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CHAPITRE III

Faut-il autoriser les jeux à Paris?

La question peut sembler bizarre, les jeux n'y existent-ils déjà pas et malheureusement les cercles n’y pullulent-ils pas”?

Nous voulons simplement nous demander s’il est possible de réunir en un seul, tous les cercles de Paris ayant cagnotte et de créer ainsi une maison de jeu unique! Il est évident que certains grands cercles, bien fermés, sérieux, intéressants même pour leurs membres, continueraient d'exister, la liberté qu'il ne faut pas perdre de vue, même dans ces matières, l'exige. Mais les autres? ceux dont la façade seule est littéraire, artistique ou sportive, ceux-là doivent être résolument interdits.

Le rétablissement d'une maison de jeu à Paris présente évidemment de grands avantages et de grands inconvénients. Les avantages sont d'abord d'ordre pécuniaire, Paris est une station climatérique comme tant

d'autres, où des milliers d'étrangers viennent s'amuser

et dépenser beaucoup d'argent; un établissement de ce genre à Paris aurait une cagnotte formidable.

Un autre avantage d'ordre moral serait de ruiner une quantité de tripots interlopes où les joueurs n'iraient plus, puisqu'ils trouveraient dans la maison officielle de quoi satisfaire leur passion, et un confortable inexistant partout ailleurs.

D'ailleurs, il serait facile d’édicter des pénalités contre les joueurs eux-mêmes, surpris dans des maisons illicites.

Parmi les inconvénients, le premier qui vient à l’esprit, est celui d'exciter encore par un appât nouveau la passion du jeu qui se manifeste déjà suffisanment sur les hippodromes. À ce danger, la loi peut apporter des tempéraments; d'abord ne laisser jouer que le soir, de huit heures à minuit, ensuite mettre un droit d'entrée assez élevé, cinq francs par exemple, puis exiger de sérieuses pièces d'identité de tous ceux qui se présentent et refuser systématiquement l'entrée à tout individu pouvant, par ses fonetions, détenir une partie des deniers publics ou privés.

JT ne faut pas S'exagérer les inconvénients; ne joueront que les vrais joueurs, eéeux qui jouent déjà ailleurs; qu'ils dépensent leur argent ici ou là, pour eux là différence n’est pas grande. Of, à l'heure actuelle, avec la facilité des communications, les joueurs vont jouer à Enghien et y laissent un argent qui, légitimement, devrait rester à Paris, puisque c’est à Paris qu’il est gagné.

En résumé, toute la question est là. Si l'on ne veut

pas laisser jouer à Paris, il faut interdire le jeu dans les environs de Paris, dans un rayon d'au moins 50 kilomètres; ce n'est pas, en effet, quelques minutes de chemin de fer qui arrêtent les joueurs. Si on autorise les jeux à Paris, on peut Jes laisser subsister dans les environs sans danger, il n'y auront plus de clients.

N'oublions pas que la ferme des jeux rapportait cinq millions à la Ville de Paris en 1838. Quelle somme formidable rapporterait soixante-dix ans plus tard, le monopole des jeux, alors que la population a plus que doublé et que l'argent est moins rare!

[1 nous semble done possible, sous les conditions de garantie eXaminées plus haut, d'autoriser les jeux à

Paris et d'y créer un casino.

Vu : le Président de thèse,

F. LARNAUDE.

Vu : le Doyen.

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