CHAPITRE XV
Châtiment des voleurs.
Quelques jours après, les gens que le comte avait envoyés à la poursuite des voleurs arrivèrent au château amenant toute la bande, qu'ils avaient eu le bonhécr de trouver réunie dans la caverne. Les brigands étaient enchaînés deux à deux ; à la queue du convoi marchait une voiture chargée d'un grand nombre de caisses renfermant des effets volés, et sur laquelle on c- : ! attaché aussi la bohémienne.
Après la dis: ‘‘on du petit Henri, les voleurs n'avaient point songé à le poursuivre ; car, trou-
. ‘want à leur retour la porte de fer bien et solidement
fermée, et la fenté du rocher leur étant inconnue, ils présumèrent que l'enfant s'était abîmé dans l’un des gouffres de l’ancienne mine, où qu'il avait été écrasé par l'éboulement de quelque galerie, Le chétin qui conduisait à la fente du rocher était si dégradé, si dangereux, que jamais les voleurs n’a
es de la cieux.
rouvons et douenis ou , dis-je, ur que uverons ns tant nous a
te avait rent au nt eu le 1e. Les à queue à grand olés, et nienne.
voleurs , troudement onnue, ins l’un vait été ie. Le était si rs n'a
vaient osé s'y engager pour voir où il menait ; et aul d’entre eux n'aurait voulu croire que leur jeune captif se fût évadé par un semblable chemin.
Hs furent donc extrêmement surpris lersqu'en entrant au château ils aperçurent le jeune comte debout sous le portail, à côté de son père; ils ne purent concevoir comment il avait pu leur échapper sans passer par la porte de fer. ‘* Nous pensions, murmurait leur chef avec dépit, que personne ne nous égalait en ruse ni en courage, et voilà qu’un faible enfant nous confond par sa finesse, et nous fait charger de chaînes: n'y a-t-il pas là de quoi eurager!”
L'un des musiciens qui se trouvait aussi dans la bande se dit à son tour: Nous avions . enlevé cet enfant afin qu'il nous servit de garantie, et il arrive que c’est, au contraire, son enlèvement qui nous conduit à notre perte. On a donc raison de dire que CELUI QUI SPÉCULE SUR LES AVANTAGES D'UNE MAU- VAISE ACTION TROUVE TOUJOURS À LA FIN QUELQUE MÉCOMPTE.
Quant au plus jeune des brigands, c'est-à-dire celui qui s'était montré si bon et obligeant envers Henri, et dont le cœur n’était pas entièrement dépravé, on l’entendit crier : ‘‘ C’est Dieu qui a protégé la fuite de cet enfant : je suis bien aise de le voir sauvé, dût-il m’en coûter la vie. Dieu protège l'innocence, et punit le crime tôt ou tard. Ainsi s'est donc accompli envers nous ce qué ma mère me ré-: pétait si souvent : ‘‘ Quand même le méchant irait
D se cacher dans les entrailles de la terre, la justice FA £ divine saurait le découvrir et lui infliger pe chèi- 7
Lorsque Heori aperçut enchaîné parmi les brigands ce-jeune homme, dont il n'avait point oublié les bons procédés à son égard, cette vue lui fit beaucoup de peine, etil pria instamment son père de lui accorder la grâce de ce malheureux, qui avait toujours été si bon pour lui. Le comte répondit que
: pour le moment il ne pouvait s’engager à rien, mais
Que-ce jeune homme serait traité avec toute l’indulgence permise. Les interrogatoires et l'instruction du procès ayant prouvé que ce jeune homme n'avai! jamais versé de sang, et qu'il avait été plutôt domestique des brigands lui-même, on lui fitgrâce de la vie ; mais il fut condamné à la prison perpétuelle, Le comte commua encore cette peine, et l'envoya dans une maison de correction où il devait rester jusqu’à ce qu'il donnât des preuves d’un sincère re- | pentir : alors on lui permettrait de retourner chez | ses parents. |
Le comte, en lui signifiant cet arrêt, lui dit : | “Vous voyes bien qu'aucun forfait ne reste impu-
- ni; mais aussi jamais une bonue action ne reste
sans récompense. Vous ne devez l’adoucissement de votre peine qu’à la maaière dont vous avez agi envers mon fils;.et pour mieux vous récompenser ercore du bien que vous avez fait à mon enfant, je
vons ‘promets d’avoir soin de votre pauvre mère
jusqu’à la fin de ses jours. Allez, comportez-vous
: bien, et faîtes en sorte que je puisse bientôt vous
.… rendre à votre famille.”
Fous les autres voleurs montèrent surl'échafaud,
-. -oùils subirent la peine qu'ils avaient méritée par -“leurs.crimes. La bohémienne fut renfermée pour
“ de vie dans une maison de correction. Les effets
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volés furent rexdus à ceux des propriétaires -qu'os . put découvrir. Quand à ceux dont la restitotion fut impossible faute de renseignemeuts ou de réclame tions, le comte en ordonna la vente, et le produit servit à fonder un bospice pour les orphelins.
Marguerite resta au service de la comtesse. Après tant de souffrances, elle y passa des jours heureux | et tranquilles. Georges, ce garço: jardinier dont: nous avons parlé précédemment, s’était fait chasser depuis longtemps à cause de sa négligence et de sa légèreté ; et comme, outre ces deux défauts, il était encore débauché et ivrogne, il tomba dans la plus affreuse misère, et mourut à la fleur de son âge. Le jeune berger, richement récompensé, retourna dans les montagnes chez ses parents. 5
Le comte et sa famille désiraient que le père Ambroise se fixât pour toujours au château. Ce bon vieillard voulut bien accorder quelques jours à leurs instances ; maus on ne put le décider à renoncer à son ermitage; il résista à toutes leurs sollicitations. ‘ Non, mes amis, disait-il, je veux que le reste de mes jours soit entièrement consacréà Dieu, et ce n’est que dns ma solitude que je-crois pouvoir bien accomplir ce vœu. J'ai assez vécu dans le monde, et ily a près de mon ermitage quelques malheuréux qni ont besoin de moi. Se
E préparer à une vie meilleure par la prière et les
bonnes œuvres, c'est, à mon âge surtout, ce qu'on peut faire de mieux.” 5
Au moment des adieux, qui furent extrêmement touchants, le vénéral's vieillard donna sa béné: dietion au comte, à la comiesse et au jeune Henri. Les larmes coulètent de toutes parts ; Henri surtout
ë LE JEUNE HE SI
ne pouvait plus s'arracher des bras de son bienfw à teur. Toute la famille accompagra cet homme res:
pectable jusqu’an bout de l'allée, où une voiture du comte l’attendait, I les embrassa ous pour la dernière fois, et monta en voiture, en disant d’une voix mue: ADIEU | ADIEU ! MES BONS A‘ 49 | QUE LA PAIX DU SEISNEUR SOIT AVEC VOUS | NOU. NOUS REVERRONS DANS LE CIBL |