SCÈNE VIL CHARLOTTE , FIFINE , ROBERT
CHARLOTTE
D'où vient le bruit que j'ai entendu?
FIFINE
Maman , v'ià papa.
CHARLOTTE
Comment ! c'est toi, mon ami?
ROBERT
Moi-même -, mais où diable étais-tu donc fourrée ?
CHARLOTTE
J'étais à faire lire Fifine.
( ae ) ROBERT.
Bravo ! voilà ce qui s'appelle une femme !
Air : Suzon sortait de son village.
Des mères instruisant leur filie En l'absence de leurs maris, Ah ! c'est un tableau de famille Qui n'est pas commun à Pans.
Quand }è voyage , Aucun nuage Ne m'obscurcit Ni le cœur ni l'esprit.
Que je revienne Dans mon domaine , J'y suis bien vu , Bien venu i Bien reçu.
Point d'union comme la nôtre; Un prince ne m'égale pas, Quand j'ai ma femme sous un bras Et mon enfant sur l'autre.
(Il prend Fifine dans ses bras et l'embrasse ainsi que sa
Jemme. )
CHARLOTTE
Tu as fait un bon voyage, mon ami?
ROBERT
Excellent , et par ici comment cela a-t-ii été ?
CHARLOTTE
Tu en jugeras par les livres.
FIFINE
Papa, m'as-tu apporté des joujoux?
ROBERT
Ma foi! je n'y ai pas songé.
FIFINE
Tu ne m'apportes jamais rien. (Elle s'éloigne. )
Elle a raison de te gronder.
ROBERT
Tu plaisantes 5 comment! j'apporterais des joujoux a, une jeune personne qui va se marier?
CHARLOTTE
Se marier!
ROBERT
Oui , à peine débarqué je lui ai trouvé un parti j tu vois comme je mène les affaires , moi.
CHARLOTTE
Quelle plaisanterie ! que veux-tu dire ?
vobert , d'un air important.
Qu'on vient de me demander sa main . et que je me suis vu comme forcé de la promettre.
CHARLOTTE, riailt.
Et puis-je savoir au moins le nom de mon futur gendre?
ROBERT
Ah! mon Dieu, c'est précisément ce que j'ai oublié de lui demander; mais il sort d'ici à l'instant.
CHARLOTTE , Cl part.
Allons , c'est mon original, il aura pris mon mari pour mon père.
(Fifine s'amuse à jouer avec des capucins de caries').