‹ Le journal d'un évêque, publiéChapitre 30 sur 37 · C... (Côtes-du-Nord), 27 avril · texte numérisé non relu

C... (Côtes-du-Nord), 27 avril

Tous les lecteurs sérieux du Monde ont lu avec un vif plaisir les si intéressantes Lettres d'un curé de campagne^ lesquelles sont d'un judicieux observateur et d'un lettré compétent.

J..., vicaire.

T... par B. (Rhône), 28 avril.

Je suis très content de votre inestimable journal. C'est vraiment le journal du prêtre, qui ne restera pas ignorant quand même il ne lirait pas autre chose. Et quelle grande ardeur pour l'étude il excite I

Je ne suis pas de l'avis de celui qui ne trouve pas à son goût les beaux et excellents articles d'un Curé dé campagne. J'y ai recueilli, moi, de très sages et utiles leçons et ils m'ont fait faire de très sérieuses et très profondes réffexions.

R..., curé,

G... par C... (Maine-et-Loire), 29 avril.

Pour moi ces Lettres ont été un vrai régal littéraire. Je TOUS en remercie de tout cœur.

B..., curé.

F..., 27 avril.

J'aime beaucoup votre premier article du lundi. Lettres d'un curé de campagne, et volontiers je vous conseillerais de les tirer à part (c'est peut-être ce que vous faites) pour les mettre en brochure. Ces lettres sont intéressantes, instructives, et je les voudrais entre les mains

de tous mes jeunes confrères pour les diriger et stimuler

leur zèle.

F..., curé.

M... (Loire-Inférieure), 2 mai.

Mon confrère et moi trouvons très intéressantes les Lettres dun curé de campagne publiées par le Monde. C'est un des attraits du numéro du lundi.

A. M... — F. M..., vicaires.

Nous arrêtons là ces citations, mais nous nous reprocherions de ne pas reproduire en entier la lettre suivante, écrite d'une main tremblante par un vétéran du sacerdoce. Elle nous a véritablement émus. Nous envoyons à ce vénérable prêtre notre très respectueux merci.

VIVE Jésus! Gouzou, 27 avril 1893.

Monsieur le directeur,

Bien souvent j'ai eu l'intention de vous écrire pour vous féliciter de vos Lettres dun curé de campagne. £o publiant ces lettres, vous avez rendu un vrai grand service aux prêtres et à leurs paroissiens. S'il se trouve quelques rares contradicteurs, c'est le fait de l'infirmité humaine. Tous les bons prêtres que j'ai l'honneur de connaître goûtent l'enseignement de vos bonnes lettres. Je n'ai qu'un regret, c'est que vos charitables lettres n'aient pas été connues plus tôt... Beaucoup d'autres, et moi le premier, aurions pu en profiter. Je suis très fatigué, mais, malgré tout, je ne crains pas que mon nom et mon adresse soient livrés aux contradicteurs.

J'ai l'honneur, etc.

P. A. MONTAGU, prêtre en retraite.

Notre enquête d'ailleurs n'est pas close, et nous

continuerons à recevoir avec reconnaissance toutes les observations que nos lecteurs voudront bien nous adresser. Le « curé de Saint-Julien » serait en particulier très reconnaissant à ses confrères s'ils voulaient bien lui communiquer leurs idées, leurs espérances, leurs craintes, le mettre dans la confidence de leurs tentatives pour approcher les brebis perdues et reconstituer le bercail. Hk optis, hic lahor

est.

Le Mondé, 6 msii 1893.

Nous publions aujourd'hui encore un certain nombre de lettres que nous avons reçues sur la correspondance du « curé de Saint- Julien ». Nous ne faisons pas absolument nôtres toutes les idées exprimées par nos bienveillants et honorables correspondants; mais nous sommes heureux cependant de leur fournir l'occasion de les exprimer tout haut. Du choc de toutes ces idées la lumière ne peut manquer de jaillir :

Paris, 30 avril.

J'ai lu avec surprise et presque de l'indignation la lettre du curé de Simiane, à propos des Lettres dun curé de campagne. Je goûte entièrement ces lettres ; je connais parfaitement le clergé de nos villages de province, et je n'ai rien vu dans ces lettres qui fût de nature à l'off'enser. J'espère bien que, si ce curé se permet d'insister, vous riposterez vertement. J'ai été sur le point de lui écrire mon sentiment là-dessus.

L'abbé R...

Petit Séminaire de B..., 4 mai.

Sans avoir rhonneiir d*étre curé, j'ai lu avec intérêt, comme plusieurs de mes confrères du séminaire, vos Lettres d'un curé de campagne. J'en ai aussi parlé avec des curés. Je n*ai trouvé personne qui ne fût charmé et du fond et de la forme. Nous regretterions, monsieur le rédacteur, que ces lettres ne fussent pas continuées...

Vous pourriez bien faire causer aussi M. le curé de Saint-Julien avec quelqu'un de ses meilleurs confrères ou avec un de ses contradicteurs.

A..., Chan.'Hon.

G... (Seine-Inférieure), 6 mai.

Permettez- moi de me joindre à vos approbateurs pour vous engager à continuer les Lettres d*un curé de campagne, car, à rencontre de votre vicaire parisien, je les trouve parfaitement appropriées à Tétat religieux et moral de la plupart de nos populations rurales. La peinture que fait de sa paroisse le curé de Saint-Julien me parait tout à fait conforme à celle que Ton pourrait faire d'un grand nombre de nos villages normands, et les procédés qu'il emploie pour atteindre et stimuler Tindifféreuce de ses paroissiens sont sinon toujours un modèle, du moins un guide et une indication précieuse sur les mesures à prendre pour approcher des nôtres et nous ouvrir l'accès de leurs âmes.

Car, il ne faut pas se le dissimuler, dans l'état de transformation sociale où nous sommes déjà entrés, les anciens modes d'apostolat ne sont plus de mise et se trouvent réduits à l'impuissance. Le peuple ne venant plus à nous, il nous faut nécessairement aller à lui ; il nous faut échanger l'expectative presbytérale contre l'initiative du missionnaire. Les moyens peuvent être divers selon la diversité du milieu à évangeliser ; votre curé de Saint-Julien en fait l'essai et nous en expose le résultat : c'est d'un bon exemple et d'un salutaire encou-

ragement ; je serai heureux de suivre son système dans

tout son développement.

P. Ch.

H... (Haute-Savoie), 6 mai.

Simple abonné du journal le Monde, je n*ai aucun titre pour donner un avis autorisé dans la question des Lettres d'un curé. C'est cependant un bonheur pour moi de constater que je ne suis pas seul à donner à ces lettres une grande importance, en même temps que j'y trouve un véritable intérêt. J'ai vingt-quatre ans de ministère. J'ai successivement passé par presque toutes les fonctions, dont quelques-unes fort délicates, entre autres une aumônerie dans une des premières maisons d'éducation de jeunes filles et un vicariat dans la plus grande paroisse de G...

Je n*ai trouvé nulle part autant de difficultés, autant de... paralysie que dans ma paroisse actuelle, qui ne compte pas 500 âmes et qui, en raison du climat et de la facilité des courses, pourrait être considérée pour moi comme une agréable retraite dissimulée. Je n'ai pas certainement rindifférence aussi généralisée qu'à Saint- Julien, mais j'ai toutes les autres difficultés, y compris la susceptibilité, l'antagonisme des châteaux. J'ai les bras liés auprès des mauvais parce qu'ils sont mauvais ; auprès des bons, ou parce que la fierté les empêche de subir, ou même d'approuver la moindre influence qui n'a pas été inspirée par eux, ou parce que la crainte et un sot respect humain le.> tiennent à l'écart. Les grands voudraient avoir en moi un « abbé Constantin », et les petits me croient l'ami des grands... Il y a cinq ans que je cherche une solution qui se fait toujours attendre. Il Aist facile de critiquer les Lettres d'un curé de campagne, mais, pour le faire, il faut ignorer son époque ou ne con* sidérer le ministère que comme une chose accessoire dans une vie qu'on est parvenu à se créer douce,

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