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vers les variétés du langage et de l'action l'unité d'inspiration. Ces livres v^nl ainsi une unité intérieure, Tesprit qui les anime est l'esprit chrétien, l'esprit catholique, chrétien par l'éveil incessant de la conscience religieuse, par l'appel à l'esprit vivificateur, plus spécialement catholique par le vif sentiment de la hiérarchie, de la communion avec Rome, de la docilité au pontificat romain, de la nécessité du sacerdoce, des sacrements et des rites.
Les catholiques n'ont trouvé en cet esprit rien qui les étonne. Us sont assez habitués, quoi qu'ils n'en parlent pas à chaque instant, à retrouver l'esprit sous la lettre, et ils savent bien par expérience que la vie intérieure ne leur manque point. Mais les protestants, habitués à penser que les catholiques évaporent leur religion en formules et la matérialisent en rites purement extérieurs, ont été quelque peu surpris de l'accent de plus d'une page. Ils y ont trouvé quelque chose qui leur rappelait leurs propres façons d'adorer et de penser. Pourquoi l'auteur nierait-il qu'ayant vécu dans des milieux protestants et qu'ayant été frappé de l'ignorance où ils sont des vrais et profonds sentiments des catholiques, il n'a pas été fâché de mettre Taccent sur ces sentiments profonds qui sont la sève intérieure de nos âmes, que les sacrements ont pour but de restaurer, de vivifier et de fortifier, quo
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Tautorité empêche de s'égarer, que les pratiques soutiennent, qui sont l'esprit même de l'Évangile et qui constituent tout le fond de la vie chrétienne? Il a pensé en cela aussi être fidèle à la pensée de Léon XIII, en montrant qu'il pouvait y avoir, entre frères même séparés, des principes communs encore et comme des restes de la commune filiation qui pourraient, au moment fixé par la Providence, faciliter la rentrée au bercail unique.
Le distingué correspondant du Journal de Genève avait même l'air de s'étonner qu'allant jusqu'où il allait, le curé de Saint-Julien n'aboutit point à critiquer le catholicisme. « Bien des fois, en le lisant, on croit voir la pointe de la critique aller atteindre l'Église elle-même. Je ne sais par quel charme, au moment dangereux, elle est toujours arrêtée ou détournée (1). d Le charme est très simple, il consiste uniquement en ce que les critiques que le curé de Saint-Julien adresse à ses paroissiens sont celles-là mêmes que doit inspirer le catéchisme catholique. Et la meilleure des preuves que le curé de Saint-Julien n'a fait que demeurer très purement catholique, c'est que les protestants ont été les seuls à s'étonner de ses façons de parler.
Les protestants nous ignorent à tel point que
(1) Journal de Genève^ 29 avril 1894. Article de M. A. Saba- TŒR, doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris.
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le journal anglais, The Spectator (1), écrivait à propos de la charité du curé de Saint-Julien : c( Si tous les prêtres catholiques romains lui ressemblaient, la réunion des deux grandes branches de l'Eglise catholique ne serait pas loin de se faire ». Mais il n'est pas un seul prêtre catholique qui n'ait appris dans sa théologie que la charité est la religion même et que c'est le but par lequel seul les moyens acquièrent leur importance.
Par conséquent, il allait beaucoup trop loin encore l'honorable publiciste qui écrivait récemment que la méthode de l'évêque de Châteaurenard est la méthode protestante, la méthode du « libre examen » (2). Comme ici encore on voit bien que nos frères séparés nous connaissent mal ! En disant qu'on n'aime que ce à quoi l'on s'est librement soumis, l'évêque de Châteaurenard ne dit rien qui soit inouï chez les catholiques ; il fait si peu acte de « libre examen », au sens protestant du mot, qu'il ne fait guère que répéter à sa façon les canons du concile du Vatican par où il est enseigné que c'est la raison et non pas l'autorité qui doit fournir les bases premières de la croyance religieuse. Le c( libre examen », c'est la prétention d'ériger en règle absolue l'opinion individuelle ;
(1) 16 Janvier 1897, p. 90, col. 2.
(2) Revue bleue^ du 24 avril 1897. Article de M. Rbcoun.