‹ Le journal d'un évêque, publiéChapitre 5 sur 37 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

malignité personnelle, il a soufTert dans son cœur que des personnes qu'il aime et dont il révère le souvenir aient consenti à écouter des voix mensongères ou d'injustifiés soupçons.

C'est le travers souvent reproché à l'esprit provincial de penser que le village, la petite ville ou le département où Ton a t<iujours vécu sont restés le centre du monde et qu'ils doivent sans cesse obséder la pensée de quiconque y est né ou même seulement les a traversés.

Il est fort heureux, sans doute, que le respect ait interdit à l'auteur de mettre en scène quelque blâmable errement épiscopal ; les yeux malins auraient su bien vite découvrir l'évêque dont il aurait ainsi, bien sans y penser, donné le portrait. Car il est à remarquer que l'on n'a su reconnaître personne sous les traits du curé et du marquis de Saint-Julien, de Mlle Fulvie, du docteur Verrier ou de l'évêque de Cbâteaurenard. Comme si leur bonté et leur hauteur d'âme n'étaient pas aussi réelles que les sottises ou les vilenies des autres! Il faut que la malignité se résigne : ces livres ne sont pas des livres à clef. On n'y peut reconnaître personne, parce que réellement personne n'y a été peint.

Mais c'est trop sur ce point-là. Il en faut venir à des reproches qui seraient plus graves pour peu qu'ils eussent été mérités.

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