LA L06B
C'était une sorte deeeHole kaase d'étage, éobirée par d«ox bougies. L'ameublement était simple, presque pauvre : ua petit divan, recouvert de lustripe, un fauteuil et ui^e toilette.
liOvely é^lt h demi couchée sur le divan. Aufeour d'elle, il y avait des couronnes et des bouquets de fleurs.
Elle était un peu pâle, sa tête reposait sur sa maki, qui diiparaissait tout entière dans les ondes prodigues de ses eheveiff Boirs,
Assigner m Age à cette femme eât été chose impossible. Wk était beUe daas la perfection. Elle devait être jeune.
Cependant, il y avait dans l'harmonie de te f^ont taat de pensée tfiste et preiCDode 1 Elle oe pouvait être toute jeeee.
Cmii^ qui l'tteiaieiït perdaient la tète, et ceux qui la voyaiest l'aimaient. Il y avait «a homme qui était deveau amoureux d'elle sans la voir, en l'écoutant chanter.
Car Dieu jkvait domié à cette gorge si belle une exquise sopoHté, Sa voix vibrait an oœuF, parce que son cœte vibrait itaes sa voix.
Ua pauvre coeoir Uessé, brisé, tout pieia d'épouvantes pour l'avenirl
U& ccear où Tamovr à% là finme plettfaH licore* el où tremblait déjà l'amour da la nèrei
Sous cette beauté radieuse, divise, éblouissante, uoe àme à la torture. — Gomme ees toulfes de flevs qui reeouvreat «m tombe.
Lotely étBH blanofae^ malgré m ebtvekire plus noire que le }at». EHe a?aU de grands ye«x bleus tendres e4 timides, ^oi semblaient abiisser l'orgueil de son frobt et mettaient comme un rayon de doueeur sut des tndts^ à la coupe hautaine et bardie.
Son tioti gardait la grftoe frêle d'un cou de |e«ne ftUe et s'at- Ifli^bAlt, selon des lignes opulente^, aux magnifiques contours dn Ses épaules*
SHe étaH grande, lien ne peut rendre le obarme moeUeux de sa taille. Il fallait l'admirer et l'aimer.
Il y atait une demi-benrt qu'elle avait diamé son premier morceau. Ces fleurs et ces couronnes, on veuait de les Ini jeter paftti les bravos émus de toute une salle.
Mais elle était triste.
Dans une heure, elle allait reparaître belle et reposée. On allait r&pplandir encore avec passion, avec fureur. Le {^noher du théâtre allait encore se joncher de fleurs autour d'âle.
Mai» elle était bien triste !
Ces triomphes, elle n'y songeait pas, elle n'en voulait pas. Elle souffrait, elle avait peur!
Ëntl^ tous ces yeux qui payaient pour la regarder, si un œil allait la reconnaître 1 . .
Paoli frappa bien doucement.
^ Entrer, dit Lovely, qui atrait iPenvoyé son habilleuse.
— M'excuserez-vous, madame? balbutia la Milanaisoi qui paséft le seuil endiguant d'être très déooncertée^ -^je n'ai pas rhonheur d'être oonnuede vous... et pourtant je viens..*
Lovely lui avança uU siège avec courtoisie.
*^Puis-je qoelquechose pourvous, madame Pdemanda^l-elle.
Et celte simple question eût fait tomber le trouble de la Milanaise, si elle était venus là pour oette oboeé, •^ si dtfficile cependant : — implorer un bienfait.
Car, dans le ton même de cette question, on devinait sa prière exaucée.
Le trouble de madame PaoU ne pouvait pas s'évanouir si vite, attendu que ce trouble était feint et qu'elle le retenait comme un masque.
— On m'avait bien dit que vous étiez la bonté même! nmri mura-t-elle en s'asseyant sur Textrème bord du fauteuil.
1 La belle cantatrice la regardait. Et à voir la toilette de Paoli, riche dans sa charmante simplicité, Lovely ne pouvait guère croire que ce fût là une solliciteuse ordinaire. Mais il y a une charité plus haute encore et surtout plus malaisée que celle qui vide sa propre bourse dans la main tendue des malheureux: c'est la charité qui demande, après avoir épuisé ses ressources à elle, c'est la charité qui brave la honte du refus, qui s'attaque vaillamment à l'avarice bourgeoise, et qui emplit le tronc sacré d'oboles conquises, dont chacune a coûté une bataille.
Lovely se sentait attirée vers cette femme. Elle la preoail pour une de ces mendiantes sublimes que la compassion tou^ mente comme une fièvre, et qui reculent, dans leur dévoûment calomnié, les bornes de la charité elle-même.
— Je ne suis pas bien riche, madame, dit-elle en souriant, — mais si je devine le motif de votre visite à une pauvre artiste comme moi, je vous remercie du fond du cœur d'avoir bien voulu m'associer à vos bonnes œuvres.
Paoli toussa et baissa les yeux.
C'était là un début épouvantable et qui compromettait tout à fait le résultat de la négociation.
Elle sourit sans lever les yeux et en tâchant de rougir.
— C'est en effet une prière que je viens vous adresser, madame, répondit^elle, — mais vous vous trompez un peu eo ce qui touche la portée de ma démarche... Je suis tout bonnement une ancienne artiste, et c'est à ce titre...
Elle hésiU.
—Je vous écoute, ma chère dame, dit Lovely avec un redoublement de bonté.
Voyez-vous, cela devenait atroce t Pour bien faire, quand on a une mission diplomatique comme celle dont la jolie Milanaise s'était chargée, par pure bonté de cœur, il faut pouvoir appeler la personne, « ma chère enfant » et lui mettre la main un peu sous le menton. Ou bien, s'il s'agit d'une femme faite, il faut pouvoir lui dire: « Voilà la chose! » et traiter rondement de Talleyrand à Mettemich.
rm DU PREMIER VOLUME
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