LA
rature, à la prendre dans son acception la plus haute et la plus juste, n'admet pas les
œuvres de ces hommes qui ,
Trahissant la vertu, sur un papier coupable
Aux yeux de leurs lecteurs rendent le vice aimable ; et plus même ces œuvres sont insidieuses par les qualités étincelantes du style, plus elle les proscrit avec sévérité. Inutile d'ajouter que nous n'entendons pas parler non plus de ces œuvres de mauvais goût dont nous sommes chaque jour inondés par les mille voies de la publicité.
Mais même avec cette double réserve, que le domaine de la littérature est encore beau et fécond ! Combien de livres immortels, combien de poèmes et de beaux discours n’avons-nous pas à étudier, à adrhirer ! Depuis l’origine des siècles jusqu'à nos jours, depuis la première aurore de la
civilisation, depuis Moïse jusqu'à Lamar-
tine, que de brillants faits de génie !
ption la pas les
aimable ; dieuses le, plus d'ajouler non it dont
par les
serve, encore mor-
x disadrisqu'à de la
mar-
ET LA LIVTÉRATURE 15
Ouvrez les annales des siècles.
Voyez, chez les Hébreux,—car comme l'a dit le poète :
L’enthousiasme habite aux rives du Jourdain— voyez ja Bible, ce livre divin, riche de toute la poésie du ciel et de la terre, où se manifeste l'inspiration dans sa pureté la plus sublime, où éclate l'imagination dans toute sa splendeur. Et en effet où trouver ailleurs que sous la plume de ces auteurs écrivant sous la dictée de l'Esprit-Saint, des tableaux plus riants, des idées plus neuves, des expressions plus riches et plus pittoresques, des élans plus spontanés et plus hardis ? Où trouver ailleurs ces soudaines illuminations, cette conception vive de l'idéal qui transporte l'âme et la soutient sur les plus hauts sommets ?
Quelles sublimes leçons nous donne la
sagesse éternelle dans les livres de Moïse,
dans les écrits de Salomon, dans les inspi-
rations des prophètes ! On croit entendre le langage, les incomparables - harmonies du séjour des bienheureux !
Mais toute cette poésie de l'Ancien Testament qui offre à l'écrivain une source si féconde d'inspiration n’est elle-mêmequ'une préparation au livre des Evangiles qui nous raconte la sublime odyssée du Dieu fait homme. Voici ce qu'en a dit Victor Hugo
lui-même :
Ce que la Cène vit et ce qu'elle entendit
Est écrit dans ce livre ou pas un mot ne change
Par les quatre hommes purs près de qui l’on voit [l'ange,
Le lion et le bœuf et l’aigle et le ciel bleu.
Cette histoire par eux semble ajoutée à Dieu,
Comme s'ils écrivaient en marge de l’abîme : ‘4
Tout leur livre ressemble au rayon d’une cime ;
Chaque page y frémit sous le frisson sacré ;
Et c’est pourquoi la terre a dit : Je le lirai.
Les peuples qui n’ont pas ce livre le mendient,
Et vingt siècles penchés dans l’ombre l’étudient.
Chez les Grecs, poésie, éloquence, philosophie, histoire, tout est pour l’homme de lettres une source abondante de connaissances, de nobles pensées et de brilllants souvenirs. Au témoignage du poète, (1) nous pouvons à trente siècles d'intervalle, entendre encore les chants sacrés du vieillard d’'Ionie :
Trois mille ans ont passé sur les cendres d'Homère Et depuis trois mille ans Homère respecté,
Est jeune encor de gloire et d'immortalité.
Nous pouvous admirer, à loisir, l'éloquence entraînante de Démosthènes, la parole forte et vigoureuse de Périclès, la morale de Socrate, la philosophie persuasive du divin Platon, le rhythme harmonieux de Pindare et les graves enseignements d'Hérodote, père de l’histoire.
Chez les Romains, il estidoux de soupi-
(1) Joseph Chénier.
RARE A er à