‹ Le journal d'un évêque, publiéChapitre 7 sur 37 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

sacerdotal que le monde peut être sauvé. Après s'être ainsi vivement représenté son personnage, il Ta regardé tout simplement vivre et agir au milieu des circonstances et des personnes diverses telles que les découvre l'expérience des faits ou que des suppositions faciles permettent de les poser. Il n'a plus eu après qu'à dire ce qu'il voyait. Ni le curé ni Tévôque ne sont infaillibles, ils ne sont nulle part donnés pour tels, leur seul mérite est d'avoir une bonne volonté constante, un esprit qui ne se dément pas alors môme qu'ils se trompent et qu'eux-mêmes le reconnaissent. Si l'auteur avait voulu leur éviter toute erreur et toute faute, c'est alors que lui-même aurait commis une double faute, il aurait également manqué à la sincérité artistique et aux convenances religieuses. C'est alors qu'il se fût posé en docteur. Il ne l'a pas voulu faire, il ne l'a pas fait.

C'est le curé de Saint-Julien qui ne va pas assez tôt chez son marquis, qui illumine au 14 juillet; c'est le futur évêque de Châteaurenard qui parle avec trop de révérence au directeur des cultes. On pourrait peut-être, si on les épluchait bien, défendre les paroles de M. l'abbé Péchanval, mais qui donc a contesté que le curé de Saint- Julien ait commis au 14 juillet une erreur d'appréciation? Ce sont des hommes et qui vivent, ils peuvent donc se tromper, ils se trompent.

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