‹ Le jour des noces, ou, La lettre initialeChapitre 6 sur 20 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DORVILLE [seul, une lettre à la main).

Conçoit-on rien à la bizarrerie des femmes? au bout de cinq ans!... attendre une pareille éché.ince pour répondre à plus de dix lettres! Il faut qu'elle ail conservé un mémorial bien exact de mon amour . pour que le sentiment ait été comme cela tout à coup porté à nouveau : il est vrai que mes lettres étaient pressantes, et le style, c'est l'homme, a dit un philosophe de l'antiquité ; je crois que c'était BarCme. N'importe , le nom n'y fait rien lin attert-

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(lant l'arrivLe de ma jolie futuru, repassons notre correspondance amoureuse, car j'ai des duplicata de toutes mes lettres. (// étale des papiers sur la table.) Du o l'éviier 1819. Ah! c'est le dernier mandat que j'ai tiré sur son cœur... Comme c'est tourné. « i\ladame,ie vous confirme , en tout son con- » tenu, ma dernière du 8de l'expiré. Conslaniment privé des » chères vôlies, je vous rtilère, par ce pli, l'offre que vous » portait ma susdite, trop heureux si votre cœur daigne m'en » accusiT réception par retourdu courrier. » Voilà comme on écrit ; ce n'est paslestjle de nos godelureaux d'aujourd'hui... Des gaillards qui veulent se mêler d'écrire des lettres d'amour, et qui sciaient peut-être bien euibarrassés si ou leur disait de rédiger une lettre de voilure ; aussi, comme elle y a été sensible! Elle a attendu , c'est vrai ; mais sa réponse n'est pas équivoque, la voilà : « Mon cher Dorville, vous connaissez dc- » puis long-temps mes sentimens pour vous.» Je crois bien qu'il y a long-temps... « Obligée d'aller bientôt vifiter, ea » Bretagne , un parent qui m'a élevée , j'ai résolu de ne partir » que n^ariée. Tout sera prêt pour le 28. » C'est aujourd'hui, a Faites donc en sorte d'arriver ce jour-là... Je sens mon i> cœur battre d'avance à l'idée .-en le de présenter à ma t'a- ■ mille celui auquel je confie le bonheur de ma vie » Allons, allons, je suis aimé , j'aime dans la même proportion , tout so balance par appoint; mais quand j'y pense, quel changement dans ma destinée! moi qui ai passé cinquante pour cent de mon existence entre une barrique d'eau-de-vic et un suron de cochenille.

Air : jdux Irai'es hiisscrds au i^^n»'. [?iTain>aises têtes).

Dans les trfls six , oui, i'.ii passé m.i vie , J'en cliavgcai jlus d'un Làlimcnl ;

Pendant ■vin^l ans j'ai fourni a'eau~de-\:e L'Amérique et le Contii.en!.

P.ir mes calculs si j'ai gio>;iiiia ^onime ,

C'est un hasard dont i'i dois m'applaudir ;

Car, je le crois, je suis le piemier lionune

Qui par l'esprit parvint .i s'enrichir ( lis).

El cette fonune-là , grâce à mon mariage , ne passera point entre lés mains de mon neveu. J^en suis fâché pour aous , M. Eugène, si vouscompliez sur ma succession ; c'est un article à contre-passer... Mais ma future n'arrive pas, et si, comme me l'a dit Comtois, nous terminons i'opéralion à deux heures, il nie semble que se serait bien le moins que \^ la visse quelques minutes avant de prendre livraison... Mais c'est e'ie... La voici... je la reconnais.. . Dieu quel effet. '

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