‹ Le journal de Marie-EdméeChapitre 10 sur 36 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

dans le dessin. Marie comprit de bonne heure que là était sa vraie voie, que c^était à l'art proprement dit qu^elle devait consacrer son labeur quotidien.

Ici se place dans sa vie un épisode qui veut être raconté, car il met une fois de plus en relief un côté de ce noble et fier caractère. Elle faillit avoir Thonneur, ou courir le dan* ger, comme on voudra, d*étre nommée lectrice de l'Impératrice. Il y avait dans sa famille et parmi ses amis quelques personnes qui, ayant foi aux destinées de l'Empire, et ayant accès auprès des maîtres du jour , crurent rendre service ù une jeune fille si bien douée, en la produisant dans un monde où ses rares qualités de cœur et d'esprit pouvaient, croyaient-ils, et avec une apparence de raison, trouver un emploi utile à elle-même et aux autres. Toutefois, ces personnes bienveillantes savaient si bien à quelle âme haute elles avaient affaire^ que tout le temps que dura cette délicate négociation, on lui en fit mystère, ne lui laissant entrevoir'que le côté par lequel elle devait se sentir attirée, celui de rheureuse influence qu'en se dévouant à une seule personne, elle pouvait exercer sur beaucoup d'autres. Un nom, celui d'Odette, était jeté en avant pour la séduire. Elle ne comprit pas encore, et son imagination s'égara sur plus d'un nom honorable, mais qui restait encore dans dts régions relativement moyennes. Ce fut à peine si la vérité lui apparut, lorsqu'on l'invita à rester à Nancy, où de grandes fêtes allaient avoir lieu pour le passage de l'Impératrice. Quelques lignes du journal vont nous apprendre dans quelle mesure elle se sentait attirée : « Si la solution de l'affaire tient à la moindre avance de ma part pour être présentée à Sa Majesté, mère et moi déclarons d'avance que tout ce que nous pouvons faire est de ne pas accomplir notre si doux et si cher pèlerinage et de rester ici. » Ce pèlerinage dont le sacrifice semblait tant lui coûter.

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