‹ Le journal d'un évêque, publiéChapitre 6 sur 37 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Le premier et le plus important, on le pense bien, est celui qui fut fait dès les premier temps que parurent les Lettres d'un Curé de Campagr^y quand on sut qu'elles émanaient non point d'un ecclésiastique, ainsi qu'on Pavait cru tout d'abord, mais d'un très simple laïque. « Voilà Grosjean, nous dit-on, qui veut en remontrer à son curé. » C'est l'idée que développa fort abondamment à M. Levé, alors directeur du Mondes un vicaire de Paris; et c'est l'idée encore que je retrouve exprimée par une plume plus autorisée dans une lettre qui porte la date du 9 avril de cette année : « Je n'admets pas, dit cette lettre, la compétence d'un laïque à donner des leçons à tout le clergé, aux curés de campagne, aux curés de canton et aux évêques. Ce laïque parle de beaucoup de choses qu'il ne connaît pas ou qu'il connaît très imparfaitement et je-^ne crois pas à sa mission. J'ai lu quelques passages du commencement du Journal d^un Évêquej et, quand j'ai vu avec quel respect et avec quels sentiments l'évoque qu'on veut nous proposer pour modèle parlait au directeur des cultes et parlait aussi au

nonce j'en ai eu assez — et j'ai trouvé que le

modèle était déplorable. »

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Voilà du moins qui est net et qui fournit une prise facile à la discussion.

Permettra-t-on à Tauteur des livres ainsi incriminés d'expliquer ses intentions, et de montrer non pas qu'il est compétent — il tâchera après de trouver sur ce point des répondants — mais qu'il n'a jamais eu la pensée de donner des leçons ou même de proposer un modèle à qui que ce soit? Son dessein a été à la fois plus modeste et plus ambitieux, plus modeste en ce qui concerne la conduite religieuse, plus ambitieux en ce qui a trait à Tart.

11 a imaginé d'abord un prêtre, puis un évêque, non pas de caractère ou d'intelligence extraordinaires mais simplement d'une énergie, d'une intelligence tout à fait moyennes, animés de Tesprit sacerdotal ou épiscopal tel que l'Évangile permet de le concevoir, tel que les encycliques pontificales l'ont fortement dessiné. Il a donc imaginé un prêtre, un évêque, non pas le moins prêtre ou le moins évêque possible, comme M^ Isoard en fait le reproche à quelques novateurs qui se croient hardis et qui ne sont que timides (1), mais au contraire un prêtre aussi prêtre, un évêque aussi évêque qu'il a pu les concevoir, car il est convaincu que c'est par l'augmentation et non par la diminution de l'esprit chrétien et

(1) Nouveau dire sur le système du moins possible^ p. 72, in-i8, Lethibllkux, 1897.

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