pour cela.
le promenai dans ma tête ces pensées et bien d'autres, plus ou moins l^giquee, plus ou moins saugrenues*
Quelques jouns s'éoQulèrent, ma mère me bour dait et ne me parlait pas; c^était d'une assez içrande maladresse.
Je m'obstinai de mon cdté à un silence rigoureux..
Ce silence eût duré longtemps si .enfin , un j«tir, àti sortir de table, âeul moment où nous iMMw trouvions ensemble, et où, devant les domestiques, J'ôbscorvais strictement les convenance^ I •
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«Ue ne m'eût suivi, lorsque je traversais le grand salon pour me rendre au jardin, et ne ra'eât adressé la parole, en m'invitant à m'asseoir sur lin large cana])é où elle se plaça elle-même.
— \ous avez réfléchi? me dit-elle d'un ton assez doux.
— Beaucoup, chère mère.
Ce mot, prononcé affectueusement, lui donna quelque espérance.
— Oh! mon enfant, je sais que tu as un si bon cœur!
— Ma mère, je vous aime beaucoup.
— Ëh bien! sois raisonnable, mon fils adoré, mon unique espoir sur la terre!...
Et déjà des larmes venaient à ses paupières.
Ma mère était d'une remarquable beauté. Je Favais vue pleurer bien rarement dans sa vie. Il y eut alors, dans son regard mouillé de larmes, dans son mouvement de lèvres sollicitant de moi une parole qui répondit à son ardent désir, quelque chose de si irrésistible que, devant cette belle statue, rendant l'amour maternel dans son expression la plus forte et la plus enivrante, je fus prêt à tomber à ses pieds , comme un adolescent devant une femme dont il est fou, et à' lui dire:
— Oui, mère, c'en est fait, je t'appartieus pour toujours!
Mon Dieu! pourquoi n'ai -je pas dit cela? Pourquoi brisant ce pauvre cœur de mère, mentant aux instincts qui sont dans l'Ame é& tout
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bomme, par un orgueil que je me reprochait d'autant moins que je le prenais pour une inspi^ ration de la grâce au fond de ma conscienee, eusje k triste courage de me roidir contre moi-même, de baisser mes paupières pour ne plus rester MUS le regard fascinateur de ma mère? Mon Dieul cette force brutale, que j'eus alors pour affliger ma mère, pouvait-elle venir de vous? Et aariez-vous quelque gloire dans le ciel pour les cœon froids qui pensent vous prouver de l'amour en résistant au plus puissant, au plus doux des amours?
Hélas! je l'eus cette force. Et je ne pense fn'en tremblant à la scène qui se passa dans ce grand salon aux riches tentures, en présence des plus beaux portraits de nos aïeux, qui semblaient s'animer sur leurs toiles, s'inspirer de poésie et d'amour comme ma mère, et me dire avec elle: Pauvre innocent, combien tu te trompes!
Depuis, quand j'ai analysé bien intimement le poissaot motif qui me détermina à ma dernière résistance, tout en tenant légitimement compte des aspirations de vie contemplative que j'avais eni découvrir en moi, j'ai trouvé qu'il s'y était nélé comme un sentiment d'amère vengeance, de fierté blessée. On m'avait dit que j'avais des goûts de roture. Eh bien! m'étais-je dit, oui, je serai le roturier de Dieu. Je foulerai aux pieds tes grandeurs terrestres. Cette race que je devnus continuer avec orgueil au milieu du monde
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aristocratique et prtnoier> j.Wrai la saiotè Toii de la voir s'éteindre en moi I Je ferai à Dieu ce sacrifice^ qui est peu de choBe quand on est le second, et que la famille, dans ses appétits de fortune, vous voit partir avec bonheur pour une maison de prière, mais qui est immense, quand on prend le blason de ses pères et qu^on le brise iftans. pitié, pour aller se cacher dans une cellule de novice.
Mai mère, je le compris plus tard, avait cevqpié que je ne résisterais pas à la earqsse de son regard inondé de larmes: ce fut son erreur. Ce s^iivie^ nir: „\îous avez des goûts de roture," me* vint à ' l'-esprit aussi âpre qu'au palais un mélange de fie).
: '----Ma mfère, vous vous trompez!
€es «paroles, que je prononçai avec ^im^ son de yrm. solennel et terr^le, retentirent dansle ealon comme un glas funèbre. C'était mon adieu su-r prême au monde.
— Ma mère, vous voustroniipez! Je «erai ^ dernier des Sainte-Maure. Je vous aime ^ mais i'aime, ayant vous ^ Dieu. Je ne peurvais vous obéir qu'en violant ma conseienoe; j'eieu à-choi-» sir entre elle et vous. Ne me demandez plus rien; ce sera grand et digae de voos^ Wexpmet plus un fils à être dur pour sa mère!*
A cette déciaration, faite avec «liie énergietdvnt je ne me serais pas cru capable, et qui tme^sena^ Mait alors m-ètre donnée d'en^haut^' je^vis-ma
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JBèil eaëtiyer ses lariBcisç' elle leifU" nà dernier effort '
— Moii filg, ce n'est pas possftle!
— Très-possibie, ma mèrei
— Non, mon pauvre enfant, iu* ne feras pas cela!... Tu n'abandonneras pas ta mérel...
~ Ma' décision est prise, irrévocables
— Je te supplierai tant! ♦
— Pauvre mère! ne me brises pas le cœur.
— ie tomberai aux genousc de mon fils!...
— Non, ma mère, ne faites pas c«la; voas Ole feriez trop de mal! Soyez forte! Résignez-