‹ Le jeune Latour [microforme]Chapitre 17 sur 34 · D SCENE VII · texte numérisé non relu

D SCENE VII

Le Père, R'chard, Royor, Garakonth'é, et Wampua toger,

Voici le chef des Froquois, C'est cet homme fameux dont le nom, les exploits, L'adresse, la valeur, la fine politique, Sont aujourd’hui connus dans toute PAmérique : ‘s'est Garakonthié. Dans mille occasions Î ramena la paix au sein des nations ; Par sa dextérité, par son adroit gén'e, Mon père, voulez-vous qu’il nous réconcilie ? Wampun, ce vieux guerrier, ce héros de nos bois, . Seconde aussi mes vœux.

WamMpun.

Amis, plus de cent fois Ma cabane m'a vu revenir des batailles, Et de mile ennemis j’ai faitles funérailles.

GARAKONTHIE.

Moi, le sang autrefois rougit mon tamohawk Mais la main de la paix l’a jeté dans le ke,

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Le PERE.

Mais ces héros, mon fils, si leur justice est püre,

Oat-ils permis jamais d’outrager la nature ?

Rocer.

Non, mon père, iamais: leurs parens sont toujours

Après le sol natal, leurs plus chères amours,

[ls aiment tendrement l’auteur de leur naissance .

RicHanrp, ROBE ce Rocer, Cher précepteur, oh ! ma reconnaissance Ne saurait oublier quels furent vos bienfaits. Votre mémoire en moi ne périra jamais, Jusqu’à mon dernier jour, dans le fond de mon âme Elle sera, R'chard, gravée en traits de flamme. Vous m'avez inspiré dès mes plus jeunes ans L'amour de mon pays, l’amour de mes parens, Ce trésor des bons cœurs, cette vertu céleste. Si j'ai quelqu’équité, si mon âme déteste Le sacrilège impie et son discours trompeur ; Si mon œ:l eflrayé ne voit qu'avec horreur Le fourbe, l’homme injuste, et ces âmes flétries Qui trament en secret les noires perfidies ; Enfin si j’ai gagné l’estime de mon roi, C’est à vous, cher mentor, à vous que je le dois, RicHARD.

Je vous aime, Roger, et je vous le confesse î

Mais je suis cependant accablé de tristesse.

En savez-vous la cause 2. Ô cruelle douleur...

J’ai su que l’on avait perverti votre cœur

Que ce cœur autrefois et si noble et si tendre

S’est changé tout-à-coup, et ne veut plus se rendre

Aux désirs empressés de l’auteur de Vos jours ;

Et que malgré ses pleurs vous persistez toujours

A ne lui point céder ce que son droit de pére

Vous ravira bientôt dans sa juste colère.

RoGer.

Si mon père consent à me laisser parler

Je pourrai vous répondre’avant de m’en aller Le Pers,

O Roger, voudrais-tu renouveller ma peine ?

Chers amis néamoins s’il faut que je vous gêne,

Parlez, peut-être aussi que de cet entretien

Dieu féra par bonheur résulter quelque bien.

tes

GARAKONTHIE.

Roger, prends garde à toi, le grand roi de la terre

Sur les enfans ingrats fait gronder le tonnerre. Rocer,

0 mes amis cessez d’aggraver mes tourmens, Soyez plutôt témoins de tous mes sentimens.

Sachez qu’il m’est cruel de ne pouvoir encore Contenter le désir d’un homme que j'honore.

Mon père me connait ; il n'en gaurait douter, Je le chéris autant qu'avant de le quitter.

Il connaissait alors quelle était ma tendresse,

Aujourd’hui, pourquoi donc m’accuser de basse sse ?

Mais nimporte, mon cœur le chérira toujours,

Et quand même il faudrait pour conserver ses Jours

D'un zèle trop ardent risquer d’être victime, l’aflronterais les feux, je braverais l’abime ; Plein de crainte etd’amour, ne sachant résister. Pour le sauver, partout on me verrait jeter Oui, si je vous voyais terrassé par la rage D'un animal féroce ou d'un monstre sauvage, Pour appaiser sa faim et conserver vos ans J’irais m’offrir moi-même à ses cruelles dents Enfin, demandez-moi tout ce qui se peut faire Sans altérer les traits d’un noble ‘aractère, Parlez, je vous le jure à la face des cieux, Mon pêie,, en l’accordant je serai trop heureux. RicHanrp.

Mais l’amour filial peut-it avoir un terme ?

Rocer, Oui, certes, je le pense, et je dois rester ferme Si pour plaire à l’objet de mon affection e ne suis qu’un ingrat envers ma nation, S'il faut perdre ma gloire, à tant de frais acquise, Exposer le succès d’une noble entreprise, rahir une patrieet ne la plus revoir, Entin, s’il faut manquer au plus sacré devoir. Le PERE.

Roger, tu vas trop loin ; ce coin de l’Acadie, Ce terroir hérissé, ce sol de barbarie Quela France naguère a Commis à ton bras, Voilà ce que je veux : ne me rebute pas.

J’ai soigné ton enfance, et pendant vingt anné. Mes soins te préparaient d’heureuses destinée, O gage si chéri de mon premier amour, Quand j’ai perdu ce sein qui t’a donné le jour, Ahoui, je m°’en souviens, quand {à mère expirante

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Me pressa sur son cœur de sa main défaillante Et voulut m’embraster pour la dernière fois, Elle pleura longtems, et sa mourante voix Proféra pour adieu cette seule parole :

Mon cher époux, je meurs...que Roger te console. O Roger... mon fils..…......regarde vers les cieux ! Ta mère y prie encor, rends-toi donc à mes vœux, Toi qui dois m'adoucir les peines de ce monde... RoGer.

A ! cessez ma douleur est déjà trop profonde, Ne pleurez plus, pourquoi cherchér à m’attendrir ? Je vous chéris encore et Je veux vous chérir, Lt je ferai pour vous tout ce qu'on peut attendre De l’ami le plus cher, et du fils le plus tendre, Que voulez-vous de plus ? Pour avoir votre amour Faudra-t-il mériter de ne plus voir le jour ? GARAKONTHIE, Ton cœur est un grand cœur et tu n’est pas un RicHaRD. [traître.

Songez du moins, Roger, que votre père est maître. Le PERE, Pense aux maux effrayants qui vont fondre sur toi ; Pense au bien que tu peux t’acquérir près de moi. Rocer.

Vainement voudrait-on me déclarer la guerre, En vain l’on n’offrirait le reste de la terre, Non tant que je vivrai, ce fortet ce pays Seront soumis, mon père, aux armes de Louis.

Le Pere, Où prends-tu, fils ingrat, une telle insolence ? Tu veux, je le vois bien, provoquer ina vengeance, l'u voudrais n'irriter ; cruel ne sais-tu pas lue mes vaisseaux au port sont remplis de goldats. RicHarD.

Réfléchissez, Roger... s’il faut que votre père rasse aux plus doux transports succéder la colère... Mais non, songez plutôt, songez à son amour. , Peut-être il va demain vous quitter sans retour. Ne vous abusez pas ; vous lui devez la vie, Lui refusericz-vous ce coin de l’Acadie ?

Mais il est temps, je crois, de prendre du repos. La nuit qui des humains, fait oublier les maux, La nuit sur univers étend son noir empire, Allons, reposons-nous, et que Dieu vous inspire De pieux sentimens pendant votre sommeil Etui es nous en part après votre réveil.

(Le Rideau tombe.} Fin du ler Acte.

CHANSON

CS

Sur £’AtR:—1a Brigantine, 0 perfidie

F'uis loin de moi,

Puisque ma vie

N'est pas pour toi.

O France chérie,

J'irais te trahir,

Non, ma patrie

Plutôt mourir,

Douce nature, J'entends tes cris, Fa voix. si pure,

Ah ! j’en frémis, Mais, France chérie Faut.il te trahir, Non, ma patrie Plutôt mourir,

La mort apprête Ses dards, ses feux, Voili ma tête Devant ses yeux.

Car, France chérie Puis-je te trahir !

Non, ma patrie Plutôt mourir.

"DC ACFE SECOND.

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