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fectionnement individuel et sorial de l'homme. Ajouterai-je qu'elle fait notre bien-être, notre fortune ? Non, Mesdames
et Messieurs.
Aux petits des oiseaux Dieu donne leur pâture,
Et sa bonté s'arrête à la littérature,
a dit un spirituel écrivain, en parodiant des vers connus. Ce n'était qu'une boutade, mais il faut avouer que notre siècle est mieux fait que tout autre pour la justifier. Nous ne sommes plus, en effet, au temps des Auguste qui protégeait les Virgile, les Horace, les Varius ; nous ne sommes plus au temps des Louis XIV qui gratifiait de pensions considérables les Boileau, les Corneille, les Racine. Que si, d'heureux auteurs trouvent une honorable subsistance dans les seuls produits de leur plume, combien d'écrivains immortels ont connu la
misère dans toute sa rigueur ! N'a-t-on
pas vu Homère mendier son pain, le Tasse mourir dans l’indigence, le Camoëns et 14 Gilbert languir dans un dénûment complet 4 sur le grabat d’un hôpital? Ecoutez la plainte de ce dernier, abandonné des
favoris de la fortune, au milieu de sa
détresse :
00000, 05000 01,0 0 00 0,0 © © 6 ù A vos pieds prosterné, dévoré par la faim, Si j'osais de mes maux vous dévoiler la cause,
Mes cris vous demandaient du travail et du pain.
Vous refusâtes tout à run humble prière, ÿ Et votre avare main loin de vous m'écartait, \- Je vous fuis en pleurant, j'expirais de misère.
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Mais si la fortune refuse trop souvent | ses faveurs aux rois de la pensée, par contre | l'honneur et la gloire plus équitables à leur | égard, s'empressent de leur faire cortège de tout l'éclat de leur prestige. Oui, c'est
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l'étude et la connaissance des Belles-Lettres,
c'est la perfection du style et du langage,
c'est le noble talent de la parole qui font qu'un d'Aguesseau devient l’oracle de Ia justice ; qu'un Berryer commande la confiance du public; qu'un Lacordaire et qu’un Lamartine remportent à la tribune ou dans dans la chaire des victoires plus complètes et plus décisives ; qu'un Bonaparte communique à ses soldats, l'ardeur et le courage qui l'enflamment ; qu'un Talleyrand, dans ses conversations intimes suspend à ses lèvres tout un groupe d'admirateurs.
N'est-ce pas dire, en un mot, Mesdames et Messieurs, que l'écrivain, le poète, l’orateur sont honorés de nos jours à l'égal des princes ét des monarques ?
Je viens de faire allusion à ce que les rhéteurs appellent l'éloquence de la conver-
sation, et j'ai cité le nom de Talleyrand, ce
roi de la diplomatie. J'aurais pu, Mesdames