‹ Le journal d'un évêque, publiéChapitre 18 sur 37 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

qui valait dans une société hiérarchiquement ordonnée est aussi suffisante dans une société démocratique.

Préserver la jeunesse des airs mauvais et des corruptions ambiantes est toujours le but, mais il y a deux manières de préserver : en mettant, par des précautions hygiéniques et plus ou moins artificielles, le sujet à Tabri des germes de corruption; en le rendant au contraire réfractaire à la corruption. Or, quand les germes corrupteurs sont partout et flottent partout hors de certains milieux clos mais destinés à ne pus se renouveler à raison de leur clôture même, le seul procédé de préservation ne paraît-il pas être le procédé d'immunisation préventive? Que ce procédé soit difficile, qui le conteste? et dangereux, qui le nie (1)? mais qu'importe, s'il est nécessaire?

Voilà la question qui mérite la discussion, que l'auteur tranche pour sa part résolument en théorie comme le recteur de Mortais, qui n'a pas été discutée.

Ce sentiment qu'exprime le recteur de Mortais et dont on a .trouvé bon de rire est celui qui

(1) Il est écrit en toutes lettres dans le Journal d'un Évêque dans les pages mêmes dont il est ici question : « Grande époque que celle où on ne peut se sauver qu'à force de luttes, de noblesse d'àme, de vigueur d'esprit, de générosité de cœur, mais époque bien dangereuse pour les faibles, les timides, les médiocres ! et l'humanité dans son ensemble n'est-elle pas plutôt composée de faiblesses et de médiocrités? » i'* partie, p« 263.

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