‹ Le Journal d'un bourgeois de GisorsChapitre 27 sur 38 · IO · texte numérisé non relu

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•Centré dans la France; il les avoit courageusement repoulsez, et avoit repris les villes qu'ils avoient desjà prifes, et par après, faicl quelques trêves avec le conneftable de Caftille, conducteur de la ditte armée, de forte, qu'il avoit envoie plufieurs des troupes de fon arme'e, en dilligence. Elles s'eftoient acheminez à Paris, & de là, pafTans par Meaux, avoient esté trouver l'armée audit lieu de Cambray; le Roy (à ce que l'on disoit) revenoit à la ville de Paris pour eftre préfent au fecours de Cambray, de fait, il eftoit arrivé en icelle ville de Paris, au commencement du mois d'Oclobre.

De là, ayant couché à Pontoise (1), il avoit paiTé proche de Beauvais ; et par après, allé en l'armée, où il eftoit arrivé trop tard, d'autant que les Efpagnolz ayant faid quelque brefche, & voullans aller à l'alfault, les habitans de la ville tous armez qu'ilz estoient, avoient crié : Vive le Roy d'Espagne, tellement que les Efpagnolz eftoient entrez dedans ; le fieur de Bellangny, commandeur en la ditte ville, avec toutes ses troupes pour le Roy s'estoit réfugiez dans la citadelle du lieu ; laquelle rendicion de Cambray avoit eu lieu, à ce que l'on tenoit pour certain, parce que le fieur de Bellagny avoit usé de grandes cruautez envers les habitans du dit lieu ; & s'estans réfugiez en la citadelle, quelques huicl jours après, ils avoient, par compofition, rendu et quitté la citadelle aux Efpagnolz au moyen de cinquante mil efcus, qu'ils avoient reçuz ; et luy et les fiens estoient fortis avec leurs armes & bagages. De forte, que le Roy, ny son armée n'avoient peu donner fecours avant que la ville n'eust elle rendue et prise par les Efpagnolz ; environ le vme jour du mois d'Odobre i5g5.

Incontinent après, l'armée des Efpagnolz se retira en leurs limites, et païs, après avoir toutesfois laiffé une forte garnifon et de grandes munitions, tant de guerre que de bouche, en la ville de Cambray, devant laquelle, au commencement du mois de Novembre, au dit an, mil vc imxx xv, le Roy et son armée eftoient allez. Ils l'avoient investie et affiégée de toutes parties ; de forte qu'il ne pouvoient entrer aucuns vivres, ny fecours en la ville, à l'entour et dans laquelle, le Roy faifoit aller journellement grandes eaues qu'il retenoit d'un vivier proche de ce

(1) Henri IV passa à Pontoise le 6 Octobre, avec beaucoup de cavalerie, et fut suivi de nombreux convois de munitions. (V. La Ligue à Pontoise, p. 233.)

Trêves faidles

avec le Conneftable

deCastille.

Passage

du roi Henri IV à

Pontoise.

Siège de Cambrai.

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LA LIGUE DANS LE VEXIN NORMAND

FF. CLxxxxixefVr°.j

Paflage à Gifors

du fleur

de Mompenfier,

gouverneur de la

Normandie.

Siège de La Fère.

Siège & prife

de la

ville & citadelle de

Callais par les Efpagnolz.

lieu, qu'il avoit faicT: creuser : de façon, que les habitans et ceulx dedans la ditte ville avoient eu grandement affaire de.^ leurs hommes eftans bien empefchez.

urant ce temps, Monfeigneur le Duc de Mompenfier, Gouverneur de la Normandie, avoit pafïe et repaiïe deux fois par Cette ville de Gifors, avec des grandes compagnies, pour aller trouver le Roy en son armée, et lors de ses paflages grand nombre des habitans de Gifors avoient esté au devant du dit Sieur luy préfenter les clefs de la ville et luy offrir tous hommes & fervice : ausquelz il avoit faict responce : « Qu'il ejîoit amy des habitans, & qu'ils eujfent à recongnoijlre » le Jieur de Fervacques , qui ejloit avec luy, pour gouverneur » de tout le bailliage de Gifors ». Il s'en retourna en la ville de Rouen, où il faisoit sa demeure. Le Roy & fon armée ayant tousjours, du depuis, esté devant la ville de la Ferre (i), pour ce que les foldatz et Efpagnolz estans dans la ditte ville avoient tenu bon & ne s'eftoient aucunement voullu rendre, à raifon que les eaues faiâes retenir (sic) par le Roy avoient enfin rompu les chaulfées qu'il avoit faicl faire , de forte qu'ils n'alloient plus dans la ville, ains par leur commun cours, & aufli que l'on avoit defcouvert qu'ilz recevoient des vivres par quelques-uns, traiflres de l'armée du Roy. Comme aufïi, durant le dit fiége, quelques cinq centz des Efpagnolz avoient, le mois de Février 1596, paffé et rapafiet de nuicl à travers l'armée du Roy et porté quelques bledz à ceulx de dedans la Ferre, jufques sur le bord des foiïez de la ville, où cela avoit esté pris, ou la plus grande partie, par ceulx de la ville, nonobftant l'émotion et allarme qui s'estoit à l'inftant illecq faide , à caufe de ce.

Pendant ce temps, environ le commencement d'Avril, au dit an mil vc iiiixx xvi , l'armée des Efpagnolz revint en grand nombre ; en lieu que l'on penfoit qu'ilz vouluflent donner fecours à la ville de la Ferre, ou bien en afïiéger une autre, l'on auroit tout aumtost defcouvert qu'ilz avoient afïiégé la ville de Callais. Néantmoins la force de laquelle et de la citadelle, par la menée de quelques preftres ou autres du lieu, ou bien que le gouverneur de la dite ville, nommé (sic) (2), n'avoit pas beaucoup

(1) (< La Ferre, en Picardie. » (Note sur le manuscrit.)

(2) Le nom est resté en blanc sur le manuscrit de la Bibliothèque Nationale.

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