‹ Le Jésuite: par l'abbéChapitre 12 sur 29 · SCÈNE TERRIBLE AVEC UNE MÈRE i3B · texte numérisé non relu

SCÈNE TERRIBLE AVEC UNE MÈRE i3B

— Vous obéir ferait toute ma joie, en ce qui ne toudierait pas ma conscience ; mais vous n'avez là aucun droit. Vous ne pouvez pas faire que j*aie le goût du mariage, lorsque je trouve en moi un entraînement invincible vers le cloître.

Ce mot parut tomber sur elle comme un éclat ■de foudre.

— Vous êtes fou ! reprit-elle en cherchant à se dominer. Oui, nous connaissons cela. A dix-huit ans, toutes les jeunes filles de grande maison, au Sacré-Cœur, veulent être religieuses, tous les élèves des Jésuites veulent entrer au noviciat. Cela n'empêche pas, ajouta-t-elle avec un sourire qu'elle composa pour le besoin de la cause, qu'on les marie bel et bien les uns avec les autres, et qu'ils ne témoignent pas trop de regret d'avoir obéi à leurs parents, plus sages qu'eux. Les révérends Pères réussissent encore mieux à cela qu'à leur donner la vocation.

— Je puis, ma mère, vous affirmer devant Dieu que les Jésuites n'ont jamais dit un mot pour m'attirer dans leur Ordre. •

— Ah ! je le crois bien, ils sont trop fins pour cela ; mais je vous aurais bien vite convaincu du contraire, si je pouvais vous faire certaines révélations.

— Je ne vous demande pas cela, ma mère« J*ai

mes conyictloDs; je n*en diercfae pas d^autres*

— Pauvre ionocenl! Vous ne les connaissez pas, les bons Pères!

Ces paroles me blessèrent.

— Mais c'est vous qui m'avez appris aies aimer, les bons Pères ; vous qui me les présentiez comme ridéal religieux. Avez-vous changé d'aWs, ma mère, que vous puisez m'accuser de crédulité à leur égard? C'est sur votre parole alors que je me serais trompé.

Elle vit qu'elle était allée trop loin.

— Je ne dis pas qu'ils ne soient pas de bons prêtres; mais je sais pertinemment qu'ils eussent été enchantés de vous garder pour eux. Et je vous avoue que c'était là un de mes chagrins.

— Ma mère, vous m'étonnez à votre tour. Soyez franche ! En me mettant chez eux, éliez-vous fâchée qu'ils m'inspirassent des idées de renoncement au monde? Ma mère, répondez-moi !

Cette interrogation ne la trouva pas préparée à • me répondre. Elle se recueillit et me dit assez doucement :

— Mon Dieu! mon fils, non, si telle eût été la volonté de Dieu.

Elle se perdait..

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