‹ Le jeu de la mortChapitre 15 sur 40 · LA LECTURE · texte numérisé non relu

LA LECTURE

Cousin-et-Ami continua ainsi la lecture du testament do Jean-de-la-Mer:

178 LB lEU PB ^A MOftT

«..* Entièrement de ma main.

« Je commence par déclarer, sans orgueil comme sans bonté, que je ne crois à rien, sinon à la perversité innée de la race humaine.

« J'ai quatre-yingt-deux an^, jet je n*ai jamais rencontré un être humain qui valût la dixième partie d'un dindon en^|raissè à point, et bon à mettre en daube.

< Mon histoire serait utile à raconter. Hfais si je veux bien laisser à quelques malheureux de ma connaissance une fortune que je ne pub eqaporter daps le né^nt, }ç ^rétend^ ne point me fatiguer à leur tracer mon Odyssée^

« En deux mots, je suis né en 4746.

« J'ai quitté mQU pays à J'^ge de dix-l?|iit ans. — J'y suis revenu à l'âge de soixante-sept ans. J'ai ^onc éité absent pendant quarante-neuf ans.

« J'ai été soldat, déserteur, prisopnier à la Bastille, patriote^ suspect, fournisseur des armées, et finalement pirate. Il n'y a que ce dernier métier d'honnête. »

Gousin-et-Ami reprit haleipe.

Fargeau réfléchissait toujours. — Besnard et Morin attendaient la partie significative du testament.

Quant au fantôme, il restait le menton suf les deux pouces, ne quittant cette position que pour graduer ses doses de rhum. ^ Il était parti d'une gouttejette perlant à ia pointe d'un couteau. En ce moment il arrivait au petit verre avec lebain de pied.

Maudreuil continua de lire :

' « M'en déplaise à mes excjellent$ héritiers ^ui ont attendu mon éécès avec tant de discrète impatience, si je n'étais pas trop vieux, je casserais aux gage^ le cher docteur Morin, mon médecin, et je ne laisserais pas mon doux neyeu Fargeau me ve^ ser si souvent à boire... »

Cette fois Cousin-et-Ami s'arrêta de lui-même.

Tout le mon^e ouvrait de grands yeux.

Le fantôme souriait doucement.

Morin s'agitait ^ur ^qp fauteuil, — et le jeiJne M. Far^eàa avait aux joues une pâleur plus livide...

C'est aujonrd'bMi la mpcf^ ^u théâtre de produire des scènes doubles, qui montrent deux actions contemporaines se passant dans deux endroits distincts.

Ce procédé ne nous semble point dépasser les bornes de la convention dramatique. — !<ou$ sommes forcés d'ailleufs d< l'employer.

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LE JEU DE U f ORT 179

Il y avait quelqu*aû derrière lès ridèaàx fermés delà croiséei qui était à gauche du fantôme.

Une femme que l'étoffe épaisse laissait dans une obscurité presque complète, et qui était là depuis rentrée de^ convives.

Les dernières paroles lues par Maudreuil la firent tressailUr. et pâlir. Elle s'appuya au lambris dé Tembrasure.

Sn ce moment une mafn la toucha par derrière, et sa boa*. che s'ouvrit pour pousser un cri.

La main serra son i)ras fortement.

— C'est moi, mademoiselle Bertbe I dit en même temps um voix à son oreille.

— Tiennet piône ! murmura la Jeune fille.

— Chut î fît la voix.

La main de Tiennet, passant par le trou d'un carreau brisé, pesa sur l'espagnolette. La fenêtre s'ouvrit. U entra dans l'embrasure...

PAUVRE FILLB

Comment Berthe l'aveugle se trouvait-elle dans cette embrasure, et pourquoi Tiennet Blône venait-il l'y rejoindre?

Quand Berthe avait quitté le creux du chêne de la Mestivière, quand elle avait attaché le petit chien Chéri à une racine, Berthe voulait mourir. En dehors de Lucien qu'elle aimait uniquement en ce monde, il n'y avait pour Berthe ni espoir ni bonheur. Elle l'aimait d'une passion profonde et réfléchie. Quoique sa nature à elle fût bien supérieure à ht nature de Lucien, sa tendresse était une adoration soumise et docile.

Elle lui faisait au fond de son cœur un piédestal pour le hausser, pour le grandir , pour Taimer mieux. Tout ce qu'on chérit, tout ce qu'on admire, elle le lui donnait. Elle croyait en lai comme en Dieu 1

Elle l'aimait au point de repousser pour lut le précepte pieux qui commande au chrétien de rester dans la vie, — elle si pieuse!

Toute pâle et tout éplorée » ses beaux cheveux noirs au f vent, nous l'avons vue qui s'élançait vers le bord de la plate* \ forme. Pauvre fille aveugle i heureuse et pleine d'espoir, peutêtre en un beau jour de joie eût-elle trébuché par hasard aux lèvres de l'abîme.

Mais aujourd'hui qu'elle le chorchaft, l'abîme, elle ne le , trouva point. Quand son pied q:;itta le sol et que ce dernier ^ri : Mvn Dieu, prenez mon ânie * s'échappa de sa bouche, ce

ISO LE lEO DE LA MORT

n*était pas la Yesvre qui était au^essous d*el]e, c'était le tapis de gazon bordant la route de Vitré. — A dix pas, elle eût rencontré la coupe iierpendiculaire du tertre; mais là, il n'y avait qu'une cbute de trois ou quatre pieds et de l'herbe pour l'a* mortir.

Elle se releva, étourdie et froissée.

Le choc fit parler son flanc. Elle se sentit mère. L'idée du suicide lui fit horreur.

Et une fois passé ce premier moment où le désespoir n'a point de contrepoids dans la raison troublée, il était impossible que Bertbe revint jamais à cette lâche pensée du suicide.

Dieu et son enfant ! Deux voix que le découragement avait rendues ihuettes , et qui se firent entendre à la fois dans son cœur.

Ce fut comme un réveil. Elle s'agenouilla et pria ardemment, pour elle-même qui venait de pécher d'intention, pour son enfant, — 'et pour Lucien.

Puis elle se prit à descendre le sentier de la Vesvre.

La nuit devenait noire. Mais que lui importait la nuit?

Elle ne savait pas où elle allait. Il n'y avait point encore en elle de pensée bien précise: seulement, elle marchait, pour s'éloigner du Geuil, pour écarter de la route de Lucien un sujet de peine ou de malheur.

Elle voulait aller loin, bien loin.

De quel côté ? Hélas! pauvre Bertbe !...

Et une fois loin du Geuil , comment vivre ? que faire ?

Ces questions-là, elle n'y songeait même pas.

Aller loin , bien loin , si loin que pourraient la porter ses petits pieds délicats par ces routes ignorées, et ne plus se tuer. Voilà tout.

Elle marchait. De temps en temps ses yeux se mouillaient de pleurs. Alors v elle s'arrêtait pour prier un peu et cela lui rendait le courage.

Elle allait ainsi pendant une lieure, pendant deux heures et plus. Elle monta des rampes abruptes, elle descendit des côtes rapides. Ses pieds saignèrent aux ronces du chemin.

Tantôt c'étaient des prairies mouillées qu'elle traversait, tantôt des landes pierreuses, tantôt des taillis où elle ne pouvait avancer qu'en écartant les branches avec sa main.

Elle pensait être au moins à trois grandes lieues du château.

Et lorsqu'elle entendit ces sons mêlés qui annoncent l'approche d'une habitation : l'écho des voix, le grondement des

bestiaux et le cri de la girouette rouillée, elle songea tout de suite à demander Thospitalité à cette maison lointaine et in* connue.

Elle avança dans la direction du bruit. Et, à mesure qu*e1Ie avançait, ca qui remplace la vue pour les aveugles, ce sens mixte, composé de l'odorat, du tact et de l'ouïe, mit un doute dans son esprit.

Elle écouta. Elle éprouva du pied les accidents du sentier. Elle tâta l'écorce des arbres.

Cette maison lointaine et inconnue, c'était le château du Ceuil.

Toujours réternel obstacle à sa volonté I Toujours ce bandeau qui était sur sa vue !

Elle ne reprit point sa course, néanmoins. Puisque le hasard la ramenait au Ceuil, à travers les mille détours qu'elle avait dû faire dans la plaine et dans la forêt, il fallait que le hasard lui profitât.

Elle voulait vivre et s'éloigner. Dans sa chambrette, il y avait de l'argent et des bijoux. Elle entra pour prendre tout ce 4iu'elle pourrait emporter.

C'était au moment où les héritiers, quittant la chambre de M. Jean Créhu, se dirigeaient vers la salle rouge où devait avoir lieu la lecture du testament.

Berthe ne savait pas que son oncle était mort. Elle revenait de sa" chambre avec son petit trésor, et suivait les galeries d'un pas rapide, pour quitter le château sans être aperçue, lorsqu'elle entendit les pas de tout ce monde.

Cela lui fit l'effet d'une armée, dans les ténèbres.

Elle passait devant la porte de la salle rouge, qui était grande ouverte. Elle y entra pour laisser passer les gens qui venaient. Et quand ces gens entrèrent après elle, Berthe se glissa derrière le rideau et se blottit dans Tembrasure.

De là, elle entendit tout ce que nous avons entendu nousmêmes.

La première chose qu'elle remarqua, cefut Tabsence de Lucien.

Puis elle frémit bien fort à ces menaces lancées à mots couverts contre ceux des héritiers qui n'étaient pas là pour conclure le pacte.

Quant au testament de Jean-de-la-Mer, Berthe récouia, mais ce fut à son oreille comme une série de paroles oii le scn manquait.

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Une cbose frappa cepeodant Beribe très yivemept ; ce fut le passage où M. Jean Créhu donnait à entendre qnMl $e défiait du docteur et de Fargeau , cela au point d'^prtmer un doute sur la loyauté de leurs soins.

Berthe n*y voyait pas; mais elle avait trouvé parfois que tes breuvages servis au vieillard avaient une odeur étrange.

Dans sa cachette, elle n'avait maintenant d'autre pensée que (le prévenir Lucien et d^ le mettre en garde jcontre ces hommes avant de partir...

Tiennet Blôoe, lui, avait de l^dxis yçnx ; et sH se trouvait lA, en ce moment, auprès de la pauvre |Beràie, ce n'était vraiment point qu'il «e lût trompé de route.

Voici ce qui était arrivé à Tiennet Blône :

Vfi h£cIT DB TAtJHB LB PAT0P9

Voici donc ce qui était arrivé à Tiennet Blône.

En quittant la cham))re du mort, il avait pris la route de la Mestivière, parce que l'up des domestiques du château lui avait dit que M. Lucien Créhu était allé à Vitré dans l'après-dtoèe, sur l'ordre de Jean-de-la-Mer.

Lucien était son maître et son ans!. Au mllieii de ce monde de pensées qui se mêlaient tumultueusement dans sa tête^ il ne perdait ]^ le souvenir de Lucien.l

Certes, les événements de ce jour auraient pu excuser un instant d'oubli, mais Tiennet Blône était incapable d'oublier.

C'était comme un instinct qui le poussait vers le lieu où Lucien devait être. Le trouble qui le tenait était trop grand pour qu'il p&t raisonner son aotipn et se rendre compte à lui-même du but précis de sa cpurse nocturne. — Maûi il allait à toutes jambes.

n sentait vaguement qu'un grand danger pesait sur luden. Il voulait le voir, l'avertir et le défendre.

Et, sur cette volonté qui était le fond de sa pensée, une foule d'idées passaient et s'entrechoquaient» conune Fombre des feuillées s'agite sur la surface de feau, quand il fait grand vent et clair soleil.

Son père! Il savait le nom de son père. Son père était mort!

Il était le fils d'un gentilhomme.

Celui qui aurait dit non, Tiennet Bl^ne lui eût défpncè la poitrine d'un coup de tête.

Hais le fils abandonné, renié, méconnu!

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^fknm Uep, pèrBl... Ce q^^ |e yoy}^, j^r;ai... je cbercbais, j*ai trouve... ]e ne chercherai plp$.

Il se disait cela, l'orgueilleux!

Mais S09 cœur batt^ bien fort, et ce c'était jpoint )a rapidité de la course qui mettait tant de sang bouillant à s^ joue ^ p^e d'ordio^ire.

Ses fffs^ïfiB y^x hardis ay^nl boi^^ l^yi^ ^e pleur^e^.

Et il disaU encofe :

-^ Chercher I vQîlâ la sQj^f^a&ce! jQu^n^ on ^t son i^al, on est guéri I... Oh! oh!... tu ne pleureras {)liji$ jamais, Tiennet Blône, criant comme un enfant faible après tpn pèfe et après ta mère... Tu es un homme... et tu chantes, morb}eu! quand ton MK^r yeut pjl^urer !

Et, comme la veille, il 4onna ces jiongs cheveux au vent de la nuit.

Et eouune la veille, j^ur cette inème route où g^opait petit Argent, — un bon ami, celui-là. ^élasl Tienpe^ ^coua sa tête et entoitWA p ço«p^ de $a cbansoi^ :

Monrîeiur Bertrand dit à TAnglui :

Àn^!

Arrête!

Pour t'atidndreje donnerais Ma tête.

Ma tête!

MaU U TQ^x ^'éteignijt ayp^ d'avoir la^ le derni^ vers.

il «e (S/mfffii Je vi^fi^ À^ se^ 9<|iû3 et d^9 laropies j:aillirent à travers ses doigts.

— Les autres! muip^^a-i-il^ -^ ^*iOnt4]« donc fait à Dieu 9&(j^ air^r nvem^cei... PbJ m^ JP^u me preoiie mes deux yeux jsti^e fme ^ve^giLe! que Oleu s(ie pi*eoneines deux mains, m f(^; t^ ce ^que j*ai... pour me dpnn^ eu échange de cela, une mère!... une mère!...

Il p^iuiait. -r- H courait pou^ sécher ses larmes.

Il avait honte de pleurer, Tenfant ! Il y(Hdut .cbîi^ter encore ; «^«0Qjipie^4)rî$ait.

Et il répétait à satiété, comme s'il ûpf, été un p^niaque ou vn ionocAPt.

-r- (jQ&ij^ ||L I^ef ^ie j^ense ; je ne pei^e qu'à U. Luidenj,^^

Il traversa la Hestivière en trois enjambées et des^ndit jle f^er4e4a Ve$yr^

Au bas de la rampe, il vit une ombre qui se mouvait lentement dans la rivière même.

— Oui va là? cria-t-il.

— Censément, lui répondit-on, ça ne fait pas rien à personne.

L'instant d'après, Tiennet était auprès de Yaume le pâtour qui remettait ses bas de laine, assis au bord de la Yesvre.

— As-tu trouvé M. Lucien? lui demanda Tiennet.

— Qui t*a dit ça, que je cherchais M. Lucien ?

— L'as-tu trouvé t

— Censément...

— Où est-il?

Yaume avait achevé de remettre ses bas de laine. Il passa ses sabots, prit son bâton et se leva.

— Gars Tiennet, dil-il d'un Ion sentencieux, y a des charmes dans le pays... Moi, je n'y vois plus goutte... Connais-lu M. Honoré le happe-monnaie?

— Non, répondit Tiennet qui contenait à grand'peine son impatience.

— Eh bien ! reprit Yaume, — je vas censément me coucher... Bonsoir, à revoir I

Tiennet lui saisitJe bras.

— Où est M. Lucien? répéta-t-il...

— Ne me serre pas censément comme ça! repartit Yaume, — tu m'avais dit de me méfier... Je m'ai méfié... J'ai vu M. Fargeau conduire Olivette au creux du chêne... et là, ils ont manigancé quelque filouterie au vis-à-vis de mademoiselle Barthe...

-- La promesse!... murmura Tiennet.

~ Un papier qui était dans un petit trou, sous de la mousse.

— C'est la promesse ! répéta Tiennet qui devint rêveur.

— La promesse ou pas la promesse, censément, je me suis dit : faut chercher M. Lucien.

— Et tu as bien fait, mon gars! s'écria Tiennet qui lui serra la main avec chaleur.

La première idée qui était venue à Tiennet c'était que, peutêtre, on avait tué Berlhe.

Il y avait longtemps que la possibilité de ce crime lui était apparue, car il y avait longtemps qu'il avait surpris le testament où le vieux Jean Créhu instituait Berthe sa légataire universelle.

Idais l'idée de ce meurtre commis sur une pauvre enfant

ayeugle dépassait tellement les limites de la scélératesse ordinaire, que Tiennet ne s*y arrêta point. — D'ailleurs le earactère de Fargeau répugnait à la violence. S'il assassinait, celuilà, c'était sans y mettre les mains.

La promesse l pourquoi avoir soustrait la promesse de mariage? Tiennet ne comprenait pas, et pourtant son esprit était déjà vaguement dans la voie.

— J'ai donc parti, reprit Yaume, — et de la Mestivière Jusqu'à Vitré, j'ai couru censément censé comme un lièvre... Mais Yitré est plus grand que Vesvron. Ah ! dame ! ma foi oui !... Et M. Lucien ne m'avait pas dit où il allait... Y'ià qu'est bon!... Pas moins, j'ai baguenaudé de porte en porte, demandant comme ça : Bonjour à vous et à la maisonnée ! Vous n'auriez point entr'aperçu le jeune Monsieur?— Non fait, mon Yaume I — C'est tout de même que je disais, et je tapais à une autre porte...

Yaume Ae faisait pas souvent de pareils discours. Il reprit haleine à la volée et poursuivit.

— V*là donc qu'est bonî... Censé !... Pas plus de jeune Monsieur que sur le bout censément de mon nezi... Qu'en fin finale, quoi que ça, le fils Courvoisier me dit (qu'est borgne) : M. Lucien est chez le happe-monnaie d'Honoré, qui reste au cul-de-sac du Puils-Rondel.

« Me v'ià qui cours au cul-de-sac du Puits-Rondel.i. un trou qui pue, sauf respect, censé, et où la gare ne voudrait pas èouser.., censé, sauf respect!...

«Ohé! monsieur Lucien! que je fis, monsieur Lucien Créhu!...

« Bernique !

«Ohé! — ohl— hé!— ho!...

« Brenuque!...

€ Et pire encore, mon Tiennet, car parce que le happemonnaie a ouvert sa croisée et m'a jeté du vilain sur la tête... v'iàtout! »

Yaume dessina un quart de moulinet avec son bâton et fit mine de monter à la plate-forme.

— Attends, lui dit Tiennet, — est-ce que M. Lucien ne couche pas quelquefois à Vitré?

— Pas depuis longtemps... mais, censé quand il y couche, c'est chez la maman Rogome.

— An café de l'Industrie?

— Juste!

186 iB IBU os Uk MOKT

— J'y vais.

Tiennét mit seâ t^i^"'^ d^n^ i*^sltt pbdr ffstVéi'Sér lé gûei, inati il ^e favisa tout âé sUité.

— S'il revient au château eÛ mon àbàêftcé, Jènsâ-t-îl, — ces misérables 16 ptendroni au i)iége... Écoute, laiime, il M que tu retournes â Yitré.

— Ça se peut bien, répondit lé pâtou^,

— Tu vas aller au café de FlndustHé... tii vsis dire âÉ. Lucien que mademoiselle Bertbe n^à pas reparti... ^on l se repritil vivement : ne lui parle pas de mademoiselle berthé... Il faut qùMl ait tout son sàng-froîd... Tû Idi diras seulement que H. Jean Grébu est mort..*

— Mort! répéta le pâtour, qui resta fa boUcbe ouverte; — pas possible I... Un homme censément si vieux!... Après ça. on avait vu le cierge,

— En roule ! interrompit Tiennet.

Yaume ôta de nouveau ses bas dé laine el traversa té gué.

— Gars Tiennet, dit-il de loin, puisque Je fais tes commissions, c'est à ioi dé chercher la pauvre pêUté démèiselle Berthe...

Tieimet était déjà en train de monter sur lé tertre.

tomme il mettait le pied sur la plate-forme^ un son plamti^ et connu vint frapper son oreille.

Il s'élança vers le cbêne creux, car la plainte semblait venir de ce côté. La plainte redoublait.

Dans Tombre, au pied de Tarbre, il vit un objet i)]anc qui s*agitait. Il reconnut Ghéri^ le chien mignon, le favori et 11 conducteur de Berthe.

Une sueur froide vint aux tempes de Tiennet Blône.

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