‹ Le jeu de l'amour et du hasardChapitre 55 sur 81 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

M. Orgon, Silvia, Dorante, Lisette, Arlequin, Mario

Silvia. Ah! mon père, vous avez voulu que je fusse à Dorante: venez voir votre fille vous obéir avec plus de joie qu'on n'en eut jamais.

Dorante. Qu'entends-je! vous, son père, Monsieur?

Silvia. Oui, Dorante. La même idée de nous connaître 5 nous est venue à tous deux; après cela, je n'ai plus rien à vous dire. Vous m'aimez, je n'en saurais douter; mais, à votre tour, jugez de mes sentiments pour vous; iu p ;ez duV. cas que jfo fait de votre cœur par la délicatesse avec la^ / quelleJ IaLtâç faé de l'acqu érir.* ^io

M. Orgon. Connaissez-vous cette lettre-là? Voilà par où j'ai appris votre déguisement, qu'elle n'a pourtant su que par vous.

Dorante. Je ne saurais vous exprimer mon bonheur, \ Madame; 2 mais ce qui m'enchante le plus T ce sont leslis preuves quf* jfi yo us ai données de ma tendresse. ■

Mario. Dorante me pardonne-t-il la colère où j'ai mis Bourguignon?

Dorante. Il ne vous la pardonne pas, il vous en remercie.

Arlequin. De la joie, Madame: vous avez perdu votre 20 rang; mais vous n'êtes point à plaindre, puisqu' Arlequin vous reste.

Lisette. Belle consolation! il n'y a que toi qui gagne à cela.

Arlequin. Je n'y perds pas. Avant notre reconnais- 25 sance, s votre dot valait mieux que vous; à présent, vous valez mieux que votre dot. Allons, saute, 4 marquis!

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