XXII INTRODUCTION
Mgr Dupanloup lui-même qui s'est donné ce surnom mérité par lui à tant de titres.
Voilà donc Marie-Exlmée qui ramasse tous ses cartons y les livraisons déjà publiées, les feuilles inachevées , les dessins ébauchés, et qui va jeter le tout, avec elle-même, aux pieds de Tévéque d'Orléans. C'est dans le Journal qu'il faut lire les intéressants détail^ de ce voyage et les nobles scènes devant lesquelles on se croirait revenu aux beaux moments du christianisme primitif. Ce fut une lutte grandiose où, pendant deux jours, le génie, la piété, l'inspiration, la passion se virent aux prises, où il finit par n'y avoir ni vainqueur ni vaincu, et où Jeanne d'Arc vint en aide, contre les nobles scrupules de son évêqùe, aux généreuses résistances de son poëte.
Marie-Edmée, rassurée et encouragée, retourne à Nancy, où, le cœur tranquille, content, elle se remet à sa chère besogne. Mais pour quels autres travaux il faut souvent l'interrompre ! L'histoire de Jeanne d'Arc n'était, après tout, que le travail des heures bénies et dérobées aux labeurs quotidiens. Les années de 1868 à 1870 furent les plus remplies dans cette vie. On se levait avec le jour, on allait à la messe, où souvent on communiait; on rentrait faire le ménage, pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom? balayer la maison, et en ouvrir gaiement les fenêtres à l'air frais du matin; ou, quand on se sentait fatigué, on prenait un livre, on allait à la Faculté des lettres entendre quelque belle et saine leçon de M. de Margerie ou de M. Benoist qui, plus hardis ou plus libres alors que les maîtres de notre Sorbonne, parlaient, à cœur ouvert, de madame de Staël, de M. de Chateaubriand, de M. de Maistre. Puis, l'imagination rafraîchie et renouvelée par l'émotion même, on tenait école à son tour, ou l'on s'asseyait soi-même devant une table pour écrire, pour dessiner, pour graver. Quand on lit