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Par ces feintes, on cherche à tromper l'adversaire, aussi bien par des mouvements de corps que par des mouvements d'épée ; on fait semblant d'exposer , de laisser à découvert une partie du corps, le bras, la jambe, afin d'amener l'adversaire à tirer là franchement, pour pouvoir soi-même parer et riposter à bonne portée. Pour lui donner plus de confiance, on rompra au besoin plusieurs fois de suite. Parfois on marchera pour faire
semblant de se livrer davantage, ou simplement pour varier le jeu. On accompagnera ces divers mouvements de feintes faites avec l'épée, ou bien on alternera entre Tes deux sortes de pièges. En un mot, par tous les moyens possibles, on amènera l'adversaire à se livrer à portée
de la pointe, sans se livrer soi-même. Seulement, nous le répétons, ce jeu demande déjà une bonne force à Tépée.
Comme exemples de ces sortes de feintes le professeur fera pratiquer surtout cellesci :
Étant engagé en sixte, faire une absence d*épée à gauche, en découvrant la main et Favant-bras pour y faire tirer l'adversaire, afin de parer soi-même sixte ou contre de quarté et riposter.
Étant engagé en quarte, faire une absence de fer à droite, pour que l'adversaire tire droit, afin de parer quarte, riposter droit et sauter en arrière.
Faire ces feintes tantôt de pied ferme, tantôt en marchant ou en rompant.
/ En même temps que les absences de fer.
on fera parfois des appels du pied qui pourront contribuer à ébranler l'adversaire .
Autres exemples :
Étant engagé en quarte, menacer dans la ligne haute, en découvrant la ligne du dessous pour faire tirer là, puis parer seconde et riposter dans le bras ou à la poitrine. Sauter en arrière dans ce dernier cas.
Étant en sixte, faire une feinte dans la ligne basse en découvrant le bras, pour que l'adversaire y tire , parer quarte ou sixte et riposter.
Étant engagé en quarte ou en sixte, faire une absence de fer, en penchant la tête en avant, pour y faire tirer, puis parer quarte et riposter. Parfois on croisera en seconde après avoir paré quarte, ou
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et riposter. Parfois on ne ripostera qu'à demi, pour se ménager une contreriposte à fond.
Si l'adversaire ne répond pas tout d'abord à la feinte, on l'accentuera progressivement en augmentant peu à peu la longueur des changements d'engagements, ou en faisant les battements un peu plus larges.
On pourra même faire des doubles engagements en marchant à petits pas, toujours dans le même but de faire tromper les engagements pour parer et riposter.
Ces diverses feintes et la manière de les varier, de les accentuer progressivement exigent à la fois, nous le répétons, une grande prudence et une force déjà assez grande à l'épée. En les faisant, il
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faut se méfier de trop s'exposer et aussi de multiplier les mouvements. Il faut savoir varier son jeu, tout en évitant les mouvements inutiles.
Ajoutons que si l'adversaire ne répond pas à telle ou telle sorte de feinte, il ne faut pas s'appesantir sur ces feintes mais savoir changer de batteries. On lui fera, pour varier, de fausses attaques. Ainsi, sur la partie la plus rapprochée, on alternera entre les feintes indiquées et ces fausses attaques. S'il n'y répond pas encore, il faut savoir, à l'occasion, s'arrêter, rester sur l'expectative et, parfois même, refuser le fer.
Répond-il au contraire à vos feintes ou à vos fausses attaques , il faut se méfier alors qu'il ne cherche la contre-riposte.
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C'est pourquoi, si Ton a affaire à forte partie, mieux vaut parfois se borner à riposter sur la partie la plus rapprochée, ce qui ne facilite pas la contreriposte.
Manière de combattre certains jeux irréguliers. Conseils aux tireurs de petite taille.
Un tireur d'épée 'dfcit savoir combattre tous les jeux. D'ailleurs, sur le terrain, tout est permis, sauf ce qui est déloyal.
Les conventions ne sont pas là , comme à la salle d'armes, pour s'opposer aux coups dits irréguliers. Il faut donc que le jeu d'épée prévoie toute sorte de coups et donne les moyens de combattre les tireurs irréguliers ou, pour mieux dire, ceux dont
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le jeu est un peu en dehors, s'écarte de rescrime ordinaire.
Nous avons déjà indiqué dans la troisième leçon ce qu'il y aurait à faire contre un adversaire qui se précipite le bras raccourci. En pareil cas, on doit alterner, comme nous l'avons expliqué, entre les coups d'arrêt à la figure et les parades de quarte et contre, ou seconde et contre, ou de septime et parfois de prime basse, en rompant, suivies de ripostes de pied ferme.
Contre un adversaire qui tiendrait constamment le bras tendu, en le raidissant, nous avons expliqué également le jeu à faire, très simple, consistant en doubles battements ou en croisés qui chassent ou maîtrisent le fer.
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Supposons maintenant d'autres jeux irréguliers.
Que faut-il faire contre un adversaire qui ne donne pas de fer?
Il faut alors faire tantôt de fausses attaques 'sur la partie la plus rapprochée, tantôt des feintes bien accentuées vers la figure pour forcer l'adversaire de venir à l'engagement, de parer ou d'attaquer, en étant soi-même toujours prêt à parer et à riposter ou contre-riposter. En faisant les feintes à la tête on se méfiera que l'adversaire ne tire à la main ou à l'avantbras : s'il y tire, on parera seconde ou septime et l'on ripostera tantôt au corps, tantôt sur la partie la plus rapprochée.
D'autres tireurs multiplient les battements ou les changements d'engagement.
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Ce jeu n'a pas toujours le même but :
Tantôt l'adversaire le fait franchement pour vous ébranler, tantôt au contraire il ne cherche qu'à vous amener à tromper les battements ou les changements d'engagements, afin de pouvoir lui-même parer et riposter.
Pour savoir au juste son intention, il faut tout d'abord faire de fausses attaques, tromper à demi ces battements ou changements d'engagements; si l'adversaire vient aussitôt à la parade et à la riposte, on cherchera la contre-riposte.
Si, au contraire, l'adversaire ne vient pas très vite à la parade et à la riposte, s'il paraît avoir cherché uniquement à vous ébranler avec ses battements et chan-
gements d'engagements, il faudra les tromper plus franchement, mais en tirant sur la partie la plus rapprochée.
Certains tireurs recherchent les corJ)s à corps. On a dit d'ailleurs que sur le terrain le corps à corps était pour les tireurs inexpérimentés un moyen d'égaliser les chances contre un adversaire beaucoup plusexercé. Égaliser les chances, c'est trop dire, mais il est certain que dans le corps à corps, l'escrime fait place en grande partie à une sorte de lutte à main armée.
Ajoutons que dans cette lutte il se produit le plus souvent et forcément de graves incorrections sur lesquelles nous aurons à revenir à propos des questions
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de duel. Nous expliquerons alors que mieux vaut convenir dans le procès-verbal d'avant le duel que les témoins sépareront les adversaires en cas de corps à corps.
Mais cette convention n'est pas toujours acceptée et d'ailleurs il faut savoir combattre tous les jeux.
La première chose à conseiller naturellement c'est d'empêcher l'adversaire ^ d'arriver au corps à corps, en se tenantJ toujours prêt à lui faire un coup d'arretS ou à parer et riposter.
S'il arrive au corps à corps, nous nc^n conseillons pas à un tireur exercé des^ continuer longtemps le combat dans cese conditions, ni même de chercher alors à-^ toucher, puisqu'il n'a plus ses moyens-—
habituels ni pour parer et riposter, ni pour attaquer.
L'opposition de la main gauche pourrait être utile en pareil cas, mais en général on la proscrit du duel, et surtout parce qu'elle donne la tentation de saisir l'épée avec la main au lieu de l'écarter simplement.
' Puisqu'on n'a plus ses moyens habituels dans le corps à corps, mieux vaut dès lors ne pas chercher à toucher, car on s'exposerait à faire coup pour coup.
On n'essaiera même pas de faire des caves en coup de poignard, dont l'emploi est cependant assez tentant en pareil cas. Mieux vaudra chercher uniquement tout d'abord à éviter les coups de l'adversaire en s'eflforçant par tous les moyens possibles, d'opposer votre épée
à la sienne, et, pour mieux y parvenir, on sera le premier à le serrer de près, à s'avancer s'il veut s'écarter d'un petit pas ; s'il cherche à vous tourner, il faut tourner soi-même dans le même sens. On fera ce jeu jusqu'au moment, amené le plus vite possible, où un bond en arrière ou de côté pourra se faire sans danger et rompre le corps à corps. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous conseillerons de bien se rendre compte, avant de se battre, du terrain qu'on a derrière soi et en côté.
Sitôt le corps à corps ainsi rompu, on mettra l'épée en ligne, prêt à faire un coup d'arrêt, ou àparer et riposter ouàattaquer.
Tels sont les principaux cas spéciaux à examiner.
Faut-il ajouter quelques observations au sujet des prétendues « bottes secrètes » dont on a tant parlé autrefois?
Lorsque Fescrime était encore peu avancée, lorsque le jeu de parade, de riposte et de contre-riposte, sa partie la plus savante, n'était pas encore bien pratiqué, certaines attaques irrégulières ou désordonnées pouvaient peut-être surprendre un adversaire même exercé et le trouver au* dépourvu pour la parade.
Mais aujourd'hui il n'est aucun coup, si irrégulier qu'il soit, qu'un tireur exercé ne puisse facilement parer par les moyens ordinaires. Et pourvu qu'il se tienne sur ses gardes, pourvu qu'il guette bien les mouvements de l'adversaire et se tienne
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prêt à parer et riposter ou à attaquer, il n'a rien à craindre de celui qui tenterait une attaque irrégulière de l'école des bottes secrètes d'autrefois, et même pourra le blesser plus dangereusement qu'après une attaque régulière.
Parmi ces fameux coups rappelons ceux-ci t
Sur une attaque quelconque pivoter brusquement de côté par une demî-volte et tendre le fer à la poitrine (coup d'Angelo)..
Ou bien encore tendre le fer en dessous avec échappement de la jambe gauche en arrière > ou même faire ces tensions en dessous en se baissant de côté, en appuyant au besoin la maiik^ gauche par terre!
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Tous ces coups bizarres sont dangereux surtout pour ceux qui les emploient, car ils les amènent à se découvrir beaucoup trop et à perdre leurs moyens
Bifférence de taille. — Lorsqu'il y a une différence notable de taille entre deux adversaires, on trouve là des cas fort intéressants où un tireur d'épée arrive par la tête à suppléer à Tinsuffisance de ses moyens physiques.
Que fera un tireur de petite taille contre un adversaire beaucoup plus grand?
Parce qu'un tireur est petit, cela ne veut pas dire qu'il doive faire d'une façon absolue un jeu différent de celui du tireur grand et que, par exemple, il doive attaquer beaucoup moins. En réalité, il aura ^n jeu aussi varié, peut-être même plus
Il «
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varie. Pour les attaques, il les emploiera aussi bien que les parades et les ripostes.
11 faut bien d'ailleurs que tout tireur sache attaquer dans le cas où son adversaire ne l'attaquerait pas.
Seulement le tireur de petite taillé le fera d'une façon particulière ; il gagnera du terrain en accompagnant souvent ses attaques de marches ou de petils sauts, ou se fendra à demi , ou même un peu plus , pour serrer ensuite la mesure. Insistons sur le petit saut, qui, bien entendu, doit se faire trè^ prudemment, et sans gagner plus de ter--' rain que si Ton marchait d'un petit pas.
Comme nous l'avons déjà indiqué, une marche serait moins rapide, surprendrait moins l'adversaire et donnerait moins d'aplomb ; d'autre part, en faisant
le saut en avant, comme il doit être fait, on ne risque d'être touché que sur la partie la plus rapprochée.
On réunit ainsi lés deux temps de la marche en un seul, ce qui fait gagner beau- ■ coup comme vitesse et comme autorité, sans exposer davantage.
Quant à la façon d'exécuter le saut, il ^aut bien observer qu'il fait partie de l'at- '^que même. Si l'on tire sur la partie la Plxis rapprochée, on dégagera en stxxxt^nt, on fera un-deux en sautant, etc.
S'agit-il des attaques au corps :
Pour le menacé croisé, on sautera en menaçant la tête *, puis on fera le croisé de seconde de pied ferme.
i. Si l'adversaire rompt après le menacé, on continuera l'attaque sur le bras.
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Pour le double battement tiré droit en sixte, il sera bon de prendre d'abord l'engagement de quarte, puis de dégager .
à demi dans le bras, en sautant, pour faire ensuite le double battement de pied ferme et sauter aussitôt en arrière.
Malgré la grande utilité de ces sauts, que le tireur de petite taille étudiera avec soin, il s'exercera, pour varier, à marcher et à serrer la mesure.
11 s'exercera surtout à serrer la mesure après s'être fendu à demi, pour contreriposter à bonne portée.
Les contre-ripostes lui sont spécialement utiles, puisqu'elles lui permettent de se rapprocher progressivement d'un adversaire plus grand et se tenant éloigné.
Pour les réussir, il peut soit employer
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les sauts, soit serrer les mouvements en avant, à moins que Fadversaire, bien entendu, n'avance ou ne se fende à fond, se livrant ainsi lui-même. Pour serrer les mouvements en avant, le tireur de petite taille s'exercera tantôt à gagner la mesure en attaquant, tantôt à se remettre en garde en avant après s'être fendu à demi au lieu de se relever en arrière comme d'habitude. En se relevant en avant, il doit se tenir bien prêt à parer. C'est ainsi qu'après avoir attaqué en se fendant à demi, pai* exemple pour dégager au bras, il se remettra en garde du pied gauche au lieu de reporter le pied droit en arrière, parera de pied ferme la riposte de l'adversaire et , se trouvant à bonne portée , contre-ripostera commodément à la poitrine.
Le tireur de petite taille pourra trouver encore d'autres ressources dans un jeu de tête. Les marches et les contremarches lui étant relativement plus faciles qu'à un tireur plus grand, il fera des feintes, pour ainsi dire, avec ses jambes, en affectant d'abord de rompre de parti pris; après quoi, il surprendra son adversaire par une marche en avant, en se tenant bien prêt à parer et à riposter au corps. Parfois, lorsque son adversaire hésite à l'attaquer, il fera, tout en marchant, des battements ou changements d'engagements un peu larges, pour amener l'adversaire à les tromper afin de parer et riposter ou contre-riposter.
Le tireur de grande taille doit être plus sobre de mouvements. Il cherchera un
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peu moins la contre-riposte et surtout il tiendra son adversaire à distance, évitera de se laisser serrer. Il ne fera de saut en avant que si son adversaire rompt trop souvent et trop vite, il le fera bien entendu avec beaucoup de prudence, en évitant de se désunir.