‹ Le jeu de la mortChapitre 9 sur 40 · CONSULTATION · texte numérisé non relu

CONSULTATION

A mesure que Tentretien se poursuivait. Yaume le pàtour devenait plus attentif.

Tiennet Blône reprit :

— Jean-de-la -Mer a fait deux testaments... par Tun H donne tout à mademoiselle Berthe... Tautre, je ne le connais pas, mais je le devine, car je connais Jean-de-la-Mer... quand il va être mort... .

— Mais, dit Taume, ça ne sera pas tout de suite... il va mieux.

Tiennet secoua la tête.

— Il y a une vipère au château du Ceuil, prononça-t-il si bas que le pâtour eut peine à l'entendre ; — quand je vois cette tête chauve couronnée aux tempes de longs cheveux pâles... ce regard doux... ce faux sourire...

— M. Fargeautout craché! interrompit encore Yaume.

— Si Jean Créhu ne meurt pas aujourd'hui, il mourra demain... qu'importe l'heure !... Ce que je voulais dire, c'est que Jean Créhu mort, si mademoiselle Berthe est héritière, mademoiselle Berthe sera assassinée^

La parole s'arrêta dans la gorge du pâtour.

— Assassinée, entends-tu ! reprit Tiennet â voix basse, mais avec force; — :il ne s'agira plus seulement de la vipère : Fargeau Créhu de la Saulays ; ils seront dix contre elle... dix cœurs avides et perdus! — Je sais bien que M. Lucien l'aime... mais M. Lucien saura-t-il la protéger ?... 11 est si bon, lui. que ridée du mal ne peut pas entrer dans son esprit !... li croit à l'amitié de Fargeau... il croit à tout... et quand les faits l'auront désabusé il ne sera plus temps !

— C'est donc vrai que M. Lucien aime mademoiselle Berthe .^ demanda Yaume.

— U faut que tu saches tout cela, répondit Tiennet; — non* seulement M. Lucien aime mademoiselle Berthe, mais il lui a promis de l'épouser.

-* Comme de juste ! dit le pâtour.

LE ^BU D2 LA MORf i09

Tienne! entendit un léger briiit.

Il se leira. — Miis il n> anit personne derrière la roche.'

Da moins Tiennet, qui avait de bons yeui» ne vii4l nî trace ni ombre.

Il revint.

^ Uheitra avasee, cottinna-t-il, et si Je ptfs, J*ai bien des choses à faire... Tâche de bien comprendre et de ne rien oublier... La promesse dont Je te parte, c'est «ne promesse écrite... et même il y a encore autre ckose.

Ici Tienne se peacba à l'oreille du pfttour qui rougit eo«me une Jeune fiUe.

-^ Bamê I murmva-t-il pourtant, — puisqu'il y a promesse de mariage !... N'empèelie« gars Tiennet ! Si un autre que toi me le disait, ça serait censément tant pis pour lui 1

— Que Dieu les bénisse tous les deux, reprit Tienaetf — car ils sont généreux et bons... Je n'aimerai personne en ma vie comme J'aime Lucien Grébu, mon maître et mon frère... Avant de partir. Je ne le verrai pas, car J'aurais peur de moimême... Yaume, tu me remplaceras auprès de lui... Aime^le pour l'amour de mademoiselle Berthe comme J*aimais mademoiselle Berthe pour l'amour de lui... A deux» Us n'ont qu'un, cœur .. Veille sur eux... Prends garde à Fargeau, — prends garde ft Olivette. — Adieu!

Taume ne répondit point; mais U serra fortement la main que Tiennet lui tendait.

Tiennet partit, prenant à grands pas la route du cbAteau.

Quand il eut «Bsparu derrière les mrbres» Taume rassembla ses vaches.

D était tout plie, le pauvre pMour, et sa tête pendait sur sa poitrine.

U prit à sa chmàse une belle êpinglette en laiton, ornée û^ touffes de bdne.

G'étaU un cadeau ^OHvetta ^ qu'il aimait tant !

U baisa l'épinglette, puis il la Jeta dans la Vesvre.

Oh I le digne eœur !

A ce moment le docteur Méaidle passa sur son bidet» revenant du ehlteau.

— Ça va*t-ll mieui, nonsleiur Mi(mi$, sauf reqpect de voui9 demanda le pàtour.

Le docteur répondtt :

— Avec un coffre comme ^, on vU cent ans, petit gars. Taome poussa ses vaches. — La gare beuda en j>assant

auprès de la rœbe où Tiennet avait, par deux fois, entendu du bruit.

Yaume avait le cœur gros, et ses pauvres yeux le piquûent, par envie de pleurer.

Derrière la roche, il y avait un houx vert, aux feuilles piquantes, aux branches touffues.

Le houx s*agita et parmi son feuillage sombre parut la tète blafarde de M. Fargeau Crèhu de la Saulays.

Il souriait tout doucement.

Gomme le tertre était désert, il sortit de sa cachette et vint à Tangle de la roche pour examiner la route du Geuil.

~ Vipère 1 murmura-t-il sans perdre son sourire; — ce Tiennet fait bien de s*en aller... On aurait pu le mordre !...

Puis il ajouta en se frottant les mains :

— Ahlilyaune promesse de mariage... écrite!... —La belle idée d'écrire des promesses de mariage à une femme qui ne peut pas les lire 1... Ma foi, si elle ne leur sert à rien, je tâcherai, moi, de Tutlliser... Il ne faut rien perdre.

Il y avait déjà quelque temps que M. Fargeau Crèhu (iè la Saulays était caché derrière la roche, mais il n*était pas venu seul à la Mestivière.

Besnard, Thomme d'affaires, était avec lui lors de son arrivée.

II s'agissait de graves délibérations. Le notaire de campagneMenand et ledocteur Morih, homme politique, étaient codvoqués. — La jolie Olivette elle-même devait venir.

En trouvant la place occupée, Fargeau et Besnard avaient d'abord voulu rebrousser chemin pour empêcher leurs amis d'approcher, — surtout Olivette, dont la présence eût assurément excité les soupçons du pâtour. Mais quelques mots surpris à la volée avaient attiré M. Fargeau d*une manière si entraînante, que son choix n'était point resté douteux.

Besnard fut chargé de retourner sur ses pas et de conduiro t dans la forêt Olivette, le notaire et le docteur. Fargeau des meura pour écouter.

< Il écouta de son mieux. — > U entendit même une bonne par *: tie de Tentretien de nos deux gens, mais il n'entendit pas tout. J La partie de la conversation qu'il surprit le plus complète- 7 ment Ait celle qui avait trait à la promesse de mariage ècrita et signée par Lucien Gréhu.

Il ne se doutait en rien de cette circonstance et son ètonnenent ne (ùt pas sans un certain mélange de joie.

C'était une nature douceâtre et tortueuse, capable de pousser la feinte jusqu'au sublime, — hypocrite par instinct et par goût, — baissant les moyens violents et s'effrayant de toute force ouvertement dépensée.

11 avait aimé Berthe, sa cousine.

Maintenant, il la détestait parce que Bertlie lui avait préféré Lucien.

Par la même occasion, il abhorrait Lucit'n.

Au physique, Fargeau Créhu avait l'apparence des gens studieux et modesies.

II portait d'ordinaire un costume noir, redingote longue* tombant presque jusqu'à la cheville, ei petits pantalons, fendus en bas de la jambe. La mode le préoccupait peu.

Bien qu'il fût très maigre et tout d'une venue, sans ce costume ingrat, M. Fargeau Créhu n'aurait pas été plus laid qu'un autre; mais ce costume, exagérant les défauts de sa personne, lui doi^ nait l'air d'un échappé de séminaire, et faisait ressortir cette longue taille sans formes, au bout de laquelle perchait une grande figure blême, cafarde, coiffée de cheveux incolores qui se groupaient aux tempes comme une tonsure de bénédictin.

M. Fargeau Créhu, seul sur le tertre de la Mestivière après le départ de Yaume et de Tiennct, se promenaii bien discrètement, les mains entrepassées dans les manches larges de sa redingote, façon soutane.

La place étiiit libre. Ses compagnons pouvaient venir. — Mais, en attendant ses compagnons, il songeait.

Il songait à une combinaison qui s'ourdissait dans les cases de son cerveau, combinaison à lui, bien à lui, tout à fait dans ses cordes, — trame compliquée, subtile, bâtie sur la pointe d'une aiguille, et qui, une fois connue, nous donnera la mesure exacte is ce spirituel et prudent jeune homme.

Il s 4gt5sait de la promesse de mariage.

M. FsT^eau se disait :

— Cesl très étonnant!... Où diable peut-elle l'avoir mise cette promesse de mariage?

Il semblait chercher au fond de son cerveau; il ne trouvai point et répétait :

— Cesl très étonnant!... très étonnant!...

Pour expliquer ce mot, il nous suftira de dire au lecteur que le jeune M. Fargeau Ciéhu de la Saulays, esprit fort et bien au-dessus des préjugés vulgaires, avait rompu dès longtemps

111 U If q QB U HOAT

«vee eèi nfaM selnif«^«i ooe M èéis àppffie^t t de la dfit-

Fadaises I

Fargeaa aimait à savoir. — il wiAt intèrtt I coinnaître. —En ^iMèquéDee, de wù pied discret il montait bien souvent les escaliers duchMeau, traversait sans bruit les corridors, entrait da^a les chambres vides, et élisait sa petite idiipection en tout biin tenllieanewr.

Le secrétaire de Lucien, son cousin, la commode de Befttiey ^* iraient pahit de mystères pour lui.

Donc U avait ses raisons poUr s'étonner, car cette promesse de mariage, il ne l'avait rencontrée ni dans le secrétaire de LseleB, «i éafts la commode dé Berthe.

Or« pour ea )oH plan qal s'arrangeait dans sa tète, il Mali mmlr od étaH la pi^messe de mariage.

C'était la base de la combinaison.

Au plia fort des rèiexioRS de M. Fafgeati, Be^ard, rhommë iJPuMrea, paniC entre les deux roches. Il avait vu passer Tleanel, pais le pàtonr et ne prenait pHis la peine de se cacher.

— Le docteur al le notaire sont eh retard, dit-il, ^ Je n'ai pan eubeaoîB de leur donner contre-ordre... Quant à Olivette, fUe va foire le grand leur par la forêt et nous l'aurons dans une demi-heure.

— C'est l)on» repartit Fsffgeau^ qui n'ièandonnait point ses méditations.

— Bh bien! reprit Besnard, — < qu'avens-nous entendu?

— Ceci et ça. . . répendit Fargeau» «^ Voua êtes bien sdr qu'on ne vous a pas suivi?

— Parfaitement ^ùr.

— Cet endroit-ci ne m^ va plus qu'à moitié, depuis qœ je sais par expérience qu'on peutécouter derrière les roches... Uiauto choisir ailleurs.

— En attendant, causons, interrompit l'homme d'aSaires. -^ Soit, ditFargeau, —mais au large... Ce que je vais voua

apprendre, il ne faut pas que lé vent même l'écoute.

-—Oh ! oh 1 fit Besnard, évidemment alléché, — je suis tout oreilles.

— Ce que je viens d'entendre sera pour plus tard... le dois d'abofd vous demander bien franchement s*H y aurait des cas 4e QuliUé dans un teataaK&t liil psir mon oi^le, au profit de Beryie tottteseider

— U faudrait voir le testament..* nr^^rrT^

«- Tous ne me comprenez pa^... Je suppose le testament tout à ùàt en règle... et je v^us demanda..

— Bien, bien, biei|l interrompit Besnard; — tous voniei savoir en deux mots si le papa 4ean Créku a le droit de dow^r tout son bien à la petit^.

•^Cest cela même.

^ Eb bien I ce Q'est pas une question... Jean-de-la-^Mer i^*i pas d'bèritier direct... Il p(eut donner tout ce qu'il a au premier Tenu, légalement, dûment; ceux quf ne seraient pat oaitents iraient la dire à Éome I

Le nez du ieune M. Fargeau s'allongea notablement*

m him^w BT miB pbhw

M. Fargeau Grébu de la Saulays fit une moue assez triste.

— C'est clairl dit-il en répétant le dernier mot de fiesnar^» •* mais c'est surtout fftcbeuxt...

L'bomme de loi cbangea le visage.

— €k>mmantl s'écria-t-U, ~ est-ee que M. Jean CréliuP...

— C'est précisément de cela que je voulais voua entretenir, interrompit Fargeau. k la date d'bier, mon oncle avait deni testaments dans son coffre... aujourd'hui un seul de ces te^ta^ ments existe.

— Dei^x testaments! répéta Besnard d'un air stupéfait.

— Et tout me porte à croire, continua Fargeau» — que Tup de ces deu:( testaments est en faveur de Bertbe..« Voua Sfi^ea que le diable lui a donné une voix magnifique el que pofoq

oncle aime passionnément à l'entendre cl^anter Eh bien! cette

nuit, par un singulier capriçei au moment où nous lecrqyipni, Lucien et moi, a l'agonie, il a orçlonné à fierthe de prendre sa harpe, — et c'est pendant que Berthe chantait qu4l a brftlé un des testaments.

— Ah!... fit i'homme de loi de plus eii plus atterré*; — il a brûlé un des deux testaments, pendant que la petite chantsdl!.«. Mauvais, mauvais i...

^ Que dites-vous de cela?

—-Je dis mauvais I... mauvais, mauvais^., mauvais en diableli..

Puis il ajouta avec effroi :

n- Voyez un peu l.^* s*il était mort oet^ nuit U. -r- Op aurait pu s'assurer du coffre*,.

— Hum! bumt hum!... — suppression de testamenll*..

c*est dur!... Et puis ça laisse le cbamp libre aux quarante douzaines de collatéraux... J'aimerais mieux les Romblon. Fargeau fit un geste de répulsion.

— Pas d'enfantillages ! s'écria rudement Thomme de loi, — je connais les affaires... et les Romblon ne se sont jamais fait pincer. . Ils sont justement dans les environs du château...

— J'ai mieux que les Romblon ! dit Fargeau. Besnard secoua la tète.

— Encore quelque comédie! des embrouillaminis où Satan ne connaîtrait goutte...

Fargeau mit sa main blanchette et ridée comme celle d'une vieille femme sur la rude main de l'homme de loi.

— Écoutez donc! prononça-l-il tout bas; — si Berthe se perdait toute seule?...

Besnard l'interrogea de l'œil.

Jamais Fargeau n'avait eu la physionomie plus douce et plus candide.

— Je ne vous ai pas tout dit, reprit-il, il me reste à vous parler de ce que je viens d'entendre... Mais d'abord, convenons de nos faits : Olivette va venir; je renonce à mon ancien plan qui nous compromettrait par trop vis-à-vis de cette pauvre fille... Nous ne lui demanderons plus qu'un tout petit mensonge, bien innocent... Je vous promets qu'elle en a fait de plus gros en sa vie... A Taide de ce petit mensonge, le tour sera fait... Je connais Berthe... Nous n'entendrons plus jamais parler d'elle!

— Comprends pas, dit Besnard avec indifférence...

Car il n'avait pas grande foi dans ces subtiles imaginations qui étaient les armes favorites de Fargeau. Puis il ajouta :

« — D'ailleurs, Berthe partie, le testament subsiste... Un sourire cafard vint aux lèvres de Furgeau.

— Nous aurons bien le bonheur de conserver mon respec» able oncle quelques jours, dit-il; — et quand il saum que berthe est perdue... morte, si vous voulez...

— C'est déjà mieux! interrompit Besnard. Voyons toujours otre histoire.

Comme le fameux plan de M. Fargeau se développera eo iction sous nos yeux^ il serait superflu de l'expliquer d'avance au lecteur.

Qu'il nous suffise de dire que Fargeau parla un quart

d'heure durant, sans s'animer, sans se presser, avec le même calme que s'il se fût agi d'une affaire de Justice de paix. Quand il eut fini, l'homme de loi se leva.

— Je crois bien que vous êtes le diable, monsieur Fargeayr dit-il; — mais ça. ne me regarde pas... Pauvre petite demoiselle!... Enfin n'importe... j'enlends venir quelqu'un... l'histoire est bonne et peut réussir.

— C'est Olivette, diiFargeau; — àTœuvre!

— A l'œuvre soit!

Olivette descendait la montagne en minaudant et en se jouant. — Elle chantait quelque chan;»on rennaise, de cette voix gentille et aigrelette que Yaume le pâtour eût préférée aux concerts du ciel.

— Eh bien I vous êtes comme il faut, vous ! dit-^lle d'un air fl&ché; — vous me laissez là, les pieds mouillés dans Therbe, à vous attendre.

— Cest vrai ça, repartit Besnard ;— mademoiselle Olivette ne porte pas des sabots.

— Des sabots! répéta la jeune fillle en se redressant.

— Des sabots! répéta Fargeaq d'un air scandalisé; — Oli- ?ette! des sabots! que disions -nous tout à l'heure, mon cher monsieur Besnard?

— Ce que nous disions^ mon bon monsieur FargeauP...

— Oui... Ne disions-nous pas : cette petite Olivette ne res* semble pas plus à une paysanne, qu'un lapin blanc ne ressem** ble à une taupe!...

— Le fait est que nous disions cela I prononça Besnard gravement.

Olivette souriait et baissait les yeux. Elle était rouge de plaisir.

— Dame I... balbutia-t-elle, on n'est pas cause...

— Ce n'est pas un reproche! s'empressa de continuer Far« geau;— si vous êtes plus jolie et mieux élevée que vos compagnes, personne ne peut vous blâmer pour cela, ma pauvre Olivette... Ce que nous en disions, du reste, c'était en passant... pour causer... — N'est-ce pas, monsieur Besnard ?

— 11 faut bien un peu bavarder, monsieur Fargeau. Fargeau toucha l'oreille d'Olivette.

— M. Besnard me disait, reprit-il : — Quel dommage de voir cette petite jeune personne-là enterrée dans un trou!

— Et vous me répondiez, monsieur Fargeau, riposta Besnard:

Quel dommage! quand on pense qu'elle va peu ce rustaud de Yaume...

— Dame I... fit Glivetteâ

— Un imbécile! dit Fargeto.

T- Un pétrasi dit Besnard.

Olivette n'avait garde de s'ifiscrire on faux ; seulement êWê murmurait en mordant son tablier:

«- Dame!... dame!...

Et ce dame voulait dire:

— Mes bons messieurs, écoutez donc! Il fiuit bien que }*épouse quelqu'un!

Hais tout à coup une idée sembla illuminer son cerveau. S<m JoH front prit une expression d'anxiété natve. Bile regarda Fargeau en face, ouvrant ses yeux tout grands, et montrant la rangée entière de ses dents blancbes comme neige.

»- Tiens! tiens 1 mnrmura-t*-elle, — est-ce que voua m*é^ pouseriez bien, vous, monsieur Fardeau?

La question était imprévue.

Fargeau ne put s*empécher de sourire.

— Et pourquoi pas, ma flUe! dit-il, ^ si mon IncHnaUen fie me portait vers le célibat.

Olivette se tourna sans trouble aucun du côté derbomme d*afiaires.

— Alors, dit-elle,— c'est doftc vous qui voulez m'épous#f, monsieur Besnard?

^ Abf ab! s'écria Besnard, le plus galamment du mond», '— ce n'est pas l'envie qui me manque, ma belle enfant*.. mal| Je sois veuf, vous savez» et ma position de (amllle*«.

Olivette resta déconcertée.

— - Alors.*, reprit-elle ea bésitant, -*- ^ors... vous voye^ bien...

— Mais il y en a d'autrea! s'empressa de dire M. Fargeau ; -« ici et ailleurs... vous n'êtes pas forcée de vous marier i Vesvron...

Olivette reprenait courage.

— Bien s&ri s*écria4-eUe, — U y a donc quelqu'un de Vitré qui veut m'épouser?..*

— Peut-être... répondit Fargeau qui fit un signe à l'botnmè 'de loi; — en tout cas, si vous aviez seulement une petite dot» Olivette, il n'y en aurait pas un, H y en aurait cent!

Olivette soupira eu pensant que Tiennet serait peut-être da nombre.

LE JEU Dl Là MORT li7

~ Oui... oai... dit-elle tHfttement, — mais Je n'a! pa8d« dot... grande ni petite!

En ce moment, IFargeau changea de Uifi el prit uA atr §ri^.

— Voilà justement l'affaire, ma pauvre enfant, dit-il. — M. fiesnard et moi, nous càuçidils 1 ce sujet.,.

rr Pas possible )^.< fit Olivette w\ m enfin Fidée 4tt*0B *6 moquait d'elle, — voilà bien des fois que vous n'attifei étts des ooiqs, monsieur Farg^uL.. «m|s jùm ne m'a^iei pal ascpre parlé comme çal..^

Ëesnard toussa. Fargeau croisa sesbra^ sur sa poitrine. Mais Olivette ne lui laissa pas le ttfnps^ ^e parler.

— Je devrais être avec mademomûe ierthe* repril^dle^ ^ Bonsoir, monsieur Fargeau..^ Boi^spir» monaieif iesiârér.. Quand vous voudrez rire d'une p^nvpeiU*, feidfa •hpiti# ail* leurs, entendez-vous!...

Elle leur fit un petit signe de la main el ga^na \é seatMèn deux bonds.

Fargeau et ]lesnard échang^r^fit un regard de ûéèB^ipo^Êâêtt menu

— Olivette !... OUvcstteL.. criiiFarseailw teottlez-taoi, mé fiHet

— Olivette !... Oliv^t^ 1... reprît rii«mteed« leè, ^ ce v'Mt pas discuter, celai... Reveq^^,^. et ca^usona raisomibtomdnl.

Olivette montait le sentier qui conduisait as Geuli. Elle faisait semblant di» na pas emeMire. targeau s'élança avec une m\i^ c|ii'«b ne lui eùl pétai sti^ posée, il atteignit la jeune fille en quelques élans.

— Olivette, dil-tt tout bM, -^ e'asi talérttm ffêê Ui taan« qoes... reviens.

— Mademoisdie Bertlie tt*â(tend... i^épèndit Ié jeotie flltê. ~ Un diable et une femme, grommelait Besnard stif I^ ter^

tre; —voyons ^ coditte ieujotnrs, le diable a raison de 1^^ femme I

Il siiil^t d'en bas lea nkrav(<ttents de Fargeau él d'Ôliyette. Fargeau avait beau faire. La ieupe fille continuât sf^ TÇMt^ vers le château.

Tout à coup cepièndant Olivette sVr^l^*

Fatgean yenait d'incliner ^ ippgue taille po^r lu) par^ | roreme.

ta jeune ÛUçbésita. —Puis elle redescendit la ttontagne.

— Le diable est plus fort l pensa Besoard; -^ c'est fat règli«««

Un seul mot. — Pauvre Olivette!

Le nom de Tiennet Blône...

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