‹ Le jeune homme et la littérature [microforme]Chapitre 6 sur 13 · ME RENTE DEN SAME PERSAN ET MRRAS N · texte numérisé non relu

ME RENTE DEN SAME PERSAN ET MRRAS N

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La forêt vous attend. Défricheurs intrépides, La fortune naîtra de vos travaux rapides :

Dans ce noble combat soyez au premier rang ; L'avenir est à vous. Travaillez sans relâche ; Fécondez de vos bras dans cette noble tâche,

Ce sol que vos aïeux arrosaient de leur sang.

Allez. Des vieux huronsles mânes r'animés Se levant tout à coup dans la forêt sonore Frémiront de bonheur en revoyant encore,

Les fils de ces Français qu’ils avaient tant aimés !

O jeunesse de mon pays ! jeunesse dont la vie pleine de sève, de promesses, d’aspirations généreuses et de nobles ambitions, est le plus ferme espoir de la patrie, c’est à toi surtout que je m'adresse, en ce moment, à toi qui, par ta culture intellectuelle, as conquis sur les autres jeunes gens une supériorité réelle et reconnue, sache donc aimer de plus en plus ta littérature nationale ; chéris de plus en plus ta belle

langue française Sa qualité maîtresse c'est

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la clarté, c’est-à-dire la franchise, la loyauté, l'honnêteté. Aussi a-t-on pu dire qu’il était difficile de mentir en français sans faire un solécisme. C’est ce qui explique la puissance d'expansion de notre langue et son étonnant caractère d'universalité. Oh ! cette langue maternelle, garde-la avec amour, avec respect,défends-la contre certain genre d'invasions non moins douloureuses que celles du territoire. Plus tu l'étudieras et mieux aussi tu comprendras nos écrivains, les ouvriers de notre littérature, et mieux aussi tu sentiras palpiter dans ces pages immortelles, le souvenir de nos pères, de ces généreux fondateurs de la patrie canadienne, vaillants sur le champ de bataille, vaillants dans l'arène parlementaire et dont on peut dire comme Victor Hugo des gre-

nadiers de Waterloo :

Que leur âme chantait dans des clairons d'airain.

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Voilà, Mesdames et Messieurs, pour les avantages de la littérature en tant que

science,

Comme aï4, la :ittérature développe le talent de la paro!: ; talent précieux, vous le savez, Mesdames et Messieurs, précieux surtout à l'époque où nous vivons. C'est par la parole que tout se fait pour ainsi dire dans le monde , par la parole se sont faites les grandes conversions de peuples et les grandes révolutions ; sous l’action de la parole se dénouent aussi, chaque jour, les mille détails de la vie ordinaire.

La parole n’est une si grande puissance que parce qu'elle est d’abord une suprême jouissance : dans l'ordre des jouissances intellectuelles rien de comparable à l'ivresse que produit dans l’âme de l'auditeur un de

ces hommes privilégiés dans lesquels s'est

incarné complétement ce que Mirabeau appelait : ‘“ Le démon de l'éloquence.”

Un jour peut-être vous avez eu la bonne fortune d’entendre un de ces virtuoses de la parole : il vous a domptés, il vous a tenus

sous le charme, et comme dit le poète :

Ji ne vous parlait plus, vous l’écoutiez encore ;

‘Tant de charme eût pour vous sa voix douce et [ sonore.

Saint Augustin, alors même qu'il avait prononcé sur les choses de ce monde, la mélancolique parole de Salomon : Vanitas vantlatum ; alors même qu'il était à jamais gagné aux saintes austérités de l’'évangile, saint Augustin aimait à dire quil y avait trois choses qu'il aurait aimé voir : Rome dans un jour de triomphe ; Cicéron tonnant du haut de la tribune aux harangues ; et saint Paul parlant devant l’Aréopage. Eh bien, Mesdames et Messieurs, c’est à l'art

de la littérature que nous devons le développement et le perfectionnement du talent si précieux de la parole.

Dans nos premières années, l'éducation de famille nous apprend a bégayer, la grammaire à construire correctement une phrase, la géographie nous montre, au delà de l'horizon de notre pays natal d’autres plages, d'autres peuples ; — quelques années plus tard, une éducation plus élevée nous enseigne à combiner froidement nos pensées au moyen de la dialectique, l'astronomie à mesurer les cieux avec le compas de Newton, la chimie à analyser dans le creuset de Lavoisier, les mathématiques enfin nous donnent la clef des chiffres le secret de la spéculation et des grandes opérations de la finance. Les mathématiques et les études scientifiques, en général, donnent il est vrai

plus de justesse et de précision à l'esprit ;

mais ne faut-il pas convenir que ces études

prématurées ou suivies d'une manière trop exclusive, énervent l'imagination, qu'elles dessèchent le cœur, et, ce qui est plus dangereux, qu'elles habituent l'enfant ou le jeune homme à douter de tout ce qui ne rentre pas dans le cadre de ses procédés et de ses démonstrations spéciales ? Ces funestes effets des sciences exactes avoués par des hommes tels que Descartes et Pascal, qu'est-ce qui viendra les contrebalancer, les neutraliser ?—Ce sera, Mesdames et Messieurs, l'étude de la littérature. C’est elle qui donnera au jeune homme cette heureuse fécondité d'idées et de paroles, cette facilité brillante, cette fleur d’élocution, qui captivent soudain l'attention et l'admiration publiques.

Qu'est-ce qui lui apprendra à narrer avec intérêt, à décrire avec pompe, à disserter et analyser sans sécheresse, à plaider

au barreau, à persuader dans la chaire, à

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AL égayer dans un cercle, à attendrir et faire

verser des larmes sur le malheur d'autrui, M à plaire à tous par un compliment honnête

et spirituel, à percer le vice des traits du

nt

ridicule, à combattre l'erreur, à soutenir les ‘

principes de la vérité et de la religion, à

chanter des hymnes à Dieu, des odes à

on Lens De.

l’héroïsme et à la vertu ? Qu'est-ce qui lui

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apprendra tout cela, Mesdames et Mes-

sieurs ?—Ce sera l’art de la littérature en

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développant les facultés que tous apportent

| en naissant ; et, si elle ne peut toujours

faire des hommes supérieurs, elle fait du

Sage ont. d'au ms

moins des hom'ies utiles et honorables dans

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